D’abord nommées Chroniques de l’Hiver peu après leur découverte, les Chroniques du Titan se situent dans une grande salle souterraine redécouverte en l’an 1000. Ce nom définitif leur a été donné d’une part en raison de leur similarité avec la Grotte des Chroniques et d’autre part en raison de l’importance évidente des Titans dans l’histoire qu’elles racontent.

Un court tunnel perpendiculaire taillé en ligne droite dans la pierre s’ouvre après quelques mètres sur une très grande pièce au plafond élevé, faisant environ le double de votre hauteur. La lumière de vos torches n’atteint pas l’autre extrémité, mais vous pouvez voir les côtés de ce qui semble une grande salle rectangulaire qui ne ressemble à rien de ce que vous connaissez. Comme le reste des alentours, la pierre est d’un gris sombre rappelant la suie, mais une grande partie des murs est couverte de fresques et de mosaïques colorées. Ce lieu semble abandonné depuis longtemps; le sol est couvert de débris, de guano, de champignons et de mousses diverses. Quelques meubles et objets de bois comme des bancs, des tables et des tablettes sont affaissés un peu partout, affaiblis par de longues années d’humidité et de moisissure et à peine reconnaissables. Un peu partout, vous voyez traîner différents objets en os ou en pierre qui ont mieux survécu que le mobilier. Vous reconnaissez de la vaisselle, surtout, mais aussi des pinceaux, des ciseaux, des ardoises et d’autres objets courants.

Vous remarquez que contrairement au tunnel, peu de pierres semblent s’être détachées du plafond, mais plusieurs surfaces sont fissurées. Une exception notable est le plafond au centre de la salle, qui n’est pas fait de la même pierre brute et semble entièrement intact. Depuis le pilier central et en rejoignant chacun des quatre autres soutiens comme une rose des vents, la surface est occupée par une géode d’améthyste démesurée et parfaitement plate. Sous la lueur de votre flamme, elle scintille en une multitude de points rappelant un ciel étoilé, d’un violet profond.

Les fresques peintes à gauche et à droite vous donnent l’impression d’être dans la grotte des Chroniques, mais comme si les dessins sur les murs pouvaient prendre vie à tout moment. Même si les couleurs semblent avoir perdu leur éclat avec le temps, et les coulisses d’eau et les fissures gâchent certains détails, le réalisme des paysages et des créatures dépasse le talent de n’importe quel artiste en Arcadie.

Une ouverture dans le mur du fond donne sur une pièce sans issue qui semble avoir été divisée à l’époque par des parois de planches maintenant plus qu’à demi effondrées et pourries. À droite, des jarres et des pots sont entassés parmi les débris de ce qui devaient être des tonneaux et d’autres jarres maintenant fracassées. La nourriture qu’ils devaient contenir autrefois s’est transformée en une masse de compost accueillant un tapis de mousses et de champignons qui ne semblent pas trop comestibles. De l’autre côté de la pièce, les objets encore reconnaissables vous font penser à un dortoir, mais vous remarquez que l’espace est très limité par rapport à la quantité de personnes que la grande salle pourrait accueillir.

Description des alcôves

  • Le mur du fond de l’alcôve de gauche est couvert d’une suite de peintures vous rappelant certaines suites d’images de la grotte des Chroniques, si ce n’est que les silhouettes ici sont aussi détaillées que votre imagination, sinon plus. À gauche, de petits humains hauts comme la main et complètement nus, sales et échevelés, creusent la terre à mains nues, grimpent dans des arbres, s’agenouillent et plongent la tête dans un ruisseau comme pour y boire ou dorment en groupe serré comme des cabérus. Presque toute la hauteur de la fresque est dédiée à l'arrière-plan, où plusieurs titans menaçants occupent l'horizon. Certains sont humanoïdes mais ont des têtes qui n'ont rien d'humain, ou ne sont visiblement pas des êtres de chair; certains ressemblent à des animaux gigantesques contrôlant les éléments, comme un oiseau entouré d’éclairs ou un âne gigantesque à la crinière de feu; quelques-uns ne semblent même pas pouvoir être qualifiés de créatures tellement leur morphologie est grotesque.
  • Le deuxième pan de la fresque, délimité par une encoche verticale dans laquelle quelque chose semble avoir été fixé par le passé, contraste avec le premier tant au premier plan qu'à l'horizon. Les humains ici se tiennent droits et sont tous vêtus de peaux. Plusieurs tiennent des outils et ils sont entourés de huttes et d'animaux domestiques. Au-dessus d'eux, un seul titan remplace tous les autres. Il s'agit d'une espèce d'anguille bleu-gris d'une longueur démesurée, aux nombreuses nageoires couvertes de fourrure ondoyant dans le ciel. Son visage allongé est couvert d'une sorte de carapace osseuse et cornue dont la pointe rappelle le bec d'un oiseau, tout comme les serres au bout de ses nombreuses courtes pattes. Son corps sinueux rappelle le tracé d'une corde laissée pêle-mêle au sol, tandis que les rayons de lumière perçant les nuages lui donnent un air glorieux et illuminent un étrange symbole sur son front.
  • Sur le dernier tiers du mur, le même titan se trouve lové comme un serpent sous une grande arche rocheuse. Tout autour de lui, des hommes et des femmes semblent façonner des objets avec leurs mains ou effectuer des danses inconnues, entourés d'auras lumineuses et de sculptures étranges. Certains semblent manipuler des flammes ou commander des animaux, ou encore tirer des plantes du sol. À sa posture, sa gueule ouverte et la position de ses doigts griffus, le titan donne l'impression d'être en train d'expliquer quelque chose à toutes ces personnes qui ne lui prêtent pas spécialement attention. Près de lui, deux personnes sont penchées sur une table comme pour écrire, graver ou dessiner, mais la perspective n'en révèle pas plus.
  • L’alcôve de droite contient des renfoncements dans les murs qui ont pu servir de tablettes, mais qui sont aujourd’hui vides hormis des traces du passage de petits animaux. Sous les tablettes, de nombreux pots semblent être tombés ou avoir été jetés au sol et se sont cassés en répandant de nombreux liquides colorés au bas du mur et sur le sol.

Description des colonnes

  • La colonne la plus près de l’entrée est entièrement dédiée à une longue espèce d’anguille aux nageoires poilues et dotée de plusieurs paires de pattes qui semblent accrochées au pilier comme un lézard à un rocher. L’extrémité de sa queue se perd dans un relief nuageux au pied de la colonne, tandis que sa tête, bien visible face à l’entrée, se trouve environ deux pieds au-dessus de la vôtre et semble vous jauger derrière un long visage triangulaire surmonté de cornes droites. Ses yeux sont représentés par des grenats bleus, et une espèce de symbole de la même couleur orne son front.
  • Le pilier du fond semble avoir été dédié à des personnages importants ou des portraits de famille, avec des visages se succédant de part et d’autre et plusieurs espaces lisses qui pourraient en accueillir davantage. Vous ne reconnaissez aucun de ces hommes et femmes arborant différentes cicatrices, des tatouages, des bijoux ou des couvre-chefs pourtant distinctifs, et ne voyez aucune inscription permettant de les identifier. La plupart de leurs expressions sont paisibles et neutres, mais certaines sont plutôt joviales ou sévères.
  • Les colonnes de gauche et de droite sont ornées d'une multitude d'animaux accrochés à des branches, dissimulés dans des buissons ou volant dans le ciel. Vous reconnaissez les vautours, les corbeaux, les cabérus, les rats-taupes, les ânes et bien d'autres, mais certains quadrupèdes ne vous sont pas familiers. L'espèce de loup dont Boundless fait partie est également représentée. À y regarder de plus près, tous les animaux de la colonne de gauche vous sont inconnus. Il y en a même qui sont bipèdes et certains qui semblent à moitié végétaux. Vous voyez des oiseaux aux becs et aux ailes étranges, des grenouilles avec de longues moustaches, de gros poissons cornus, des crustacés aux yeux montés sur des perches comme un escargot, d'étranges bovins surmontés d'une carapace et même quelque chose qui ressemble à un champignon avec des bras. Si certains sont crédibles, plusieurs vous paraissent avoir été inventés de toutes pièces.
  • Sur la colonne du centre, la base et le sommet sont décorés de motifs linéaires, mais le tronc principal est entièrement couvert de gravures précises qui se fondent les unes dans les autres et semblent représenter des nuages, le soleil, la lune, des montagnes et d’autres figures naturelles qui rappellent le ciel et l’altitude.

Description des fresques

Remarque : Ces descriptions ne sont pas forcément exhaustives. Je pourrais ultérieurement vous dire que vous voyez quelque chose qui vous rappelle une peinture vue ici que je n’avais pas pensé à inclure à l’origine.

  1. Cette fresque illustre l’un des plus vieux mythes transmis de génération en génération. Il s’agit de l’éruption d’un volcan, un cataclysme naturel auquel les ancêtres de vos ancêtres auraient soi-disant survécu, mais que personne de mémoire d’homme n’a jamais vu. La scène montre une montagne dont le sommet crache des flammes rouge-orangé, qui dévalent son flanc comme une avalanche et noircissent la terre. Au-dessus, le ciel est couvert de nuages noirs comme la suie.
  2. Vous admirez une large plage de sable vue des airs, sur laquelle est échoué ce qui vous donne l’impression d’un énorme poisson. Étant donné l’aspect bidimensionnel du paysage et l’absence d’objets de référence, seules les vagues, peintes avec un réalisme inimaginable, peuvent vous donner une idée des dimensions de l’animal. Ses écailles d’un bleu profond miroitent d’un bleu clair presque turquoise selon la proximité de votre torche, sauf sur son ventre gris-beige. Même couché sur le côté, vous voyez qu’il a une espèce de crinière blonde couvrant plus de la moitié de son échine et entremêlée d’algues et autres objets trop petits pour les discerner. Au-dessus de ses paupières fermées, une solide crête dentelée vous rappelle certains reptiles aperçus à Sinigrad.
  3. Cette fresque impressionnante vous place face à une tempête de sable venue du désert, si détaillée que vous pourriez presque compter les grains de sable. Vous avez déjà vu ce genre de phénomène du haut de la montagne, mais la fresque vous offre une perspective de face et vous voyez pour la première fois des éclairs verdâtres perçant le rideau impénétrable. En hauteur, de sombres créatures ailées semblent chevaucher la tempête sans difficulté, indistinctes mais à mi-chemin entre serpent et vautour.
  4. Un portrait simple et à la fois impossible, qui semble tiré d’une vision. La fresque ne montre qu’une large sphère parfaite, d’un blanc laiteux, comme une perle au moins grosse comme votre tête, qui flotte au-dessus d’un étang à peine plus grand qu’elle. L’étang semble confiné au creux d’une cuve rocheuse plus noire encore que les tunnels où vous vous trouvez et dépourvue de végétation. Le contraste de couleur est frappant, et le léger éclat lumineux de l’orbe ainsi que son reflet sur l’eau sombre et immobile vous font penser à une lune sans taches.
  5. Une fresque dépeint un promontoire rocheux au milieu d’un lac, qui rappelle celui du lac Creux, mais avec plusieurs différences. Le niveau de l’eau est plus près de la surface de l’îlot que vous ne l’avez jamais vu, le pont de cordes qui le relie aux terres ne ressemble pas vraiment à celui actuel, et il manque la statue de la « femme fauve » à l’origine de nombreuses légendes. À sa place se tient un grand arbre, deux ou trois fois plus grand que tous ceux que vous avez pu voir, et dont le tronc et les branches sont blancs comme de la craie. Il se tient droit comme un lobelia, mais ses branches pendent comme des cheveux parsemés de feuilles vert-jaune. Des gens aux habits colorés semblent pratiquer une cérémonie que vous n’arrivez pas à interpréter à l’ombre de l’arbre, parmi des animaux sacrifiés et des gerbes de fleurs.
  6. L’une des fresques représente un sombre décor aquatique, reconnaissable pour ceux d’entre vous qui ont passé un peu de temps à plonger dans les lacs plus profonds. L’illustration ne reproduit pas l’impression d’être sous l’eau, mais les algues, le corail et les poissons, bien que différents de ceux que vous connaissez, ne trompent pas, même si le sol semble être entièrement couvert de végétation (herbe, buissons, même des arbres) au lieu d’être principalement boueux ou sablonneux. La vedette de cette scène est un imposant serpent d’eau pourvu d’un torse et de bras musclés, avec une imposante nageoire dorsale turquoise dentelée sur un corps mélangeant des teintes de vert et de gris. Sa tête reptilienne n’a cependant rien d’un serpent et semble couverte d’un masque complexe rappelant le métal et lui-même garni de nageoires. Sous son menton, de longs et fins tentacules rappellent une barbe tressée flottant dans l’eau invisible. Autour de lui, plusieurs petits poissons lumineux vous rappellent des lucioles.
  7. Cette fresque ne montre presque rien d’autre qu’un titan massif qui semble se tenir au pied d’une falaise couverte de toiles d’araignée. Son corps difficile à décrire semble quelque part entre une mygale et une mante religieuse. Ses nombreuses pattes sont couvertes de plaques chitineuses, et les ailes sur son dos rappellent celles d’une libellule. Son torse se dresse à la verticale, affublé de longs membres repliés sur eux-mêmes dont les extrémités et les coudes se terminent par des pointes acérées. Sa petite tête aux yeux sombres et démesurés semble collée sur sa poitrine, et elle est surmontée de deux cornes plates et massives qu’on pourrait qualifier de panache. L’exosquelette est représenté dans un ton bleuté approchant le noir, qui se fond bien contre la falaise d’un rouge profond, mais de nombreuses teintes de rouge et d’ambre décorent les parties ventrales de la créature et ses quatre ailes translucides. Des formes plus petites semblent dissimulées dans les toiles d’araignée, mais elles sont trop indistinctes pour vous donner une idée précise de leur nature ou de la taille de ce titan.
  8. Sur l’une des peintures dédiées aux humains, vous voyez quelques huttes entièrement faites de bois dans un décor de forêt dense aux arbres immenses appartenant à des espèces que vous n’avez jamais rencontrées. L’une de ces huttes est en construction, ainsi qu’un totem inachevé dont la sculpture sinueuse n’est pas sans rappeler la colonne à l’entrée de la pièce où vous vous trouvez. Bien que ces personnes ressemblent à des Arcadiens, certains détails sautent aux yeux. Ils sont tous légèrement vêtus, la plupart torse nu, mais bien chaussés. Chacun porte un tatouage identique sur un bras, le front ou la poitrine, le même symbole que sur le front du titan-anguille de la première colonne. Tous les adultes portent une arme comme un arc, un javelot ou une hache, et même les enfants semblent avoir de petits couteaux à la taille. Parmi les quelques oiseaux colorés peints dans les arbres, aucun ne vous est familier, mais quelques poules au sol rendent le décor un peu plus normal à vos yeux.
  9. Cette scène frappante décrit un affrontement d’une violence inouïe entre deux titans. L’un d’eux ressemble à une hyène colossale et entièrement noire, avec de nombreuses « queues » sur le dos lui donnant un peu l’air de porter une cape aux extrémités effilochées, mais aucune queue à l’endroit habituel. Ses épaules et les articulations de ses six pattes semblent couvertes d’une chitine surmontée de courtes pointes couvertes de sang, et sa gueule béante semble contenir deux rangées de dents acérées plutôt qu’une. Face à lui, en position défensive, se tient un mammifère ventru à la fourrure brun orangé, faisant facilement deux fois sa taille dressé sur ses pattes postérieures. Si sa morphologie lui donne l’air d’un rongeur, il ne fait aucun doute qu’il tient tête au redoutable prédateur. Les deux sont blessés et couverts de sang, et entre eux se trouvent plusieurs mammifères morts, peut-être victimes de dommages collatéraux. La « marmotte géante » arbore ce qui ressemble à une grande barbe faite de feuilles d’arbre sur son torse, et sa fourrure est couverte de nombreuses mottes de boue et de pierre. Tout autour d’elle, de nombreux rochers sont dressés comme s’ils venaient de jaillir du sol pour repousser l’agresseur. Plus étrange encore que sa barbe, tout son museau et le dessus de son crâne semblent couverts d’une pierre précieuse translucide, quoique tachée de sang. Ce n’est qu’en y regardant de plus près que vous remarquez enfin une femme cachée derrière un arbre et observant la scène. Le tableau est tout juste assez grand pour voir que ses longs cheveux sont entièrement couverts de lichens.