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Ahelcard

Le phénix d'albâtre

Héros, saint, imposteur — les noms changent selon la bouche qui les prononce, mais tous évoquent la même silhouette : celle d’Ahelcard, dit le Phénix d’Albâtre, chef flamboyant de la Troupe du même nom et figure tutélaire de la Révolution.
Son visage, toujours dissimulé sous un heaume blanc veiné de fissures noires, est devenu un symbole de liberté sur l’île du Rocher. On dit qu’à travers les fentes de son casque brûle une flamme bleue, l’éclat d’une conviction pure… ou d’un feu moins naturel.

Ses partisans le décrivent comme un homme sans peur et sans reproche, un chevalier d’un autre âge revenu pour rendre justice. C’est lui qui mena la percée à travers les défenses de l’Ouest, ouvrant les portes d’Hermanbourg au prix de la moitié de ses hommes. C’est encore lui qui, lors de la dernière nuit du siège, décapita le Baron Drachenstein d’un seul coup d’épée, mettant fin à des siècles de tyrannie.
Ce geste, immortalisé dans les chants des révolutionnaires, fit de lui un mythe vivant — et scella la naissance de la Troupe du Phénix, des soldats dévoués jusqu’à la mort, liés à leur chef par un serment aussi absolu que leur foi.

Mais derrière l’éclat du marbre, les fissures se propagent. Depuis son siège au Conseil, Ahelcard s’est fait distant, son regard — lorsqu’on ose le croiser à travers la visière — plus froid, presque vide. Ses ordres sont plus tranchants, ses silences plus longs. Certains de ses anciens compagnons murmurent qu’il parle désormais seul, qu’il converse avec quelque chose d’invisible qui répond par des chuchotements de cendres.
D’autres assurent qu’il ne retire jamais son armure, pas même pour dormir, et que lorsqu’on la frappe, on n’entend plus le son de la chair, mais celui du métal creux.

Le peuple, lui, refuse d’y croire. Pour les masses, le Phénix demeure l’incarnation du renouveau, celui qui a brûlé la corruption pour en faire naître un monde neuf.
Mais les plus anciens savent une chose : quand Ahelcard leva son épée au-dessus du cadavre du Baron, le ciel s’assombrit, et un cri d’oiseau retentit — un cri que nul n’avait entendu depuis les temps anciens.

Depuis ce jour, on raconte que le Phénix ne s’est pas relevé seul des cendres… et qu’en lui brûle encore autre chose que la flamme de la justice.

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