(S01/Ep041) Une lueur dans l'ombre
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(S01/Ep041) Une lueur dans l'ombre

February 20, 2025
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Membres : Azralia L'embrasée (Partie) Tasaria la Valselame Linus Crowley

La pluie s’abattait sur Ubersreik comme un glas funèbre, transformant les pavés en un miroir trouble où se reflétaient les torches des gardes. Dans la caserne, une salle sombre éclairée par quelques chandelles fumantes accueillait trois silhouettes. L’odeur âcre du tabac froid et du cuir détrempé emplissait l’air.

Inge Taschner, capitaine de la garde, était assise derrière son bureau, les mains croisées, fixant les rapports éparpillés devant elle. Ses traits étaient durs, marqués par le métier et les désillusions. Le Sergent Weinwurm, raide comme une statue, se tenait au garde-à-vous, tandis que le Capitaine Stieglitz, la manche vide de son bras perdu repliée contre sa poitrine, son poing de fer posé sur le bureau,  était avachi sur une chaise, les mâchoires serrées.

Le silence s’étira, pesant comme une enclume.


Inge Taschner soupira et brisa enfin l’attente :

Alors, résumons. Nos chers amis de la Compagnie de l’Eau Noire sont en liberté conditionnelle. Sur ordre de Monseigneur Hoffmann. Ils ont échappé à la corde, mais pas au collier. Sauf donc .. Crowley qui est donc toujours recherché officiellement par la garde, c’est à dire nous.

Weinwurm, toujours droit, hocha lentement la tête.

Je ne sais pas si nous devrions nous référer à eux comme des amis, voyez vous j’ai toujours vu en eux une bande de vauriens comme vous le savez, et oui je sais la confiance que vous accordez à Herr Lohner, mais leurs dossiers sont clairs, les éléments et les preuves sont solides. Bien que je doive dire que d’autres…  un peu moins.

Stieglitz releva la tête, son regard usé par les dernières trahisons.

"Moins ?" Il lâcha un ricanement amer. "Par Sigmar, on dirait que certains de ces « éléments » ont été griffonnés par un moine bourré sur un parchemin encore humide d’encre. Ce foutu prêtre m’a fait vider la caserne de force pour aller les arrêter à l'entrepôt.

D’ailleurs je dois vous avouer capitaine, J’ai un peu tabassé un des elfes de la compagnie, Eanur. Il fait partie de ceux qui ont pris le pot de vin et ont relâché mon dealer, Von Dahmen, à son paternel en échange d’une grosse somme d’or. Et le fait de le trouver là entouré de cadavres, avec le prêtre qui me regardait avec son air de “je vous l’avais bien dit” et … Eanur qui voulait pas la boucler. Bref, ça m’a foutu en rogne, désolé capitaine.


Taschner leva un sourcil, dubitative, alors que Stieglitz se raclait la gorge. Elle croisa les bras et lâcha, pince-sans-rire :

Un sergent de la garde qui s’excuse pour un excès de violence ? Bon sang, Stieglitz, t’as pris un coup sur la tête ? Si je devais faire ça à chaque fois que mes hommes tabassent quelqu’un, je passerais mes journées à rédiger des lettres d’excuses au conseil et au temple de Shallya. 

Quant au prêtre que Hoffmann vous a envoyé … 

Weinwurm, crispé, répliqua :

Ça reste un ordre de l’Église, capitaine Taschner. Nous n’avions pas le choix.

Non, grogna Stieglitz, son poing restant s’abattant sur la table, faisant sauter une chandelle. Bien sûr que non. On n’a jamais le choix. Les ordres tombent, et nous, on exécute. Pendant ce temps, la moitié de nos hommes s’engraissent à coups de pots-de-vin pendant que nous, les deux derniers imbéciles qui croient encore en la loi, on regarde les vrais criminels se balader en pleine rue.

Taschner leva une main pour apaiser les tensions.

Ce n’est pas le plus grave.

Weinwurm, interloqué :

Capitaine ?

Elle poussa un autre rapport vers eux.

Azralia et Tasaria. Les deux Strigany. Elles ont refusé de plier au chantage de Monseigneur Templier Hoffmann (Mort) apparemment. Elles se sont évadées de la Roche Noire.


Un silence tomba dans la pièce, seulement troublé par le crépitement de la pluie sur les fenêtres.

Weinwurm, abasourdi, s’éclaircit la gorge :

Comment ?


Quelqu’un les a fait sortir. Quelqu’un qui s’est fait passer pour un répurgateur.

Stieglitz siffla entre ses dents.

Par tous les diables… On sait qui c’était ?

Taschner secoua la tête.

Officiellement non, mais je parierais sur Crowley justement. 

Ce qu’on sait c’est que ce mystérieux « répurgateur » a tué un vrai répurgateur et un des gardes de la prison. Et…

Elle hésita un instant, puis lâcha : … Dragoș Văreșka a profité de la panique pour s’échapper aussi.


Weinwurm blêmit. Stieglitz, lui, resta figé un instant… puis éclata d’un rire bref, sans joie.

Magnifique. Juste magnifique. Une bande de dangereux mercenaires en attente de procès, un répurgateur de Hoffmann à la morgue, et maintenant le pire maître assassin du Reikland dans la nature. On pourrait rajouter une tempête de feu et un démon dans le lot, tant qu’à faire !

Taschner sourit à nouveau sans rire et lui répondit 

-Attention à ce que vous souhaitez, on est à Ubersreik ici.

Stieglitz leva son bras coupé au niveau du coude et regarda Taschner avec un air de reproche que seuls deux personnes de confiance peuvent partager : 

Je connais, j’ai déjà donné.

Weinwurm, crispé, murmura :

Si cette information fuite… La ville va paniquer. Et le conseil de la burgmeister aussi. En pleine période électorale, ce serait un désastre.

Taschner, fatiguée, passa une main sur son visage.

C’est pour ça que nous devons garder cette affaire sous contrôle. Je veux un silence absolu sur Dragoș. Si l’un de nos hommes l’apprend, il pourrait vendre l’information à n’importe qui.

Stieglitz cracha sur le sol.

J’ai mis des mois à arrêter ce taré. Si je met la main sur Crowley, je lui péterais la moitié des os avant d’avoir pu dire “violences policières.

Finalement, Taschner se redressa et fixa ses sergents.

Stop, Nous devons garder la tête froide. On ne peut pas arrêter ce qui est déjà fait. Mais on peut décider de ce que nous faisons maintenant. Nous devons retrouver Azralia et Tasaria avant Hoffmann. S’il les retrouve en premier, elles finiront comme exemple. Ensuite j’aimerais que vous complétiez l’enquête dont on accuse la compagnie de l’Eau Noire, et que vous alliez au-delà de toutes les nouvelles preuves magiques que  nous a apportées Hoffmann et l’église de Sigmar.

Weinwurm, grave :

Hrum, Concernant l’attentat au manoir Bergstein en dehors d’Ubersreik, je suis désolé mais c’est du solide, témoins oculaire et visuels multiples. Magnus, Skaldor et Crowley sont coupables. Tout ce qu’il manque c’est le motif, j’aurais aimé les interroger mais Hoffmann les a relâché en probatoire du coup.

Stieglitz, le regard dur :

Par contre pour le meurtre des 4 répurgateurs et de 15 civils, ça ne colle pas vraiment. Les cadavres étaient vieux de plusieurs heures, mais la compagnie était toujours sur place, les plaies ressemblaient plus à une exécution qu’à un règlement de compte, aucune projection de sang sur les murs, et j’ai trouvé Kaspar Vollstein déguisé en répurgateur.


-Vollstein ? Le maquereau du Kunstviertel ? Je le savais pas religieux  au point de rejoindre l’ordre.


-M’est avis qu’il l’était pas, je pense que Hoffmann se fout de notre gueule capitaine. Je veux bien qu’on poursuivre notre enquête mais …

Je croyais qu’on exécutait les ordres de l’église sans poser de questions ?

Taschner lui lança un regard fatigué, puis un sourire amer.

Disons que… parfois, on doit avoir le courage de faire ses propres choix.


La pluie continua de battre la ville d’Ubersreik. Mais dans la caserne, le vent avait déjà tourné. 

- - - 

(S01/Ep41.5)

Les chaines de Sigmar 

Entrée : Franz Lohner : 


Dans l’arrière-salle enfumée de la Taverne de la Lune Rouge, là où l’odeur du bois brûlé se mêle à celle de la bière éventée, les compagnons de l’Eau Noire découvrent un petit morceau de parchemin, glissé derrière une vieille bouteille de cognac. La meilleure de Franz, évidemment. Seul un habitué aurait pensé à chercher là.

L’écriture est nerveuse, pressée.


"Si vous lisez ceci, c’est que vous avez encore un peu de bon sens. Faites tourner aux nôtres, mais seulement aux nôtres. On marche sur des œufs et ils sont déjà fêlés. Je vous laisse lire, et surtout… gardez les yeux ouverts et une main sur la garde de votre épée."

Compagnons, les affaires, c’est une question d’opportunités et de risques. Et là, mes amis, nous sommes en train de nous faire plumer comme des pigeons devant un joueur tiléen aux poches remplies de cartes. On n’a rien vu venir, rien compris avant que les chaînes ne se referment sur nous. Hoffmann nous a tendu un piège, et on y est tombé la tête la première.

Je n’en veux pas à Sachs, il a fait ce qu’il pensait être le mieux pour nous. Il nous a amené ces contrats de mercenaire avec l’église, pensant qu’on pourrait en tirer profit, gagner en influence. Mais Hoffmann ne joue pas aux dés, il a  trois coups à l’avance. Et maintenant, nous voilà avec un poignard sous la gorge. On travaille pour lui, ou il nous fait tous tomber, un par un.

Hoffmann s’est amusé à rappeler qu’il avait assez de saloperies sous le coude pour envoyer toute la compagnie au trou, voir à la corde si nécessaire.

Des faits réels, des mensonges bien ficelés… Peu importe pour lui, et pour nous aussi d’ailleurs. Aucun juge à Ubersreik n’aura le courage de le contredire.

Alors écoutez moi bien : il faut lui rendre la pareille. On doit trouver un moyen de lui mettre la pression, de l’affaiblir, de lui retourner son propre jeu. Cherchez la moindre preuve, le moindre témoin, la moindre faille. Mais faites le en silence. Ce fanatique a des yeux et des oreilles partout, et il a déjà prouvé qu’il n’hésitera pas à nous écraser s’il sent qu’on lui échappe.

J’ai dû négocier avec les Von Bessemer pour limiter la casse, et grâce à eux, Azralia et Tasaria ont pu filer. Elles sont déjà sur la trace du diplomate bretonnien Roland de Levier qui bosse pour Vilhatten – notre seule chance de retrouver cette ordure et de faire le lien avec Morgatha la nécromancienne.

Si jamais un groupe de la compagnie se retrouve à devoir travailler pour Hoffmann, faites votre possible pour saboter discrètement la mission, qu’importe l’or ou les récompense qu’il vous propose, torpillez le, faites ce que vous pensez être le mieux.

Ouvrez l’œil. Restez prudents. Et surtout, ne perdez jamais une chose de vue : si on trouve de quoi faire tomber Hoffmann, les Von Bessemer seront prêts à payer très, très cher pour ça, je m’en suis assuré. 

Allez, bougez-vous. Faites attention. Et trouvez-moi de quoi renvoyer ce prêcheur aux enfers.


Franz Lohner capitaine de la compagnie de l’Eau Noire.