Ma chère Opale,
Cela fait à peu plus de quatre lunes que je suis parti, et me voila enfin arrivé à la grande ville de Zinda. Je ne sais pas quand tu recevras cette missive que j’ai remise à un druide itinérant. Il m’a promis qu’il passerait pas trop loin de notre village, donc j’espère qu’il ne mettra pas trop de temps.
Je viens d’arriver enfin donc dans cette ville, mais j’ai été très déçu : tout est grand ici. Pas grand comme chez nous, mais grand parce qu’ils empilent les maisons. Ils doivent avoir un complexe avec leur petite taille, que cela les pousse à chercher à atteindre le ciel. D’ailleurs la maison de leur chef est bien plus grande que celle de Papa. Il serait surement jaloux ; je suis presque triste de ne pas pouvoir le lui dire !

Bref, c’est surtout l’odeur qui m’a le plus déplu. Pas les mêmes nuances d’humus que chez nous, d’odeur de baies fraichement coupées, de fleurs fraichement écloses. Je m’attendais à quelque chose comme chez nous mais en plus beau, ce n’est pas le cas.
Je dois quand même avouer que les construction sont bien faites, les bâtiments faits de pierre mieux alignés que par chez nous. Surement notre charpentier Bertus pourrait venir ici, au moins il pourrait apprendre à faire des portes qui ferment, ça changerait.
Je m’égare. Ce qui m’a frappé aussi immédiatement, c’est le bruit. Ici tout est vacarme, bruit assourdissant et peu mélodieux. Fini les gazouillis du matin, le bruits des feuilles qui caressent les branches sous l’effet du vent. Je ne comprends pas comment ils font pour vivre dans ce tumulte. J’ai mis au moins une semaine en m’en acclimater, mais du coup, j’ai préféré dormir avec les chevaux – eux au moins je les comprends !
En dehors de cette première impression, je me suis mis vite à la tâche de retrouver celui que je t’avais dit avoir vu. Je sais que toi au moins tu me crois. Je devais être guidé par une bonne étoile, car, en ayant croisé un homme par hasard, je lui demandai s’il connaissait un certain Jarana. Grande a été ma surprise car l’homme semblait le connaître, et il m’a donné rendez-vous pour le lendemain. Devant tant de chance et de générosité, j’ai donné à Gérard mon dernier morceau du gâteau de Mommir. Cela m’a déchiré le cœur, mais cet homme m’avait peut-être enfin guidé vers mon but. J’avais déjà un ami en ville !
Le lendemain venu, je me dirigeai au point de rendez-vous convenu : une grande place au pied de laquelle trône un grand temple. Je trouve aussitôt un petit attroupement autour d’un kobold qui faisait de la musique accompagné d’une drôle d’elfe. Leur concert atypique finalement produisait une musique mélodieuse, enfin le premier son agréable que j’entendais depuis une semaine !
Je suis donc arrêté à distance pour écouter la mélodie. Puis je vit qu’un voleur essayait de voler sa maigre recette à ce petit kobold (enfin, non, il faut plutôt dire tout simplement « kobold » – ils sont tous petits). L’elfe a soudain bondi pour poursuivre le voleur.
Captivé par la scène, je n’avais pas vu approcher dans mon dos, Gérard, celui que je croyais mon ami, qui essayait de me poignarder. Mais c’était sans compter l’intervention d’un curieux homme à moustache exubérante, qui pour une raison que j’ignorais a décidé de me sauver. Gérard soudain cria « tous sur le firebolg ! ». Je n’ai rien compris : je ne voyais pas d’autre firebog dans les parages, et soudain je les vis, toutes petites, imperceptibles, dans sa barbe : des miettes du gâteau de Mommir ! Non seulement il voulait me tuer, mais en plus il a osé manger le gâteau que je lui avais donné en gage d’amitié. C’en était trop, j’ai eu une impulsion, un peu comme avec la licorne, j’ai dégainé ma rapière et l’achevais d’un seul coup de lame.
Très vite la scène dégénère avec un groupe de plusieurs bandits qui se mettent à se précipiter sur nous, mais sans nous concerter, le kobold, l’elfe, l’humain et moi avons fait, et repoussé cette lamentable embuscade. Nous réussîmes même à faire une prisonnière, Eleonora’, qui allait pouvoir nous expliquer les motivations de cette attaque. Nous nous sommes alors présentés mutuellement : le kobold musicien s’appelle Zavrok, l’elfe toute excitée Faerzress, et l’humain, Ernest.
A petite les présentations faites, nous nous faisons accoster par une demi orc, Adan, qui semble faire partie des forces de l’ordre. Elle nous remercie et nous demande de la suivre dans leur caserne. Malgré mes question sur mon objectif, elle ne veut pas parler en pleine rue.
Une fois dans le bureau de son capitaine, Borak, il nous explique que ce Jarana est à la tête d’une organisation secrète, la La Rose Ecarlate – c’est bien ma veine, tomber directement sur une guilde de voleurs.
Voyant que notre groupe s’est bien débrouillé, elle nous propose une mission dont il faut s’acquitter avec discrétion. Comme c’est ma qualité première, j’accepte avec joie, surtout que cela semble m’approcher de mon objectif.
Je n’ai pas tout compris la mission, mais mes compagnons ont eu l’air eux de savoir ce qu’il fallait faire, donc je les ai suivi. Il s’agissait d’aider un alchimiste nommé Finan. Peut-être si on l’ide il nous dira où est Jarana.
Nous devons trouver un foi de basilik, mais la marchande d’objets magiques, Yue, nous dit qu’elle l’a déjà vendu à Zenek Kendal, un magicien gnome. D’ailleurs cette Yué est une grosse prétentieuse, elle se croit la plus belle et le plus forte – ils sont tous pareils ces humains. Aucune n’est aussi belle que toi. Mais je m’égare. Nous avons donc décidé d’aller chercher le foi chez ce magicien. Je ne sais pas encore si va être coopératif, mais on doit se dépêcher d’y aller, sinon on va rater le goûter.
A très bientôt, prends bien soin de toi, et occupe-toi bien s’il te plait de Mommir, tu peux lui dire tout ce que je t’écris, sauf ce qui pourrait l’inquiéter. Dis-lui juste que je fais des recherches dans les bibliothèques, elle sera moins anxieuses (oui je sais, elle ne croira jamais que je puisse tenir une demi-journée entière dans une bibliothèque, mais je ne sais pas quoi inventer – toi, tu sauras surement trouver mieux les mots que moi). Ne lui dis surtout pas, mais j'ai très peur ici...Fais bien attention à toi, méfie-toi de Vokor Je reviendrai dès que je pourrai prouver que cette licorne n'était pas un vrai animal et que j’aurai pu réparer mon erreur !