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(S01/Ep068) Un puits de problèmes

May 1, 2025
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Membres : Ikvaar Barazhunk, Norgrim Barazhunk, Thulkan Arawynn, Tasaria la Valselame, Galilaan (Parti)

Depuis mon arrivée à Ubersreik et mon engagement officiel au sein de la Compagnie, ma vie a pris un rythme que je n’aurais jamais imaginé. La ville est rude, bruyante, vivante, un véritable labyrinthe d'ombres, de marchés et d'alliances instables. Pourtant, malgré le chaos qui y règne, je commence à y trouver ma place.

La Compagnie... Je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre, mais au fil des jours, les regards méfiants se sont changés en sourires discrets, les ordres en conseils, et parfois même en éclats de rire partagés autour d'une table encore poisseuse de bière. Ce n’est pas une famille, pas encore; mais c’est peut-être ce qui s’en rapproche le plus depuis longtemps. 

M’intégrer n’a pas été sans heurts. Il faut se montrer utile, fiable, et savoir garder sa langue quand il le faut. La règle d’or ici : prouver ta valeur sur le terrain avant d’espérer mériter ta place autour du feu. Et ça, je peux le comprendre.

Ubersreik est un théâtre permanent d'intrigues, de contrats sales, de missions désespérées… mais elle a son charme. Il y a toujours quelque chose à apprendre, un coup à jouer, une opportunité à saisir. Tant que je peux marcher, combattre, et faire entendre ma voix, alors j’ai ma place ici.

C’est dans cet esprit que je consigne mes rapports. Pas par amour de l’écriture, mais parce que dans ce monde où tout peut basculer en une nuit, laisser une trace, même infime, me semble important. Au moins pour ne pas oublier qui nous étions... et ce que nous avons accompli.

La soirée avait commencé comme tant d'autres, dans le brouhaha familier de la taverne de la Compagnie. Pourtant, l'arrivée de Morgatha, notre invitée nécromancienne, avait fait tomber sur la Compagnie un voile de tension palpable. La taverne  arborait une ambiance plus lourde, tendue par les paroles basses échangées entre Thulkan et Galilaan. 

Les deux elfes, s'engagèrent rapidement dans une discussion feutrée, pesant le risque de coopérer avec une adepte des arts sombres contre l'intérêt des connaissances qu’elle pourrait leur fournir.

Galilaan, plus posé, tenta de raisonner son comparse : selon lui, Morgatha, malgré ses affinités discutables, pouvait nous être utile.

C’est à ce moment que je l’ai sentie approcher, avant même que la plupart de mes compagnons ne s’en rendent compte. Son aura froide, son pas léger mais assuré. Je me suis tue aussitôt, laissant un léger sourire flotter sur mes lèvres en guise d’accueil silencieux.

Respectueuse, mais attentive : je savais que Morgatha méritait d'être considérée avec prudence, non par préjugé, mais par la reconnaissance de sa puissance.

Puis vint l'incident. Thulkan, voulant sans doute impressionner ou poser ses limites, conjura une gerbe de flammes qui, ironie du sort, ne fit qu’enflammer son propre manteau. Pathétique. Énervé et humilié, il quitta la pièce en claquant la porte, nous laissant poursuivre l'échange dans une atmosphère à peine plus détendue.

Au cœur de l'entrevue, Galilaan évoqua un ancien temple scellé, situé sous Ubersreik, un lieu qui aurait autrefois attiré l'attention d'Elrich Fleischmann, un disciple de Von Hel, tout comme Morgatha.

Curieusement, malgré leur prudence vis-à-vis de la nécromancienne, les elfes lui révélèrent l’existence du temple. Était ce de la naïveté, ou bien une information lâchée délibérément pour tester ses réactions ? À ce stade, je n’étais pas encore en mesure de trancher.

Cependant l'affaire du jour concernait Rolland de Levier (Mort) les choses ne pouvaient évidemment pas rester simples.

Sur lui, nous avions trouvé une adresse : rue Schwarzbachgasse. Une adresse sous la ville, dans les bas-fonds obscurs d'Ubersreik. Y aller directement aurait été du suicide, et après discussion, nous avons convenu que le passage par le puits découvert par mes compères serait notre meilleure chance. Pour cette expédition, nous avons conviés Black Baud, un Bretonnien pirate au cœur aussi large que sa soif de bière. Mieux vaut l'avoir dans son dos que contre soi. Après avoir préparé notre équipement et renforcé nos protections, nous avons repris le chemin du manoir, une fois de plus envahi par une odeur de moisi et de vieille magie.

À l'arrière du sous-sol, dans une pièce circulaire de pierre, nous avons retrouvé le puits. Mais ce n’était pas tout : Une statue de Slaanesh. Majestueuse. Terrifiante. Trop réaliste pour n'être qu'une sculpture nous toisait en silence. L'atmosphère était lourde.

Thulkan, fidèle à notre plan, s'approcha du puits et commença à manipuler l'eau, utilisant sa magie pour l'extraire du conduit et nous ouvrir la voie. À peine avait-il esquissé ses gestes que la statue prit vie. Le gardien de pierre, à l'image d'un champion chaotique, fondit sur nous, brandissant une lame massive.

Sans attendre, Galilaan se jeta en avant, forgeant une ligne de défense solide. Je couvris leurs arrières à l'aide de mes dagues, tandis que Thulkan poursuivait son rituel, malgré le tumulte. Les frères Barazhunk assuraient également les arrières de l’elfe.Le combat fut brutal. Le monstre frappait avec une force terrifiante, capable de réduire un homme en bouillie d'un seul coup.

Mais grâce à notre coordination et à quelques coups précis de Black Baud (et sa Grosse Betty tonitruante), nous avons terrassé le gardien.

Le silence retomba dans la pièce, juste brisé par le clapotis de l'eau que Thulkan continuait de contrôler. Une fois le puits asséché, nous nous sommes glissés dans l'ouverture béante. L'air y était moite, nauséabond. Une fois de plus, la mort nous attendait dans les ténèbres. Dans les tunnels, nous avons croisé des mutants, difformes et dégénérés, tapis dans l'ombre. L'affrontement fut violent.

Ikvaar a failli y passer, pris en tenaille par deux monstruosités. Norgrim, d'une rage guerrière, fendit leurs crânes dans une gerbe de sang noir. Mes étoiles dansaient entre les cibles, tandis que Thulkan nous soutenait vaillamment, lançant ses sorts pour panser nos blessures à mesure que nous encaissions les coups.

Pourtant... Galilaan avait disparu.

Un instant, il était là, l'instant d'après, évaporé. Inquiets, nous avons pressé le pas jusqu'au fond du tunnel et découvert De Levier, tenant une dague sous la gorge de notre elfe disparu. Il semblait presque heureux de me revoir, un clown selon ses mots, ce qui, ma foi, n'était pas entièrement faux. 

Cependant, il se figea à la vue des nains, sous-entendant d’un ton surpris qu'il croyait Norgrim mort. Ce détail m'intrigua... mais je n'eus pas le temps de m'attarder dessus.

Ikvaar, fidèle à lui-même, laissa parler son cœur : il cracha des mots rauques en khazalid, il me confiera plus tard qu'il s'agissait d’un tas d’insulte à l’encontre du lieutenant de Vilhatten, avant de tirer sur De Levier.

Un geste risqué, qui aurait pu coûter la vie à Galilaan... mais la balle frappa Roland seulement. Avant de chuter, le cultiste eut cependant le temps d'entailler profondément l'elfe, le laissant agonisant au sol.

Thulkan se précipita pour le soigner, tandis que je déployais mes lames pour couvrir nos arrières.

Ikvaar et Norgrim, solidaires, serrèrent les dents. Ikvaar mettait Norgrim en retrait tout en lui promettant une vengeance immédiate. Mais quelle vengeance ? Connaissaient-ils Rolland De Levier ?

Le combat fut intense, désespéré.

De Levier libéra sa botte secrète : des tentacules hérissées de piques, mortelles. Thulkan et moi fûmes balayés, projetés hors du cœur du combat, gravement blessés.

Mais les frères Barazhunk et Galilaan, debout malgré tout, tinrent leur position face à l'abomination.

Dans un ultime effort, Thulkan invoqua une pluie de pierres, tandis qu'Ikvaar, d’un  coup précis et vengeur, porta le coup final à Roland De Levier.

Après la chute de De Levier, nous peinions à reprendre nos esprits.

Le sang séchait sur nos armures, et la tension était si lourde qu'on aurait pu la trancher à la hache.

Alors que Thulkan s'activait, faisant danser sa magie pour refermer nos blessures, une dispute éclata entre Ikvaar et Norgrimm.

Une discussion houleuse, ponctuée de mots rugueux en khazalid, dont je ne saisis que des bribes.

Norgrim semblait bouleversé. À demi-mots, j'ai compris que De Levier, avant de mourir, avait révélé une vérité terrible : L'attaque qui avait coûté la vie au frère de Norgrim, lors du sac de leur Karak, aurait été orchestrée par De Levier lui-même.

Le coup était rude.

Mais ce qui suivit fut encore plus déstabilisant : Norgrimm accusa Ikvaar de trahison.De s’être compromis avec des nains du Chaos. Des mots lourds. Chargés de haine et de douleur. Je n'ai pas saisi toute l'ampleur de leur querelle, quelque chose m'échappait — volontairement peut-être.

Pourtant, un détail ne cessa de me hanter :De Levier, en voyant Norgrim, avait exprimé une surprise sincère, comme s'il contemplait un mort revenu parmi les vivants.

Or, dans les bas-fonds de Teübrucke, les rumeurs abondent.

On m’a un jour parlé d'un nain qui aurait connu la mort... et serait revenu.

Coïncidence ? J'en doute.Un voile de secrets semble entourer les frères Barazhunk, et notre quête commence à ressembler à un nœud où chaque fil est lié au destin de chacun d’entre nous.

Malgré tout, un maigre réconfort : La mort de De Levier nous rapporta une belle somme d’or pour la Compagnie, payé par la Garde d'Ubersreik, mais l’or ne fait pas oublier les questions laissées sans réponse. Et l’intuition que l’avenir ne sera fait que de révélations douloureuses ne me quitte pas.

Tout semble s’entrelacer : Nos ennemis, nos compagnons, nos histoires passées. Comme si la Compagnie avait été rassemblée par une force invisible, une main du destin nous liant à quelque chose de bien plus vaste que ce que nous imaginions.

Et je sens, au fond de moi, que ce n’est que le début.