3 mois après la défaite de Das Gerucht…
La pluie, tambourinait sur les fenêtres de la maison, si fort, au point presque de les briser.
Les rues d’Ubersreik, dégorgaient de torrents d’eaux, mélange de pluie, d’ordures et de déchets de construction. Ces torrents allaient faire gonfler le Teufel, déjà proche de déborder sur le quartier du Teubrucke.
Plus haut dans le ciel, l’orage se démenait pour abattre sa colère sur les vivants, le tonnerre semblait faire gronder la pierre et trois incendies avaient déjà démarré, suite aux frappes des éclairs qui s’abattaient inlassablement, sur les toits de la ville.
A l’intérieur de la maison, Franz Lohner tortillait nerveusement sa moustache, chaque coup de tonnerre ne lui rappelait que trop de mauvais souvenirs, la pénombre de la pièce et les flashs lumineux n'arrangeaient rien.
La vieille servante bretonienne ouvrit doucement la porte du vestibule et l’appela.
-M’sieur Lohner ?
Franz se releva, non sans entendre son mauvais genou craquer bruyamment, la nuit était trop longue et l’orage dehors le rendait nerveux. Il jeta un regard au Dr Yonroth qui sortait également de la chambre et répondit à son signe de tête par une grimace hésitante.
-Alors ? Comment va t il ?
Hildibrand se frotta les yeux, fatigué.
-Pas mieux. Pire en fait, cette maudite fièvre lustrienne semble incurable.
A vrai dire je doute même qu’il puisse voir l’aube se lever, il semble dormir pour le moment.
Comme pour contredire le Docteur, un gigantesque éclair frappa le Morgenseite, ou se tenait justement la maison, éclairant momentanément la pièce et la remplissant d’un bruit sourd. Hildibrand observa les rues encombrée de pluie par la fenêtre puis se tourna vers Lohner:
-Vous pensez que c’est de son fait ?
-Pff …Qui sait ? Hugo Traeger n’est pas exactement quelqu’un de discret, ce serait bien son genre de partir en emmerdant tout le monde avec un foutu ouragan.
-J’ai entendu pas mal de rumeurs sur son expédition.Vous pensez que c’est vrai ? Qu’il aurait balancé une météorite, sur des corsaires Druchii, qui aurait pris en chasse leur galion ?
-En tout cas c’est ce que ces camarades de Lustrie ont raconté, mais c’est probablement vrai. Traeger en son temps était un puissant mage de bataille,aussi droit qu’il était sévère.
Il avait toujours un compliment pour ceux qu’il jugeait digne et bien sur une phrase bien sentie pour les autres.
- Le bonhomme savait comment régler ses problèmes en tout cas, je l’ai vu une fois dans les égouts d’Ubersreik tué 12 skavens d’un coup d’un seul éclair, je savais que l’électricité était conductrice mais je n’oublierais jamais le jour ou j’en ai vu la prat…
- A t il dit quelque chose avant de dormir ? Pardon de vous couper Dr Yonroth, mais je suis rentré en urgence sous des orages d’Altdorf pour parler à Traeger et je n’ai toujours pas pu lui parler.
-Ah oui, bien sur, ça pour parler, il a parler. Surtout des délires fiévreux, enfin du moins c’est ce que j’ai pensé au début, tenez, j’ai pris quelques notes, il n’arrêtait pas de répéter ces quelques phrases depuis ces trois derniers jours. Du charabia si vous voulez bien mon avis.
La vieille servante bretonienne s’avança, étonnamment souple et silencieuse pour son âge.
-M’sieur Lohner, si c’est son testament, je dois vous dire que M’sieur Traeger m’a promis de me donner sa maison lorsqu’il serait mort et que je pourrais y rester dedans pour toute la durée d’mes vieux jours !
-Merci Madame Saint-Pierre, mais il ne s’agit pas du testament, de plus Herr Traeger n’est pas encore mort, n’est ce pas ?
-Vous l’avez pas vu, il est blanc comme un cul de moine, il passera pas la nuit le pauv’ vieux.
Tiens je vais aller lui faire une tisane, ça le soulage toujours, il aime bien mes petites tisanes.
-Parfait, faites donc madame Saint Pierre.
Hildibrand se pencha vers Lohner :
-Dans un de ces rares moments de lucidités, Lohner m’avait fait promettre de lui couper les veines si jamais Madame Saint Pierre lui apportait encore une tisane, je ferais mieux d’aller voir dans la chambre avant qu’il ne la transforme en un tas de cendre, tenez, prenez ce carnet, tout- est noté dedans.
Franz Lohner trouva dans le salon, un fauteuil qu’il jugea plus confortable que les autres, alluma une bougie et sa pipe de concert puis commença à lire le carnet et les notes prises avec une écriture soignée, celle du Dr Yonroth qui inlassablement avait noté et condensé à sa demande les délires fiévreux du Magister. Quelques phrases revenait particulièrement souvent, comme l’avait précisé le Docteur :
Quand couvrira le monde, l'ombre venue du nord
Tapis l'ultime écho, où Foudre ne frappe plus
Dans les murmures des bois, le destin tisse son sort,
Tandis que les elfes dansent, la rumeur s'insinue
En la terre des cendres, où Lune se maintient
L'ancien lien persiste, ceux par la Nuit vaincu
Cryptes froides, ruines, son palais se souvient,
Là son trône désert, attends le prince déchu
Sur l'île des naufrageurs, grand-père s'est installé
Le Kraken y mourra, festin, désolation
Sous le ciel étoilé, sa colère étalée
Cherche par la l'oubli, ou Mort fait rédemption
Une route de Crâne s'étend dessous la neige,
Hérault du carnage, le coeur plein d'un Serment
aux ruines des froids enfants, fracas d'un siège
Le passé endormi surgit en flot de Sang
Sous le voile de la haine, le désir s'éveille
Sombre sororité, Valse de sang et d'acier
Une chaines d'âmes tissent, une tristesse sans pareil
Dessine la Déchirure,ou l'avenir est nié
Cinq champions, cinq clés, destins entrelacés
Tueur maudit, sorcière, et buveuse de sang
Maître du Léviathan, et captive enchaînée.
Héros qui s'ignorent, ou champions du néant
Sans eux, craignez la nuit, plus aucun jours naîtra
Dans l'ombre dessus le monde, l'Annonciateur viendra.
Absorbé par la lecture des notes, Franz ne vit pas l’aube arrivé, une douce lumière dorée commençait à envahir le salon tandis que la pluie finissait de goutter le long des fenêtres, l’orage semblait t’il s’était calmé. Tout à coup le Dr Hildibrand arriva avec une mine grave.
-Herr Lohner ?
Franz s’étira, peut être pouvait t’il enfin aller discuter avec le mage et faire la lumière sur ces étranges notes. De ses mots, Hugo Traeger était un mage de combat, un spécialiste des ouragans et du tonnerre, pas un devin, même si bon nombre de ses confrères du collège Céleste possédait de puissant don de voyance.
-Mmhh.. Alors Dr Hildibrand, est ce je peux aller lui parler ?
-Je crois qu’il n’en voulait vraiment pas de cette tisane finalement, Hugo Traeger vient de mourir, mes condoléances Herr Lohner.