Membres présent : Hakim Al Irfan Skaldor Le Noyé (Parti), Linus Crowley, Emilio Alvarez Vanaldo (Parti) Wilhelm Sachs
Me considérant plutôt comme Homme de science que comme traditionaliste, il me coûte d’avouer que certains progrès me donnent la nausée. Pas tant dans les questions d’éthique, mais pour les propriétés émétiques de certaines évolutions.
Cela faisait plusieurs heures, du moins dans mon ressenti, que les tremblements de la diligence sur le mauvais pavé d’Übersreik avaient laissé la place aux violents cahots des roues sur les sentiers de la Reikwald, et que les cris des passants apeurés avaient laissé la place à la cavalcade de la faune terrifiée. Mais rien ne semblait entamer la détermination de Skaldor à pousser la machine dans ses retranchements, jusqu’à ce qu’une ornière trop profonde ait raison de cette course insensée.
Reprenant nos esprits après l’arrêt brutal, nous inspectâmes la roue enfoncée dans le sol. Peu de dégâts apparents, mais la diligence était prise jusqu’à l’essieu dans une sorte de terrier, où mes camarades remarquèrent du mouvement. Après qu’Emilio eut communiqué avec la bête apeurée, et avoir excavé la créature qui s’avéra être un jeune marcassin, Skaldor soigna l’animal avant de le ramener avec nous.
De retour à la taverne, aussi terreux que notre nouveau compagnon, Franz nous communiqua notre nouvelle mission : retourner à l’abbaye de Reutenheim, et tenter de nous y introduire malgré la certitude d’y rencontrer des skavens, afin de voir ce que Monseigneur Templier Hoffmann (Mort) pouvait bien y mijoter de sinistre.
La route quittait les étendues tantôt cultivées, tantôt boisées des abords d’Übersreik pour bientôt serpenter entre forêts malades et marais putrides, résultats de l’inondation de la zone par les skavens lors de leur assaut sur la ville. Tandis que l’odeur d’eau croupie commençait à se faire prégnante, un groupe de flagellants semblait barrer la route au niveau d’un croisement.
Malgré les tentatives de négociation de Wilhelm, impossible de faire entendre raison à ces forcenés… Ce sera finalement Skaldor qui tranchera le nœud gordien, libérant du poids de sa botte toute la puissance de la diligence motorisée, et percutant au passage les importuns. Poussés davantage par un zèle dément que par le bon sens, un certain nombre de flagellants s’accrochèrent à la diligence, désormais lancée à vive allure, tandis que nous essayons de les décrocher.
Après quelques acrobaties, plusieurs égratignures et une explosion de bombe à main évitée de justesse, nous parvînmes à décrocher les fanatiques récalcitrants. Arrivés en vue de l’abbaye, nous cherchions le meilleur accès au milieu des marais putrides pullulant de moustiques. Nous tentâmes finalement l’accès par le pont Sud, faisant rapidement face à une large porte scellée. Apercevant plus loin une porte secondaire vermoulue, nous avançâmes jusqu’à l’un des coins de l’abbaye, parvenant à nous introduire dans l’enceinte sans résistance jusqu’ici.
Alors que nous finissions de boucher l’un des puits semblant donner sur les soubassements de l’abbaye, et progressions prudemment d’une pièce à l’autre au milieu des lianes tortueuses et de la végétation qui avait envahi les lieux, un hurlement bestial fend l’air depuis les marais. Skaldor est formel, c’est un Rat-ogre qui va nous éparpiller dans les marais si nous ne déguerpissons pas prestement !
Progressant fébrilement dans les différentes pièces en essayant de nous rapprocher du pont Nord pour fuir la menace, nous tombons sur une sorte de chapelle, peut-être la seule pièce décente de la bâtisse en ruines. Wilhelm parvient, sans ralentir, à subtiliser un ouvrage trônant sur l’autel, puis nous laissons cette pièce derrière nous tandis que le fracas des murs qui s’écroulent semble se rapprocher.
Une fois tous parvenus aux abords du pont Nord, Emilio parvient à perturber un moment le rat-ogre qui nous poursuit tandis que je sème frénétiquement une poignée de chausse-trappes pour tenter de ralentir la fuite du monstre. Lorsque nous nous engageâmes sur le pont, hors de portée des griffes de la créature, le skaven difforme s’arrêta dans sa course, tel un molosse dont la longe le retient à un piquet !
Cette sinistre abbaye renferme encore des secrets, mais j’ai l’intuition que nous sommes sur le point de lever le voile sur les machinations d’Hoffmann…