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(S01/Ep007) Vous avez demandé le numéro de la mort? Ne quittez pas !

November 22, 2024
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Membres : Inola Richter (Partie), Linus Crowley, Mogrot (Parti), Dav'azk (Mort)

Ses lunettes sur les yeux, Franz Lohner était le regard concentré sur de la paperasse administrative quand la porte de son bureau s'ouvrit sans que quiconque au préalable n'y ai frappé. Mécontent d'être dérangé, il leva la tête prêt à invectiver l'importun quand il reconnut Dav'azk.

Bien que seulement deux semaines avaient passé depuis que ce gaillard là avait rejoint la compagnie, Herr Lohner, qui ô combien possédait une longue expérience des hommes, avait déjà conclu à son sujet que s'évertuer à lui inculquer la moindre notion de civilité revenait vraiment à pisser dans un violon. 

Lohner, tonitruant, lança :

-C'est pour quoi ?

-Les autres veulent que je doive dire où on a été.

-Vous parlez d'un rapport, c'est cela ? En effet, si vous l'avez, déposez-le sur mon bureau ! Je le lirai quand j'aurai fini ça.

-Je suis venu pour parler mon rapport.

Le barbare maîtrisait toujours assez mal le Reikspiel. On disait qu'il ne le parlait bien que quand il était saoul.

-Ah non ! répondit Lohner. Vous allez devoir le rédiger. Ces rapports ne sont pas pour mon seul regard mais pour chaque membre de la compagnie qui souhaite s'en enquérir.

-Je ne sais pas écrire.

Lohner leva un œil agacé vers le barbare qui se tenait là, droit, impassible.

-Dav'azk... Dav'azk... Evidemment, vous ne savez pas non plus écrire sermonna Lohner. Je vais vous dire, parfois je me demande vraiment pourquoi je vous ai engagé ! La figure du barbare se renfrogna

-Mhmm... Par Crohn, moi je sais pourquoi je travaille pour vous.

-Ah oui ? Et pourquoi ?

-Pour l'or et pour me battre. On ne m'a jamais payé pour écrire.

-Vous êtes toujours très direct.

-Je dis toujours ce que je pense à la différence de vous autres, les gens des villes.

-Direct mais honnête. Cela a aussi parfois son mérite. 

Tandis qu'il finissait sa phrase, Lohner tendit le bras pour attraper une feuille de papier blanc non loin et la ramena à lui. Il trempa sa plume dans l'encre puis releva la tête vers le barbare.

-Allez-y ! Racontez-moi tout, je vais prendre des notes.

-Comme vous avez demandé, nous avons suivi votre enquêteur, le couturé...

-Vous voulez parler de Mr Crowley ?

-Certes. C'est son nom. Je crois...

On est d'abord sorti hors les murs de la ville vers l'est jusqu'à la taverne où les enfants morts ont été combattu. Celle que les nôtres ont incendiée à ce que j'ai compris. Dans ce bourbier, nous avons trouvé parmi ce qui restait une inscription cachée sur un mur à moitié calciné. Une inscription à la peinture jaune avec des numéros : 24/116

-24/116 ? Les premiers ne l'avaient pas vu. Continuez !

-On est ensuite revenus en ville jusqu'à la maison où d'autres mort-vivants se sont échappés mais nous avons d'abord passé chez Morritz La Pochepour demander des informations parce qu'il est juste à côté. Tout ce que cet enflure a été capable de nous dire, c'est qu'il détestait la magie comme tout le monde, que ça avait été un sacré bordel ce soir-là et que les zombies n'étaient pas fraîchement morts. Aussi, tous ces morts-vivants étaient des gens minces sûrement de basse extraction. Il a aussi dit que cette maison appartenait au vieux Fritz qui selon lui faisait partie des zombies qu'ils ont taillé en morceaux.

On est ensuite allés voir par nous même dans cette maison. C'était minuscule et les zombies devaient être serrés les uns sur les autres. C'est pour ça qu'ils ont fini par défoncer la porte et sortir dans les rues. On a bien observé à l'intérieur et parce qu'il savait ce qu'il cherchait, le couturé à fini par trouver deux autres séries de chiffres cote à cote eux aussi inscrits à la peinture jaune : 7/62 – 89/7 

A ce moment-là, s'installa un drôle de silence et les deux hommes s'observèrent en chiens de faïence. Lohner semblait attendre que l'autre poursuive mais comme ça n'était pas le cas, il fut le premier à ouvrir la bouche.

-C'est très intéressant. C'est tout ?

-C'est tout.

-Non mais vous vous foutez de ma gueule, Dav'azk ! Il n'a pas pu se passer que cela !

Mogrot est revenu avec un bras en moins. Vous êtes vous-mêmes recouvert de croûtes de sang séché des pieds à la tête et j'ai aussi ouïe dire que vous aviez passé Federico Paccelini le Tiléen à tabac. Je veux tout savoir !

-Cela n'a rien à voir avec ce que vous avez demandé. Il y a eu quelques déboires... et aussi de la magie. Peste soit de la magie !

-Oui, et bien ce sera à moi de juger si ce ne sont pas mes affaires. Continuez !

-Par Crohn ! Comme vous voulez !

C'était à la taverne qui a été incendiée. Après l'inscription à la peinture jaune en surface, le reste du groupe a voulu descendre dans la cave pour voir s'il n'y avait rien d'autre. Là, l'air était toujours chargé de fumée et de cendres et parfaitement irrespirable. A plusieurs reprises, Hakim le stygien...

-Il s'appelle Hakim Al-Irfan.

-C'est cela. Le mage nous a créé plusieurs poches d'air à l'aide de sa magie mais l'ogre est descendu seul par une trappe menant à une seconde cave. Nous avons entendu le son de sa voix diminuer au fur et à mesure qu'il s'éloignait en dessous. Puis, il s'est mis à hurler de douleur. Le couturé est descendu le premier pour voir et là il a constaté que quelque chose avait arraché le bras de l'ogre avant que ce dernier ne tombe inconscient faute d'air. 

Nous sommes alors tous descendus pour aider mais c'est à ce moment que des centaines de rats affamés sont sortis de la pénombre pour nous bouffer. J'ai tenté de m'interposer mais je me suis fait recouvrir et je suis tombé à la renverse. Alors que ces saloperies commençaient à me dévorer, Hakim a lancé un sort et les a tous fait disparaître.

-Vous avez accusé ce mage de tous les maux en partant d'ici avant cette mission, dit Lohner d'un air de reproche, mais au final, vous voyez bien que votre «Stygien» est un compagnon utile finalement.

-J'avoue. Je me suis trompé à son sujet. Hakim Al-Irfan a désormais mon respect. C'est un homme bon contrairement à ceux de son pays et il ne trouble pas le sommeil des morts. C'est un sacrilège capital pour les Cimmériens que de troubler le sommeil éternel des morts et...

-Sachez que vos explications folkloriques ne m'intéressent pas le coupa Lohner, et il n'y a pas que chez vous que la nécromancie est un sacrilège. Continuez !

-Hakim le Stygien a alors lancé un autre de ses sorts et réussi à hisser la masse de l'ogre jusqu'à l'étage du dessus où il a repris conscience puis nous avons encore remonté un étage pour ressortir à la surface mais pas sans que le couturé tombe à son tour dans les vapes. Par Crohn ! Hakim est redescendu à nouveau pour l'encorder et l'ogre et moi les avons hissé hors de cette cave maudite. 

Sur ces mots, Dav'azk sembla se signer d'un geste étrange puis il cracha à terre juste sur le tapis devant les yeux courroucés de Franz Lohner.

-Soit, soupira le capitaine de l'Eau Noire. Et pour Federico le Tiléen ?

-Ce sont mes affaires.

-Je m'en fous répondit Lohner, c'est moi qui vous emploie et je veux savoir si vous l'avez molesté.

-Si cela vous importe tant... Lorsque nous étions chez la poche, le Némédien nous a embauché pour délivrer un message...

-Comment ça le Némédien ? interjecta Lohner. De qui parlez-vous !

-Bah... Federico le Némédien...

-Ah, j'ai compris. C'est encore un de vos mots bizarres dont votre dialecte natal qui vient de on ne sait où est truffé ! Ici on dit Tyléen. Essayez d'apprendre le Reikspiel un peu, diantre ! L'autre, toujours impassible comme si la manière de Lohner de s'adresser mal à lui était totalement naturelle continua :

-Il nous a payé pour apporter un message à la taverne du Skaven Crevé pour Volker (Mort), le second de Slackjaw (Mort)

-Le Skaven Crevé ? Vous n'avez pas peur dites-donc ! La rumeur dit que les nains tabassent tous ceux qui y passent et ne sont pas des leurs et même si Volker n'est pas un nain, il a la réputation de ne pas être commode lui non plus.

-Je fais toujours ce pour quoi on me paye, rétorqua Dav'azk. On est rentré avec la fille...

-Inola Richter ?

-Hum hum. J'avoue, cette donzelle a du cran parce que tous les autres sont restés à la porte et les nains nous mataient avec leur yeux bilieux en ricanant comme s'ils n'attendaient qu'un signal pour se jeter sur nous. Ils salivaient déjà à la perspective de me casser la gueule et pour la fille... bah, vous voyez. Mais quand Volker a lu le message, il s'est fâché d'un coup et nous a entraîné elle et moi dans l'arrière cuisine pour causer en privé. 

Il nous a d'abord chopé par le col pour tenter de nous intimider. Ce qui l'intéressait, c'était d'être sûr que ni elle, ni moi n'avions lu le contenu du message. Ça m'a pas impressionné et la fille non plus. J'ai attrapé sa main pour qu'il me lâche mais il m'a balancé en arrière. Au final, ça l'a peut-être convaincu que nous n'étions pas des baveux. Ensuite il a demandé qui de nous deux en avait assez pour lui mettre une beigne.

Alors, je me suis approché et je lui ai mis un crochet dans le menton. Il a redressé la tête en rigolant et m'a dit que comme j'avais une bonne droite, il me chargeait d'en mettre deux comme celle-là à Federico. C'était sa réponse. J'ai dit d'accord mais pas pour des nèfles alors il m'a tendu 30 couronnes en disant qu'il m'aimait bien.

-Vous avez foutu un crochet du droit à Volker ? Et vous êtes encore là pour en parler ? Vous êtes vraiment fou à lier ! Ces types-là auraient pu vous hacher menu !

-Je n'ai peur ni de la mort, ni de personne. Je suis Dav'azk le batard comme disait mon père avant que je ne le tue il y a 10 ans et mon père était deux fois gros comme ce Volker.

Lohner observa le jeune homme en face de lui qui avait dit cela sans morgue mais plutôt comme d'habitude en énonçant simplement ce qu'il pensait. Le barbare semblait au milieu de sa vingtaine estimait Lohner et il réalisa que si ce qu'il disait était vrai, alors il n'avait été qu'un adolescent à l'époque des faits.

-Vous avez assassiné votre père ? Mais quel genre de maraudeur vous êtes ?

-Je ne l'ai pas assassiné. Contrairement à lui quand il a tué ma mère. Il s'agissait d'un combat d'homme à homme parce qu'il ne voulait pas que je lui vole son esclave.

Par pure curiosité combattante, Lohner ne put s'empêcher de demander :

-Et comment vous y êtes vous pris pour réaliser un coup pareil ?

-C'était la première et dernière fois de ma vie que Crohn à eu besoin de guider mon bras. J'ai esquiver son coup et j'ai fendu son crâne.

-Vraiment, vos histoires de sauvages sont édifiantes... Mais revenons à Federico ? Çà n'était donc pas un passage à tabac comme la rumeur le dit ?

-Je lui ai mis deux coups de poings comme Volker l'avait demandé. Je fais toujours ce pour quoi on me paye.

-Frapper Federico le Tyléen, tout de même ! Faites attention ici, c'est une grande ville. Votre honnêteté, comme vous l'appelez, vous perdra.

Vous logez à la Lanterne Fêlée chez Moritz. J'ai aussi entendu dire que vous l'aviez menacé. Ne craignez-vous pas qu'il empoisonne votre nourriture ou vous fasse poignarder pendant votre sommeil ?

-Je garde un œil sur ce serpent mais je pense que la seule chose qui l'intéresse à mon sujet, ce sont les montagnes d'or que je dépense chez lui la plupart des nuits en alcool et en victuailles.

Lohner soupira puis dit :

-Soit... Je vous répète de quand même bien vouloir faire attention à qui vous vous en prenez en ville. C'est le Reikland ici, pas l'une de vos steppes sans foi ni loi, diable ! Sortez d'ici !

Alors que le barbare imposant ouvrait la porte pour partir sans un au revoir, Lohner lança une dernière saillie :

-Et aussi tâchez de vous souvenir des noms propres de vos compagnons, nom d'un chien ! J'essaie de faire de vous tous une compagnie. Cela nécessite un esprit de corps comme chez les militaires.

Dav'azk toujours stoïque se retourna avant de lacher :

-Je ne sais rien des militaires mais quant aux noms, je ne retiens que ceux qui méritent qu'on s'en rappelle ! Franz Lohner.

Le capitaine de la compagnie ne put s'empêcher de penser en le voyant quitter la pièce, « avec celui là, c'est vraiment comme pisser dans un violon... »