Jour 1 de permission, Middenland
Le vent ici n’a pas l’odeur du sel et du sang gelé. Cela devrait me rassurer, mais étrangement… l’odeur me manque.
Trois ans sur les plages du Nordland à repousser les barbares de Norsca, et à patrouiller sur des plages de galets sans fin, et voilà que le comte électeur nous accorde enfin un répit. “Une permission”, pour un régiment disciplinaire, ça relève de l’oiseau, c'est-à-dire si on l’a mérité cette perm.
Pourtant, aucun de nous n’a vraiment laissé son armure à l’armurerie, et à priori on est pas au bout de nos peines.
Le capitaine Jacques Lesanguin (Mort) nous a parlé ce matin. Il a des amis dans le Middenland, de vieux frères d’armes de son ancienne vie, pris dans une affaire trouble. Ils cherchent quelqu’un il semblerait, et ils auraient bien besoin d’un coup de main.
Il nous a dit que nous pouvions refuser. Y’en a pas beaucoup qui l’ont fait, la plupart de nos bonhommes lui doivent la vie de toute façon.
Je connais Jacques depuis l’époque où il était sergent, quand les Norses hurlaient les noms de leurs faux dieux en mourant sous nos piques pour la première fois et il ne demande jamais rien sans raison.
Bien sûr les hommes sont inquiets. Le Middenland est sombre, ses forêts épaisses comme des murailles. Les paysans nous regardent comme on regarde des corbeaux avant l’orage. Ils ont peur de nous je crois, pourtant c’est nous qui les défendons, qu’est que cela peut bien faire si nous empruntons un peu de nourriture ? Les norses brûlerait tout eux.
Et puis on paye nous, quand on peut.
Jour 3 de permission, Middenland
Cette nuit, j’ai rêvé de statues sans tête et de bougies qui brûlent sans chaleur. Je n’ai rien dit à la troupe, même si Gustav m’a regardé avec une drôle de tête ce matin. Aurait t’il fait le même rêve que moi ? Quoi qu’il en soit, un sergent doit garder ses peurs pour lui.
Je me rends compte que j’ai oublié de me présenter, au cas où quelqu'un lirait ça un jour. Mon nom est Markus Uhlmann je sers comme sergent dans l’armée impériale. Je … enfin, nous faisons partie du 17e Régiment Disciplinaire du Nordland (Décimé)
La plupart des hommes qui servent dans ce régiment ne méritait pas mieux. Voleurs, tueurs briseurs de serment, soldats tombés en disgrâce, survivants d’unités rayées des registres… et quelques innocents pris au mauvais endroit, au mauvais moment.
Les nouveaux sont pires que les vétérans ici, Ils n’ont pas encore appris à la boucler. Ils savent pas reculer d’un pas sur le chemin quand un régiment d’élite passe devant nous, ou quand regarder ailleurs quand un camarade ne se relève pas.
Ils ne savent pas arrêter de parler de chez eux ou de leur vie d’avant.
Heureusement la plupart des recrues sont tombées sous les coups des norses, les autres ont appris à se taire depuis.
Les plages du Nordland…
Elles ne ressemblent pas aux jolis livres de carte, ça je peux vous le dire. Ce ne sont pas des étendues claires et paisibles. Ce sont des bandes de galets noir, couvert d’algues, battues par le vent et la pluie.
Les Norses eux débarquent en hurlant, le torse peints de symboles qu’aucun homme sensé ne devrait reconnaître.
Dans l’idéal on pourrait construire des casemates, quelques fortifications mais la côte est gigantesque, et nous ne savons jamais où la prochaine vague va tomber
À chaque attaque, la même question revient, murmurée comme une blague désormais :
« Mais que fait la marine impériale ? »
Si l’Empire a encore des plages, des ports et des terres, c’est parce que des hommes comme nous tiennent ces plages, alors pourquoi les paysans nous regardent comme ça ?
Un rendez-vous se prépare avec l’ancienne compagnie du Capitaine Lesanguin, à priori les choses partent plutôt mal, d'après lui un culte chaotique, Bande du Dernier Souffle aurait frappé leur éclaireurs.
Il avait la mine sombre en entendant parler de la mort de Erin de Luzeres (Mort), un barde plutôt connu d'après lui dans le Reikland. Un vampire du nom de Alcazar Fresenius l’aurait traqué accompagné par quelques créatures et l’aurait attaqué au milieu d’un groupe de chasseurs du Middeland.
Une autre mage du nom de Marika Kortychikov aurait été capturé par l’ennemi, son escorte de kislevite laissée morte sur place.
Dernier éclaireur, Lothar Koldwasser, un prêtre d’Ulric se serait fait attaquer au beau milieu de la Drakwald. On aurait retrouvé des dizaines de corps de loup blanc au milieu de la bataille, mais son corps à complétement disparu.
Le capitaine Lesanguin a décidé qu’il était temps qu’on rentre en action, nous allons désormais patrouiller le Middenland en force, on prévoit aussi quelques petites surprises à ce “culte”, il doivent se sentir tout fier d’avoir attaqué 3 des nôtres par sur surprise, attendons de voir comment ils vont se débrouiller face à un régiment de salopards comme le nôtre.
Tout de même, tout ce mal pour retrouver un poète, il doit écrire des fameux bouquins celui-là.
Jour 5 de permission, Middenland
Un Cercle de chevaliers panthères, des chevaliers bretonniens, des mages, des prêtres guerriers, des tank, des gyrocoptères nains et maintenant un griffon ? On n'est pas tous logé à la même enseigne, je comprends mieux pourquoi il avait pas l’air dépaysé en arrivant dans le régiment, vu avec qui le capitaine Lesanguin avait l’habitude de traîner, mais tout de même … Tous ces moyens pour trouver un poète ? Qu’est qu’il a de si spécial.
J’ai mal à la tête depuis 2 jours, je devrais moins boire, mais y’a pas grand chose d’autre à faire dans ce bled.
La vue est belle depuis le château ceci dit, en fin de journée je me promène sur les remparts, on voit Middenheim et le Fauschlag quand il fait beau d’ici.
Jour 10 de permission, Middenland
Je dors mal toutes les nuits désormais.
Quand je ferme les yeux, je vois des choses qui ne sont pas des souvenirs. Des lieux que je n’ai jamais foulés, des silhouettes qui ne portent aucun visage, comme si quelqu’un avait oublié de les finir.
Parfois je vois la forêt d’en haut, comme un piaf, parfois depuis le sol, au ras des racines, là où la terre est givrée
Je sens alors le bois pourri, la mousse écrasée, et une chaleur étrangère, malsaine, qui n’a rien à voir avec un feu de camp.
Au réveil, j’ai les yeux rouges et douloureux, comme si j’avais dormi les yeux ouverts. Je n’en ai parlé à personne. Les hommes ont déjà assez de raisons de perdre le sommeil.
La nouvelle est tombée ce matin.
Katherine la Voirière est morte.
Une Mage de Hysh, sympa comme tout Elle était escortée par trois chevaliers bretonniens, des hommes de Galtier d’Estouville. Des types fiers, droits, un peu trop propres pour nos chemins boueux, mais solides. Pas assez à priori
L’attaque a été rapide, violente et parfaitement coordonnée. Deux chevaliers tués, le troisième a survécu, mutilé, traîné hors de la mêlée par pur instinct de survie. Les codes d’alarme ont fonctionné, pour une fois, Katherine a eu le temps d’appeler à l’aide.
Livina Seidel a répondu, ils ont envoyé le gyrocoptère pour la récupérer, à priori ils avaient l’habitude.
Un minotaure était là malheureusement, Il a arraché le corps d’un des chevaliers bretonniens et l’a lancé de toutes ses forces contre l’appareil en vol
Un homme en armure, lancé comme une pierre. Le gyrocoptère s’est disloqué en plein vol et s’est écrasé à quelques centaines de mètres seulement de la zone du décollage
Nous avons été envoyés immédiatement pour sécuriser le site du crash.
Le mécanicien nain était mort, écrasé sous sa propre machine.
Le guide du Middenland qui accompagnait Katherine aussi. La gorge ouverte, proprement.
Katherine… je préfère ne pas trop écrire là-dessus.
Ses deux bras avaient été découpés. Net. Ils avaient laissé son corps là mais … De Livina Seidel, aucune trace.
Ses compagnons refusent d’admettre qu’elle est morte. Moi, je sais ce que ça veut dire, l’absence.
Sur les plages du Nordland, quand on ne retrouvait pas un corps, c’était rarement une bonne nouvelle.
Le pire, c’est qu’elle connaissait certaines de nos planques.
Pas toutes. Mais assez.
Nous avons reçu l’ordre de déménager immédiatement. Caches, refuges, dépôts de munitions. Tout a bougé en urgence.
Et tout à coup .. l’ingénieure,, Pia Artigliorosso à eu une idée. On a monté un piège.
Une ancienne planque, laissée volontairement visible. Pia s’en est chargée. Quand elle travaille, elle parle peu et sourit sans raison apparente, mais elle travaille bien.
Charges enterrées, couloirs de tir dégagés, issues préparées. Même un vieux char impérial rafistolé était dissimulé sous des bâches et des branchages, le moteur prêt à hurler.
On voulait purement venger la mort des chevaliers, de Katherine, de nos hommes, de Erin de Luzeres, de nos hommes.
L’objectif n’était pas vraiment de faire des prisonniers quoi.
On voulait attraper. Mettre un visage sur ce qui nous suit depuis des jours.
Ils sont venus, nos tireurs leur ont collé quelques balles, notamment à ce monstre scolopendre horrible, les mines ont explosé, le char a explosé l’intérieur de la maison mais … chou blanc, elles ont trouvé un moyen de s’enfuir.
La seule bonne nouvelle c’est qu’on est tombé sur renforts en route, Pieter Verstohlen, un espion impérial, Pia le connait et dit qu’il a déjà beaucoup aider leur groupe, peut être il pourrait nous apporter notre première victoire, qui sait ?
En attendant on l’à emmené dans notre camp principal, celui là les espions de Vilhatten pourrait bien le trouver, on les attend de pied ferme, on a des brises fers nains, des chevaliers panthères, des vétérans joueurs d’épées, des canons, des longs fusils du Hochland, des mercenaires kislévites, j’en passe et des plus burnés.
Si seulement on savait nous ou les trouver …
Cette nuit, j’ai rêvé.
Au réveil, j’avais du sang séché sous les ongles. Aucune blessure. Aucune explication.
Je continue d’écrire.
Mais je commence à douter de qui tient vraiment la plume.
Jour 15 de permission, Middenland
Je ne dors plus depuis des jours, je fais semblant pour mes camarades.
Ils me parlent plus fort maintenant.
Ils me disent que je comprends enfin.
Que tout ça n’est pas une malédiction, mais une récompense.
Ce matin, j’ai surpris Gustav en train de me fixer. Il a détourné le regard quand je lui ai rendu. Il n’a rien dit. Moi non plus.
Les hommes sentent les choses avant de les voir. Sur les plages du Nordland déjà, certains savaient quand la vague allait frapper.
On a retrouvé des traces autour du camp. Des empreintes. Les forestiers du Middenland refusent d’approcher. Ils disent que la Drakwald “respire mal” par ici.
Des superstitions de paysans.
Pourtant… moi aussi, j’ai du mal à respirer parfois.
Verstohlen continue de sourire.
Il promet des renforts impériaux. Demain. Toujours demain. Il parle trop. Il écoute trop bien.
Il m’a regardé droit dans les yeux aujourd’hui et j’ai su, j’ai enfin compris d'où viennent les voix.
Jour 17 de Permission, Middenland
Carla Seelman et Galtier ne sont pas revenus du dernier assaut contre l’ancien fort. Galtier d’Estouville est mort l’épée à la main, fidèle jusqu’au bout à une cause qui n’était même pas la sienne.
Verstohlen m’a expliqué en secret que Vilhatten prépare un grand rituel et il parait que Cormach Mac Mantain (Mort) est mort, Thaïs "Trois"poings Essen elle, se serait enfuie du Middenland.
Un grand guerrier comme ça, peut être qu’on aurait pu en faire un champion du chaos j’ai dit à Verstohlen, mais il m’a dit qu’il était bien trop buté pour ça, j’ai pas insisté.
Quand Pia a eu l’info, elle a blanchi. Elle n’a rien dit. Elle a juste serré les poings.
Giovanni Artigliorosso (mort) a voulu partir seul. Rico Verrezo l’a arrêté. Trop violemment peut-être. J’ai entendu quelque chose craquer sous ma main quand il l’a plaqué contre la table.
Il l’a regardé comme on regarde un étranger, tout le monde est tendu dans le camp …
Et moi … Cette nuit-là, j’ai senti quelque chose bouger dans mon ventre.
Jour 18 de Permission, Middenland
“Notre groupe” a attaqué un des emplacements du rituel sous les conseils de Verstohlen, en tentant de mettre une belle embuscade dans les forces de Vilhatten mais …
Marshmallow a été le premier que j’ai vu tomber. L’ours de Goorin, un des seuls être innocent dans ce foutu camp.
Jacques…
Je n’écrirai pas comment Jacques Lesanguin est mort.
Je ne veux pas leur offrir ça aux voix, mais Verstohlen m’a forcé à regarder.
Quand tout s’est arrêté, il ne restait que des corps, des tentes en feu, et cette
Alys Syrasse à réussi à sortir Arkly Athathwythet Pia de là, mais Vrrik l’assassin skaven à réussi à la blesser avant de partir.
Le poison lui ronge la jambe. Elle délire presque à cause de la fièvre, Morgatha cette étrange sorcière tente de la soigner sans réel succès.
Rico, Giovanni, Arkly, Pia parle d’envoyer Arkly et Pia sur Edelweiss,, le griffon d'Alys chercher un remède qui n’existe peut-être pas.
Verstohlen nous a réunis en même temps, moi Gustav et les autres, ils nous a dit que l’assaut final ce ferait ce soir, et qu’il faudrait se tenir prêt, qu’il n’oubliera pas ses fidèles serviteurs.
Le 17e Régiment Disciplinaire n’est plus qu’un souvenir, Jacques est mort de toute façon.