(S01/Ep057) Que la montagne est belle
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(S01/Ep057) Que la montagne est belle

April 3, 2025
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 Membres : Dav'azk (Mort), Sigrid Tahnred (Partie), Emilio Alvarez Vanaldo (Parti), Dougall Mac Kerr (Parti), Eanur

 Descendant du gyrocoptère les ramenant de la diversion qui avait permis au reste de la compagnie d'atteindre le Karak Azgaraz, les compagnons, tous couvert de sang arboraient différents airs maussades. Certains en raison de la vue aérienne imprenable qu'ils venaient d'avoir sur les dizaines de milliers de gobelins qui encerclaient la forteresse des nains et désormais eux aussi ; d'autres en repensant à la mission que Franz Lohner leur avait assigné et réalisant pleinement maintenant que la poussière était retombée qu'on les avait sans nul doute envoyer au casse pipe. Mais ce n'était rien de tout cela qui irritait Dav'azk.

Le mercenaire qu'il était faisait toujours ce pour quoi on le payait sans jamais s'encombrer de ce genre de considérations pour sa propre préservation. Il avait un sens tout a fait barbare de la vie... et de la mort. Le matin, on était en pleine forme et le soir même on avait succombé. C'était tout ce qu'il y avait à comprendre et son unique philosophie car ceux de sa culture ne s'inquiétaient ou ne perdaient jamais leur temps à penser ne serait-ce qu'une minute à leur futur trépas.

Non, si une chose l'avait contrarié, c'était bien ce voyage dans les airs. Il avait été à deux doigts de dégobiller à trois reprises durant les pires cabrioles que le gyrocoptère avait du enchaîner sous les tirs des gobelins et les vents violents des cimes. Dav'azk n'était définitivement pas fait pour voler.

 Une fois à terre, il entra sous la montagne encore tout barbouillé et tout ce qu'il espérait à cet instant, c'était de ne jamais avoir à remettre un pied dans cette machine infernale... Après avoir installé ses affaires et tandis qu'il se promenait non loin des quartiers de la compagnie, Dav'azk tomba au détour d'un couloir sur Franz Lohner. Ce dernier lui adressa en premier la parole : 

- Ah Dav'azk ! Content de voir que vous vous en êtes sorti. Nous avons eu nous aussi maille à partir avec des gobelins mais nous sommes passé sans encombre. J'ai su que votre gyrocoptère était rentré au Karak mais j'ai dû courir absolument partout depuis mon arrivé et je n'ai pas eu un instant pour m'enquérir de votre groupe. Des pertes ?

- Pas un.

- Ça, c'est une excellente nouvelle ! Écoutez, il faut encore que je file mais puisque c'est vous que je rencontre le premier, vous me ferez un rapport pour dem... Lohner s'apprêtait déjà à repartir mais il s'arrêta un instant puis observa Dav'azk une seconde et demanda :

- Rappelez-moi, vous ne savez toujours pas écrire ?

- Point que je sache, grommela l'autre.

- Évidemment. Dans ce cas, racontez-moi toujours et je griffonnerait quelque chose ce soir dans le journal.

- J'ai soif ! répondit le barbare.

- Les halls pour se désaltérer sont au fond de ce couloir puis vous descendez le grand escalier mais dites-moi d'abord ce qui s'est passé lors de votre mission. Vous boirez un coup ensuite.

- J'ai soif maintenant ! répéta Dav'azk.

    Franz Lohner compris rapidement à l'air borné du barbare qu'il n'obtiendrait absolument rien tant que ce dernier n'aurait pas plongé son nez dans une chope. Il l'accompagna donc en direction des halls où les nains se restauraient.


- Maintenant que vous êtes servi avec tout ce qu'il vous faut, racontez-moi prestement !

Dav'azk buvait de longue gorgées de bière tout en observant Lohner d'un œil. Il reposa le pot et fit claquer sa langue avant de commencer son récit : 

- Il n'y a pas grand chose à dire. Nous avons suivi le chemin du col que vous nous avez indiqué puis nous sommes tombé sur des gobelins à mi pente qui trafiquaient on ne sait quoi à coté d'un grand trou. On a envoyé en avant celui qui se transforme tout le temps en animal bizarre...

- Vous voulez dire Emilio.

- C'est lui. Il est parti jeter un coup d'œil sous sa forme d'oiseau qui fait « cruik » mais des gobelins planqués près du trou n'ont pas apprécier le piaf et il a fini avec une flèche dans l'aile.

- C'était vers quelle heure ? Nous avons entendu des explosions dans le milieu d'après-midi.

- Ça c'était les pétards de la gueuse qui nous accompagnait.

- Vous parlez de Sigrid Tahnred. Diantre ! Des mois que vous êtes parmi nous et vous ne connaissez toujours aucun des noms de vos compagnons. Vous êtes désespérant !

- Je connais Dougall. On est les champions de la cage de fer et on s'est battu plein de fois...

- Vos bromances à l'arène d'Ubersreik ne m'intéresse pas. Continuez, je n'ai pas toute la journée !

Dav'azk se renfrogna :

- Comme vous voulez. La gueuse a voulu tirer un pétard au loin avec son arc pour faire diversion mais je sais pas comment elle a fait son compte et la flèche est tombé droit dans son sac. Autant dire qu'après une si belle diversion, on s'est tiré dare dare.

- Et les gobelins vous ont poursuivi.

- Évidemment ! Nous avons réussi à les distancer d'une bonne lieue avant de tomber sur trois monteurs d'araignées, eux aussi sûrement attirés par le bruit.

- Vous avez eu de la chance qu'ils ne soient pas plus nombreux, ce type de chevaucheurs là pullulent dans les montagnes, fit observer Lohner.

- Peut-être. Quoi qu'il en soit, ces trois petites pestes étaient bien suffisamment nombreuses parce qu'elles ont réussi à sonné tout le groupe sauf Dougall et moi. Malheureusement pour eux, à nous deux, nous les avons découpé en tranches tout pareil mais du coup, les premiers gobelins qui nous poursuivaient ont réduit la distance et il a fallu à nouveau détaler.

Dav'azk s'arrêta de parler une seconde pour finir sa pinte d'une traite puis après avoir reposer le pot et s'être essuyé avec sa manche, il poursuivi :

- C'est à ce moment là que j'ai pris le cor d'éclaireur et je me suis mis à souffler dedans à pleins poumons. Nous étions presque arrivés à l'endroit où votre saloperie volante était sensée nous récupérer et presque au crépuscule. La discrétion ne servait plus à rien donc il fallait attirer le plus de gobelins possible à la ronde.

- Leur donner votre position alors que vous n'étiez même pas encore au point de rendez-vous était un peu gonflé. Ils auraient pu vous couper la route !

- Et bien justement. C'était le moment de cavaler et d'arrêter de tomber dans les pommes à tout bout de champs. La course poursuite à mis un coup de fouet à tout le groupe. C'était marche ou crève !


Dav'azk allait se lever pour chercher une nouvelle pinte mais Lohner lui mis la main sur l'avant bras pour l'arrêter dans son élan :

- Finissez votre histoire d'abord et ensuite je m'en vais et vous pourrez boire tout votre saoul !

- Il n'y a rien d'autre à ajouter. Nous sommes arrivés au point de rendez-vous avec leurs chevaucheurs de loup sur les talons et nous avons à peine eu le temps de nous mettre en position pour les recevoir que les gobelins ont débarqués par centaines et les flèches ont commencé à tomber drues.

Dougall et moi, nous les avons empêché de grimper sur notre promontoire tandis que le celui qui se transforme en singe a balancé des bouteilles d'alcool qui leur ont explosées à la gueule en boules de feu. Il nous a bien aidé pour sûr ; surtout quand l'un de ses cocktails a atterri sur une baliste que les gobelins avaient apporté.

La gueuse, elle, a tiré quelques gobelins sur des araignées puis elle a réussi à abattre le chef qui commandait toute la horde mais hélas, ça n'a pas fait fuir le reste.

Quand à l'elfe, il bredouillait des mots incompréhensibles apparemment pour appeler ses dieux à l'aide mais j'ai pas vu si ça avait eu un grand effet.

- Vous reconnaissez donc que vos compagnons sont dignes de confiance.

- A part Dougall, heureusement que les autres se sont repris à la toute fin sinon on ne sera pas là entrain d'en parler.


A ce moment, que Lohner le veuille ou non, Dav'azk se leva avec la ferme intention d'aller chercher une nouvelle bière. Cependant, le capitaine de la compagnie de l'Eau Noire ne s'en alla pas immédiatement. Il resta là, attablé, un air pensif sur le visage et les yeux à fixer la table. Quand le barbare revint avec sa pinte pleine, le vieil homme avait terminé sa réflexion et releva les yeux en demandant : 

- Vous m'avez parlé d'un grand trou au départ. Dites m'en plus !

- Moi, j'en sais rien. Les autres avaient l'air intéressés et voulaient aller voir de plus près comme si c'était important mais d'un autre coté c'était pas notre mission, et puis avec le tapage qu'on a foutu, il a vite fallu détaler.

- A quoi ressemblait l'endroit ?

- C'est pas très loin à l'entrée du col. Les arbres avaient été soufflés comme par une explosion magique à dit notre mage. Quand il s'est approché, il a vu un trou béant dans la terre qui avait pas l'air d'avoir de fond et il y avait un torrent de montagne dont l'eau s'engouffrait dans le trou à gros bouillons. Ensuite la gueuse à aperçu dans son tube qui voit au loin que les gobelins trimballaient des caisses et des tonneaux en direction du trou peut-être pour les balancer dedans, mais on ne sait rien de plus. Les autres se sont mit d'accord pour prévenir les nains au plus vite. Vous êtes bien placé pour leur dire, vous ! Moi je ne connais personne ici.

Quand il entendit cela, Lohner se leva rapidement, un air préoccupé sur le visage et prononça avant de s'en aller :

- En effet, je m'en vais avertir les nains immédiatement.