Membres : Azralia L'embrasée (Partie), Emilio Alvarez Vanaldo (Parti), Eanur, Tasaria la Valselame, Dougall Mac Kerr (Parti)
Bon, je viens de me faire houspiller par Franz pour ne pas avoir rendu mon rapport à temps. Il me semble encore plus pressé que maître Baelnaeros de la Tour Blanche !
Du coup, premier écrit dans ce foutu gros bouquin qui se remplit décidément beaucoup trop vite ! Cela fait un moment maintenant que j’ai pris mes quartiers à Ubersreik, et je dois avouer que je n’imaginais pas… ben, ça ! Je dois reconnaître que le contraste entre le charme spartiate de ma petite chambre au Teübrucke (Docks) et les senteurs boisées de ma couche à la Tour Blanche participe probablement au dépaysement.
Je rencontre aussi, un à un, mes compagnons. Tous me paraissent plus étranges à mes yeux que je ne dois l’être aux leurs. Aujourd’hui, c’est au tour d’Azralia, Emilio, Dougall et Tasaria de faire équipe avec votre serviteur. Et cela dans le contexte légèrement tendu d’un “mystérieux assassin rôdant en ville, offrant à Morai-Heg tout ce que la cité compte de corrompus, le tout sur fond d’attentats aveugles.” Notez que, si l’assassin choisit ses victimes à l’aune de leur corruption, je suis d’avis de placer ce problème en bas de la liste, juste après le graissage de la porte arrière du bar, qui assassine chaque jour mes oreilles sensibles et innocentes.
En tout cas, alors que je vaquais à mes occupations, je vis une jeune femme, dont la marque du feu ne pouvait que maladroitement cacher un visage jeune et doux, proposer de réaliser un rituel permettant de percer le voile du temps à l’aide de simples cartes à jouer. Elle s’adressait à Emilio, un homme d’apparence rustre mais dont la simplicité quasi animale ne m’est pas désagréable. Tandis qu’il cherchait à atteindre, par ce rituel, la position de deux quidams nommés qu’il ne cachait pas vouloir éliminer, je me méfiais immédiatement en apprenant qu’une simple humaine, visiblement peu formée à l’usage de la magie (et, dans tous les cas, pas selon l’art et la manière que mon peuple a transmis aux siens), puisse avoir l’usage d’un sort dont même le maître de la Tour Blanche ne serait peut-être pas instruit. Ce n’est que bien plus tard que Franz m’éclaira sur ce “tirage de cartes” et son innocuité. (J’ai cru lire dans son regard une pointe amusée de jugement quand je m’exclamai “Oh !” en comprenant la supercherie).
Sinon, Emilio goûta l’alcool humain et sembla y prendre un certain plaisir… Parfois, il y a des dragons qu’on ne veut pas réveiller.
Franz nous réunit au milieu de la pièce. Il résuma la situation et nous apprit que nous étions liés, d’une certaine manière, aux récents événements (je n’en dirai pas plus ici par écrit). Tout avait été fait pour lutter contre une menace chaotique, mais en discutant de nos précédentes missions, il nous apparut que cette menace pourrait également être une manière de nous manipuler. Ce n’était toutefois pas la question du jour. Non, notre affaire concernait un certain Federico Paccelini. Informateur de son état, décidément, les affaires de la compagnie s’accommodent souvent de près avec celles de la pègre.
Sur le chemin, nous croisâmes Jorik Le Prophête (Mort)– du moins selon ses dires –, prêchant sous une pluie battante et nous enjoignant de rejoindre le nord pour combattre le chaos :
“Le confort est un poison tissé par le chaos. Celui qui cherche le repos oublie sa quête sacrée. Il faut une flamme divine pour balayer l’impureté. Chaque sacrifice est une offrande pour un avenir digne de Sigmar. La comète à deux queues n’est pas une bénédiction, mais l’annonce de la fin du monde !” s'égosillait-il.
Alors que mes camarades le raillaient, je cherchais s’il pouvait y avoir une part de vérité dans ses paroles. Les fous parlent sans crainte et se rient des rieurs. Parfois, une clairvoyance insoupçonnée se cache dans leurs discours. De plus, planté là au milieu de nulle part, sans personne pour l’écouter, il doit en savoir plus sur la ville que nous ne l’imaginons. Considérant qu’un allié vaut mieux qu’un ennemi, je lui payai un repas. Qui sait ? Peut-être se révéler a-t-il utile un jour. Dans le cas contraire, il est fou, mais pas dangereux.
Nous finîmes par arriver devant La Lanterne Fêlée, l’antre de Federico. À proximité, nous repérâmes une jeune femme en pleurs. Dougall l’aborda avec une certaine proximité pour quelqu’un dont nous ne savions rien. Elle nous apprit s’appeler Seraphina Seraphina Venturini, fille d’un chevalier de la Reiksgard accusé à tort de corruption et ayant tout perdu. Malgré l’incongruité de la rencontre, je suivis l’instinct de mon compagnon en proposant à la jeune femme de nous accompagner. Peut-être ses compétences se révéleraient-elles un atout.
Nous décidâmes d’entrer dans la taverne et de faire appeler notre mandataire. En l’attendant, nous prîmes une collation, et, je ne sais plus par quel improbable enchaînement, Emilio se retrouva transformé en singe (oui, il sait faire ça), accroché à la cheminée avec une bouteille à la main, tandis que Tasaria, en montreuse de bête, passait un chapeau pour récolter l’argent des clients médusés.
Federico finit par arriver et nous expliqua qu’un médaillon à l’effigie de la “Madone” (je crois qu’il s’agit de Myrmidia, mais j’ai encore du mal avec le panthéon humain), tenu de sa mère, lui avait été volé dans sa propre chambre, sans aucune effraction, alors qu’il y dormait. Il était conscient que ce vol n’était probablement qu’un avertissement et voulait que nous trouvions et lui ramenions le coupable.
Après une séquence de négociations sur notre paiement, nous acceptâmes la mission.
Federico ne nous donna aucune information utile, sinon qu’il se sentait suivi. Étonnant pour un membre de la pègre… Il était persuadé que le voleur allait se manifester rapidement. “Les criminels reviennent toujours sur les lieux de leurs crimes”, dit-on. Si seulement c’était si simple.
Nous commençâmes donc par inspecter le lieu du crime, à savoir la chambre située dans l’auberge. Alors que je recherchais des traces, je remarquai Emilio (toujours changé en singe) s’agiter sur le lustre. Je décidais donc d’inspecter la même zone et trouvai un passage découpé dans le plafond. Le mystère de l’entrée sans effraction fut résolu en moins d’une minute.
Dans le grenier, je ne parvins pas à trouver d’indices sur notre voleur. De son côté, Emilio recommença à s’agiter sans que nous en comprenions la raison. Il reprit alors sa forme humaine et déclara que le même parfum flottait dans le grenier et sur Seraphina.
Suspicieuse, Tasaria lui demanda de vider ses poches, appuyée par Dougall, confus tant le charme de la jeune femme avait de prise sur lui. Ses poches étaient vides, mais Azralia s’intéressa à son collier. Seraphina refusa de nous le montrer, tentant de me mettre de son côté. Et par Loec, quel talent ! Si je n’avais pas eu, par le passé, mes habitudes dans les théâtres et opéras de Lothern, je me serais probablement laissé berner par son magnifique jeu d’actrice.
Profitant de la confiance qu’elle me feignait, je m’approchai doucement d’elle et fis apparaître, en passant la main derrière son cou, le médaillon, qui révélait une tête de louve blanche. Comprenant que son jeu était éventé, elle tenta de fuir. Elle était rapide, mais pas suffisamment. Je la rattrapai sans mal et, alors qu’elle allait sauter au-dessus du bar, je tirai sur sa main d’appui, ce qui la fit s’écraser pathétiquement quelques mètres plus loin.
Un sort de Emilio mit un terme définitif à sa course. Tasaria profita qu’elle soit immobilisée pour lui arracher son collier.
Attachée sur le lit pour être interrogée, elle se plaignit de l’inconfort et nous demanda de ne pas rester dans ledit lit. Ce n’est que lorsqu’elle avoua y avoir caché un scorpion que nous la retirâmes. Elle révéla travailler pour un certain Volker (Mort), que Federico faisait chanter depuis plusieurs mois.
C’est sans plus d’informations que nous rentrâmes à la taverne. J’entendis dire plus tard que Tasaria et Azralia rendirent le collier et obtinrent ainsi une faveur.
A ce jour je ne sais toujours pas ce qui était vrai ou faux dans le récit de cette "Louve Blanche"
Fin de mission.