(S01/Ep108)  Ulla Thorgenson
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(S01/Ep108) Ulla Thorgenson

October 25, 2025
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Membres : Hans Dieter, Dav'azk (Mort), Tasaria la Valselame, Norgrim Barazhunk, Dougall Mac Kerr (Parti)

Je … ne sais pas par quoi commencer …

La mission. Oui c’est le mieux.

Après une bonne journée de route dans un silence de mort, nous sommes arrivés à destination. C’était un ancien puits de mine dans les Montagnes Grises, pas loin de Karak Azgaraz. Un repère de brigands en temps normal mais d’après un tuyau, Ulla Thorgenson aurait viré tous les traîne-savates du coin pour s’y installer. Et ce tuyau, bordel, il venait de ce sale cafard d’Aldo Gretchen qui en avait parlé à Federico Paccelini. On aurait dû se douter de ce qui allait se passer.

Il n’y avait personne à l’entrée, ça aussi aurait dû nous donner un indice. Mais j’étais pas là à cause de … On avançait à la lueur de nos lampes jusqu’à ce que Norgrim entende une voix au fond de la caverne. C’était ce gros con d’Aldo, bâillonné et ligoté comme l’espèce d’abruti qu’il est. Mais au même moment, Hans a percuté. Il avait aperçu un fil qui courait le long du plafond et en ouvrant la porte, elle avait commencé à s’enflammer. Bordel, on avait retrouvé la poudre mais toute la caverne allait exploser. 

Rien à foutre de l’autre crevure, Tasaria, Dav… et moi avons commencé à courir pour quitter la caverne mais Hans et Norgrim ont essayé de libérer Aldo. Après quelques secondes et en voyant que ses liens étaient trop solides, ils ont décidé de porter ce gros sac et de courir. Putain fallait le laisser cet idiot.

Juste après avoir sauté au-dessus d’un précipice, j’ai pu apercevoir le fil de la mèche qui partait vers le fond de la grotte mais alors que j’allais essayer de le couper, un crac a résonné derrière moi. Le stalactite auquel on avait accroché un grappin à l’aller s’est brisé quand Tasaria est passée. J’ai juste eu le temps de la rattraper mais j’ai perdu de vue le fil.

Trop tard pour essayer de le retrouver avec Tasaria on a continué à courir jusqu’à sortir de la caverne juste avant de sentir le souffle de l’explosion. Une fois la poussière retombée, les trois autres, Aldo toujours sur le dos, sont sortis à leur tour. Les cheveux roussis et les oreilles qui sifflaient, mais en vie. Même Aldo. Et Dav’Azk…

Résultat, la poudre a explosé et on n’a pas pu capturer Ulla. Merde.

Bon. J’en ai pas envie mais je dois quand même noter ce qu’il s’était passé la veille. Le vieux Lohner dirait que c’est important de tout noter. Même ce qui nous a brisé.

Ce contrat pour Ulla, on était trois dessus. Hans, le tenait de Moritz la poche ; Dav’Azk, devait un service à Federico et dans mon cas, j’avais été missionné par la Capitaine Inge Taschner. Elle m’avait promis de voir pour faire de moi un auxiliaire de la garde si j’arrivais à la capturer. En chemin, on a croisé Tasaria qui s’est jointe à nous, flairant un bon contrat. La pauvre, si elle avait su.

Nous sommes donc arrivés à la La Lanterne Fêlée. Toujours la même odeur de graillon et de bière éventée. A peine assis, ce gros tas de Federico est venu nous voir. Il a rappelé à Dav’Azk qu’il lui devait un service, après la potion de Morte-Voix et l’antidote qu’il a donné à Azralia L'embrasée (Partie). J’aurais dû le voir plus tôt… 

Dav’Azk comme à son habitude l’a menacé, disant que lorsqu’il serait roi, il le ferait tuer. Puis Federico s’est tourné vers moi. 5000 Couronnes, puis 10000 pour tuer Dav’Azk. 

« Même pour tout l’or du monde je ne tuerai pas mon frère... ».

Je suis le plus grand des idiots.

Une fois toutes ces belles paroles échangées, Morritz La Poche nous a viré de son taudis. A peine dehors, une silhouette s’est approchée de nous. Cormach Mac Mantain (Mort). J’étais heureux de le voir à ce moment. Ça n’a pas duré.

Comme à son habitude, il avait beau avoir picolé comme un régiment, il nous a proposé d’aller continuer la soirée dans les bars. C’était pas une si mauvaise idée mais d’un coup, un frisson nous a parcouru le dos. Des sons de cornemuse résonnaient dans la ville. Et des chants de guerre d’Albion.

    C’est à ce moment là qu’elle est apparue. Elle. La raison de ma venue à Ubersreik. Siohban MacMantain, la Haute-Druidesse du clan MacMantain. La fille de l’homme que Cormach a tué pour son épée. L’épée que je devais ramener en Albion. Mais que je n’ai jamais ramenée.
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    Il y a un an, que j’ai débarqué à Ubersreik. Je devais rejoindre la Compagnie de l’Eau Noire pour essayer de trouver Cormach, le tueur sanguinaire du clan MacMantain et ancien compagnon. Mais lorsque je l’ai vu, je me suis chié dessus. Il ressemblait vraiment au type de personne qu’il ne faut pas énerver, sous peine de se faire décapiter. Et puis je me sentais bien dans la Compagnie. Et Albion, s’est loin d’Ubersreik, personne n’allait venir. Enfin, c’est ce que je pensais.

Le temps de la reconnaître, d’autres personnes s’étaient rapprochées, nous encerclant. Des guerrières du clan venues en renfort de la Haute-Druidesse. Elle a commencé à m’insulter, disant que je n’avais aucun honneur, que j’étais une honte à mon clan et à mon peuple d’avoir sympathisé avec l’homme que je devais ramener. Elle avait raison.

A ce moment là, je me disais que ça ne pouvais pas être pire. Encerclé par les membres d’un clan auquel j’avais juré de leur rendre leur honneur. Mais j’avais tort.

Dav’Azk s’est approché de moi, pour me demander qui elle était. Et elle l’a reconnu. En Albion, il est courant que des hommes venus du Nord viennent piller et ravager nos terres. Il y a dix ans, c’est ce qui a coûté la vie à ma famille. Il y a dix ans, Dav’Azk faisait partie d’un de ses groupes de pillards. Ceux qui s’étaient installés dans nos collines pour brûler des fermes. La ferme de mes parents.

Depuis que je le connais, il n’a pas cessé de parler de ses aventures. De son passage en Albion pour piller. Mais je n’avais pas réalisé. Les dates collent. Se sont ses compagnons qui …

 Ensuite tout s’est passé très vite. Siohban s’est changée en une vieille femme, sa véritable forme, avant d’incanter des prières en Gaélique. Celle de nos Druides. Les guerrières se sont rapprochées, les armes sorties. Tout autour de moi, ils se sont mis en position de combat. Mais pour moi, la terre s’était effondré sous mes pieds. J’ai saisi Dav’Azk par le col pour lui demander des explications mais il m’a repoussé avant de lâcher des mots qui resteront gravés dans mon esprit pour toujours « Mon père a tué ma mère, j’ai tué mon père et mes camarades ont tué ta famille. On s’en fout, va te battre. » Quelle raclure. Lui que je considérait comme mon frère.

Hans a tiré sur Siohban avant de s’écrouler à cause d’un maléfice de la druidesse. Puis Dav’Azk a couru sur elle, me hurlant de le suivre tandis que Cormach se dirigeait vers les guerrières qui arrivaient sur nous. Moi, j’étais tétanisé. Mes mains tremblaient, mes oreilles sifflaient. Je devrais me battre ? Contre une Haute-Druidesse et des sœurs guerrières de chez moi ?

J’ai agi avant de réfléchir, rejoignant Dav’Azk et assénant un coup à la druidesse. Mais comme je l’avais déjà vu chez d’autres druides, malgré un coup qui aurait dû lui être fatal, elle s’est relevée puis s’est éloignée de nous. Mauvaise idée. Hans a tiré un second coup qu’elle n’a pas pu évité « Je t’ai fumée la grognasse ». Parler comme ça d’une Druidesse … Un coup dans mon dos m’a fait sortir de mes pensées et instinctivement, je me suis écarté, laissant Dav’Azk seul sur le pont face à deux guerrière.

Et je l’ai vu. Cormach. Le vrai. J’avais déjà vu Norgrim entrer en rage en plein combat et tenir tête à plusieurs adversaire, ignorant la douleur et frappant comme un forcené. Mais là. C’était un déferlement de haine et de violence à l’état pur. Il ne flanchait pas sous les coups et les flèches de ses adversaires et en un seul coup de son immense épée, il a découpé deux guerrières en armure. La Fureur des MacMantain en action. Ce n’était pas un homme qui se battait. C’était un monstre.

Dav’Azk a pu balancer dans le ruisseau les deux guerrières et, reprenant mes esprits, j’ai tenté d’arrêter le combat. Trop de sang d’Albion avait déjà coulé, dont celui de la Haute-Druidesse. Ce n’était pas la peine d’en faire plus couler. Je leur ai dit de rentrer en Albion mais Cormach s’est approché. Elles ont avoué que son sort était désormais entre les mains du Cercle des Druides. Elles reviendraient le chercher. Et ça, Cormach ne le supportait pas. J’ai essayé de le dissuader mais s’était inutile. Je me suis écarté et il s’est élancé, découpant les dernières guerrières dans un rire dément.


Ils ont ensuite été boire, Hans, Tasaria, Dav’Azk et Cormach, faire une dernière fois la tournée des bars avant qu’il quitte Ubersreik pour une mission importante. Et moi, je suis resté seul. Mon frère Dav’Azk ? Responsable de la mort de ma famille. Cormach, mon nouvel ami et mentor ? Un tueur sanguinaire, pire encore que ce qu’on m’avait dit. Et moi ? Attaquant une Haute-Druidesse et combattant des sœurs d’Albion.


Je n’ai pas dormi cette nuit là. Avant une mission, c’était la pire idée.

On en revient donc à la mine et mon incapacité à voir cette foutue mèche. Si seulement je l’avais vue …

On m’a toujours dit qu’écrire ses pensées, ça aide à faire du tri. Je n’ai jamais su écrire alors c’était des conneries pour moi. Et maintenant que j’ai appris, je me rend compte en réalité que ça ne change rien, lorsque l’on est brisé. On peut gâcher autant d’encre que l’on veut, mais ça ne nous fait pas revenir en arrière.

Ces quelques pages iront rejoindre les récits des compagnons de l’Eau Noire, comme un témoins de mes erreurs. D’avoir mal jugé des personnes que je considérais comme des amis, comme un frère.

Ma raison d’être à Ubersreik n’a plus de sens et maintenant que je comprends que je ne peux vraiment pas me fier à des mercenaires, même dans cette Compagnie, je ne sais pas si ma place est toujours ici.

Dav’Azk, comment as-tu pu me dire ça comme ça ?