Bestiaux et grossiers, les trolls n’ont pas laissé un très bon souvenir. Lorsqu’ils ne se battaient pas entre eux, tribu contre tribu, les trolls se comportaient en prédateurs haineux. Toujours affamés, ils étaient peu regardants sur la nature de leurs repas. Pire que tout, ils ne retardaient souvent l’heure de la curée que pour tenter de se reproduire avec leurs proies, juste au cas où.
produire avec leurs proies, juste au cas où. Les rares alliances entre hordes avaient lieu lors de grandes conjonctions lunaires et finissaient en razzia sur les tribus humaines ou chimériques des plaines. Ivres de rage, de bêtise et d’alcool fort, les trolls engendrèrent probablement les premiers Hysnatons lors des orgies qui suivaient leurs victoires. Leurs victimes, laissées pour mortes ou abandonnées par des tortionnaires gavés, ramenèrent au creux de leurs ventres le sang des trolls, et une haine violente et inextinguible de leurs bourreaux.
Leur société primitive n’a laissé que de rares traces dans la région des Délinelles, sous la forme de statues grossières taillées à flanc de montagne et de villages troglodytes. Quelques ruines situées le long de la côte leur furent attribuées, quoique la sagesse populaire leur prête une peur panique de l’eau. L’existence de plusieurs races trolls est parfois évoquée par ceux des érudits qui ont ce genre de temps à perdre. Il existe des Hysnatons trolls dans le monde entier, mais c’est tout de même sur la côte des Délinelles et sur le Versan qu’il en naît le plus. On n’en croise pourtant pas tant que ça ; les populations locales, malgré les siècles, gardent une crainte instinctive des trolls et ces gamins ne survivent pas longtemps. Ceux qui sont trop solides ou rétifs finissent dans un orphelinat de la légion. La carrière militaire est d’ailleurs la seule ou un Hysnaton de troll puisse espérer trouver un peu de reconnaissance.