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(S02/Ep012) Sur les pavés, le pelage.

April 4, 2026
(S02/Ep012) Sur les pavés, le pelage. header image
Membres : Hakim Al Irfan , Aeria Athathwyth , Hans Dieter, Helleboria (Parti), Seraphina Venturini

Derrière le comptoir de la taverne, Franz faisait les cent pas, s’arrêtant parfois un instant, le regard dans le vague, comme s’il tendait l’oreille. Aeria et Seraphina, qui avaient rejoint la salle, attendaient comme moi. Sur mon épaule, Sahir se balançait d’un côté à l’autre, et je sentais nettement ses serres malgré le tissus matelassé… Il faut vraiment que je me trouve une épaulière.

L’invasion d’hommes-bêtes mettait tout le monde à cran, et tous les regards se tournèrent vers la rue quand les roues de la diligence s’immobilisèrent devant la porte dans un crissement de freins. La situation au-dehors était complexe, mais le résumé de nos ordres était simple : avec deux équipes déjà au combat dans les rues pour limiter les dégâts et éviter la chute du Temple de Sigmar, et surtout avec toujours deux sorcières toujours dans la nature, nous devions aller prêter main-forte au Cardinal Meinhard de Holstein, qui était clairement la cible principale de cette invasion.
A peine avions-nous pu embarquer dans la diligence que Pavel Romanovich, déjà couvert de suie après plusieurs rotations dans la ville, libérait de nouveau toute la puissance de la fournaise mécanique et lançait son attelage brinquebalant dans les rues de la ville, à une vitesse défiant l’entendement. L’habitacle mal ventilé puait la sueur, les scories de charbon et la graisse surchauffée, mais l’odeur était presque réconfortante en comparaison des effluves de chair brûlée, de fourrures poisseuses et du musc bestial des créatures arpentant les rues.

Après avoir franchi le pont vers le Le Bastion (Quartier des Temples), Pavel fit une embardée suivie d’un violent freinage qui nous envoya valser dans l’habitacle. Après un choc sourd, Pavel ouvrit la portière pour laisser grimper Hans et Helleboria, visiblement dans un sale état, qui s’extrayaient d’un égout sous la rue. Il redémarra aussitôt, avant de nous déposer au niveau du Temple de Sigmar, ayant emprunté des chemins détournés pour éviter les rues tenues par la harde.

Devant le Temple, les barricades gardant l’accès depuis le pont étaient jonchées de dizaines de cadavres, un spectacle navrant fait d’humains démembrés et de carcasses puantes embrochées sur les pieux dressées, comme victimes de leurs propres instincts prédateurs.

Le Cardinal Meinhardt de Holstein, flanqué de ses deux capitaines, organisait la défense du parvis, tandis que flagellants, chasseurs de sorcières et templiers se préparaient chacun à leur façon à la prochaine vague. Afin de mettre fin aux assauts répétés des créatures, ils nous chargea de neutraliser Veylenna Krast, la plus puissante des sorcières restante du Le Sabbat de Veylenna Krast
Alors  que Meinhard exhortait ses troupes, le hurlement guttural des hommes-bête s’éleva de l’autre côté du pont. Puis ce fut l’offensive.
Le galop des Bestigors fit trembler le pont à en désceller les pierres, et malgré une première volée de balles qui vint entamer leur première ligne, rien ne semblait freiner l’assaut des créatures. Tandis que Seraphina et Hans dirigeaient leurs tirs sur eux, Aeria comblait les rangs clairsemés des défenseurs pour lacérer les assaillants.

Je tentai d’entamer la masse compacte de la harde avec une pluie de métal, avant d’invoquer un dôme de ralentissement pour que mes camarades aient le temps de se désengager. Devant la violence de l’assaut, le Cardinal Meinhard rappela ses hommes vers les portes du temple, sachant que le parvis serait rapidement débordé.

Alors que nous évacuions le parvis, je fus saisi, olfactivement, par une odeur de vase fétide, et physiquement, par un tentacule qui me souleva depuis la rivière. Sous les commandements de Hans, les arquebusiers restants mirent rapidement fin à cette étreinte indélicate…

La vigilance d’Helleboria, au milieu de ce chaos ambiant, lui permit d’identifier que deux formes de magie étaient à l’oeuvre autour du Temple : la marque d’Ulgu, magie des ombres et de la dissimulation, et une forme plus sauvage de sorcellerie, qui semblait conduire un puissant rituel.

Alors que nous finissions de nous barricader dans le Temple, je ne fus pas assez concentré, ou restai trop déboussolé, pour entendre la souffrance du bronze auquel on imposait le supplice d’une gravure méphitique. Ainsi, quand toutes les cloches du temple se mirent à tinter d’une sonnaille aussi assourdissante que maléfique, tous sauf Seraphina finirent recroquevillés au sol dans une sensation d’agonie auditive.
C’est à ce moment qu’un portail s’ouvrit devant le maître-autel, laissant apparaître les deux sorcières qui se dirigèrent vers leur cible, le Cardinal Meinhard de Holstein. Seraphina tenta de gagner du temps en négociant, mais elle finit soulevée du sol et étranglée par la sorcellerie de l’une d’elles. Aeria reprit ses moyens, et profita que les sorcières se délectent de leur vengeance pour planter ses deux lames dans leurs dos. Meinhard leva son marteau, qui luit d’un halo surnaturel avant de s’abattre sur Silena Varche, la sorcière adepte d’Ulgu. 

Tandis que Seraphina désarmait la seconde en lui brisant le poignet, le marteau du Cardinal, tel le maillet du juge, scella le destin de la Magistra Veylanna Krast.

Ainsi périrent les deux dernières sorcières, et avec elles la puissance magique qui déversait les hardes d’hommes-bêtes dans les rues d’Ubersreik. Et dans les avenues jonchées de cadavres, s’égouttait en filets noirs et poisseux le sang qui devait nourrir leur revanche sur Meinhard. 

L’emporter en colère ou en vengeance, c’est se faire battre par celui qu’on prétend surpasser. (proverbe arabien)