Si c’est possible, les formoirés ont laissé une image plus effrayante encore que les trolls. Passionnés par la violence, le combat et la guerre, ces chimères s’opposèrent à tout ce que le continent comptait de soldats organisés ou de tribus barbares. Les cavaliers Dess, les gardes des cités de l’ouest et les anciens Gadhars eurent maille à partir avec les formoirés.
Organisés en clans féodaux, expérimentant une forme de combat après l’autre, ils ne vivaient que pour le frisson de la bataille et le goût du sang. Leur apparence animale, leurs instincts à fleur de peau, les séparait des autres peuplades plus efficacement qu’une armure. Les Thunks, qui n’ont peur de rien en matière d’amour, ont quelques légendes sur des romances impliquant un ou une formoiré et un membre du petit peuple. Elles finissent toujours mal, et la colère, la jalousie ou la violence sont souvent évoqués.
Il ne reste rien de leur race. Ni ruine, ni artisanat ni objets d’art formoiré. Les érudits, les gratteurs amateurs de vestiges et les pilleurs de tombes ont eu beau chercher, il n’y avait rien à trouver. Peu attachés aux biens matériels, les formoirés n’ont guère inventé que des armes. Le reste, ils le prenaient chez leurs voisins, ou le réclamaient comme rançon auprès des vaincus.
Les elfes eux-mêmes, si l’on en croit la légende, eurent à les affronter à de nombreuses reprises. Les mages étaient sûrement vainqueurs le plus souvent, mais ce n’était pas le genre de chose à arrêter longtemps un formoiré. Peut-être est-ce dû à la rage d’être défait par magie plutôt que par le talent d’un stratège, mais la haine des formoirés à l’égard des maîtres de Pôle est l’objet de plus d’un conte populaire. Sur ça comme sur le reste, les érudits restent sceptiques, aucun document valide ne venant étayer la légende.