Des Golem de neige jaillirent tout autour de la compagnie. Lents et patauds, ils avancèrent lentement vers le groupe qui se mit en posture de combat. Cinq venaient de la gauche, quatre de la droite. Aurelia fit quelques gestes rituels et les flammes vinrent recouvrir son corps en une armure protectrice. Elle s’élança sur le flanc est avec Alfan non loin, alors que le reste de la compagnie tenait le front ouest.
Les golems ne se présentèrent pas comme des combattants redoutables. Leurs coups étaient lent, facile à éviter. Cependant, ils étaient résistant et les armes ne semblaient que partiellement les affecter. Par contre, ils fondaient à vue d’œil sur les flammes d’Aurélia. Le combat semblait facile, gagné d’avance, quand un cri retentit dans le lointain.
Surgissant de la brume, l’immense Roc d’Auril fonça sur Alfan pour le percer de son bec, le saisir dans ses griffes, s’élever avec puis le laisser chuter de neuf mètres de haut. Cette attaque prit par surprise le goliath. Quand il se releva, aidé par la magie d’Aurélia, ses yeux s’étaient révulsées et l’écume lui montait au lèvres alors que la rage l’envahissait.
Enialis sentit que le groupe avait besoin de lui pour faire face au Roc et il délaissa sa position sur le flanc ouest pour aller vers celui de l’est. Aurélia se précipita dans l’autre direction pour prendre sa place. Cependant, cela prit du temps, laissant une ouverture aux golems pour foncer sur Ed Warm. Si une créature n’était pas dangereuse, quatre en même temps furent de trop pour le rôdeur qui tomba sous les grondements déchirant de Pyrhus.
Aurélia arriva juste à temps pour soigner Ed Warm et s’interposer entre les golems. Sous son regard surprit, elle se jeta à quatre patte dans la neige… et grandit. Elle grandit encore, de long poils blanc poussèrent sur tout son corps, et Aurélia prit l’apparence d’un gigantesque yéti, toujours recouvert par les flammes. Cela attira l’attention des golems de neiges qui se précipitèrent à l’assaut de l’animal. Et une fois de plus, leurs attaques rencontrèrent les flammes, les menant à leurs pertes. Cependant, Aurélia ne put maintenir cette forme longtemps, et quand elle tomba et reprit son apparence elfique, il restait un dernier golem de neige face à Ed Warm. La créature leva son bras pour achever le rôdeur, mais Pyrhus s’interposa et prit le coup à sa place. La créature leva le second et cette fois-ci, c’est le corbeau d’Aurélia qui surgit pour sacrifier son existence. Cela laissa l’opportunité à Ed Warm de se relever, d’allumer une torche et de l’enfoncer au plus profond de la créature, transformant cette création en flaque une bonne fois pour toute.
De l’autre côté de la bataille, Enialis gardait le regard rivé sur le Roc qui s’apprêtait à un nouvel assaut, l’attendant de pied ferme. Cependant, il ne fit pas attention au regard fou d’Aflan quand le goliath surgit dans son dos. Il ne se rendit compte que quelque chose clochait qu’en sentait une vive douleur dans les omoplates. Alfan venait de l’attaquer dans sa folie guerrière. Le moine n’eut pas le temps de réagit que déjà le Roc fonçait de nouveau, visant cette fois-ci le moine. Mettant de côté sa surprise, celui-ci réagi avec des mouvements rapides, évitant chacun des assauts de la bêtes, l’empêchant même de se renvoler. Ce fut ensuite à la compagnie de rendre les coups. Avant que le Roc n’ait pu repartir, Enialis la massacra de ses poings, s’éloignant d’Alfan pour que celui-ci s’en prennent aussi au Roc. Même Hélios participa en envoyant son yéti mort-vivant pour aider à ce règlement de comptes.
Finalement, le Roc trouva une ouverture, blessa violement Enialis avant de le saisir. Prit de surprise, le moine ne put faire face à un tel assaut. Il se rendit à peine compte qu’il était soulevé en l’air qu’il faisait déjà une chute mortelle.
Pendant tout ce combat, Hélios était resté près de Tali qui continuait son rituel, invoquant Lathandre de ramener Elise, ignorant tout ce qu’il se passait autour d’elle. Elle était en pleine transe. Au coeur de la bataille, elle leva son bâton et brisa la statue d’Elise, qui se brisa en mile morceaux. Hélios eut un hoquet de surprise, avant de se souvenir des propos de la druide : quoi qu’elle fasse, il fallait lui faire confiance. Il continua donc de couvrir ses camarades en pilonnant à distance un golem de neige qui les prenaient en traitre.
Petit à petit, les morceaux de la statue d’Elise tremblèrent, secoués par une force invisible, puis ils se rassemblèrent. Ils s’agglomérèrent de nouveau, formant une silhouette humanoïde, dont les traits se précisaient petit à petit, jusqu’à reconstituer Elise, toujours recouverte de neige et de cendres par contre. La voix d’Auril rugit dans le lointain, crachant de colère et promettant au groupe qu’elle les verraient où qu’ils aillent et qu’elle les retrouveraient. Dans son esprit, Enialis sentit plus précisément la déesse. Elle le fixait en particulier, déçue. Comment avait-il pu se retourner contre elle, lui, l’enfant de l’hiver qui avait reçu sa bénédiction ? Comment pouvait-il renier le pouvoir qu’elle lui avait confié ? Comment pouvait-il se préoccuper de personnes si faibles ? Avant de partir, Enialis revécu la vision qu’il avait vu dans le tunnel des Goliath : Auril, une ombre dans la tempête, bondissant sur une Elise impuissante et perdue dans le froid.
Enialis cligna des yeux en reprenant conscience. Aurélia était accroupie à ses côtés. Les brumes les enveloppaient et il ne percevait que son visage. Elle avait beau être une elfe, cela n’avait quand même pas le même effet qu’avec Elise songea-t-il. Il voulu se redresser, mais la druide lui fit signe de se taire. Elle attendit une minute environ de cette manière avant de lui faire signe que cela devait être bon. Les brumes se dissipèrent et elle l’aida à se relever. Enialis pu voir alors à quelques mètres un Alfan un peu hagard, mais ayant visiblement quitté sa folie meurtrière.
Le vent qui soufflait violement à cet endroit c’était apaisé et Enialis pu voir que le reste du groupe s’était rassemblé autour d’une masse allongée, là où se trouvait avant la statue d’Elise. Il se redressa et tituba dans cette direction, n’osant pas y croire. Pourtant, son esprit du admettre ce que ces yeux voyaient : Elise reprenait lentement conscience au milieu d’eux. Il se précipita sur les derniers mètres pour la prendre dans ses bras. Elle était encore si froide et si pâle.
Elise eut besoin de quelques minutes pour reprendre ses esprits et comprendre où elle se trouvait. Elle ne se souvenait de rien depuis les sous-sols de la tour d’Auril. Voyant tout ses camarades en mauvais état et comprenant qu’ils s’étaient battus pour la ramener, Elise invoqua une premier fois sa magie pour les soigner. Ses soins parurent plus faible qu’ils ne l’étaient avant. Cependant, quand elle se releva et fit quelques pas, tous purent voir que quelque chose dans son regard avait changé. Ses yeux bleus brillaient d’une flamme nouvelle. Tenant debout comme elle le pouvait, elle fit quelques pas dans la neige vers la tour d’Auril. Alors, de plus fort qu’elle le pouvait, elle promis à Auril qu’elle utiliserait toute la force et la chaleur que Lathandre lui avait donné pour la chasser de cette terre et purifier cette région de sa malfaisance. Elle leva une main pour appuyer ses propos. Des flammes faillirent de son bras et une explosion sourde retentit au milieu des statues de glaces.