1. Journals

S58 - Les dernières volontés des fantômes

June 5, 2026

Peu après avoir quitté la tour de la transmutation, Hélios se sentit faiblir et fatigué. Le rituel pour créer l’hypnos et le démos avait puisé trop d'énergie, et il devait à présent se reposer pour ne pas s’épuiser. Il fut convenu de l’installer dans les ruines d’un bâtiment abandonné, où le Gardien animé, Rapace, Scorp et ses deux nouveaux amis pourraient le protéger en cas de problème.

Le reste de l’équipe continua l’exploration, craignant toujours qu’Auril ne puisse les pourchasser et préférant ne pas prendre plus de temps que de raison (surtout que les vivres amenés par Elise s’amenuisaient). Ils se dirigèrent alors vers une structure massive proche, un dôme de verre juché sur quatre colonnes de basaltes, toute garnie d’une porte, mais dans escalier. Au sein du dôme, une lueur scintillait, changeant constamment de couleurs.

Quand Elise entra dans l’un des piliers, elle sentie une magie la soulever et la mener en hauteur. Si elle crue à un piège et paniqua déjà à l’idée de la chute, elle se rendit vite compte qu’elle pouvait contrôler la vitesse, et même la trajectoire, pouvant monter et descendre à volonté. La magie qui alimentait cette tour était donc toujours active et la compagnie (sauf Alfan) se réuni au cœur de dôme.

Là, ils découvrirent une unique pièce plongé dans le silence. Le dôme dominait la cité et permettait d’apercevoir les quartiers les plus lointains. La lumière diffuse ne provenait d’aucune source précise. Elle emplissait juste les lieux de sa douceur apaisante. Cela contrastait avec les douze corps flottant en apesanteur ça et là. Bien mieux conservés que tous les squelettes trouvés jusque-là, ils arboraient les mêmes robes que ceux de la tour de la transmutation, confirmant leur identité de mage. Plus curieux était leur position à tous : ils lévitaient en gardant une position en tailleur, les mains sur les genoux et les yeux fermés, comme s’ils étaient partit dans une méditation profondeur, même si le dépérissement de leur corps ne faisait aucune doute.

Curieux et pensant qu’ils pouvaient se connecter avec la mysticité de ce lieux, Enialis et Elise tentèrent de se mettre dans la même position pour méditer. Le moine se laissa toutefois déranger par les bruits causés par Alfan resté plus bas. Elise par contre avait eu la bonne idée de faire un sort de silence autour d’elle avant, et son esprit s’envola.

Rapidement, la clerc eut l’impression de se trouver toujours debout, au même endroit, avant de voir son propre corps s’envoler dans la même posture que les magiciens morts. Elle comprit qu’elle projetait actuellement un double astral et qu’elle pouvait regarder par ses yeux. Elle décida de s’en servir pour aller explorer la cité plus avant, espérant repérer des menaces ou lieux d’intérêts en amont pour s’y préparer en avance.

Son double s’élança à la base du pilier central, où se trouvait un étrange globe doré qu’elle voulait examiner… et son double astral fut bloqué par une barrière invisible et infranchissable, même depuis ce plan astral. Elle le vérifia, ce mur faisait bien le tour de tout le pilier, sans faille. Sur la route, elle aperçu un crâne flottant, différent tout de même de ceux affrontés à leur arrivés dans les caves. Il était hélas trop loin pour le rattraper à temps. Elle continua par dépit son chemin vers l’autre bout de la cité, en direction d’un grand dôme de verre qu’ils avaient repérés plus tôt.

Elle trouva une faille dans la paroi de verre pour se glisser et découvrir l’intérieur. Un étrange spectacle s’offrit à elle : un parc “naturel” s’étendait à ses pieds, sauf qu’il était composés de plusieurs biomes différents. Désert, forêt, prairie et neige se côtoyaient en l’espace de quelques mètres. Au centre, une roue en fer trônait, entourée de panier d’osier tachés de sang. En prenant le temps de l’examiner et faisant le lien avec l’appareil de la tour de transmutation, Elise en déduisit qu’il fallait déposer du sang dans les paniers, tirer un levier non loin et actionner la roue. Qu’est-ce que cela ferait ensuite ? Elle n’eut pas de réponse, car déjà elle reprenait conscience dans la chambre de méditation.

Quand Elise descendit, escortée d’Ed Warm qui était resté seul veiller sur elle, la clerc se rendit compte que le goliath avait encore grandit et atteignait à présent les 4m. Il refusait toujours de considéré son état comme anormal et de laisser Elise l’approcher pour l’examiner.

La petite équipe décida ensuite de se rendre vers une étrange structure en forme de botte, mais dont le sommet se réunissait en trois cheminées géantes. Une grande porte sur le côté donnait sur un halle accueillant quoique décrépit et jonché de squelettes, un spectacle devenant inconfortablement banal. Des affiches sur les portes annonçaient le prochain numéro de l’orchestre ésotérique néthérisse. Ils allaient notamment jouer un morceau très populaire. Tellement populaire qu’Elise l’avait déjà entendu joué à Neverwinther ! A priori, les bardes avaient réussi à le partager de générations en générations.

En poursuivant vers la scène où devaient jouer les musiciens, les mêmes corps décoraient l’endroit. Mais là où devaient se trouver les musiciens, un étrange spectacle se jouaient. Au lieu des corps, ce sont des fantômes, instruments à la main, qui attendaient, installés et n’attendant que de commencer leur dernière représentation.

Sous l’invitation d’Enialis, Elise tenta de chantonner l’air de la musique qu’elle connaissait. Cependant, rien ne bougea, bien que la mélodie fut assez fidèlement retranscrite. En examinant plus avant les lieux, le groupe remarqua qu’il y avait un absent dans l’orchestre : son chef. Le pupitre, la baguette et les partitions étaient bien là, mais personne pour mettre en mouvement les musiciens. Enialis s’approcha, saisit la baguette et aussitôt tous les musiciens se mirent en positions, attendant le tempo. Mais Enialis ne connaissait pas le morceau à faire jouer et enchaina quelques mouvements incohérents qui ne lui valurent que des sifflement fantomatique venir du publique.

Il céda sa place à Elise, puisqu’elle connaissait la mélodie. La jeune changelin déglutit sous le traque et tenta sa chance. Fermant les yeux pour se souvenirs, elle commença… et les musiciens suivirent. L’air lui revenait, ainsi que la succession des instruments et le tempo. La mélodie embrasa la salle vide et Elise se laissa transporter par la mélodie.

Puis l’amphithéâtre se mit à trembler violement, assaillit de secousses. Des cris de paniques emplirent les lieux, les sièges se renversèrent, des débris s’écroulèrent et les fantômes du publique fuyaient pour leur vie. Les musiciens par contre restaient impassibles, continuant leur dernier morceau. La clerc perdit le file et ne parvint pas à guider les musiciens, se plaquant à terre et se bouchant les oreilles pour ne plus entendre la cacophonie de cris. Sans guides, les artistes continuèrent, partant dans une improvisation macabre. Puis les instruments se turent un à un, alors que les fantômes disparaissaient, sans avoir put trouver la paix d’achever leur dernière oeuvre.

Quand le calme revient, les aventuriers se relevèrent, secoués et malmenés. Revivre cette scène leur avait causé une vraie douleur (12 pts de dégâts psychiques chacun). Elise en particulier était amer d’avoir perdu du temps, causé des blessures à ses compagnons, et échoué à aider ces âmes. Tout ça pour rien.

Une fois sortit de ce piège, il fut décidé de se concentrer d’avantage sur les tours arcaniques : au moins ils étaient sûrs de pouvoir en retirer quelque chose d’utile, malgré les dangers. Ils se dirigèrent vers la tour la plus proche : celle de l’illusion.

L’entrée était bloquée par des gravas (des vrais, pas une illusion), mais ce ne fut pas un obstacle pour un Alfan de 4m. Avant d’entré, la compagnie entendit des cris paniqués. Elle rentra donc toutes armes sorties, mais ne virent qu’une pièce circulaire abbritant une rangés de fauteuil devant une scène bloquée par un rideau rouge. Un homme en tunique pourpre surgit au milieu de la salle de théâtre. Assez âgé, il avait tout de même l’air jovial et s’adressa au groupe par télépathie. Ilse présenta comme le grand illusionniste Ajamar. Il venait de finir d’écrire une pièce qui serait une excellente composition et deviendrait un succès mondial, c’était certain. Hélas, la chute d’Ytrine avait mit à mal son plan. Cependant, ce n’était pas la fin : d’autres pouvaient reprendre le flambeau, donner vie à son rêve, et en récompense, il partagerait l’héritage de sa magie et de sa tour. Le script se trouvait à l’étage, avec bon nombre de costumes. Au besoin, d’autres pouvaient être trouvés à la salle de la soie (?). Si le public néthéril était difficile à impressionner, ils avaient le mériter d’approuver la créativité.

Une fois son laïus achevé, l’image disparue, laissant une compagnie un peu décontenancée. Ils décidèrent de se rendre à l’étage pour trouver ledit script, qui fut traduit comme toujours à Scamp. La salle de travail en question était relativement simple : un grand tapis violet, un squelette avec la robe d’Ajamar gisant sur un fauteuil, un miroir et quelques costumes. Le scénario devant faire fureur contait en quelques lignes un triangle amoureux incluant des trolls et un dragon. Quelques passages en particulier étaient indiqués comme d’une importance capital et à ne pas dénaturer. Il fut décidé d’un commun accord de remettre cela à plus tard, en présence d’Hélios et si possible de la salle de la soie.

Les aventuriers prirent la route de la quatrième tour arcanique, celle située plus sur les extérieurs de la cité. Il s’agissait de la tour de l’enchantement. L’entrée offrait un étrange spectacle : une sorte de hall confortable, idéal pour prendre le thé, rose et garnit de tapis, mais entièrement gelé, sauf les tapis. Au fond de la pièce, un escalier menait à l’étage. Quand Elise posa un pied sur l’un des tapis, son pied resta collé. Enialis distingua un mouvement de leur part : des mimics ! Ni une, ni deux, les armes furent dégainés et les pauvres étoffes ne purent rien contre les efforts combinés d’Alfan, Enialis et Ed Warm.

Une fois la dernière créature déchirée en morceau, une silhouette humanoïde descendit les escaliers, sans doute une manifestation de la mage spécialisée en enchantement. Elle salua poliment la compagnie, espérant que rien de fâcheux ne leur était arrivé. Elise donna un coup de coude à Enialis en le voyant rougir face à cette beauté.