Un gentilhomme ne revient jamais sur sa parole. En aucun cas. Dès l’instant où il enfreint une promesse, il remet en question toute autre promesse qu’il pourra faire à l’avenir. À l’inverse, pour qui dispose d’une bonne réputation, sa parole est à son image : fiable, digne de confiance et irréfutable.
Du fait de l’importance de sa parole, un gentilhomme ne la donne pas n’importe quand et à n’importe qui. Seule la pire des canailles forcerait un gentilhomme à tenir une promesse qu’il aurait faite en proie à l’ivresse, quand bien même ce dernier l’honorerait tout de même. Un vrai gentilhomme mourra plutôt que de revenir sur sa parole car il s’agit de son ancre, de son âme. Certains gentilshommes, prisonniers de promesses qui auraient détruit leur famille, se sont suicidés plutôt que de se déshonorer, même si cela reste rare.
Qu’un gentilhomme revienne sur sa parole et les répercussions sur ses affaires et son style de vie seraient désastreuses. Ses amis cesseraient de le fréquenter, ses associés l’abandonneraient ou se mettraient à exiger que tout accord soit ratifié par un contrat écrit (une insulte intolérable pour tout gentilhomme), et ses revenus toucheraient vite le fond, à l’image de sa réputation traînée dans la boue.
Souvent, un gentilhomme jurera sur un objet d’une importance particulière, comme l’épée de son grand-père ou le pendentif de sa mère, l’implication étant que si la promesse est enfreinte, l’ancêtre associé à l’objet le saura.