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(S02/Ep053) La fin du Roi

September 10, 2026
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Autour de nous, les navires alliés échangeaient des tirs avec la flotte pirate de Rackham Barbesargasse (Mort), le prétendu roi des pirates de Unknowndepuis la disparition de Vadim Tranche-Gorges. Ses hommes étaient des dévots de Culte de Stormfels et leurs navires avaient une particularité pour le moins agaçante : ils pouvaient disparaître sous les flots et resurgir ailleurs. Notre mission était simple sur le papier : infiltrer la bataille, atteindre son navire et tuer Barbesargasse. Nous étions partis à bord d’une petite embarcation, l'Echarde, le rapide sloop du Le Cartographe (Marissa Salazar), avec Wilhelm, Tasaria, Arkady, Ikvaar et moi. Lagertha  était avec nous dès le départ, ainsi que Black Baud et Rook "Le Hareng". Le Hareng avait pris les commandes de notre embarcation, tandis que Black Baud devait nous accompagner sur le navire ennemi. Avec nous se trouvait également le prêtre de Stromfels, Le père Tonnerre qui avait accepté de nous aider. Tout était prévu. Enfin… presque tout, parce que Braag n’était absolument pas censé être là. Nous ne savions même pas qu’il était dans le bateau.
Il s’était simplement endormi ENCORE quelque part à bord, sans que personne ne s’en rende compte, et alors que nous approchions du navire de Barbesargasse, il se réveilla. Au milieu du bateau. Je me souviens encore du silence qui suivit. Nous le regardions, il nous regardait. Personne ne comprenait ce qu’il faisait là.

— Braag ?

Il venait de se réveiller au milieu de notre mission d’assassinat comme s’il avait simplement raté quelques minutes d’une promenade. Je crois que nous avons tous eu exactement la même pensée : mais qu’est-ce qu’il fout là ?Nous n’eûmes pas vraiment le temps de chercher une réponse. Les sirènes de Stormfels nous attaquèrent. Elles surgirent autour de notre embarcation et se jetèrent sur nous avec une violence telle que notre petit bateau faillit chavirer plusieurs fois. Le bois craquait, l’eau montait, et pendant quelques instants, je fus convaincue que notre grande mission allait se terminer au fond de la mer avant même que nous ayons atteint le navire ennemi. Le Hareng fit tout ce qu’il put pour maintenir l’embarcation à flot. Nous survécûmes, et contre toute attente, nous atteignîmes le navire de Barbesargasse. Le prêtre de Stromfels monta avec nous. Sa tâche était essentielle : il devait empêcher le navire de Barbesargasse de plonger. L’ennemi disposait lui aussi d’un prêtre de Stromfels, et si celui-ci parvenait à faire disparaître le navire sous les flots, notre mission était terminée.

Black Baud resta près de notre prêtre pour le protéger pendant qu’il luttait contre les pouvoirs du prêtre ennemi. Nous, nous avions un roi pirate à tuer. À peine avions-nous posé le pied sur le pont qu’une créature gigantesque et absolument dégueulasse nous tomba dessus. Braag ne réfléchit pas, il frappa . Son arme s’enfonça dans le ventre du géant. Et son ventre explosa. Je crois que personne ne s’était encore habitué au fait que Braag soit là. Mais maintenant, il était là et il était manifestement décidé à en profiter. Nous n’eûmes cependant pas le temps de nous réjouir. Quelque chose bougea au-dessus de nous.

Barbesargasse.

Il surgit depuis les voiles, une corde à la main, suspendu au dessus du pont et tira sur Tasaria. Elle s’effondra sous le choc. Tout se passa alors très vite. Braag me saisit. Je n’eus même pas le temps de lui demander ce qu’il comptait faire. Il me lança. Littéralement. Je fus projetée dans les airs en direction de Tasaria. Je crois avoir crié pendant tout le trajet. Mais, contre toute attente, j’atterris correctement. Je me précipitai vers Tasaria pour la soigner tandis que, partout autour de nous, le combat éclatait. Les trois guerriers au corps-à-corps se jetèrent sur Barbesargasse et encaissèrent ses coups avec bravoure. Barbesargasse était une véritable peste. Il esquivait. Encore. Et encore. Et encore. À chaque fois que quelqu’un tentait de le frapper, il parvenait à se décaler juste assez pour éviter le coup. À un moment, je l’ai regardé faire et je me suis demandé si nous n’étions pas simplement en train d’essayer de frapper un énorme Tape-Taupe.

Braag finit par lui hurler quelque chose sur sa barbe. Je ne sais plus exactement quoi. Mais Barbesargasse, lui, l’entendit très bien. Il leva son arme et frappa, une première fois il frappa Braag. Puis une deuxième. Puis une troisième. Toutes ces attaques vinrent ricocher sur sa belle et majestueuse panse d’ogre (je ne fais que reprendre ses mots).  Pendant ce temps, je lançai une bombe dans le groupe ennemi. L’explosion projeta plusieurs pirates au sol et ouvrit un passage dans leur ligne. Tasaria, elle, frappait avec ses lames avant de disparaître dans les ombres. Elle apparaissait. Frappait. Disparaissait. Puis recommençait quelques mètres plus loin. Pendant que nous essayions tous de maintenir Barbesargasse sous pression, ses hommes commencèrent à affluer sur le pont. Ikvaar et Lagerta se placèrent devant nous et firent barrage de leurs corps. Ils empêchaient les gardes de rejoindre le reste du groupe. Mais nous étions trop peu nombreux. Et eux étaient trop nombreux. À un moment, je me retrouvai seule. Trois gardes m’encerclaient. Je compris très vite que je n’allais pas pouvoir les affronter tranquillement. Je fouillai dans mes affaires et sentis la bombe que Seraphina Olgierd et Aeria m’avaient donnée lorsque j’étais prisonnière du palais de Sartosa.
Je la regardai. Puis je regardai les trois gardes. Je crois que, quelque part, Seraphina et Aeria auraient apprécié ce moment. Je lançai la bombe. L’explosion les emporta tous les trois. Je restai un instant immobile, à regarder la fumée se dissiper. Merci, Seraphina. Merci, Aeria. Merci Olgierd. Puis je retournai au combat. Mais la situation empirait. Les renforts de Barbesargasse arrivaient sans cesse et nous commencions à être submergés. Il fallait arrêter de nous disperser. Il fallait tous nous concentrer sur lui. Alors nous nous regroupâmes autour de Barbesargasse. Tout le monde attaqua. Les coups partirent de partout. Les pirates hurlaient. Le tonnerre grondait. Le navire tremblait sous nos pieds. Notre prêtre continuait de lutter pour empêcher le navire de plonger, tandis que Black Baud veillait sur lui. Le Hareng, lui, était toujours resté sur notre petite embarcation, prêt à nous récupérer si nécessaire. Mais il n’y eut pas de fuite. Nous avions atteint Barbesargasse. Et nous allions finir le travail. Nous l’encerclâmes. Il esquiva encore quelques coups. Puis Black Baud s’approcha. Je vis Barbesargasse se retourner. Une fraction de seconde. Puis Black Baud frappa. La tête du faux roi pirate explosa. Le silence qui suivit fut presque étrange. Rakham était mort. Et avec lui, ses hommes tombèrent les uns après les autres. Pas de reddition. Pas de fuite. Ses pirates moururent avec leur roi. Le navire nous appartenait désormais, et Blackbaud se rua pour le revendiquer.  Je regardai autour de moi. Quelques instants auparavant, nous étions partis pour une mission d’assassinat soigneusement préparée. Nous savions qui devait être là. Nous savions ce que nous avions à faire. Et puis, au milieu du trajet, Braag s’était réveillé dans le bateau. Personne ne savait qu’il y avait dormi. Personne ne l’avait prévu.

Et pourtant, quelques instants plus tard, il faisait exploser le ventre d’un géant, se prenait trois éclairs sur la bedaine et me lançait à travers le pont pour sauver Tasaria. Moi, de mon côté, j’avais utilisé une bombe donnée par deux anciennes geôlières pour éliminer trois gardes. Je crois que c’était finalement une assez bonne illustration de notre groupe. On avait prévu de tuer un roi pirate. On n’avait pas prévu Braag. On n’avait pas prévu grand-chose, finalement. Mais on avait quand même réussi à repartir avec son navire.