Membres : Tasaria la Valselame Norgrim Barazhunk , Helleboria (Parti) Dav'azk (Mort) Thulkan Arawynn
Ma rencontre inattendue avec mon frère Jole Tsekin a déclenché en moi une cascade de sentiments. Il y a chez lui une forme de calme que je ne comprends pas encore totalement. Il posséde… une autre manière d’exister. Depuis, une idée s’est installée. Construire un lieu. Un point d’ancrage pour les strigany à Ubersreik, avec l'aide de Norgrim.
Ma rencontre inattendue avec mon frère Jole Tsekin a déclenché en moi une cascade de sentiments. Il y a chez lui une forme de calme que je ne comprends pas encore totalement. Il posséde… une autre manière d’exister. Depuis, une idée s’est installée. Construire un lieu. Un point d’ancrage pour les strigany à Ubersreik, avec l'aide de Norgrim.
L’idée peut sembler étrange venant de moi, mais elle est là, persistante. Quelque chose de concret. Lui avec ses talents de brasseur, moi… à ma manière. Mais ce genre de pensée ne vient jamais seule. Elle s’accompagne de doutes. Parce que la réalité, elle, ne change pas. Les lames volent toujours, le sang coule, et parfois ce ne sont pas des ennemis qui tombent, mais des innocents. Je pourrais dire que c’est nécessaire, que c’est le prix à payer, que le monde est ainsi fait. Mais ce serait mentir. Chaque fois que cela arrive, quelque chose reste. Une trace invisible, et elles s’accumulent. Alors je me pose la question : combien de temps encore puis-je avancer entre ces deux chemins ? Celui que je connais :la manipulation, la survie, l’efficacité et celui que je commence à entrevoir : construire, protéger… peut-être appartenir. Je n’ai pas encore la réponse.
Je finissais de vider mon verre après une journée passée à chercher un charpentier. La fatigue me gagnait, et je m’étais laissée entraîner à danser pendant que Norgrim goûtait absolument toutes les bières disponibles, fidèle à lui-même. C’est à ce moment-là qu’on est venu nous chercher. Immédiatement. Direction la La Lune Rouge.
Un message nous était parvenu du Le Sabbat de Veylenna Krast. Son intention était claire : frapper Meinhard de Holstein directement en ville. Elle exigeait que nous n’intervenions pas, assurant qu’aucune atteinte ne serait portée à la cité. Helleboria, Thulkan et Dav’azk avaient répondu à l’appel malgré l’heure tardive. Franz, lui, semblait inquiet ; il partit prévenir le prêtre pendant que nous nous mettions en route pour retrouver ces sorcières vengeresses. Je n’aime pas agir à l’aveugle, encore moins faire confiance à des promesses aussi propres. Mais nous n’avions pas le luxe d’hésiter.
Nous avons foncé en diligence vers la porte Est, que nous avons trouvée fermée. Les gardes faisaient mine de suivre les protocoles. J’ai tenté de jouer de mon charme, mais dans la pénombre il n’a visiblement convaincu personne. Thulkan, plus attentif, a perçu la vérité dans leurs mensonges : ils cherchaient à nous retenir, à nous empêcher de sortir.
Tout s’est ensuite accéléré. La Lega est apparue : Il Ghigno, i Sorriso, Scarramuccia, Pulcinella et tout les membres connus de leur Squadra Maschera . Ils n’étaient pas là pour discuter.Je me suis avancée, assurée. Ils ont tenté de jouer avec mon terrain, affirmant manier les couteaux mieux que moi. Une erreur classique : parler avant d’agir. Ils ont demandé où se trouvait notre chef, prétendant vouloir graver son nom sur sa tombe par respect. Des imbéciles. J’ai essayé d’apaiser la tension en évoquant Audrey Klinger, tandis que Dav’azk bouillonnait déjà à mes côtés. Mais ils n’en avaient que faire. Ils ont chargé.
Je n’ai pas répondu par des mots. Un seul geste, précis, net. Celui qui s’était vanté, Pulcinella est tombé avant même d’avoir compris. Le silence qui a suivi valait toutes les démonstrations. Exposée sur la diligence, j’ai dû me contorsionner pour éviter la première salve de tirs. À mes côtés, Thulkan a libéré un vent de mort qui a balayé nos ennemis tout en dressant un dôme ralentissant leurs projectiles. Je crois bien que c’est la première fois que je le vois accomplir deux prouesses sans en payer le prix. Dav’azk, fidèle à lui-même, s’est engagé dans un duel brutal et en est ressorti victorieux, comme on pouvait s’y attendre.
Pendant ce temps, Helleboria a manipulé le bois de la porte, créant une ouverture suffisante. Norgrim n’a pas hésité une seconde et a lancé la diligence à pleine vitesse, brisant ce qui restait de l’obstacle. Quatre d’entre eux ont tenté de monter à bord ;une erreur fatale. Grâce aux manœuvres de Norgrim, leur équilibre a vacillé. J’ai saisi l’instant : poudre, briquet… puis une étincelle. Les flammes ont fait le reste. Malgré tout, un tir a fini par m’atteindre. Nous avons continué sans ralentir.
Je me suis retournée une dernière fois vers nos assaillants qui s’éloignaient, et je leur ai adressé une révérence. Pour la forme. Parce qu’au fond, la question ne se pose même pas : le meilleur clown d’Ubersreik, c’est moi.
Après l’affrontement, Helleboria a soigné mes blessures tandis que Norgrim restait silencieux aux commandes. Les gardes, censés protéger la ville, semblaient agir aux côtés de la Lega. Ce détail n’en est pas un, et il préoccupait profondément notre sergent. Quelque chose est en train de pourrir de l’intérieur. Et la prochaine fois, ce ne sera pas une simple escarmouche. Ceux-là ne sont pas innocents ; ils ont clairement tenté de nous assassiner. Et il ne reste désormais que 2 membres sur le quatuor d'assassins de La Lega que nous avions déjà rencontrés, je penses que nous n'avons pas finis d'entendre parler d'eux.
Malgré tout, nous avions fait preuve d’une coordination remarquable. La confiance commençait à s’installer. Je n’aurais jamais cru dire cela, mais Dav’azk et Thulkan avaient fait preuve de calme et de retenue, laissant la raison guider leurs actions. Norgrim, lui, n’avait même pas participé au combat ; ce retrait, ce sang-froid, révélaient une sagesse nouvelle. Quant à Helleboria, malgré son arrivée récente, elle avait démontré une ingéniosité précieuse pour assurer notre survie.
Après notre fuite, nous nous sommes arrêtés afin de localiser les sorcières. Nous avons emprunté un chemin de contrebande à pied après avoir réparé et dissimulé la diligence, assurant ainsi une possibilité de retour. Nous nous sommes enfoncés dans les égouts à la poursuite de la harde d’hommes-bêtes. Mais notre affrontement avec la Lega nous avait fait perdre un temps précieux. Il était déjà trop tard pour les intercepter. Il ne nous restait qu’à faire demi-tour et espérer que Franz ait eu le temps de prévenir Meinhard.