La lanterne oscillait lentement au-dessus de l’entrée, grinçant sous le vent comme un avertissement que peu comprenaient avant de franchir la porte. Ceux qui entraient dans la Lune Rouge le faisaient rarement par hasard… et encore plus rarement sans raison.
À l’intérieur, la chaleur frappait immédiatement, mêlée à l’odeur dense de bière naine, de viande grasse et de bois brûlé. La taverne grondait d’une vie contenue, dangereuse. Les conversations ne montaient jamais trop haut, comme si chacun savait instinctivement que certains mots pouvaient coûter plus cher que l’or.
Derrière le bar, Wilhelm Sachs parlait à voix basse avec un homme encapuchonné, négociant sans jamais hausser le ton. À quelques pas, Seraphina Venturini riait doucement, glissant d’un groupe à l’autre avec une aisance troublante, ses mots tissant des pièges invisibles. Yusuf Neb-Seni observait tout, immobile, évaluant chaque échange comme une transaction potentielle. Dans cette ambiance légère Tasaria la Valselame dansait sur les tables afin de distraire les voyageurs.
Un peu en retrait, Darna Fleurd’Or surveillait la salle, protectrice silencieuse, son regard suffisant à calmer les débordements. Près d’une table, Olgierd Poigne Froide, marqué par les années, buvait lentement, observant sans intervenir, comme un soldat qui avait déjà vu trop de batailles pour être surpris.
Accroché au mur, encadré comme une relique, un vieux torchon taché de sang dominait la pièce. Personne ne plaisantait à ce sujet.
Une porte battante menait vers la cuisine, où la chaleur devenait presque suffocante. Bargud Noirenclume, couvert de suie, pestait après une machine sifflante faite de cuivre et de pistons, une cafetière instable. Autour de lui, Jole Tsekin organisait les réserves avec une précision implacable, veillant à ce que rien ne manque jamais. Puis, au fond de la pièce on pouvait voir Isabella Sturmf sortir quelques bouteilles de rhum.
Par la fenêtre on pouvait distinguer la volière. Eanur attachait des messages aux pattes des pigeons avant de les libérer dans le ciel gris. Puis à côté on trouvait la serre qui respirait une vie différente. L’humidité y était douce, presque apaisante. Helleboria (Parti) s’y déplaçait lentement, entre les plantes médicinales et toxiques, cultivant avec le même soin ce qui pouvait sauver… ou tuer.Dans la cour, une diligence attendait, prête à partir à tout moment. Des montures piaffaient calmées directement par Yao, des caisses étaient chargées sous l’œil attentif d’Allesandro Di Remasio, tandis que Yorri Vallason examinait des minerais avec une attention presque obsessionnelle.
Dans la bibliothèque, située derrière une porte de la pièce principale, Gertrud Buchleser tournait les pages d’un ouvrage ancien, tandis qu’Emilio Alvarez Vanaldo (Parti) traçait des cartes d’une précision presque surnaturelle. Sienna Magotte, entourée d’une chaleur subtile, parcourait un grimoire aux pages noircies, tandis que à Thulkan Arawynn, immobile, observait les textes d’un journal ancien.
Dans la forge, le métal chantait sous les coups de Skaldor Le Noyé (Parti). Les étincelles illuminaient les visages concentrés. Ikvaar Barazhunk manipulait des explosifs avec une minutie inquiétante. Norgrim Barazhunk testait le poids d’une arme comme s’il jaugeait déjà le prochain ennemi à abattre. Hilde Weitz et Dav'azk (Mort) ajustaient leurs équipements, solides, fiables, prêts à tenir la ligne sans faillir.
Au sous sol,le laboratoire d’alchimie baignait dans des teintes irréelles. Hakim Al Irfan travaillait seul, concentré, transformant poudres et liquides en élixirs aux effets parfois incertains, parfois catastrophiques. Dans la pièce d’a côté, Hindra pansait une blessure avec précision pendant que Valerian de Rivel murmurait des prières à Shallya, sa voix basse apportant un calme fragile à ceux qui luttaient encore pour rester en vie.
Plus loin, la salle d’entraînement résonnait de coups et de mouvements rapides. Emma Silberbauer observait, droite, inflexible. Hans Dieter enchaînait les tirs avec une précision implacable. Aeria Athathwyth bougeait trop vite pour être suivie du regard, frappant là où cela comptait.
Dans l’ombre, Pavel Romanovich descendait lentement vers les geôles, là où les prisonniers perdaient rapidement toute illusion. Plus loin encore, derrière une porte épaisse, Linus Crowley travaillait. Patient. Méthodique. La douleur y devenait un outil, une langue qu’il maîtrisait parfaitement.
Et tout autour, dans les bâtiments voisins, les ombres bougeaient sans cesse. Informateurs, espions, messagers… un réseau vivant, invisible, essentiel.La Lune Rouge ne dormait jamais vraiment.
Parce qu’elle n’est pas qu’une simple taverne. C’était le cœur de la Compagnie de l'Eau Noire.