(S01/Ep017) Mâchouille moi un pigeon
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(S01/Ep017) Mâchouille moi un pigeon

December 15, 2024
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Membres : Dougall Mac Kerr (Parti), Ikvaar Barazhunk, Mogrot (Parti), Tasaria la Valselame, Wilhelm Sachs

Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas essuyé un verre. Perdu dans mes pensées je ne pu qu’entre-apercevoir les Compagnons du jour revenir de leur mission. Tasaria et Wilhelm entrèrent dans la taverne,  en pleins débats quant à la priorité à donner aux travaux à effectuer au sein de l’auberge, Ikvaar la mine sombre baragouina dans sa barbe des mots à propos de 400 couronnes à rembourser à Isabella Sturmfavant de s’éclipser.

Dougall encore plus morne pris congé sans un mot. Ne restait devant moi que Mogrot, qui prit la parole d’un air penaud :

« Euh chef, lé zotres y zont di ke je devé fèr le rat porc. Mé g bobo la tête à koze ke g fé la maji. Ge c ékrir, cé Sienna ka apri et ge ve la randre fiaire mé la cé kompliké. Tu pe krir mé on dira cé mwa ? »

Après Dav’azk, voilà que maintenant l’ogre me prenait pour son dactylo. À deux doigts de le rembarrer, je m’aperçus qu’il lui avait été aussi difficile d’articuler ces mots que moi de les comprendre. En soupirant, je rangeais donc mon torchon pour m’armer d’une plume et du journal de la Compagnie.

« Eh bien vas-y bonhomme, raconte-moi tout ».

L’ogre alla se caler dans un coin de la salle, dégaina ce qui semblait être un pigeon anémique et commença son récit.

Entrée : Mogrot avec l’aimable participation de Franz Lohner

Alors que Tasaria, Ikvaar, Dougall et l’ogre faisaient connaissance à l’auberge ;les réjouissances furent interrompues par l’arrivée d’Isabella Sturmf. Tandis qu’Ikvaar enfonçait son visage et sa barbe dans sa choppe, Isabella lui rappela ses 400 Co de dette. En effet, et ne se représentant pas la réelle valeur de cette somme dans une ville comme Ubersreik au moment de contracter le prêt, le pauvre bougre n’avait pas de quoi les rembourser. Soucieuse de les récupérer d’une façon ou d’une autres, et après quelques menaces, elle mit le nain au pied du mur en lui disant qu’il n’aurait pas le choix d’accepter pour elle des missions dangereuses et immorales en lieu et place du paiement si ce dernier tardait trop à arriver. Tandis que l’ambiance jusqu’alors joviale était retombée suite au départ d’Isabella, Franz fit son entrée et proposa son soutien à Ikvaar concernant ses soucis avec la cheffe de gang.

Profitant de l’arrivée de Wilhelm, suivi par les premiers flocons de l’année, il briefa les Compagnons du jour quant à la tâche qu’il avait à leur confier. Soucieux de redorer l’image de la Compagnie et rentrer dans les bonnes grâces du Sergent Weinwurm, la mission du jour consistait à se rendre auprès de lui pour se mettre à son service. Subalterne et enquêteur d’Inge Taschner, il garde une certaine rancœur quant à la Compagnie et les interactions qu’il a pu avoir avec les anciens Compagnons. Du fait de sa position et son caractère incorruptible, le bougre ayant le sobriquet de sergent Balais-dans-l’cul chez les anciens compagnons, il est vital pour la Compagnie de lui faire changer d’avis dessus. 

Compte-tenu du caractère pointilleux de l’énergumène, et du fait que la matinée était déjà relativement entamée et le rendez-vous à midi pile, les Compagnons commencèrent à se ruer frénétiquement vers le Bastion où les attendait le sergent. Alors que certains ruaient des brancards et que d’autres traînaient la patte, tous virent au dernier moment un homme leur barrant la route en les invectivant. Ils ne remarquèrent pas non plus les hommes armés qui les encerclaient … l’homme, une connaissance de Dougall visiblement, se présenta comme Aldo Gretchen (le fils de Oma Gretchen) et nous demanda de lui laisser l'énergumène pour s’expliquer avec à coup de poings et surins au sujet d’une bagarre de taverne. Très concernés par cette affaire d’Etat, les Compagnons lui exprimèrent leur sympathie (non) tout en précisant qu’ils étaient pressés mais ravis de régler le différend plus tard. Wilhelm négocia alors un duel rapide entre les deux, qu’Aldo (avec sagesse) s’empressa de refuser avant d’intimer à Mogrot et Dougall de se battre à la place. Grâce à l’intervention de Tasaria, et l’évocation de la cage de fer, le différent se régla avec une baffe de Mogrot sur Dougall et 5 Co en plus dans la bourse de ce dernier. Le différend étant résolu, Dougall, Adlo et Mogrot se promirent de se retrouver au bar pour se payer des tournées mutuelles.

La course effrénée reprise, et Mogrot avec Ikvaar sous le bras, le groupe arriva tout juste à l’heure pour le rendez-vous. Alors que le sergent jaugeait déjà les Compagnons dépêchés, et que les critiques fusaient, Mogrot amplifia le ressentiment en sortant une jambe de mutant et en la dévorant arguant qu’il était l’heure du déjeuner et qu’il avait bien mérité son gigot après tant d’effort. Ne se trompant pas sur la nature de la jambe dévorée, malgré la fausse bonne foi de l’ogre, le sergent consentit à accepter l’aide du groupe et leur présenta le contrat : il est en charge du dossier du Taube Essen, ou Mange-Pigeons, un serial killer dont le nom est hérité du fait que des pigeons soient systématiquement retrouvés autour des cadavres qu’il laisse. Après autopsies et expertises magiques, les premières conclusions donnent les faits suivants : les cadavres (6) ne présentent pas de blessures apparentes ni aucun trace de poison, la mort semble avoir été provoquée par de la magie de nature indéterminée, les victimes n’ont aucun lien apparent entre elles (prostituée, commis de cuisine, scribe, garçon d’Oma, … petites gens), toutes ont été retrouvées dans des ruelles isolées sauf un scribe qui a été tué chez lui au Kunstviertel (Quartier des Artisans) avec sa porte retrouvée arrachée et sortie de ses gonds et toutes les victimes ont été tuées pendant la nuit au nord de la ville. La rivière semble être la limite de son terrain de chasse. La demande du sergent est simple, l’aider à débusquer le meurtrier.

La 1ère étape du groupe fut donc la morgue du Bastion, afin d’aider à identifier tout indice utile sur la dernière victime retrouvée : une femme du Teübrucke (Docks). À sa vue, Dougall fondit en larmes en reconnaissant une serveuse qu’il aida à se défendre contre Aldo justement. À l’évocation de ce nom, le sergent ne se priva pas de faire part au groupe de ses suspicions envers Aldo du fait des rumeurs qu’Olga serait une sorcière et donc que sa descendance serait aussi à même d’user de sombres pouvoirs. Des paroles vites remises en question par Dougall, mais aussi et surtout par Tissaria qui reconnut grâce à son passé en Sylvanie un cadavre exsangue qui aurait été la victime d’un vampire … au détail près qu’il ne présentait pas de marques de morsures et que les pupilles avaient disparues en raison du sort utilisé pour tuer. A ce sujet, ces symptômes sont communs à toutes les victimes, mais également aux pigeons … qui seraient des dommages collatéraux ou des catalyseurs du sort utilisé ? Wilhelm se souvint alors d’une rumeur concernant une recrudescence de morts de pigeons durant l’été. De plus, le sort utilisé n’est ni lié à Morr ni de la nécromancie pure. Afin d’en savoir plus, Mogrot tenta maladroitement de négocier une mèche de cheveux du cadavre afin d’obtenir plus de réponses via la Gueule. Grâce au soutien de Wilhelm, il une mèche lui fut confiée et il partit s’isoler dans une autre pièce en promettant à Dougall de tout faire pour identifier le meurtrier.

Alors que le reste du groupe finissait d’inspecter le cadavre, découvrant que la langue de la victime était dégorgée de tout son sang et q'un bleu était présent sur l'un de ses bras, Tasaria tenta de charmer le sergent qui la questionna alors sur ses relations avec Isabella ainsi que sur le fait qu’elle se soit rendue dans le casino de la cheffe de gang. Avec sa rectitude caractéristique, et un cœur à toute épreuve, Weinwurm traita Tasaria de voleuse et la prévint qu’il comptait faire tomber Isabella. Comme une chance de rédemption, ou plutôt pour servir ses intérêts, il proposa à Tasaria de lui fournir des informations sur Isabella contre de l’or. Alors que l’échange se concluait, tous entendirent des bruits ignobles venant de la pièce où Mogrot s’était isolé. Ayant réussi son rituel, et déformé par l’essence de la Gueule, l’ogre revivait à travers des flashs les derniers instants de Mila : le travail à la taverne, un docker qui l’attrape et lui laisse un bleu, le nettoyage de l’établissement puis sa fermeture, la lune qui l’éclaire lorsqu’elle marche au petit matin dans les rues de la ville, la sensation d’être suivie, sa lourde capuche rabattue sur sa tête comme un mouvement instinctif de protection, la peur qui précède la course, une ruelle, un essaim de pigeons qui meurent autour d’elle, une grande cape noire, une main griffue qui en sort et s’approche pour la toucher … la fin … marqué par ces visions, l’ogre en fit part aux autres qui s’enfermèrent dans un mutisme … que brisa Tasaria en évoquant les chiffres à la peinture jaune. Et effectivement, des chiffres avaient été retrouvés près des différents cadavres : 10/91-143/220 pour le 1er et le scribe, ainsi que 57/153-143/220 pour les 4 autres cadavres dont le dernier en date.


Forts de cette dernière information, le groupe toujours accompagné du sergent, parti sur les lieux du dernier crime au Teübrucke. Là, le groupe constata une disposition anarchique des pigeons que Mogrot refusa d’ingérer en raison de la dangerosité de ses pouvoirs et de l’effet que les visions ont eues sur lui. En interrogeant une femme qui observait depuis sa fenêtre, Wilhelm apprit d’elle que le meurtrier (ou plutôt la créature) avait escaladé sa façade en laissant d’imposantes marques de griffures dans son volet. Le lien fut fait, malgré le fait que Mogrot n’ait pas pu le corréler, entre la main griffue vue en vision et les marques observées. En se rendant sur le toit et en observant finement les environs, Tasaria en déduisit que l’escalade était le moyen pour la créature d’atteindre un point surélevé pour s’envoler. Dans une dernière tentative pour obtenir de cruciales informations, Mogrot se résigna à ingérer un puis deux puis trois pigeons exsangues avant que la Gueule ne daigne lui accorder des visions : une envie impérieuse … de la … faim ? Étrange pour un pigeon … , le désir de suivre la forme encapuchonnée qui court, pleins d’autres pigeons partageant les mêmes désirs, des ruines, un bâtiment à deux étages, une cour avec le ciel comme plafond … plus rien …


Epilogue

En écrivant ces derniers mots, son esprit fusant dans tous les sens, le regard de Franz se posa sur l’ogre qui s’était endormi après tant d’efforts intellectuels avec une patte de pigeon dépassant de sa mâchoire.

« Eh bien, pensa-t-il pour lui-même, il faut croire que la force de certains réside là où l’on ne l’attend pas … boh, pourtant plus rien ne devrait m’étonner après les énergumènes de la Compagnie précédente … »