(S01/Ep072) Des souris et des hommes
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(S01/Ep072) Des souris et des hommes

May 15, 2025
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Membres : Norgrim Barazhunk, Azralia L'embrasée (Partie), Magnus Rosenlicht (Parti), Thulkan Arawynn, Eanur

J’ignore si c’est ma nature d’Asur, élevé sous les ramures harmonieuses d’Avelorn, instruit à l’ombre de la Tour Blanche, ou simplement un effet secondaire du chaos ambiant, mais la vie parmi les humains est d’un rythme affolant. Le monde semble tourner plus vite, comme si le soleil lui-même voulait fuir ce qu’il éclaire.

J’étais donc installé, dans un trop rare moment de calme, pipe aux lèvres, pieds sur la table, savourant un instant d’inutilité bienvenue, quand Azralia fit irruption. Quelque chose n’allait pas. Visiblement troublée, elle semblait incapable de parler. Ce qui, pour une Strigany versée dans l’art des présages forains, relève du cauchemar professionnel. Thulkan tenta une première intervention… dont le seul résultat fut de transformer notre camarade en luciole. Charmant, mais peu utile. Finalement, elle opta pour une potion d’Hakim (ce qui aurait pu être notre première option, soit dit en passant). Et là, ce fut le grand retour de la parole, ou plutôt l’irruption d’un autre genre, une voix différente sorti du corps d'Azralia en transe :

“Bientôt, la pierre de feu percera le voile des cieux,

Et viendra embrasser la ville au pont.

Les quatre visages voilés s’élèveront en silence,

Leurs serments, scellés dans le Sang de l’Ancienne Disgrâce.

Écoutez, enfants perdus…

Car le firmament porte le sceau du grand Retour

Celui d’un trône renversé,

Et d’un empire aux mille yeux."

Ceux d’entre vous qui liront ces lignes comprendront sans peine que nous avions là une nouvelle prophétie, et pas des moindres. Une comète a justement été aperçue ces derniers temps… Le parallèle est troublant. Et ce n’est pas la première fois qu’Azralia délivre de tels messages. Franz, si tu me lis : il serait judicieux de créer une section dédiée à ses prédictions dans notre registre. Une synthèse de ses visions pourrait un jour nous éviter l’excès de surprises mortelles.

L’incident clos, il nous fallait reprendre la mission initiale : convaincre Meinhard de Holstein de nous révéler la position d'Monseigneur Templier Hoffmann (Mort). La présence de Magnus fut notre seul véritable atout. Par son entremise, le désormais plus haut représentant du temple de Sigmar à Ubersreik admit avoir déjà envoyé plusieurs expéditions, toutes disparues. Il accepta donc que nous soyons les suivants. La dernière position connue d'Hoffmann : l’ancienne abbaye de Reutenheim.

Le voyage se fit sans incident notable. Thulkan partagea quelques bribes de son histoire : un départ précipité de la forêt, des tensions familiales, peut-être plus. Difficile de ne pas ressentir une certaine amertume derrière ses mots. Espérons qu’elle ne le rattrape pas trop vite, ni lui, ni ceux qu’il fréquente.

À l’approche de l’abbaye, nous tombâmes sur un groupe de cinq flagellants. Leurs chairs mutilées et leurs yeux enflammés parlaient pour eux : fanatiques, sans doute disciples d'Hoffmann ou de son… projet. Ils évoquèrent un “Grand Plan” et l’anéantissement à venir d’Ubersreik. Le contexte de l’abbaye, engloutie, ancienne, peut-être chargée d’artefacts, ne fit rien pour nous rassurer. Magnus réussit à se faire passer pour un fidèle du maître des lieux. Je me plais à croire que ma prestation d’"esclave elfe" n’était pas sans valeur dans ce théâtre improvisé. Ils nous laissèrent passer, certes, mais l’un d’eux partit avec zèle et en avant prévenir de notre arrivée. Et comme nous souhaitions conserver le temps et la forme de cette nouvelle, nous fûmes contraints de le neutraliser discrètement.

Une fois sur place, Azralia et moi nous sommes avancés en reconnaissance. L’abbaye semblait vide… du moins, jusqu’à ce qu’elle cesse de l’être. Est-ce que c’est le fait que le nain ait décidé de jouer à “lance la pierre dans le puits” ? Ou bien que les portes aient été ouvertes avec toute la subtilité d’un bélier gobelin ? Toujours est-il que des skavens surgirent. Nombreux. Trop. Des murs, du sol, de l’air lui-même, on aurait dit. Il n’existe pas d’équivalent élégant en elfique pour décrire la situation, mais "Sha’alith kheirach ven'draen, urien sselyth!" résume assez bien l’ambiance. Dans le dialecte fleuri de Teubrüke, cela se traduit approximativement par : "Putain de saloperie de bordel de merde d'engeance fétide." Nous étions mal engagés. Dans un tel huis clos, même mes talents d'épéistes perdaient leur tranchant. Magnus invoquait sa magie pour repousser les rats, Skaldor gisait coincé sous une porte et trois rats géants… Bref, rien de rassurant. Heureusement, Thulkan, égal à lui-même, libéra de puissants vents magiques et pulvérisa nos assaillants. Provisoirement. Nous avons alors jugé préférable de battre en retraite. Ce n’était qu’un avant-goût, un comité d’accueil. Le vrai cauchemar nous attendait sûrement plus loin. Nous reviendrons, mieux préparés bien entendu.

Mais une chose est sûre, maintenant : Hoffman a franchi une ligne en s'alliant avec des skavens, plus aucune négociation n'est possible