WodSu - 59 - Les soeurs Blake
  1. Journals

WodSu - 59 - Les soeurs Blake

August 25, 2000

Réunion nocturne

Salle de réunion 3C, Bloc Est du Bastion K-Nine.

L’horloge murale affichait 19h00, ainsi que la date du 25 / 08 / 2000 , alors que la lumière filtrée par les stores métalliques des néons dessinait des lignes strictes sur la longue table noire. Une tension flottait dans l’air, presque palpable, comme si les murs eux-mêmes retenaient leur souffle.

L’atmosphère était presque trop calme. Pas un bruit, si ce n’était le ronronnement discret du système de ventilation qui semblait se souvenir d’un autre temps. Six chaises occupées autour de la longue table noire, six visages que les circonstances avaient forcés à se retrouver.

Les protagonistes s'étaient installés dans la salle l'air sérieux et grave.

Mice fut le premier à parler. Il avait ce calme presque hypnotique qui posa instantanément les contours d’un terrain neutre.

Il prit la lettre reçue récemment par Jodilyn Blake et la lue à haute et intelligible voix

Irina, , observait les autres avec  sérénité. Elle posa les doigts sur la table, doucement et à la fin de la lettre clama.

— "Elles proposent donc une rencontre. Ce qui, venant des sœurs Blake, est en soi un événement. Mais ce n’est pas une reddition. Cela semble être  une main tendue... avec peut être des griffes repliées.... ou peut être pas. "

Kenna rajouta. Sa voix était claire, posée.

— "Et elles disent avoir des informations cruciales sur les mouvements internes du culte. Elles disent pouvoir nous donner une faille."

John impeccable dans son costard noir rajouta

— "Je suppose que si elles voulaient vraiment nous nuire, les sœurs Blake n'auraient pas demandé une entrevue. Elles se sont joués du Sept tout ce temps et savent qu'on les soupçonne encore de jouer double jeu. La question est plutôt : que veulent elles vraiment ?"

Charlie, assise à moitié sur le bord de sa chaise, fit tourner un stylo entre ses doigts avec une dextérité surhumaine et  une impatience à peine masquée.

— "Ou justement, c’est exactement ce qu’elles veulent qu’on pense." Un sourire en coin fendit son visage. "C’est de la poudre aux yeux. Une jolie mise en scène avec une carotte au bout."

— "Non," rectifia John. "C’est une tentative de survie. Si elles savent ce qu’on soupçonne… c’est qu’elles fuient quelque chose...ou quelqu'un."

Kenna pencha légèrement la tête, ses yeux verts fixant son père John.

— "Tu crois qu’elles sont sincères ?"

John hésita, mais seulement une seconde.

— "Je crois qu’elles sont acculées. Et je crois qu’elles détestent certains membres du culte. Voilà ce qui se passe quand une alliance comporte trop d'égos."

— "Et tu proposes qu’on fasse quoi ?" lança Charlie "Qu’on leur saute dans les bras en criant ‘les temps changent’ ?"

— "Je crois que John a raison, je propose qu’on écoute," répondit Irina, sans se démonter. "Et qu’on décide ensuite. Nous ne sommes pas là pour offrir des secondes chances. Nous sommes là pour vaincre le culte de Moloch."

— "Et moi je dis : où est la caméra cachée ?" grogna Charlie, bras croisés derrière la tête. "Sérieux, après tout ce qu’elles nous ont fait, elles se pointent avec un cadeau surprise ? C’est Noël ou elles nous prennent pour des lapins de six semaines ?"

— "Elles savent que tu es allergique au cadeau désintéressé, Charlie." Mice lançant la remarque en souriant, avec une pointe d'ironie.

— "Mais parfois, les fauves viennent eux-mêmes se livrer, quand la forêt leur devient hostile." rajouta Kenna

— "Elles nous ont trahi; je ne sais combien de fois et tuer bon nombre de nos amis." rétorqua Charlie

Irina la regarda, sans fléchir.

— "Je n’ai pas oublié. Mais elles disent avoir quelque chose qui pourrait briser le commandement du culte de l’intérieur. Je dis : on écoute."

Puis Irina reprit.

— "On ne leurs pardonne pas. Pas encore. Peut-être jamais. Mais si elles nous livrent une faiblesse dans l’ossature du culte… alors on a une chance de les faire tomber . Et ça vaut qu'on passe au dessus de nos sentiments."

Charlie rajouta.

— "Vous avez déjà vu un démon supplier ? Moi non. J’ai hâte de voir si les Blake savent ce que c’est que de perdre."

Kenna sérieuse.

— "Le pire, c’est qu’elles ont toujours su manipuler ceux qui voulaient les croire."

John rétorqua en souriant.

— "Alors ne leur donnez rien à manipuler. Soyez froids. Soyez clairs. "

Un raclement de gorge se fit entendre. Mice, chef de la coterie  vampire de Vista, avait observé en silence jusque-là, un sourire doux, presque trop doux, dessinant des rides en coin de ses yeux.

— "Deux ennemies qui deviennent des  messagères… quel récit séduisant. Mais les Blake n’ont jamais été du genre à parler sans vouloir une contrepartie et sans profit derrière leurs belles paroles."

— "Et nous tous ?" répliqua Kenna, croisant les bras. "Moi, y compris. Nous ne sommes pas tous des saints non plus . A une époque, je me souviens, la guerre avait  fait de nous des choses… disons, pas toujours honorables."

Charlie ricana.

— "Parle pour toi. "

Kenna afficha un sourire :"Moi, j’étais fourbe bien avant que ce soit à la mode. Toi , en revanche ! "

— "Je suis une bénédiction dans les négos. J’ajoute du… sel." déclara Charlie

— "Du soufre, tu veux dire."cracha la vampire

Irina ferma les yeux une seconde, comme pour graver la décision dans sa mémoire.

— "Quoi qu’elles révèlent… on ne baisse pas la garde."

Mice, en souriant toujours, murmura :

— "On ne baisse jamais la garde, Irina. Sinon on ne serait plus ici."

Magnus leva les yeux au ciel et se pencha en avant, sa voix grave coupant net l’ambiance légère.

— "Assez. Les Blake veulent parler ? Parfait. On écoute. Mais on fixe les règles, nos conditions.  Si elles mentent, on le verra vite. Et si c’est un piège… on les enterre."

Mice répondit

— "Oh Magnus… tu parles comme si les options étaient simples. " Il pencha légèrement la tête. "Mais refuser la main tendue, même de la part d’anciennes ennemies, c’est parfois plus dangereux que de la serrer."

—"On pourrait leurs déchiqueter !" lança Magnus sur un ton satisfait

"Magnus, ta propension à vouloir détruire sans finesse nos ennemis est louable certes mais manque un peu de panache et de tact pour tout dire, d'ailleurs à ce propos, tu  m'as mis pas mal de bâton dans les roues ces derniers jours."  Mice, l'air sérieux

Magnus haussa les épaules, affichant un sourire en coin 

— "Tu parles de la B.L.I ? "

Mice plissa les yeux

— "Je parle de la B.L.I que tu as  sauvagement détruite avec l'aide de tes nouveaux "amis" ,  alors que j’enquêtais dessus,  voilà encore un manque de communication flagrant de la part des garous."

— "Je te retourne le compliment. " rajouta sèchement Magnus les bras croisés

Mice rajouta 

— "Toujours est il que je me suis débrouillé avec les moyens du bord ....comme d'habitude....et j'ai attrapé le deuxième en lice de la B.L.I  qui est devenu mon infant. Tous les deux, nous avons  longuement discuté la nuit dernière  et il me faudra 72 h pour tout savoir sur les implications des sœurs à propos des œufs , la Purple skull et  les technocrates"

"Comment ? " demanda Irina

Mice appuya nonchalamment sur un bouton , l'air amusé, et afficha sur grand écran la retransmission de la caméra, donnant sur une des pièces du musée de cobalt dans laquelle se trouvait les restes encore en vie du deuxième de la B.L.I , un certain Walsh. Le  type ou du moins ce qu'il en restait, était en sang ,canines arrachées, attaché à une chaise, torturé à "mort"....ironie amusante pour un vampire nouveau né.

"Écœurant " rétorqua Charlie

"Connaissez vous le rituel de sang" rajouta Mice 

"Non et on s'en fout " déclara Magnus

"Toujours obtus, à ce que je vois, cette cité vous a changé Magnus, vous étiez plus ouvert autrefois. D'ailleurs, à propos d'ouverture, il parait qu'avec votre amie Trixivia, vous avez passé beaucoup de temps ensemble ces dernières semaines et pas qu'à enquêter à ce qu'on m'a dit." cracha calmement Mice

"On vous a mal renseigné, il ne s'est rien passé " Magnus , regardant fixement le vampire sa mâchoire se crispant légèrement

"C'est ce que dirait un coupable" Mice affichant un sourire

"Vos paroles sont du poison " cracha Magnus

"C'est joliment dit ...Bref, revenons à nos deux charmantes soeurs, on devrait se préparer à cette entrevue et savoir ce que nous allons leur demander, vous ne croyez pas."

Kenna leva une main, élégante, précise. Son ton était clair, incisif.

— "Émotion mise à part, les informations qu’elles prétendent détenir pourraient faire basculer notre compréhension des faits notamment sur la drogue, leurs intentions, leurs membres, leurs plans. Si elles mentent, on le saura vite. Mais si elles disent vrai, nous ne pouvons pas nous permettre de passer à côté."

John, jusqu’ici silencieux, se redressa. Son regard croisa celui d’Irina. Il pesait chaque mot.

— "On les rencontre. Terrain neutre. Les membres assis autour de cette table, pas un de plus. On sécurise le périmètre. Et si elles nous trahissent…" Il haussa les épaules. "…on agit en conséquence."

— "Ca me va "lança Charlie immédiatement, son sourire s’élargissant comme une lame fraîchement aiguisée.

— "Moi aussi" grogna Magnus, avant de hocher la tête. "Je viens aussi. Si ça dérape, il faudra quelqu’un qui n’a pas peur de faire ce qu’il faut."

Mice, presque chatoyant, ajouta :

— "Dans ce cas, nous irons , John et Kenna, je compte sur vous. Les Campbell ont ce talent si précieux de lire entre les mots .....à moins que ce ne soit entre les cris."

Un silence s’installa un instant. Pas de refus. Pas d’objection. Juste la tension d’un accord fragile.

Magnus prit alors note de toutes les questions que les émissaires pourraient avoir à poser aux deux soeurs. Puis, une fois fait, Irina posa ses mains à plat sur la table, un sourire discret aux lèvres.

— "Je crois que nous en avons terminé. Allons écouter les sœurs Blake, il nous reste juste à trouver le lieu adéquat. Mais n’oublions jamais qui elles étaient… et ce qu’elles pourraient encore être."

Les regards se croisèrent, entremêlés d’ombres et d’alliances forcées. Et derrière les stores, la lumière continuait de glisser, implacable.

Mice reprit, regardant dans le vide comme fomentant un plan.

— "Les Blake savent qu’on se méfiera. Ce qu’elles ont à offrir doit donc être assez précieux pour qu’elles prennent ce risque. On parle ici d’un réseau d’adeptes qui se terre depuis des décennies voir des siècles. Si elles nous livrent une brèche, même minime…"

— "…on s’y engouffre," termina Magnus.

Le silence s’abattit une seconde. Irina le brisa doucement.

— "Et si elles veulent plus qu’un échange d’informations ? Si elles cherchent une alliance ?"

John répondit sans détour :

— "Alors ce sera à nous de décider si on voit en elles, autre chose que des pions utiles."

— "Ou des traîtresses à abattre," ajouta Magnus.

Charlie souffla du nez, amusé.

— "Toujours les options joyeuses avec toi. Mais c'est pas pour me déplaire, cependant , je suis d'accord, pour l'instant écoutons ce qu'elles ont à dire."

Un bip discret retentit : l’heure. 21h30. Jodilyn venait d'appeler Mice à les rejoindre immédiatement , les émissaires n'auraient pas le choix du lieu, ni de l'heure. La réunion venait de toucher à sa fin.

==================================================================

Les Filles du Crépuscule

Palm springs, 22h30, annexe de muséum d'histoire naturelle.

Après une surveillance alentour au niveau physique et en pénumbra, les émissaires s'avancèrent vers le lieu du rendez vous.

Entrevue à l’annexe du Muséum d’Histoire Naturelle de Palm Springs

L’annexe nord du muséum de Palm Springs n’était plus ouverte au public depuis longtemps. À l’extérieur, la lune déversait sa lumière crue sur la ville, mais ici, derrière les murs oubliés du bâtiment, l’air semblait figé, comme si même le temps hésitait à s’aventurer entre ces murs. Une odeur de vieux bois, de pierre et de secrets imprégnait les lieux.

C’est là que les sœurs Blake avaient donné rendez-vous.

La bâtisse était grande, rectangulaire, autrefois consacrée aux expositions temporaires. Les vitrines étaient remplies de vieilleries sans réelles importances, les étiquettes à moitié effacées, les lustres ternes suspendus comme des fantômes oubliés. Dans un recoin , un patio avec un bassin, traversé par un pont en bois, recouvert de nénuphars blancs brillant sous la lumière de la lune. Elles se trouvaient là. Debout et sereine. Une scène parfaitement orchestrée.

Jodilynn Blake , silhouette droite, posture impeccable, chaque geste étudié comme une partition de pouvoir. Elle portait une combinaison noire à la coupe audacieuse, des bijoux discrets mais luxueux. Son maquillage était précis, sa coiffure blonde nette, et son regard brûlait d’une assurance presque insolente.

— « Ils sont en retard, » souffla-t-elle en regardant sa montre, sans réel agacement.

Morgana Blake, positionnée calmement à sa droite, avait l’allure d’un serpent enroulé sur lui-même. Cheveux sombres tirés en arrière en queue de cheval, regard pénétrant, voix douce mais pleine de tension contenue.

— « Ils observent. Pèsent les risques. Ce sont des gens prudents. »

— « Ce sont des proies qui veulent se croire chasseurs. » répondit ironiquement Jodilyn

Puis des pas. Guidé par le gardien ,un vieil homme de  70 ans, qui avait toujours veillé sur le musée. Alors, Six silhouettes apparurent dans l’encadrement de la porte. Ils entrèrent en ordre irrégulier, chacun à sa manière.

Mice fut le premier à approcher. Vif, souriant, obséquieux. Trop. Il jouait à la loyauté mais sentait la trahison à plein nez. Son regard sautillait d’un coin à l’autre, comme un rat flairant une trappe.

Kenna, derrière lui, restait debout, mains le long du corps, les lèvres serrées. Elle observait, calculait, catégorisait. Chaque détail était une équation à résoudre.

John resta immobile en silence, le regard posé, curieux, mais prêt à reculer si la logique s’effondrait. Il était l’ancre, le tampon, celui qu’on écoutait quand les autres s’échauffaient.

Charlie croisa les bras. Elle  resta près de la sortie, les yeux plissés. Elle flairait les mensonges comme un coyote sent le feu. Elle ne croyait jamais aux belles histoires.

Magnus, imposant, se planta face à elles  et attendit devant le pont. Son regard allait droit au but, sans détours, sans faux-semblants. Il n’avait pas le temps pour les énigmes.

Irina, enfin, entra comme dans un salon mondain. Un sourire, un salut léger de la main, et une posture détendue. Mais derrière cette façade de sociabilité, elle était en alerte, chaque mot en réserve.

Jodilynn claqua des doigts. Un léger courant d’air sembla traverser le patio.

— « Ravie de voir que vous avez trouvé l’endroit. Mais nous devions prendre des précautions. Je suppose que vous comprenez. »

Morgana, d’une voix posée :

— « Nous vous avons convoqués ici parce que vous êtes les seuls à pouvoir comprendre l’ampleur de ce que nous avons à offrir. »

— « Et parce que vous êtes assez doués pour rester en vie avec ce que vous allez entendre, » ajouta Jodilynn avec un sourire en coin.

Mice, mielleux :

— « Vous étiez dans le culte de Moloch. Voilà ce qu’on murmure. Mais pourquoi... nous en parler maintenant ? »

Kenna l’interrompit, tranchante :

— « Et surtout : pourquoi le quitter ? On ne tourne pas le dos à un culte ancien sans de sérieuses raisons. »

Morgana croisa les mains.

— « Nous avons vu ce qui venait. Ce culte… il ne se contente plus de vénérer. Il crée. Il façonne. Il transforme. Ce qu’il prépare n’est pas pour des mortels, nous préférons être loin quand tout cela commencera. Et puis, nous en avons fini avec eux. »

Un frisson parcourut Charlie. Elle n’aimait pas ce ton. Trop calme. Trop vrai.

— « Qu’est-ce que vous attendez de nous ? », demanda John.

Jodilynn se leva, traversa le pont.

— « Protection. Réseaux. Accès. Nous avons les informations, mais pas les murs pour nous abriter. Vous, si. »

— « Et en échange ? », gronda Magnus.

 Morgana répondit "Des informations précieuses et décisives."

— « Le Culte a infiltré des conseils municipaux, des laboratoires pharmaceutiques, des institutions culturelles. Ce n’est plus un cercle d’adorateurs fous. C’est une force. Une économie. Une volonté. »

Irina se pencha.

— « Vous avez tout ça… et vous êtes en fuite ? »

Morgana sourit doucement.

— « Nous sommes en mouvement. Pas en fuite. Et vous êtes notre prochain point d’ancrage. »

Kenna siffla, incrédule :

— « Vous vous mettez dans la ligne de mire d’un culte démoniaque. Quel est votre plan de sortie ? »

— « Une échappatoire et pas des moindres, le Succubus Club » coupa Jodilynn. « Mais cela c'est notre affaire, nous avons juste besoin de 10 jours ou peut être moins. »

Un long silence tomba. Puis John dit lentement :

— « On ne décidera pas ça maintenant. Il nous faut du temps. »

— « Vous en avez peu. », dit Morgana. « l'heure du rituel majeur approche et vous n'êtes pas prêt. tic tac tic tac. Vous avez jusqu’à là.....et après… votre monde basculera. »

Charlie, jusqu’alors silencieuse, avança enfin d’un pas.

— « Vous êtes sûres d’avoir quitté le culte ? Ou est-ce que c’est juste une autre de vos manœuvres ? »

Jodilynn s’arrêta, tout près d’elle. Un éclair de menace dans le regard.

— « Si j’étais encore fidèle à Moloch… tu ne serais déjà plus là pour poser la question. »

Les regards s’accrochèrent. Puis Charlie hocha lentement la tête.

Charlie ajouta, les yeux fixés sur les sœurs :

— « Ok, Vous cachez encore quelque chose. Alors on va jouer. Pour l’instant. »

Morgana reprit la parole d’une voix douce mais tranchante.

— « Vous êtes ici parce que nous avons une proposition. Un échange. Votre protection… contre des vérités que d’autres aimeraient voir enterrées. Alors acceptez vous notre négociation ? Si oui vous devrrez nous suivre dans un royaume d'horizon où les vélléités des uns et des autres ne pourront nous nuire, puisque ce monde est dénué de violence et il la rejettera si l'un d'entre vous se montre trop "vindicatif". Toutes capacités surnaturelles y est annihilé, y compris les notres. »

Après réflexion , les émissaires acceptèrent la négociation et entrèrent dans le royaume d'horizon, un monde crée par les sœurs, similaire à l'annexe du musée avec toutefois quelque différence , un brin plus lumineux, plus propre et la lumière du soleil filtrant à travers les fenêtres mais n'affectant pas les émissaires vampires.

Tous partirent alors dans une salle où un homme de type arabe du nom de Saladin vint leur servir le thé et les gâteaux.

Jodilynn reprit :

— « Où en étions nous ? Ah oui ! Nous avons quitté le culte de Moloch. Disons...pour  divergence d'opinions. Mais nous ne sommes pas idiotes : quitter une bête pareille, ça attire des crocs. Alors on vous offre de quoi les briser. »

Un silence pesa. Puis Charlie demanda, d’un ton sec :

— « Pourquoi nous ? »

— « Parce que vous êtes assez intelligents pour ne pas tenter de nous doubler, » répondit Morgana en souriant. « Et assez impliqués pour vouloir ce que nous savons. »

Kenna fronça les sourcils.

— « Des preuves ? »

Morgana afficha un sourire 

— « Allez y posez vos questions !  »

John hocha lentement la tête.

— « Très bien ! Où se cache le culte ?  »

Jodilynn répondit.

— « Dans un poche umbrale, inaccessible .....pour l'instant . Car il existe une porte dérobée, la porte avec l’œil en dessous des constructions de Crystal Sand.  Évidemment. La suite vient avec la garantie de notre sécurité. Protection complète. Et... disons, un accueil correct. De plus en partant nous leur avons voler quelque chose d'important. »

Irina pencha la tête, intéressée.

— « Et si on refuse ? »

Morgana se pencha à son tour, presque avec tendresse.

— « Alors vous devrez vivre avec l’idée qu’un monstre grandit dans l’ombre… et que vous avez refusé de le freiner. »

Magnus haussa les épaules.

— « Que veut le culte?. »

Mice lança 

— « Refaire vivre Moloch ! »

Jodilynn répondit.

— « Non ! La secte n'est qu'un prétexte, un moyen .....Le véritable but de Rhazim, c'est de faire revivre sa fille. »

Mice légèrement agacé

— « Voilà qui est fâcheux, ça amenuise grandement l’intérêt des vampires dans toute cette histoire. »

Jodilynn lança amusée.

— « Ne vous y trompez mon cher Mice .....Quand la fille de Rhazim le Baali renaîtra, elle aura grandement faim car elle viendra de subir un haut Réveil et quoi de mieux que des vampires pour étancher sa soif, surtout venant d'un être avec un sang aussi cosmopolite que le votre Mr Mice. Personne ne sera à l'abri dans le coin, je le crains, surtout si vous ne faites rien. »

==============================================================

Les Dents de l’Ombre

Morgana inclina la tête.

— « Alors qu'en dites vous. Ces révélations vous ont elles convaincu ?  »

Mice circonspect "Si c'est tout ce que vous avez ? C'est maigre.»

Magnus agacé

— « On perd notre temps !   »

Jodilynn s’avança, posant les deux mains sur la table. Elle planta son regard dans celui de Magnus.

— « Vous croyez connaître vos ennemis. Vous croyez même savoir ce que nous étions. Ce que nous sommes. Vous vous trompez. »

— « Éclaire-nous alors. », répliqua Charlie, sèche. « Depuis quand vous jouez les renégates ? »

Un silence. Morgana répondit.

— « Depuis que le culte de Moloch a cessé de nous être profitable…. À être obnibulé par les désirs insensés de Rhazim . »

Kenna fronça les sourcils, sortant son carnet.

— « Vous parlez d’une dérive idéologique ? Ou d’un plan organisé ? »

— « Les deux. », souffla Jodilynn. « Ils ne se contentent plus de sacrifices ou de rituels secrets. Ils deviennent des chiens fous. »

— « Et vous en faisiez partie. », coupa Magnus, sans détour. « Alors pourquoi vous en détacher maintenant ? »

Morgana se redressa lentement, son regard s’enfonçant dans le vide.

— « Parce que nous étions au cœur du culte. Et que ce que nous avons vu… », elle marqua une pause, «  Et nous avons refusé de nous laisser dévorer. »

— « Touchant. », lança Mice, un sourire cynique aux lèvres. « Mais vous savez ce qu’on dit : on ne quitte jamais vraiment Moloch. »

— « C’est ce que nous verrons. », répondit Jodilynn, glaciale.

Elle fit glisser un dossier vers Irina, qui l’ouvrit avec soin. Les premières pages révélaient des symboles gravés, des photos prises dans des caves sombres, des noms.

Puis, les questions fusèrent et voici dans les grandes lignes ce que les émissaires apprirent : 

1) Le but de la Red Skull est de rendre les civils fous et fanatiques à la cause du culte lorsque le chaos sera lancé, cela évitera également de briser le voile. Pour la purple skull , son intention était de rendre les membres du pacte affaiblis et sujet à la corruption, des caches actuellement se trouve un peu partout dans Oceanside et certainement dans leurs lieux de prédilection. elle a été crée à partir de proto-matière avec l'aide de la Bli et de Douglas Stone. Elles nous rendirent d'ailleurs une grande partie du stock de cette drogue même s'il en restait assez à l’extérieur pour nous nuire.

2) Les sœurs nous espionnait par le biais de statuettes positionnés dans nos habitations et un peu partout en ville.

3) Les émissaires sont partis dans le passé pour améliorer les chances de réussite du rituel dans le présent comme un écho bénéfique, du moins c’était la théorie de Rhazim. 9 personnes sont partis dans le passé.

4) La porte avec l’œil est une protection vers un passage dérobé qui donnera directement vers le site du rituel, elles nous donneront comment y accéder si nous acceptons le marché proposé. Des espèces de balise en forme de totem ancien permettent de s'y rendre et un monolithe semble pouvoir activer cette balise, monolithe situé derrière la porte avec l’œil, porte qui nécessite une clé spécifique.

— « C’est quoi, ça ? », demanda Irina, les sourcils froncés.

— « Une liste. De collaborateurs. D’agents dormants. De rituels programmés. Et de vos noms. »

Un silence épais s’abattit.

— « Nos noms ? », répéta John lentement.

Jodilynn hocha la tête.

— « Le culte vous connaît. Vous surveille. Certains ici ont même leurs petits secrets … Kachina, Epona et bien d'autres noms. Votre pacte est bien plus fissuré que vous ne le croyez. »

Morgana tourna les yeux vers Mice. Il détourna aussitôt le regard.

— « C'est toi pour Epona , », souffla Charlie.

— « Moi… Non. Et pour Kachina ainsi que cette histoire de mémoire avec Taynara. Vous n'êtes pas tout blancs, vous non plus, vous, les soit disant protecteurs immaculés de Gaïa. »

— « Tu es une ordure !  », grogna Magnus.

— « Assez ! », coupa Morgana. Sa voix claqua comme une gifle.

— « Ce n’est pas un procès. Pas encore. Ce que nous vous donnons ici, c’est une chance de renverser la table. Mais il faudra décider : êtes-vous avec nous… ou voulez vous rester sous le joug du culte ? »

Kenna referma son carnet.

— « Il nous faut du temps. Pour vérifier. Pour comprendre. »

— « Vous avez jusqu'à la fin de la nuit en ce qui nous concerne. Après quoi, nous disparaîtrons et le rituel de l’Equinoxe aura lieu sans que vous soyez armé. Quant au culte ! Il réclamera un prix bien plus fort que le nôtre ,je vous l’assure. », dit Jodilynn.

Irina referma le dossier lentement.

— « On vous croit. Pour l’instant. Mais si vous nous manipulez… »

===============================================================

Le Pacte des Deux Âmes

Quand les émissaires rentrèrent dans une autre pièce pour réfléchir à leurs options , à leur grande surprise, une personne s'y trouvait, un homme bien bâti, plutôt détendu. Les soeurs, à sa vue,  mirent immédiatement un genou à terre et lui  nonchalamment posa la main sur leurs têtes. Le temps sembla s'arrêter pour elle. Certains virent même comme des masques sur leur visage.

Lui, d'une désinvolture sans borne, affichait une satisfaction presque nauséabonde.

— « Oh, regardez-moi ça… six créatures de la nuit en mission diplomatique, ou devrais-je dire, un pique-nique d’imbéciles avec des idéaux. Je sens la peur… l’ignorance… et ce foutu parfum bon marché. Qui est responsable de cette odeur ?. »

Charlie rétorqua d’un ton sec

Nous ne sommes pas là pour vous, nous sommes venus parler aux sœurs. Mais qui êtes vous ?  

Moi, je m'appelle King, oui , c'est ça King. et je suis bloqué dans cette putain de réalité mais bientôt je vais pouvoir goûter au plaisir de la vie. N’est ce pas magnifique !

Irina intriguée

Elles sont vos esclaves ? tu les manipules ? ont elles au moins eu le choix ?

(éclate de rire, puis s’approche, sa voix grave tremble d’une étrange résonance)

Choisir ? Elles ont choisi. Elles m’ont offert leur âme, leurs entrailles, leurs putains de souvenirs. L’une pour Ahura Mazda, l’autre pour Angra Mainyu. Des ancres parfaites !  Bien plus utiles que vos jérémiades dans ses murs. J'ai fait d'elle mes filles et j'avoue que je suis plutôt satisfait de mon choix.

Mice lança avec intérêt 

"Vous êtes Zurvan ? Le Zurvan, celui des mythes zoroastrien …..Alors vous avez tout le temps pour vous. "

(coupe, méprisant)

—Dieu du Temps ? Ouai  Je suis le putain de Temps. Et j'ai de grands projets pour elles, pour nous.  Vous avez trois options les petits: mourir, partir, ou les protéger, j’ai de grands projets pour nous trois. Mes filles… enfin réunis dans cette putain d’arène cosmique.

Mice s’avançant légèrement, sourire mielleux

Oh, mais cher Zurvan — puis-je vous appeler Zurvan ? — nous comprenons l’importance de vos desseins… Peut-être y a-t-il un moyen pour que tout le monde obtienne ce qu’il veut…et si je peux vous y aider ce sera avec grand plaisir

Zurvan (le fixe, narquois)

Toi, t’as la voix d’un vendeur de cercueils et l’odeur d’un traître. Mais pourquoi pas mon grand, on a jamais trop d’amis…. ; Mais Mice, si tu me la fous dans le cul , alors tu finiras dans les tripes d’Angra Mainyu. Il adore les visqueux comme toi.

Magnus (les bras croisés, ton sec)

Tu joues au dieu dans un corps d’homme. Mais ce que je vois, c’est un parasite accroché à deux gamines. 

Zurvan(s’approche brusquement, son regard brûle, mais il sourit)

Oh, le guerrier à la langue bien pendue ! Tu veux voir à quel point un parasite peut se mettre en colère ? Crois-moi, si j’enlève ce sourire, les étoiles pleureront et toi tu chialeras dans les jupes de ta mère.

John(d’une voix calme)

Le rituel du culte. Que cherche-t-il exactement à accomplir ? Tu parles d’équilibre, mais tout ici pue la destruction.

Zurvan (soupirant comme un père las)

Enfin un cerveau fonctionnel dans cette ménagerie. Oui, destruction. Mais aussi naissance. Tout est une question d’angle de vue mon petit. 

Kenna (froidement, en notant mentalement chaque mot)

Et les sœurs ? S’ il devait leur arriver quelque chose, qui portera l’ancre ? Ou est-ce une offrande unique… à usage unique ?

Zurvan (sourit lentement, un frisson dans la voix)

« Toi, je t’aime bien. Tu réfléchis. Tu serais parfaite en remplaçante. Mais non, mes petites esclaves sont uniques. Leurs âmes ont été… ciselées. Sculptées par mes soins. Elles veulent ce destin. Même si elles ne le savent plus. »

Magnus « Mais vous c’est quoi votre but ? »

Zurvan.

« T’écoutes rien quand je parle ou t’es dur de l’oreille. Moi je veux profiter de la vie, boire des bières, niquer, manger , la putain de vie quoi ! »

Mice

« Pas que votre présence nous incommode mais si nous pouvions de nouveau avoir accès à vos filles, ce serait bien pour continuer les négociations. »

Zurvan les observait à ce moment précis comme un enfant observe un insecte coincé dans un bocal.

Zurvan (avec un sourire moqueur) Eh bien, eh bien… Comme il vous plaira. Je vous laisse à mes filles même si je vois que certains ont déjà commencé à se pisser dessus ou à mouiller leur culotte. Vous avez l’air d’être dans une sacré merde ! Ah ces jeunots, toute cette énergie du désespoir, ça me donnerait presque des frissons.

Charlie (serrée, regard perçant)

Nous sommes venus pour discuter avec elles. Pas avec toi. Sont elles encore… accessibles.

Zurvan (ricane)

Accessibles ? Ha ! Elles sont à moi, petite. Corps, âme, souvenirs, désirs… tout. Elles ont été purgées de leur vieille morale, de leur vieux schéma de pensée. Il désigne les deux femmes sans même les regarder. L’une tremble, l’autre murmure.

Irina(d’un ton posé)

Et pourtant, tu les utilises comme réceptacles. Tu as besoin d’elles. Ce n’est pas un hasard si tu les as choisies. Pourquoi ? Pourquoi elles ?

Zurvan (haussement d’épaules)

Elles étaient parfaites. Leur haine de vous, leur passé lié au Feu et à l’Ombre. Elles ont tout vu, tout subi. Et vous les avez laissées pourrir dans vos guerres et vos dilemmes moraux. Alors je suis venu. J’ai tendu la main, j’ai murmuré à leurs oreilles. Et elles ont dit oui. Même si leur bouche disait non.

Mice (avançant, sourire mielleux)

« Pouvons nous... notre temps est compté »

Zurvan (les yeux brillent d’un éclat rouge, carnassier)

« Très bien … Elles sont toutes à vous ..…Pour le moment. »

Puis il sortit de la pièce et les sœurs retrouvèrent leurs esprits.

========================================================================

Royaume pas si secret

Après le départ de Zurvan, les négociations avaient poursuivi mais rapidement, dans le royaume d'horizon de l’ancienne annexe du Museum de Palm Springs, un vent chargé de secrets balaya soudain  les colonnes de ce monde magique faisant trembler les fondations de cette enclave crée par les sœurs Blake. Là, dans ce monde factice, une ombre s'immisça, laissant place à une rencontre qu’on aurait crue impossible....

Alors que la discussion, tendue mais civilisée, battait son plein — un grincement sinistre d’une vieille porte oubliée annonça un changement de ton.

Ils entrèrent comme une tempête. Trois personnes qui venait de fissurer ce lieu soit disant sécure.

Douglas Stone, drapé dans une costume un peu vieillot mais impeccable, ses yeux rusés trahissant la noirceur de ses pensées, avançait avec une lenteur mesurée. À son flanc, Mando, son garde du corps mi-homme mi-chien, veillait sans un mot, sa carrure imposante éclipsant brièvement la lumière. Et derrière eux, comme un orage qu’on aurait tenté de contenir dans une bouteille fissurée, Casey apparut.

Autrefois mage, il était désormais un démon consumé par une haine flamboyante, son regard se planta aussitôt dans celui de Morgana. Un sourire naquit sur ses lèvres fendues, tordu d’ironie et de malice.

— Oh, Morgana… toujours aussi royale dans ta manière de t’entourer d’incompétents.

Le silence fut immédiat, tranchant.

Morgana ne bougea pas. Seul un sourcil légèrement arqué trahit sa réaction.

— Casey, souffla-t-elle, le ton glacial, je vois que la corruption te va toujours aussi bien. Et toujours incapable de te taire plus de trois secondes.

— Et toi, toujours incapable d’assumer les conséquences de tes choix, ricana-t-il. Mais t'inquiètes ça viendra.

Un rictus traversa le visage de Mice. Charlie posa la main sur la garde de son arme. Irina tenta un pas en avant, comme pour calmer les tensions, mais John la retint. Magnus ne dit rien, les yeux fixés sur Mando et Douglas. Kenna, elle, observait Casey, méfiante.

— Ce n’est pas un endroit pour les règlements de compte, grogna Jodilyn, sa voix grave et rocailleuse rompant le silence comme une pierre tombée dans un puits.

— Mais quel meilleur endroit que celui où naquit la discorde ? lança Casey avec une théâtralité presque élégante.

Douglas, jusque-là muet, laissa échapper un petit rire guttural.

— Je vois que tout le monde est d’excellente humeur. Charmant. Peut-être qu’au lieu de nous menacer, nous pourrions discuter. Un peu de civilité ne ferait pas de mal, n’est-ce pas, mesdemoiselles Blake ?

Casey rétorqua

— Morgana… c'est vrai ça, pourquoi tu ne m'a pas invité, en tout cas moi je ne t'ai pas oublié.

Jodilyn se contenta de fixer Casey, mettant une main avec vivacité en barrage pour protéger sa sœur Morgana, qui recula d'un pas en voyant le regard du démon se consumer.

— "Nous sommes ici pour éviter un bain de sang, voyons, pas pour en déclencher un. Nous étions juste surpris de ne pas être invité à la fête. Voilà tout !  "lança Douglas avec une courtoise masquée de menaces

Le cercle se referma, les regards s’accrochèrent, les tensions se tissèrent comme des fils invisibles entre les protagonistes. Le calme apparent n’était qu’un masque, un prélude à quelque chose de plus grand, de plus sombre.

Mais pour l’heure, ils se jaugeaient, comme des fauves autour d’un feu. Et le feu n’attendait qu’une étincelle.

Un silence chargé de plomb pesait encore dans la pièce comme une chape de plomb. Alors Douglas Stone leva les mains en un geste théâtral.

— "Bon... on dirait que la conversation prend un tour que je n'avais pas prévu. Dommage. J'avais pourtant apporté ma meilleure verve et quelques secrets délicieux à partager.J'ose toutefois espérer que vous ne viendrez pas nous mettre des bâtons dans les roues et je profite de notre petite entrevue pour venir réclamer la statue, le sablier et les clés que vous avez en votre possession. "

Il jeta un dernier regard aux émissaires, son sourire glissant dans l’ambiguïté malsaine qu’on lui connaissait. 

Mice s'avança et répondit un sourire aux lèvres aussi vicieux que son interlocuteur.

— "Voyons... Mr Stone, on ne peut pas vous rendre ce qui a été donné autrefois. Donner c'est donner, reprendre....Vous connaissez le dicton " 

— "Très bien... J'entends. C'est fâcheux, je pensais qu'on aurait pu s'entendre, il va nous falloir donc les récupérer par nous même. Qu'il en soit ainsi, vous ne pourrez pas dire qu'on ne vous l'avait pas proposé. Le sang va couler, j'en ai peur........C'est dommage, vous auriez pu éviter tout cela"

Puis il tapota l’épaule massive de Mando, qui n’avait pas quitté son mutisme.

— "Allons, mon grand. Laisse les enfants jouer à leurs jeux d’adultes. Ronge ton frein , mon ami ! Je crois qu'on les reverra très bientot" Douglas affichant un sourire satisfait 

Et sans attendre de réponse, le vieux mage se détourna. Mando le suivit, jetant un ultime regard derrière lui, lourd de menace muette. Les bruits de leurs pas s’éloignèrent, résonnant dans les arches de l'annexe puis se turent.

Mais Casey, lui, ne bougea pas.

Il resta là, droit, presque tranquille, comme une lame plantée dans le cœur de la conversation.

— Enfin seuls, dit-il avec un sourire sinistre.

Les tensions, qui s’étaient brièvement relâchées, remontèrent d’un cran.

— Tu n’as rien à offrir ici, Casey, lança Magnus, la voix dure.

— Oh, au contraire, j’ai quelque chose à demander... et peut-être à proposer. J’ai mûrement réfléchi, voyez-vous. Le monde serait bien plus stable sans Morgana Blake.

Morgana leva lentement les yeux vers lui, sans surprise. Un calme glacial l’habitait, né de trop d’années à marcher au bord du gouffre.

— Et tu penses que tu es l’homme pour accomplir ça ? interrogea-t-elle, l’ombre d’un sourire au coin des lèvres.

— Je suis plus qu’un homme, rappela-t-il en écartant les bras. Tu le sais, toi. Tu m’as vu tomber… et renaître. Tu es en d'ailleurs quelque part l'artisane.....de ce que je suis devenu, il est normal que je te rende la monnaie de ta pièce, tu ne trouves pas."

— "Je t’ai vu vendre ton âme", corrigea-t-elle.

Il rit doucement, le regard brillant d'une lueur démente.

— "Et toi ? Tu n’as jamais pactisé avec les ténèbres ? Tu crois qu’on peut se permettre d’être propre, quand on veut changer le monde ?"

Charlie fit un pas en avant, les poings serrés. Mice, quant à lui, ne perdait pas une miette, un frisson d'excitation brillant dans ses yeux. Kenna posait une main discrète sur son carnet, John scrutait les issues. Irina chuchota quelque chose à Magnus, mais celui-ci n’avait pas bougé d’un cil.

— Ce que je propose, continua Casey, c’est un marché. Je ne suis pas venu ici pour une vengeance aveugle. Je suis venu parce que je sais que l'heure approche. Si vous me laissez éliminer Morgana, moi je vous garantis la survie ou du moins mon aide.

Un silence. Lourd. Incertain.

Puis Magnus, d’une voix tranchante :

— C’est une négociation, ou un pacte ?

Casey haussa les épaules, toujours avec ce sourire étrange.

— Appelez ça comme vous voulez. Mais ne vous y trompez pas : je la tuerai, tôt ou tard. La seule question, c’est de quel côté vous serez quand ce moment viendra. Si vous voulez mon aide je demande juste un violon stradivarius d'un certain modèle en échange, c'est un peu cher certes mais je sais que pour certains d'entre vous, c'est une broutille.

Morgana se leva. Sa silhouette se dressait comme un éclat de nuit dans l’ombre de l'annexe.

— Je n'ai plus rien à te dire , Casey ? viens Jody ,partons.

Elle s’avança de quelques pas, les yeux dans les siens.

Casey, un instant, sembla hésiter. Pas de peur. Plutôt… d’amusement.

— "Tentant", souffla-t-il. "Mais non. Pas ici. Pas encore."

Et d’un mouvement fluide, il recula d’un pas, les ténèbres frémissant autour de lui comme une cape vivante.

—" Je reviendrai, Morgana. Et ce jour-là, tu ne parleras plus de choix."

Puis les sœurs quittèrent la pièce, ne  laissant derrière elles que le parfum brûlé du soufre et une tension vibrante.

Les émissaires parlèrent  avec le démon mais nul pacte ne fut signé, Magnus dans sa franchise avait révélé sous l'œil circonspect des autres, le plan des sœurs et leurs destinations demandant à  Casey  d'attendre 10 jours avant d'en finir avec sa vengeance. Après tout le démon avait l'éternité devant lui. Mais pas sûr que ce conseil fut entendu par le démon,car  il était capricieux, instable et changeant comme peut l'être un incendie par temps de tempête.

puis le démon les laissa et les émissaires revinrent auprès des sœurs

— "Eh bien… il est charmant, votre ex-collègue. On devrait vraiment l’inviter plus souvent." déclara Mice

Mais personne ne riait.....

=============================================================

Epilogue

Les émissaires retrouvèrent les sœurs qui avaient pour le coup perdu de leurs belles assurances. Elles dévoilèrent leurs dernières cartes, un œil de la taille d'un ballon de hand ball qui prit la forme d'une clé. Seul moyen pour les émissaires d'emprunter ce chemin de traverse dont elle avait fait les louanges et dont elles étaient à l’origine. Une seule et dernière information serait révélé juste avant leur départ dans 10 jours  si toutefois  le marché était accepté, la formule pour déclencher l'ouverture du monolithe.

Alors les émissaires réfléchirent longuement et à contre cœur acceptèrent le marché avec leurs anciennes ennemies : celui de les protéger contre ce moyen d'accéder au rituel, à la cache de leur plus grand ennemi ,espérant qu'il n'est pas à le regretter. 

De plus, un autre point avait fini de les décider. Se mettre à dos l'entité de Zurvan qui tenait comme à la prunelle de yeux à ses deux filles avait également jouer dans la balance. Un ennemi de cette envergure en plus, aurait été de trop. Il avait fallu être pragmatique

Mais c'était une décision amère pour la plupart d'entre eux qui fut prise ce soir là.


Kanka is built by just the two of us. Support our quest and enjoy an ad-free experience for less than the cost of a fancy coffee. Become a member.