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Garou - 29.2 - Le rêve de Waban

July 29, 1999
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Le rêve de Waban

 

Waban, entouré de ses frères et sœurs de meute, regardait le bucher brûler et laissa échapper une larme qui perlait sur son beau visage. Etait-ce l’intensité du feu ou la douleur de voir partir son frère Maw ? Difficile à dire tant son attitude était solennelle.

L’élémentaire de feu invoqué par Ludwig arrêtait d’alimenter le puissant brasier et celui-ci commençait à décroitre.

Tout comme le corps de Maw, la larme de Waban avait disparue dans la chaleur de la fournaise. Waban fixait encore les vagues contours de son frère qui finissait de se déliter dans les flammes quand sa mâchoire se serra comme si sa rage et sa soif de vengeance avait pris le contrôle de son corps. Ne voulant montrer aucun signe de faiblesse, il rompait le rang et s’éloignait un moment. Waban avait à faire et son esprit était embrumé par les nombreuses et colossales épreuves qui attendaient encore sa meute ; il ne pouvait pas se laisser aller à un sentiment de tristesse et décidait de partir en Penumbra pour ne pas perturber cette belle cérémonie.

Quelques heures après, alors qu’il revenait de son escapade en Penumbra, il reconnut Ludwig, au loin, en forme Lupus. Waban s’approchait de lui mais quand Ludwig perçut son odeur, il se redressa comme apeuré et commença à courir à l’opposé de sa direction, il tentait clairement de le fuir. Waban pensa immédiatement aux absences de Ludwig et entreprit de le rattraper avec toute la puissance de ses muscles saillants. Mais Ludwig était comme poussé par un esprit du vent, jamais Waban n’aurait pensé avoir à déployer autant d’effort pour rattraper ce loup chétif. Cette épuisante course dans les hautes herbes se termina quand Waban aperçu Ludwig assis au bord d’un plan d’eau. Waban s’approchait, hésitant, il ne reconnaissait pas vraiment cet endroit, étaient-ils toujours en Penumbra ou le malicieux Théurge lui avait encore joué un tour de cochon? Il se posa la question mais ce petit Lac lui inspirait quand même une sensation de déjà-vu et une odeur familière tout juste perceptible lui rappelait son enfance. Waban fut pris d’une bouffé de chaleur apaisante ; était-ce les endorphines suite à sa course effrénée ou était-ce ce lieu pour le moins surprenant ; il ne pouvait le dire tant cette sensation était diffuse.

Waban avait rejoint Ludwig au bord de l’eau et faisait comme lui en regardant son propre reflet dans l’eau. Ludwig regardait Waban d’un air perplexe et lui faisait signe à nouveau pour qu’il regarde la surface de l’eau. Waban, hagard, recommençait sans conviction. Ludwig grogna et lui montra une dernière fois le plan d’eau pour qu’il comprenne qu’il devait regarder le reflet de la Lune dans l’eau. Mais Waban ne comprenait pas et il leva le museau pour pousser un cri d’exultation.

Subitement et avec une bestialité insoupçonné, Ludwig planta ses crocs dans la nuque de Waban. La rage de Waban monta en un éclair et il commença à se débattre pour se sortir de l’étreinte de son frère. Waban secouait la tête frénétiquement, sa vision se troublait, il était totalement désorienté et ne sentait même plus ses pattes toucher le sol. Dans une ultime ruade, Ludwig finit par lâcher prise et il tomba inconscient au sol.

Waban en position de combat regardait Ludwig au sol. Mais il remarqua rapidement que l’environnement autour de lui avait totalement changé. Il se trouvait maintenant dans une plaine d’une beauté sauvage sans nul pareil et il pouvait observer au loin des montagnes escarpées qui semblaient vouloir toucher la Lune. Des odeurs d’embrun porté par le vent venait lui titiller la truffe mais pourtant, en face, de lui se tenait une forêt majestueuse peuplée d’arbres certainement plus que centenaire.

Waban reprenait peu à peu ses esprits quand une immense Louve au pelage blanc sortie calmement de la forêt. Waban était comme envouté par sa beauté et son odeur enivrante. Celle-ci s’arrêta près de Ludwig et lui lécha le visage pour le réveiller. Ludwig se releva et tous deux se mirent à regarder fixement Waban, puis, dans un ensemble parfait, Ludwig et la Louve firent volteface et s’engouffrèrent dans la Foret. Waban ne comprenait pas vraiment la situation mais était curieux d’en savoir plus, il décida alors de les suivre. Ils marchèrent quelques heures et arrivèrent enfin au cœur de la forêt, ou, dans une clairière se dressait un énorme amphithéâtre de granit. Ludwig et la Louve s’assirent dans les gradins en faisant signe à Waban de prendre place dans l’arène. Waban s’exécutait mais sans vraiment savoir pourquoi, tout semblait irréel en ces lieux.

Un vent relativement puissant commença à soulever les feuilles des sous-bois et se mirent à tournoyer dans l’arène pour finir par former une petite tornade d’où en sortie un homme, un guerrier amérindien armé d’une lance. Celui-ci regardait Waban d’un air menaçant et il tenta de porter un coup d’estoc au grand loup gris qui esquiva l’attaque de justesse. Waban décidait alors de prendre sa forme homidé pour essayer de raisonner le guerrier mais celui-ci ne fit guère preuve d’empathie et l’attaqua de nouveau. Waban, moins alerte dans sa forme Homidé, pris un sévère coup de lance dans la jambe droite.

Guidé par sa rage, Waban se transforma en Crinos et alors qu’il se préparait à fondre sur sa proie, il remarqua que Ludwig et la Louve s’inclinait devant lui. Waban changea de stratégie et s’inclina lui aussi devant le guerrier ; non pas pour se soumettre, mais par respect de sa condition guerrière. L’amérindien planta sa lance dans le sol puis il lui rendit son salut et vint se placer ses côtés.

Dans la minute suivante, un vampire sorti du sol, un être reposant mi-homme mi-bête qui, avec ses yeux injectés de sang, toisa Waban d’un air belliqueux. Par réflexe, Waban se mit en position de combat mais il se ravisa rapidement puis le salua respectueusement. Le vampire repris une forme plus humaine et vint se placer aux côtés de Waban et du guerrier.

Le même scénario se reproduisit ensuite avec un mage apparu juste après qu’un éclair ait frappé le centre de l’arène. Cette fois, sans hésitation, Waban salua et le mage qui vint se placer à ses côtés.

Puis le sol de l’arène devint visqueux et une forte odeur pestilentielle se fit sentir. Un immense esprit du ver totalement informe sortit de la forêt et se dirigea vers l’arène. Ludwig qui était resté spectateur jusqu’ici sauta des tribunes en forme Crinos et se rua vers l’esprit. Un tentacule fait de pétrole et de détritus en tout genre vint violement le frapper et le projeta hors de l’arène. Ludwig était inconscient ; Waban submergé par sa rage n’avait d’autre choix que d’accepter son glorieux destin et de foncer tête baissé dans la mêlé. A sa grande surprise, le Mage, le Vampire et l’humain le suivaient dans son combat et tous les quatre menaient un combat sans pitié contre cette abomination qui finit malheureusement par les engloutir un part un.

Le 29/07/99

Waban se réveille en sursaut dans son lit à la tanière ; Charlie est visiblement en train de râler après Taynara.

Charlie en provenance de la salle de bain : « Taynara !! Putain, t’as foutu du cambouis partout dans la salle de bain, c’est dégueulasse !! »

Taynara : « hey, non mais attend ce n’est pas moi… j’ai pas bossé hier… et puis je me douche avant de rentrer à la tanière »

Charlie sarcastique en lui tendant une éponge : « ouai, c’est ça ! ça doit être Ludwig en bossant le nez dans ses bouquins… je veux rien savoir, tu nettoie ! je ne suis pas votre mère bordel! »

Taynara : « non mais je t’assure, ce n’est pas moi… »

Charlie fait les yeux noirs a Taynara puis tourne les talons.

Taynara : « C’est bon, c’est bon, je vais nettoyer, calme toi… »

Ludwig qui sort de sa chambre en caleçon et tire la tête dans la salle de bain : « qu’est ce qui se passe les filles ? …Whoua ! mais t’as fait une vidange dans la baignoire ou quoi ? »

Taynara : « non mais ce n’est pas… bon laisse tombé… j’ai pas envie de batailler ce matin… je vais nettoyer »

Ludwig : « T’as raisons, j’ai mal dormi moi aussi, j’ai la tête comme un compteur… Je vais faire du café, tu descends quand t’as fini ?»

Taynara : « ouaip, j’arrive, merci Ludwig… »

Ludwig s’affaire à préparer le café quand Waban arrive dans la cuisine en boitant.

Waban : « tu étais ou hier soir ?! »

Ludwig : « heuu ok… salut à toi aussi chef … ben tu sais bien, on a fait les funérailles de Maw et après j’ai été me coucher »

Waban : « non ! je t’ai vu en Penumbra, t’a fait une absence … »

Ludwig : « sans déconné ? qu’est ce qui s’est passé ? c’est pour ça que tu boites ? »

Waban : « oui tu m’as fait faire un voyage en Umbra, et tu m’as fait participer à une épreuve je crois mais je ne sais pas si c’était dans un rêve ou pas ; c’est vraiment étrange comme sensation … »

Ludwig : « Va-y raconte ce rêve je te dirais si c’est possible ou pas… »

Waban se met à raconter toute son histoire à Ludwig du moins se dont il se souvient.

Waban : « voilà, tu s’est tout, puis c’est la douce voie de Charlie qui m’a réveillé ce matin… »

Ludwig regarde le visage de Waban avec attention mais aussi admiration ; comment arrive-t-il à inventer une histoire pareille et à garder son sérieux pense-t-il.

Ludwig : « Alors, si je résume bien, t’es en train de me dire que je t’ai battu à la course ; que moi un Théurge Cliath, je t’ai transporté dans ce qui parait être le royaume d’été via un chemin de lune pour te faire rencontrer une sorte de déesse Louve qui t’as mis à l’épreuve tout ça pour te préparer au combat et qu’au final tu es mort avec gloire contre une engeance du ver… »

Ludwig éclate de rire à gorge déployée : « hahahaha, putain, mais t’as fait grave de progrès en second degrès ! … franchement tu m’as bien eu ; j’y ai presque cru au début ! En tout cas, je ne sais pas si tu fais des rêves bizarres ou si tu as une imagination débordante mais franchement ça fait une super histoire… va savoir t’as peut-être terrassé cet atroce H’rgglins finalement et t’as laissé un souvenir à Charlie dans la baignoire en rentrant hier soir ! »

Waban très sérieusement : « tu crois que c’est possible ? »

Ludwig : « hahaha, non, tu m’auras pas deux fois mon frère !! … allez je file, laisse du café à Taynara, et parle de ton rêve a Diana, va savoir pareil c’est un prophétique … a défaut ça va bien la faire marrer»

Ludwig s’éloigne en ricanant…

Waban : « ouais, bon, il a raison, c’était un rêve. Comment cette demi-portion aurait pu me battre à la course de toutes façons… »