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S61 - La clique onirique s'agrandie

September 18, 2026

Enialis retira d’un bon sa jambe de l’eau fondu et retint le reste de la compagne le temps de comprendre ce qu’il se passait. Au centre de la pièce, le pylône luisait, tel ceux du stade lors de l’épreuve. La chaleur des braséros aurait-elle réchauffée la pièce en quelques minutes et réactivé tous ses mécanismes ? Pire encore, des masses vaseuses se mettaient à flotter dans l’ancienne patinoire, comme si des créatures prisent dans les glaces venaient de reprendre vie, et elles se dirigeaient vers les aventuriers, muent pas une faim millénaire.

Ces derniers se mirent en position de défense. Hélios et Ed Warm les amollirent à distance puis Elise et Enialis encaissèrent le premier assauts des vases. Le moine répliqua et constata avec horreur que ces créatures se scindaient en deux à mesure qu’il les frappait. Elise invoqua alors ses esprits gardiens qui virent brûler ces masses, qu’importe qu’elles ne soient qu’une ou plusieurs entités. L’effet fut dévastateur.

Voulant en finir rapidement avec la deuxième vague qui approchait, Enialis fonça dans la mêlée pour trouver une belle brochette de créatures à blesser avec sa flèche de foudre. C’est alors que le pilier s’activa et projeta une décharge vers l’elfe. Mais celui-ci était trop agile et évita l’assaut. Pour l’aider, Hélios invoqua un griffon squelettique qui émit un cri strident pour neutraliser les vases. Cela en assomma deux trois. Ainsi qu’Enialis qui s’effondra inconscient au milieu de la pièce.

La décharge suivante du pilier le percuta en plein fouet, mais au moins lui rendit conscience. Il se rendit compte qu’Elise s’était précipité à son secours pour le protéger avec ses esprits des dernières vases. Le nettoyage des ennemis fut assez rapide et le plus grand danger fut de traverser toute la pièce rapidement pour se mettre à l’abris du pilier foudroyant. Malgré ses blessures, Enialis offrit à Hélios de lui faire traverser en le portant sur son dos.

C’est victorieuse et à peine blessée que la compagnie sortie de la tour arcanique et retrouva Alfan Main d'Ours du clan Akannathi. En soufflant quelques secondes, ils remarquèrent qu’Ed Warm commençait à perdre des cheveux. Après examen médical, la clerc conclu que quel que soit la maladie qui calcifiait les chairs du rôdeur, celle-ci se propageait. Espérant trouver plus d’information à ce sujet avant de tenter sa magie, elle lui fit croire que tout allait bien puisqu’il ne sentait rien de toute façon.

La troupe se rendit ensuite à un obélisque non loin. La chose était couverte de runes arcaniques, comme les tours, mais avec toutes les écoles à la fois, ainsi que d’autres évoquant la chronomancie (le temps) et la cryomancie (la glace). Cette dernière, griffonnée et unique semblait rajouté après coup : était ce un coup d’Auril ? Mais à quoi servait cette chose ? Hélios émit l’hypothèse qu’une magie devait dormir dans ces runes, mais qu’elles étaient inactives. Peut-être devaient-ils trouver une formule ou un objet ? Ed Warm remarqua des fissures à la base de l’édifice, comme s’il était endommagé. C’était peut-être des réparations qui étaient nécessaires.

Bien en mal de trouver une autre utilité à ce lieu, le groupe fit demi-tour et se dirigea vers les bâtiments qu’Elise avait exploré dans sa forme spectrale la veille. Le premier, un théâtre, n’était plus qu’une ruine et un charnier. Des costumes intéressant se trouvaient dans la loge, mais la compagnie n’en avait plus besoin. Ils se rendirent au second bâtiment, le dôme de verre abritant les écosystèmes en harmonie.

Passant par la même fissure dans le verre, le groupe se retrouva devant la machine buveuse de sang. Après plus d’examen, Ed Warm eut le sentiment qu’il fallait remplir les huit paniers avec autant de sang pour l’activer. Alfan refusa de donner de son sang, prétextant la malédiction de sa hache pour ne pas avoir à le faire. Ce fut donc au reste du groupe de se sacrifier. Enialis activa la machine qui se mit à vrombir. Le sang dans les paniers fut aspirer à l’intérieur et les mécanismes s’activèrent avec d’autant plus de force. Après quelques minutes de cracha, de grincement et de pouet, un petit rat en sortit. L’étrange créature disposait de branchie et d’écailles irisées et comprenait le langage commun. C’est ainsi que Poissard rejoignit la clique onirique.

Un peu déçue du résultat, Elise sortit une de ses pelotes de laines et fit apparaitre un grand loup qu’elle appela Luc. En plus elle commençait à en avoir marre de marcher.

Après plus d’exploration, la troupe finie par arriver à un marché couvert. Le lieu était ravage. Les étales ne tenaient qu’à peine debout, tout ce qui avait de la valeur gisait au sol en miettes. Une fontaine brisée et vide depuis des siècles trônait au centre de cet espace désolé. En s’approchant, le rôdeur entendit quelques bruits de chocs venant de pièces, sans doute des lieux de stockages, plus avant. Il fit signe au groupe qui se mit en ordre de bataille, méfiant. Qu’elle ne fut pas leur surprise de trouver, fouillant dans le débarras, un corps mécanique géant et sans tête. Elise interpela aussitôt Hélios pour que son gardien apportent la tête de Golem qu’il se trimballait depuis 2 à 3 jours.

Si le corps mécanique fut initialement méfiant, voir hostile, en détectant la tête mécanique, il s’apaisa aussitôt et mit même un genoux au sol, laissant le Gardien animé lui remettre la tête sur les épaules. Comme par magie, les câbles se reconnectèrent, les boulons se vissèrent et après quelques secondes de mise à jour, le golem, enfin uni et entier, se releva, reconnaissant. A présent qu’il était libre, Hélios lui demanda de rejoindre la clique onirique à son tour. Mais cette fois, l’être de métal déclina. Ou plutôt, ne prit pas de décisions immédiate. Il fit comprendre qu’il avait besoin de réfléchir, de ce souvenir de ce que ça faisait d’être entier et d’explorer encore un peu la ville. Le groupe accepta et lui assura que s’il changeait d’avis, la proposition tenait toujours et qu’ils pourraient repartir tous ensemble le moment venu.

Après de brefs au revoir, les aventuriers reprirent leur route et distinguèrent ce qui s’apparentait à un puit très profond en périphérie de la cité. En approchant, ils virent qu’effectivement, un trou profond descendait dans le sol. Personne n’en voyait le fond. En jetant un caillou pour entendre l’échos, Enialis l’estima à bien 25m au moins.

Des phrases était inscrite le long du précipice. Scamp les déchiffra ainsi : “Ici repose les restes immortels du pentacle télépathique. Asseyez vous, méditer et apprenez”. Dans le doute, les aventuriers voulurent tenter leur chance. Des bancs était justement installé le long du puit, comme ils l’auraient été dans un parc de plaisance. Chacun s’installa sur un banc et entreprit de rentrer en méditation. Sans surprise, Elise et Enialis furent les seuls à bien se prêter au jeu et à vider leur esprit (il faut dire que c’est de cette façon tous deux qu’ils se reposent la nuit). Leurs esprits fut alors approchés par d’étranges visions.

Enialis vit une assemblée de magiciens approcher d’un arbre massifs recourbé, comme si un poids invisible le maintenait à l’horizontale. L’un des mages saisit l’une de ses branches et la cassa et aussitôt l’arbre se redressa à la verticale. Etait-il contraint ou était ce volontaire ? Quoi qu’il en soit, le magicien se tourna vers les autres. Quelques paroles furent échangées puis la branche élaguée pour en faire un bâton, dépourvu de feuille ou autre ramures.

De son côté, Elise vit un magicien présider une grande cérémonie devant une imposante foule qu’il haranguait. Dans son dos se dressait l’obélisque runique croisé plus tôt par le groupe. Il tenait en main un bâton, très visiblement un focalisateur arcanique. De ses gestes et son ton, Elise comprit qu’il parlait de son bâton et de l’obélisque. Les deux semblaient aller ensemble. Etait ce justement la clé pour l’activer ? Elle n’eut pas de réponses.

Note : les deux bâtons vus par les tourtereaux sont différents l’un de l’autre.

De leur côté, Alfan et Ed Warm ne trouvèrent pas de position confortable pour méditer. Le premier en raison de sa taille disproportionnée pour le minuscule tabouret à sa disposition, le second en raison de l’inconfort croissant que lui causaient ses muscles. Enfin, pour leur part, Hélios et Vellyne Harpell s’abimèrent dans le monde des rêves. Mais plutôt que d’ouvrir leur esprit aux visions et magies de l’endroit, ils tentèrent de les maitriser, de les tordre pour les comprendre et les analyser. Grand mal leur en prit, car en tirant sur la bobine, ils attirèrent l’attention de l’entité à l’autre bout et ils la virent pendant un instant : un effroyable monstre au corps serpentin se divisant en cinq longs cous débouchant sur une tête presque humaine, si ce n’est pour leur aspect squelettique et leurs dents proéminentes et sanglantes.

Au même instant, le sol trembla sous les pieds de la compagnie qui fut brutalement réveillée et ramenée à la réalité. Avant qu’ils ne puissent comprendre ce qui se passait, ils sentirent quelque chose gratter la roche et grimper en provenance du puit.