Malgré des partis pris matérialistes, n’importe quel mage ou Technocrate, comprend que la Matière n’est qu’une partie de la Tapisserie de la Création. Au-delà de la masse physique de la Matière, de la conscience de la Psyché et des énergies des Forces et du Prime, il existe la qualité éphémère de l’Esprit : un élément raffiné à partir de tous ces composants, à moins qu’il n’en soit la source primordiale. Pour certaines écoles de pensée occultes, l’Esprit est le cinquième élément, la matière spirituelle raffinée de l’univers au sens large. Pour d’autres courants, l’Esprit est le coeur de chaque chose vivante, la Résonance de la vie, ou les dimensions alternatives du plan terrestre. Toutes ces perspectives s’accordent au moins à dire que l’Esprit transcende les éléments physiques, mais dispose d’une conscience propre.

La sphère de l’Esprit a été étudiée parmi les premières et elle englobe les mondes mystiques, les entités umbrales et les principes de l’âme humaine. Comme la Psyché, elle est impossible à quantifier précisément. Le mot esprit vient du latin spiritus qui signifie souffle ; certains mages appellent-ils donc cet art « Le Souffle du Monde ».

C’est l’Art primitif du chamane et du prêtre, le pont entre ce que nous sentons avec nos mains et ce que nous sentons avec nos âmes. (Les spécialistes de la Science dimensionnelle ont une approche plus scientifique de cette sphère étrange. Et même ainsi, ils sont souvent forcés d’admettre que bien des choses restent hors de portée de la science… pour le moment, en tout cas).

Les mages spirituels ont quelque chose d’éthéré ; parfois rêveurs, souvent sereins, fréquemment capricieux et quelquefois cruels. Ils ont tendance à vite s’agacer de l’importance des choses matérielles aux yeux des gens. La magye de l’Esprit résonne dans le hurlement du coyote et le rire guttural du Baron Samedi : une caricature du monde soi-disant réel et de son refus de l’infini.