Madeleine De Montonnerre est née le 5 novembre 1776 à Strasbourg. Elle est la fille dernière née d’une fratrie de 3 enfants. La magye est d’une grande puissance dans le sang de sa lignée et les enfants De Montonnerre vivaient l’éveil assez tôt dans leur vie. Il n’était pas étonnant à l’époque de les voir connaitre leur premier expérience de mage dès l’âge de 7 ans. Aussi les descendants étaient rapidement placés sous la tutelle d’éveillés expérimentés dès le plus jeune âge afin de leur apprendre les rudiments de la magye et de les préparer au mieux à leur vie de mage.
La petite Madeleine était une petite fille discrète étant petite, elle se cachait souvent derrière les grandes robes à corset de sa mère lorsque cette dernière était en compagnie d’amies. Madeleine, contrairement à ses deux frères, ne connu pas l’éveil à l’âge de ses sept ans. Ce qui inquiéta grandement ses parents. Ils consultairent à cette époque afin de savoir si Madeleine aurait comme tous les autres enfants De Montonnerre des dispositions naturelles à la magye. Mais la magye restait muette lorsqu’elle était consultée au sujet de Madeleine.
Plus les années avançaient, plus les espoirs des parents de Madeleine étaient minces. Aussi ils étudiaient toutes les possibilité afin de voir leur petite fille devenir l’une des leurs et ainsi se montrer digne de porter leur nom. Les parents de Madeleine, ne manquant pas d’ingéniosité, n’hésitaient pas à soumettre leur fille à des sortilèges douloureux visant à provoquer chez elle un éveil forcé.
Alors que la petite fille devenait une femme, elle fut marier à l’âge de 15 ans à un certain Alfonso Ferrandis d’Aragon. Ce mariage forcé avait été orchestré par ses parents afin d’éloigner leur fille de Strasbourg et de dissimuler Madeleine aux yeux de la société des nobles éveillés de France. Bientôt elle découvrit la vie des dormeurs patriciens espagnols. Alors qu’elle pensait enfin s’éloigner de sa vie de souffrance qu’elle avait en France, elle découvrit avec effroi que la vie auprès d’Alfonso serait un calvaire au moins aussi terrible que sa vie d’avant. Ce dernier avait effectivement la main lourde et prenait de très large aisance lorsqu’il s’agissait de remplir son devoir marital. C’est à cette époque qu’elle tomba une première fois enceinte et accoucha de son fils premier né, Ambroise.
Violenté, violée, outragée, délaissée par la magye, Madeleine à l’aube de ses 20 ans était en proie à des idées suicidaires récurrentes. Surveillée de prêt par les servantes de la maison Ferrandis, cette dernière n’a jamais l’occasion de passer à l’acte sans provoquer la colère d’Alfonso.
En 1801, elle est contrainte de suivre son mari de force lors d’une expédition pour la couronne d’Espagne vers le Nouveau Monde. Avant de quitter la vieille Europe, dans un dernier élan d’abnégation, elle décide de retourner à Strasbourg pour dérober le bâton fleuri de Joseph, espérant vendre le bâton en Amérique au plus offrant et s’offrir une nouvelle vie. Son forfait accompli, elle retourne en Espagne afin de quitter ses poursuivants de la maison De Montonnerre et sa vie passée. C’est lors de la traversée entre les deux continents qu’elle connait l’éveil lors d’un combat fratricide. Son frère ainé avait été envoyé par ses parents afin de récupérer la relique familiale, alors qu’elle se pensait perdue à jamais, elle vit les eaux engloutir son frère dans des tumultes incoercibles. Forte de ce fratricide qui fut pour elle une véritable délivrance, elle profita de son éveil pour se débarrasser de son mari et pris la tête de l’expédition.
Papillon sortie de sa chrysalide traumatique, Madeleine se révéla être une femme de commandement implacable et d’une grande sagacité. Elle ne manquait jamais de brio pour échapper ou terrasser ses poursuivants qui étaient autrefois ses parents. Elle se ravisa bien évidemment au sujet du bâton et décida de le conserver. Forte d’un voyage sur le territoire américain et de l’étude de ses différentes cultures, elle décida de s’établir sur les prémices de la ville de San José afin d’y construire une cathédrale à la gloire de Saint Joseph, son saint patron.
Elle y vécu une vie paisible jusqu’à l’arrivée du chemin de Fer et des technocrates de l’Union. Elle passa sa vie à défendre ce qu’elle avait construit. Elle tomba en amour assez tard dans sa vie et donna un petit frère à Ambroise du nom d’Armando. Ces deux fils étaient eux aussi des éveillés et perduraient à travers eux le nom et la superbe de la famille De Montonnerre. Madeleine s’éteignît à l’âge de 98 ans, âge exceptionnel à l’époque, alors qu’elle défendait la cathédrale de ses ennemis. Sa dépouille repose dans le caveau De Montonnerre, dans les entrailles de la cathédrale Saint Joseph de San José.