Al’griems, les dunes du serpent
Au nord des steppes de Foehn’ch’ni s’étendent à perte de vue les dunes d’Al’griems. Ici, les vents règnent en maîtres : brûlants le jour, glacials la nuit, ils charient le sable, polissent la roche et redessinent sans fin les paysages. Les voyageurs trouvent parfois répit au pied d’étranges formations rocheuses serpentines et longiformes, véritables haltes de pierre dans cet océan mouvant. Mais c’est aux Côtes du dieu-serpent que se noue le mystère le plus troublant : d’immenses piliers rocheux, disséminés sporadiquement à travers le désert, tous semblables comme s’ils avaient été taillés d’une seule main. Les sages y voient tantôt la cicatrice d’une impulsion centenaire, tantôt l’œuvre d’une puissance oubliée.
La vie, contre toute attente, s’accroche à ces terres. Cactus aux fleurs nocturnes, geckos des sables, et même les rares chocobos noirs y prospèrent. Plus singuliers encore sont les kobolds des sables, qui ont développé une poche d’eau au niveau de la gorge, leur donnant des allures de batraciens-lézards capables de survivre des semaines sans source. Mais nul n’égale l’étrangeté des Ushabtie : statues animées, mi-golems, mi-morts-vivants, esclaves d’un empire disparu depuis des millénaires et qui continuent, inlassablement, d’exécuter des ordres venus de maîtres depuis longtemps réduits en poussière.
Le désert n’est pas vide d’hommes. Nomades humains, demi-orques et nains parcourent Al’griems, formant un peuple mouvant qui vit au gré des vents et des opportunités. Les oasis, éclats d’émeraude au cœur des dunes, sont pour eux des havres de survie, des perles de fertilité où se rassemblent caravanes et tribus. Pourtant, une autre civilisation s’est enracinée plus profondément : les Drows. Contraints autrefois à l’exil, leurs ancêtres trouvèrent refuge dans les réseaux de cavernes des montagnes isolées. Épargnés par la peste magique qui décima leurs cousins de la surface, ils prospérèrent dans l’ombre. Aujourd’hui, les portes de leurs cités souterraines se sont rouvertes, et l’on aperçoit leurs inventions les plus folles : les bateaux des sables. Ces embarcations hybrides, mi-dirigeable, mi-navire, glissent au-dessus des dunes, portées par les vents violents d’Al’griems, défiant la logique des hommes comme celle des dieux.