1. Journals

S31 - Adieux Douloureux

August 15, 2026

Je sens le regard de mes compagnons de route qui s'en réfèrent à moi pour décider s'il faut tuer ceux que nous nous sommes évertués à sauver. 
Quant à ces derniers, ceux que je considérais comme des amis, comme des proches... ils me regardent désormais comme si j'étais la principale cause de leur malheur. Ce n'est pas juste qu'ils ont été changés en vampiriens de force, leur esprit aussi est entaché, noirci. 

Je reste sous le choc un moment et j'espère de tout mon cœur pouvoir les convaincre de cesser cela, les aider à retrouver leur esprit, à se souvenir de qui ils étaient... 
Les murmures du temple d'Ambre s'immiscent dans ma tête : "je t'ai promis un grand pouvoir de persuasion, celui des reines les plus influentes", "ne souhaites tu pas tout faire pour les sauver ?", "il existe peut-être un moyen de les libérer du diable Strahd mais certainement pas si tu les tues aujourd'hui"... 

Shad tente de repousser les vampiriens qui s'approchent avec son épée solaire mais elle refuse de s'allumer, alors il décide de restreindre les vampiriens autant qu'il peut magiquement avec un motif hypnotique. Corvax essaie de bloquer Mordenkainen et Urwin dans une sphère de lourde lumière afin de gagner du temps. Myrrdin interpose une arme spitituelle pour les gêner également. Tout ceci n'est pas suffisant. Pas face à la puissance d'un archimage tel que Mordenkainen. Ce dernier lance plusieurs sorts à la fois, comme s'il avait suspendu le temps : nous nous retrouvons pris dans une brume de sang puis une déflagration de feu nous percute et enfin plusieurs rayons percutent directement Corvax, le tuant sur le coup. 

Notre barde s'écroule sous les coups des enfants, puis notre clerc. Je les vois venir vers moi aussi. Je n'ai pas envie de les tuer mais je n'ai pas le choix si je veux sauver ceux qui peuvent accomplir la prophétie de Madame Eva. Je ne veux pas perpétuer ce cycle de violence, de malheur et de désespoir. Je ne veux pas jouer le jeu de Strahd ! 

"Oui, j'accepte ton pouvoir. Aide moi à faire cesser ce drame !" 

Mais je n'ai pas le temps de dire le moindre mot. Dans cette brume, je ne vois pas suffisamment bien les deux enfants qui ne sont pas gênés outre mesure. Je tombe aussi inconsciente. Quand Rudolph van Richten me ramène avec sa magie, il n'y a plus aucun doute en moi. J'ai tout fait pour les aider, pour ne pas leur faire du mal. Un regard en guise de remerciement au chasseur de vampires, un peu de mon âme pour remettre Myrrdin sur pied et je dis à Sasha Ivliskova de s'écarter avant de brandir en l'air le médaillon. Je me résous enfin à tuer ceux que j'ai sauvés quelques semaines ou mois plus tôt. La lumière jaillit. 

Je suis Tatyana, je suis Irina, je suis toutes ces femmes entre ces deux-là qui ont souffert à cause de cet homme. Et ces gens là, je les ai aidés, j'ai déjà versé de mon sang pour chacun d'entre eux. Ils ne méritent pas plus que mes larmes pour la tragédie qu'était leur vie. C'est moi qui souffre tant pour eux qui devrais être remerciée même ! 

Même quand je tombe de nouveau sous les coups des vampiriens, je maintiens le médaillon en l'air par la seule force de ma volonté, de ma promesse de mettre fin à ce cycle, d'enfin faire payer ce tortionnaire immortel. 

Je vois Kasimir nous venir en aide, Rudolph aller au corps à corps avec Mordenkainen, Myrrdin combattre comme un forcené et Vilnius profiter de la confusion pour caresser l'un des sarcophages. Je vois aussi Sasha Ivliskova qui malgré la lumière, s'avance vers moi. Elle me rappelle ma plus belle réussite : avoir pu sauver définitivement l'une des pires victimes de Strahd de son emprise. 

Quelqu'un arrive subitement dans la pièce, un mort vivant en robes de mage. Sa puissante magie ne fait aucun doute, c'est une liche. Il semblerait que Corvax soit à l'origine de cette alliance avec lui car il libère une puissante décharge électrique qui se répercute entre les différents vampiriens avant de tuer instantanément Vilnius. 
Cela permet à mes compagnons de prendre subitement le dessus et de contraindre les vampiriens à rester dans la lumière de mon médaillon où ils sont détruits chacun leur tour. 

Le père Lucian me dit finalement en mourant sous la lumière : "dans ma folie je t'ai entendu essayer de me ramener, mais les seuls mots que ma bouche pouvait prononcer étaient ceux de la haine. Grâce à toi je pars en paix."

Shad parvient à ramener Corvax à la vie mais après avoir eu à convaincre la liche, Exetantre, de libérer Corvax et de permettre à son âme de rejoindre son corps. 

Nous sommes tous changés par cet évènement mais je sens que je le suis peut être plus que les autres. Mon apparence est la même mais je me surprends à penser un peu différemment : notamment, ma patience est vite épuisée pour ceux qui refusent d'aller dans mon sens. Il n'y a plus le temps de niaiser ou bien Strahd fera davantage de victimes.