Membres : Hakim Al Irfan Dav'azk (Mort) Tasaria la Valselame Günther Der Vernichter (Mort)
Voilà une semaine que je suis arrivé à Ubersreik, mais j’ai encore bien du mal à m’acclimater. Il y a dans cette ville quelque chose de nauséabond, de sinistre, qui est à l'œuvre. Je sais bien que toute la région a connu le chaos et la destruction, mais on croise dans les regards de jeunes enfants des expressions qu’on ne penserait trouver que chez les soldats qui sont revenus de l’enfer. Cette ville lèche ses plaies, mais la gangrène est toujours dans ses blessures.
Quoiqu’il en soit, j’ai beaucoup à faire et à apprendre ici avant de retourner auprès des miens, et après avoir installé sommairement mes affaires dans une petite chambre du Kunstviertel (Quartier des Artisans), je retournai me mettre à disposition de Herr Lohner. Après tout, le loyer n’était pas donné, et je n’avais guère de pistes pour démarrer mes recherches.
Je patientai dans La Lune Rouge, où je fus rejoint par d’autres membres de la Compagnie. Je découvris ainsi un certain Günther, un homme en armure d’une certaine stature dont la discrétion orale dénotait avec l’impressionnant marteau qu’il portait. Arriva également Dav’azk, un homme aux cheveux noirs et à la stature également robuste, dont les traits émaciés et le regard bleu perçant semblaient évoquer une créature quittant les bois pour saisir sa proie. Puis arriva Tasaria, une jeune femme Strigany à la démarche sémillante et au pied léger, singulièrement maquillée et costumée comme une comédienne de spectacle.
Je sentais une réticence de certains de mes camarades à travailler avec moi… l’un parce que j’étais mage, l’autre parce que j’étais originaire d’Arabie… ou de “Strygie”, telle qu’il en fît mention. Rares sont les hommes des provinces du Nord qui se sont aventurés jusqu’aux anciennes vallées de Nehekhara, et s’il en est revenu, je dois porter à ce compagnon un certain crédit…
Une fois que nous avions fait connaissance, Franz nous expliqua pourquoi il avait besoin de nos services. Son ami Roco Mozart, tenancier de La Muse Sournoise, semblait avoir des problèmes récurrents avec un client un peu trop bagarreur.
Lorsque nous l’avons rencontré, Roco nous expliqua que suite à une invitation dans son établissement après un rude combat, un gladiateur du nom de Blutwolf avait tendance à confondre la Muse Sournoise, établissement respectable de la scène musicale d’Ubersreik, avec une extension de la La Cage de Fer, l’arène incontournable de la ville. Et par extension, il avait la main leste et le crochet facile envers la clientèle de Roco, une animation qui tranchait plutôt avec les goûts des cercles culturels de la ville.
Afin de pouvoir confronter la brute sans nous mettre à dos la garde de la ville, nous avons fait le choix de nous mêler à la clientèle de l’auberge ce soir-là. Tasaria faisait la connaissance d’un très habile joueur de cargo, tandis que Dav’azk était adossé au bar et que Günther et moi-même nous réchauffions près de la cheminée.
Alors que les Trytesich Mayhem s’installaient sur scène et commençaient à interpréter leurs chansons devant une salle visiblement plus clairsemée qu’habituellement mais toujours enthousiaste, le vigile de l’entrée traversa la salle sans toucher le sol avant de s’écraser, face la première, au pied du bar.
Sur ces entrefaites, Blutwolf apparût, flanqué de deux comparses. Les trois nordiens, vêtus uniquement de fourrures et portant leurs épées à la ceinture, semblaient être revenus pour leur séance de détente quotidienne. Cherchant des yeux un adversaire à sa hauteur, Blutwolf arrêta son regard sur Günther,qui dût lui paraître comme le meilleur réceptacle à ses provocations.
Blutwolf s’avança, et eut la malheureuse idée d’insulter Sigmar devant l’un de ses prêtres fervents. La réaction ne se fit pas attendre, et le marteau de Günther vint remodeler le visage du gladiateur d’une frappe bien ajustée. Puis la situation dégénéra très vite. Tasaria, profitant qu’elle dansait sur l’une des tables, abattit sa lame dans l’un des acolytes nordiens, tandis qu’un autre se saisissait d’un tonneau de gnôle qui finit sa course dans la cheminée après avoir raté Günther. Alors que j’esquivai le tonneau et les flammes qui en jaillirent, Dav’azk entra également dans la danse.
Blutwolf, ivre de colère, tenta d’asséner un coup d’épée à Günther, et j’utilisai son inertie pour dévier la lame dans la cuisse du nordien, violemment tailladée par la force de son porteur. La situation se dégrada pour Tasalia, qui dût se dérober face à son opposant, lequel ne prêta pas attention au joueur de cargo, Dragan Stanek (Triple Stankhe) qui lui brûla la cervelle d’un coup de pistolet à bout touchant.
S’il n’était pas prêtre d’Ulric comme la légende populaire semblait le véhiculer, Blutwolf devait malgré tout être l’un de ses fidèles, car ses plaies semblaient se refermer à mesure que le combat continuait. Alors qu’il était acculé dans un coin de la pièce après que je me sois emparé de son épée, nous nous retrouvâmes dans un blizzard qui semblait jaillir autour du gladiateur. Après plusieurs coups, fléchette magique et finalement un couteau de lancer traversant son orbite, Blutwolf s’écroula, laissant derrière lui des gerbes de sang sur les banquettes molletonnées, et les cadavres de ses deux acolytes sur les parquets cirés de la Muse Sournoise.
Tandis que mes camarades négociaient âprement leur récompense avec Roco, je me prenais à penser que, dans cette ville, même une banale soirée musicale pouvait prendre un tournant dramatique. Mais j’espère avoir pu montrer à mes camarades ce soir qu’ils pouvaient compter sur moi.