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(S01/Ep087) une entrevue sous tension

July 3, 2025
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Membres : Tasaria la Valselame, Azralia L'embrasée (Partie), Magnus Rosenlicht (Parti), Eanur

Comme chaque début de contrat, nous étions attablés à la Lune Rouge. Autour d’un pichet mal rincé, on bavardait mollement, laissant le silence s’installer entre deux plaisanteries à moitié sincères. Cela faisait plusieurs jours que nous avions été conviés ma sœur, Eanur, Magnus et moi-même par la La Main du Dragon (Inactive), nous attendions donc la diligence de Klara Volgeim (Mort) Quand elle arriva, nous montâmes à bord. La route jusqu’à l’antre des cathayens se fit en silence tendu, rythmé par les sabots des chevaux et les respirations qu’on retenait sans s’en rendre compte. Et les secrets mal camouflés que détenait notre hôtesse sur Eanur. Une fois sur place, Magnus, fidèle à lui-même, traînait les pieds. Il avait cette manière de résister au monde, même quand il n’y avait rien à gagner. Azralia, droite comme une lame, l’obligea d’un regard à avancer. L’endroit suintait la solennité et le piège en même temps.

  Les cathayens commencèrent en douceur. Les excuses vinrent vite de la part de Zang (Mort) : leur attaque contre la Compagnie ? Une erreur, bien sûr. Un malentendu nous prenant pour des brigands, vraiment ? Mais qui, à Ubersreik, peut se tromper sur la Compagnie de l’Eau Noire ? Leur prétexte tenait à peine. Ils ne cherchaient pas la paix, ils cherchaient à nous amadouer.

Puis le vieux Cathayen,, Wei Shenlong (Mort) entra.

Il n’avait pas besoin de mots. Sa simple présence calma l’air, comme si chaque particule avait décidé de se figer par respect ou crainte. Il fit un geste et une brise fraîche traversa la pièce. Une démonstration silencieuse de pouvoir. Le genre de détail qu’on oublie pas.

Son aura imposait le silence. J'avais l'impression qu'il avait toujours été là, dans l’ombre de nos décisions, attendant son moment pour apparaître. Et il n’attendit pas pour frapper. Il fixa Magnus, le sermonna pour sa mauvaise maîtrise de leur langue, puis le fit tomber dans le sommeil d’un simple geste. Sans nous consulter. Et nous, là, immobiles, encerclés de gardes, figés dans un théâtre que nous ne maîtrisions plus.

Pendant que Magnus rêvait, le vieux nous observait. Je ne savais pas ce qu’il cherchait. Peut-être de la peur, peut-être du respect. J’avais envie de bouger, de dire quelque chose, de me battre même, mais nous étions en tous incapables de prendre une décision sans risquer la vie de Magnus.

Quand celui-ci rouvrit les yeux, il parla d’un dragon.

Le vieux eut ce sourire que seuls les gens dangereux savent faire. Un sourire qui dit : «* Tout se passe exactement comme prévu. »*

Il affirma que Magnus était la clé. Celle qui ouvrirait un temple ancien, scellé depuis des siècles. Un lieu saturé d’une magie si puissante qu’elle ferait éclore un œuf de dragon,, un œuf qu’il lui remit avec des gestes d’une solennité presque religieuse.

Et c’est là que je me suis levée.

Assez.

Assez de demi vérités, de discours enrobés, de manipulations mystiques.

« Ce temple… tout le monde veut l’ouvrir. Les Asraï et maintenant vous. Tous attirés par la puissance, comme des papillons vers une flamme. Mais qui, parmi vous, se soucie des conséquences ? Ce lieu transpire le chaos. Ce n’est pas une clef. C’est le chaos qui : s’immisce  dans les esprits pour mieux grandir.

J’ai senti Az se tendre à mes côtés. J’ai senti nos chances se dissoudre lentement.

Mais mes mots, aussi clairs soient-ils, glissèrent sur le vieil homme comme la pluie sur une armure laquée. Il m’écouta, avec la patience cruelle de ceux qui savent qu’ils n’ont pas besoin de convaincre.

Pire : il se mit à moquer les Asraï, à les tourner en dérision comme s’ils n’étaient que des enfants jouant à des jeux trop grands pour eux. Et Magnus… Magnus devenait pour lui une figure de légende. L’élu de leur rêve de dragon. Une marionnette sacrée, et eux derrière les fils.

Mais le pire était encore à venir. La seule carte qu’il nous restait, notre dernier secret, il la retourna d’un sourire.

« Je sais que ce sont les Striganys qui détiennent la clé. » Un frisson me parcourut. Comment le savait-il ? Et dans la foulée, la menace tomba, douce et brutale à la fois :
« Coopérez… ou nous prendrons la clé par la force. » Je pensais à Dragoș Văreșka. Je savais qu’il ne les aiderait jamais. Pas pour ça. Au final, ce sont les êtres dits chaotiques qui se montrent parfois les plus lucides, les plus responsables. Le message était limpide. Soit on obéit. Soit on meurt.

Ce temple s’infiltrait dans nos journées, dans nos pensées, dans nos décisions. Il devenait l’ombre portée de chacun de nos pas. Et je commençais à craindre que nous ne fassions tous que danser sur les braises d’un feu qu’on ne pourra plus éteindre.

Le retour à la Lune Rouge fut silencieux, tous à réfléchir sur les enjeux à venir et les promesses faites. 

Les diverses guerres et rumeurs instauraient un climat angoissant sur la Compagnie. Entre mensonges et égos il va falloir trouver un moyen de survivre. 

L’étau se resserre, je ne sais pas si ce sont les étoiles qui nous ont conduites Az et moi à Ubersreik mais il faut qu’on comprenne. Il faut comprendre ce qu’il se joue réellement, et vite.

Avant que les portes de ce temple ne soient ouvertes par une personne trop naïve pour saisir se qui se trame.