(S01/Ep067) La guerre est déclarée !
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(S01/Ep067) La guerre est déclarée !

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Membres Yusuf Neb-Seni, Giovanni Artigliorosso (mort), Dougall Mac Kerr (Parti) Dav'azk (Mort), Ikvaar Barazhunk

Ça devait être un beau jour. Un jour où nos bourses se remplissent, où l’on festoie entouré de compagnons. Ce fut malheureusement tout l’inverse.

On a tous connu ces journées où rien ne va : on se lève en se cognant l’orteil sur le pied du lit, on bafouille au moindre mot, on traîne un mal de crâne qui vous met de mauvais poil. Eh bien, imaginez une de ces journées-là… mais avec un combat en arène et une tentative d’assassinat à la clef. Voilà ce que je m’apprête à vous raconter.

Nous étions en route, Ikvaar, Giovanni et moi, vers la La Cage de Fer, où nos compagnons Dav’ask et Dougall allaient défendre leur titre de « Champions ». Une bonne occasion de se divertir et de voir nos amis briller en combat. Et qui sait ? Un pari bien placé, et c’était la fortune assurée !

Ikvaar et moi avions évidemment misé sur nos camarades. Depuis des semaines, on nous répétait qu’il fallait rester soudés, se faire confiance, être une vraie famille quoi. Giovanni, lui, a parié contre. Il disait avoir « vu quelque chose d’intéressant ». Je n’y ai pas prêté attention, et je le regrette encore aujourd’hui…

L’annonce des adversaires ne nous rassura guère : Varik, un tueur nain au gabarit terrifiant, accompagné de Lyssandre, une Tiléenne joueuse de couteaux au regard perfide. Même Norgrim aurait eu l’air d’un gamin à côté de Varik… et Lyssandre transpirait la sournoiserie. Je dois l’avouer (et m’en excuse auprès de mes compagnons), à cet instant, j’ai douté de mon pari. Mais la foule, elle, continuait d’acclamer ses favoris. Nos favoris.

Le gong retentit. Lyssandre ouvrit le bal d’un lancer de couteaux vers Dav’ask, esquivé sans peine. Dougall se rua sur elle, mais se prit une lame en pleine course, juste entre deux plaques d’armure. Mauvais début. Et ce n’était que le commencement.

Dav’ask engagea le nain en duel. Premier coup de Varik : garde brisée, torse entaillé. Dav’ask tenta de tenir bon, mais le nain ne faiblissait pas. Dans un sursaut, notre compagnon se dégagea et fonça lui aussi sur Lyssandre.

Dougall parvint à blesser la cuisse de la Tiléenne, mais dans son élan, Dav’ask se fit assommer par Varik, qui l’avait rattrapé. Le combat tourna à la débâcle. Dougall tenta un dernier coup, qu’il manqua lamentablement, et Lyssandre lui asséna un coup de pied dans les bijoux de famille. Il faut dire… porter un kilt sans rien en dessous dans une arène où tous les coups sont permis, c’était osé.

Le combat s’arrêta là. Nos bourses en ressortirent allégées. Sauf celle de Giovanni, qui tripla de volume. La stupeur figea la foule : leurs champions, invaincus jusque-là, venaient de se faire battre en quelques secondes. J’espère que cette défaite ne leur attirera pas de représailles. Une vengeance pour un pari perdu n’est jamais à écarter.

Heureusement, les Nains de la Cage de Fer eurent au moins la décence de nous rendre nos compagnons. Amochés, certes, mais vivants. Leur corps s’en remettra. Leur fierté, elle, a bien plus souffert. Ils ne sont plus les champions, seulement de simples gladiateurs. Et leur image ternie va les hanter un moment. Mais je crois en eux. Ils prendront leur revanche.

Pour leur remonter le moral, Giovanni les invita à l’Oasis, notre restaurant fraîchement ouvert. L’ambiance était morose : Dav’ask se noyait dans l’alcool, Dougall, front contre table, ne disait mot. C’est Ikvaar qui brisa le silence, ramenant sur la table l’histoire du coffre de la mine aux mutants. Le ton monta aussitôt. L’animosité couvait encore.

Et soudain, des hennissements. Une diligence. Elle s’arrêta devant le restaurant… et l’instant suivant, des gerbes de feu jaillirent de chaque interstice. Grâce à nos réflexes forgés par des mois de contrat, nous avons pu nous mettre à couvert. Le mobilier ,vieux, bancal, sans valeur, nous a peut-être sauvés. Ironique.

Une fois les tirs cessés, nous avons jailli dehors. Trop tard. La diligence noire, blindée, faite pour tuer, était déjà loin. Leurs chevaux filaient comme le vent.

Un rapide tour des lieux révéla qu’Ikvaar avait été touché. Il refusa toute aide. « Ce genre de blessure tuerait un homme. Mais pas un nain. » Il partit, stoïque, chercher les soins de Hindra "La couture", cherchant peut être même plus que des soins.


Sans piste, une seule idée nous vint :  Isabella Sturmf Notre patronne. Elle disait nous devoir protection à l'Oasis, et ses contacts pouvaient peut-être nous aiguiller.

La discussion fut brève. Elle ne pouvait rien faire. Mais grâce à notre description, elle identifia la diligence comme appartenant à la garde d’Ubersreik. Pas officiellement, bien sûr. Officieusement ? C’était sans doute l’œuvre de Lukas Faber, officier des douanes et… chef de la pègre du Le Bastion (Quartier des Temples). Un ancien partenaire de feu Faggin (Mort). Autant dire que les représailles étaient prévisibles.


Mais pas de preuve formelle. Rien que des soupçons.

Cinq contre tout un quartier gangrené par la corruption ? Suicide. Il nous fallait des alliés. Et qui mieux que le Sergent Weinwurm, à qui nous avions sauvé la vie, pour commencer ?

Une fois Ikvaar soigné, nous avons rejoint les quartiers de la garde. Surprise : notre accueil fut presque chaleureux. Il semble que nous ayons regagné un peu de crédit. C’est déjà ça. Weirwurm, lui, était pieds et poings liés. Il savait que Faber était pourri… mais sans preuve, il ne pouvait rien. Son honneur l’empêchait d’agir dans l’ombre. Il nous autorisa tout de même à inspecter les diligences.

Sur la route, il évoqua la mystérieuse Schwarzbachgasse, une rue disparue depuis l’attaque d’Ubersreik, aujourd’hui enfouie sous la ville. Je n’ai pas tout saisi… mais Ikvaar, lui, était très intéressé. Demandez-lui si vous voulez en savoir plus.

Aux écuries, deux hommes surveillaient une diligence. Affiliés à Faber. Weirwurm tenta de les faire déguerpir… en vain. Ils n’obéissaient qu’à leur chef. Arrogants, provocateurs. Mais leur heure viendra, je vous le garantis.

Nous avons finalement pu inspecter le véhicule. Trop tard. Une forte odeur de produit chimique y régnait. Mais Ikvaar, avec son nez de limier, y détecta un résidu de poudre. Giovanni, lui, mit la main sur un dépliant de l’Oasis… souillé d’un crachat de tabac. Preuve suffisante ? Pour nous, oui. Pour Weirwurm, non.


Les hommes de Faber s’en allèrent, et le sergent ne put rien faire de plus.

Sur le chemin du retour, vers la Lune Rouge, la discussion entre Dav’ask, Dougall, Ikvaar et Giovanni fut houleuse. Trop pour en tirer une vraie décision. Mais une chose est sûre : nous n’en resterons pas là.

Pour ma part, la guerre est déclarée.