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Garou - 33.3 - L'homme au masque étrange

August 31, 1999

La terre était dure....si dure. Je ne sentais plus mon corps endolori et je me relevais avec peine....la terre était dure.... pourquoi étais je allongé là ?...Je ne me souvenais plus. Mais cette terre là, elle était sans vie, froide...elle sentait le métal...une odeur d'argent, entêtante, écœurante, mais qui était si prégnante. C 'était un parfum violent, et brûlant qui me donnait la nausée.

Il faisait sombre, des nuages lourds et noirs cachaient par endroit un ciel violet et morne, mes mains étaient en sang mais il n'y avait pas âmes qui vivaient sur ces terres désolées fait d'une roche grise et terne. Etais je mort ? cela ne ressemblait pas à l'Umbra sombre , à moins que ce ne soit une contrée que je ne connaissais pas. Je ne savais plus, mon esprit était embrumé, je ne savais plus pourquoi j'étais ici, où étaient les autres ? Leurs visages restaient floues et lointain eux aussi.

Je me levais et j'errais dans cet enfer sans but précis, marchant sur ses plaines sans vie et délétère, désespéré, seul et perdu. Soudain, mes yeux jaunis par l'obscurité s'écarquillèrent alors que résonnèrent ces mots dans ma tête, comme un souffle venu de loin, qui doucement susurrait à mon oreille.

-Que fais tu là , petite souris à errer sur ces terres qui ne sont pas les tiennes, tu perturbes mes pensées, tu me déranges, toi, tes gesticulations et tes doutes, sors de là ou je te tue !

Artyom : "Je ne sais pas comment sortir d'ici  ! Vous n'avez qu'à me montrer la sortie"

La voix: " Hum, c'est fâcheux pour toi .... tu as un dernier mot à dire ? "

Artyom : "Qui êtes vous ? Qu'est ce que je fais ici ? Laissez moi sortir ! "

La voix: "Trop de questions, petite souris ! Tu t'agites trop !  Il ne servirait à rien de te répondre, de t'expliquer juste que tu n'as rien à faire là et que tu vas bientôt mourir, ne t'inquiètes pas ,je vais faire ça rapidement, tu ne souffriras presque pas !  "

Artyom :"Attendez ! "

Soudain un contact d'abord léger se fit sentir , qui s'intensifia de plus en plus, et m'étreignit devenant de plus en plus oppressant jusqu'à m'écraser violemment et me souleva du sol comme si une main géante venait de m'enserrer et essayait de me broyer.

Puis la voix reprit amusée : "Je garderai un souvenir impérissable de toi, petite souris. Sois heureux tu reposeras dans ma demeure, dans mon ultime chez moi. "

Puis l'emprise me  lâcha, je pouvais enfin respirer mais mon salut fut de courte durée car  rapidement je me débattais pour éviter que cette maudite terre ne m'avale, le sol devint  meuble comme du sable maintenant  et il m'engloutissait inexorablement.  Malgré mes tentatives, je ne pus sortir de ce piège, la lumière faiblit peu à peu , le sable obstrua ma bouche, tous les pores de ma peau et s'infiltra en moi pour me figer à jamais.

Je ne pouvais plus bouger, j'avais eu beau essayer de me débattre rien n'y fit , je n'avais pas bouger d'un pouce et voyant qu'il n'y avait plus rien à faire , je décidais de me laisser glisser ......dériver....tout devint noir .............Puis, le jour se leva. J' entendis des oiseaux qui gazouillaient , j'ouvrais les yeux, j'étais  près d'un phare qui surplombait la mer et qui me semblait familier, le ressac des vagues m'apaisait, un vent tiède venait emplir mes narines d'embruns iodés mêlés à une autre odeur sucrée et fraîche.....une odeur familière que j'aimais par dessus tout. 

"Riley tu es là ? Riiileeeyyyy! ......" J'hurlais son  nom et je vis devant moi son doux visage et ses yeux étincelants qui me regardaient , elle arborait son sourire d'ange, ses cheveux blonds blancs qui virevoltaient dans le vent....

Riley: "Je suis là mon amour, tu dois sortir d'ici, ,n'oublie pas ce que tu m'a promis !"

Puis tout disparut... le silence retomba et  soudainement mon instinct de survie se réveilla comme un brasier endormi qui s'enflamme avec vigueur. Je ne pouvais pas me laisser aller, je n'en avais pas le droit et je hurlais encore et encore son nom.

je me débattais et après de multiples efforts , la rage emplit tout mon être , je passais en forme crinos et je lacérais enfin les entraves qui me retenaient .

Après de multiples efforts, mon corps tomba alors lourdement sur un sol goudronné, je gisais un instant là pour reprendre mon souffle. Puis, regardant autour de moi , je vis que j'étais dans une rue sombre et humide où plus précisément dans une impasse avec une fumée qui s'échappait d'une grille d'aération. La nuit semblait être tombée. Derrière moi, je vis un cocon accroché au mur, tenu par des fils de soie tenaces, lacéré de part en part duquel je m'étais certainement  extirpé.

Artyom  hurle : "Il m'aura fallu un sacré temps pour m'extirper de ton cocon, créature, mais la petite souris est plus résistante que tu ne le crois."

La voix: "Ah tu veux jouer petite souris, alors jouons ! résonna la voix dans sa tête "Tu es bouffi de colère et de peurs, cela va être un jeu d'enfant de te détruire et je vais me régaler"

J'étais sur mes gardes, la voix allait certainement passer à l'action et je regrettais un instant de l'avoir provoquer. Pourquoi fallait il toujours que j'en rajoute ? J'entendis d'abord le clapotis régulier venant d'une gouttière sur la droite  et je sentis une odeur de souffre qui agressa mes narines, la rue était sombre et calme...Trop calme !  Les vapeurs en obstruaient un peu plus la visibilité, j'étais sur la défensive et piégé comme un rat  dans cette impasse nauséabonde. Tout à coup , le bruit d'une porte de garage grinça un peu plus loin dans la rue, suivi d'un bruit de chaînes lourdes et cliquetantes. Un souffle rauque retentit alors dans les ténèbres puis une respiration lente, profonde et terrifiante. Un néon se mit à clignoter dans la rue, la vapeur sembla comme s'écarter laissant entrevoir une grande créature cornue et armurée qui lévitait au dessus du sol, faite entièrement d'argent. Des chaînes, en argent elles aussi, semblaient sortir de son dos, telles des membres sur lesquels le monstre s'appuyait pour bouger. J'eus alors le souffle coupé et une douleur atroce dans ma poitrine m’assiégea.

Les battements de mon cœur s'emballèrent soudain, très vite accompagnés par un chant étrange s'extirpant de la créature. Elle me fixa et ses chaînes se mirent à bouger tels des serpents qui frétillent d'impatience.

Le monstre avait des allures d'ange déchu et sa voix sublime et sombre envahit chaque cavité de mon cœur. il  sembla s'arrêter au son de sa mélopée funèbre, et je dus mettre un genou à terre tellement la douleur était forte....ce chant , c'était comme un symbole de damnation, une réminiscence du dernier cri d'un mourant. Le hurlement bestial et brûlant de l'innocence brisée, de la souffrance indicible. Cela me pétrifia d'effroi !

 

Je repris un peu de courage malgré mes douleurs que j'avais appris à endurer auprès de Waban. J'étais en forme crinos, prêt à en découdre car j'avais senti que la créature n'allait pas en rester là et dans un cri strident, elle lança sur moi ses chaînes argentés tels des fouets puissants et lourds que je ne pus esquiver totalement et qui brûlèrent ma peau à chaque contact. Cette danse continua un temps mais je n'avais pas l'avantage et je ne tiendrais pas longtemps face à de tels assauts. Bientôt, à bout de souffle,  les chaînes m'agrippèrent, scarifiant mon corps de brûlures dans leurs sombres étreintes. Je crus un instant que c'était la fin cette fois, exhalant un cri horrible de souffrance. J'allais mourir dans cette emprise brûlante et douloureuse quand soudain les chaînes se mirent à fondre et un mur de goudron sortit du sol me séparant de la créature. 

Je tombais au sol, incapable de bouger. Par quel prodige ! 

Alors, je sentis une présence derrière moi. Bougeant difficilement ma tête vers celle-ci, je vis surpris, Kimin un genou posé  à terre et une main sur le sol qui se concentrait , visiblement mon frère avait beaucoup appris dans la sphère de matière.

Kimin : "Sauve toi mon frère vite, c'est le roi Hold, tu es sur son territoire, tu dois partir, je ne peux pas le retenir plus longtemps"

De son autre main, il ouvrit un passage dans le mur situé derrière nous

Kimin : "Pars ,vite, je ne résisterais pas longtemps à ses assauts ! "

Artyom: "Mais toi,  que vas tu devenir ?"

 Kimin :" Ne t'inquiètes pas pour moi c'est toi qu'il veut... File ,vite !"

Je m'engouffrais malgré mes blessures poussé par l’énergie du désespoir dans l'ouverture créée par mon frère et je courus sans me retourner, entendant derrière moi les hurlements frénétiques de l'ange d'argent qui déchaînait toute sa puissance sur le mur. Le tunnel semblait interminable puis après de nombreuses minutes de course je vis enfin la lumière au bout du tunnel. je passais la sortie et fus ébloui un instant par une lumière vive. J'étais dans une immense bibliothèque en forme homidé sans aucune blessure et  un homme habillé de noir ,portant un chapeau et un masque étrange me toisait du regard. je pouvais entendre son rire agaçant et grinçant s'échapper de sa personne.

 

Roi Hold :"Tu es plus coriace que je croyais petite souris , finalement tu as de la ressource et je commence à t'apprécier.... Hum ! Tous ses sentiments négatifs qui se dégagent de toi, c'est un vrai régal et cette colère !!!!  Oh mais c'est du grand art !  Je sens ta soif de sang , ton envie de dépecer ta famille, de lacérer le maître de ta très chère Riley....Et  cette peur si savoureuse et profonde  qu'il lui arrive malheur, tu es un vrai festin à toi tout seul et puis, tu as agacé Rumple avec ton frère et ça, c'est un met encore plus délectable."

Artyom : "Vous êtes le Roi Hold, c'est ça ! Vous n'avez pas l'air de porter Rumple dans votre cœur, laissez moi partir d'ici, je ne reviendrais plus jamais ici , je vous le promets."

Roi Hold : "Bien vu , petite souris! Bienvenue chez moi !  tu es venu sans autorisation, peu de personne ont eu une telle audace et elles ne sont plus là pour en parler aujourd'hui . D'habitude, je n'aime pas trop les intrus mais avec toi c'est étrange,  tu m'as prouvé que tu avais des capacités et puis je ne sais pas pourquoi mais je t'aime bien. Oh  ! Et se planter cette dague dans le cœur, par désespoir, par  envie de sauver tes amis, pour ce sentiment que tu es moins important qu'eux, rien que d'en parler j'en ai des frissons . Tu sais , on pourrait faire de grande chose toi, moi  et ton frère, vous  pourriez m'être d'une très grande utilité, vous pourriez être mes minions, ça serait grandiose! "

Artyom en colère :" ça ne m’intéresse pas, je ne suis le pion de personne ! Je veux rentrer chez moi ! est ce que c'est clair ! Laissez mon frère tranquille où je vous dépèce sur le champ"

Roi Hold  : "Oh , pas besoin de t'énerver petite souris. On est entre gens civilisé ici. Tu pourrais travailler pour moi ! Tu vois tes frères et sœurs, ils t'ont abandonné ! Ils ne restent que toi et moi  ici, et puis moi seul peut te renvoyer dans ton monde. Tu ne veux pas revoir RIley , elle s'inquiète tant à ton chevet en  ce moment même."

Artyom : "Vous mentez ! Qu'est ce qui m'empêche de vous broyer les os et de vous forcez à me renvoyer chez moi !"

Roi Hold : "Hum, c'est ça déploie ta colère !" il s'étire et étend ses bras comme pour accueillir cette force. "Vas y fais le ! " Écartant les bras et regardant Artyom

Ludwig :"Ne l'écoute pas Artyom ! Ta famille c'est nous ,Viens avec moi ! "

Artyom se retourna et vit Ludwig qui lui tendait la main. il approchait doucement de lui 

Roi Hold :"Tiens Ludwig !  Ton esprit torturé n'a plus aucune saveur, j'ai trouvé bien mieux que toi ! Retourne d'où tu viens et je te laisserais peut être la vie sauve"

Ludwig : "Viens Artyom, cet être est la duplicité et le vice incarné , j'ai senti ta souffrance, nos esprits sont liés désormais.Il essaye de te manipuler"

Roi Hold "Ne vois tu pas que si tu es là ,c'est à cause de lui et de son esprit malade. Tous tes tourments viennent de lui. Il te fait croire qu'il t'aime mais c'est pour mieux glorifier son égo démesuré "

Ludwig: "Ne l'écoutes pas, il  te ment."

Artyom hurle: "Laiiiiissez moi tranquille !!!!!...Sooooortez de ma tête !!!! 

Tout redevint noir.....des ténèbres tenaces et absolues dans lesquelles je me retrouvais un long moment....et qui me rassurait comme d'habitude......cela durant un temps que je ne pourrais définir.....Puis, j'entendis alors le miaulement d'un chat résonner dans cette vacuité à côté de moi. Je scrutais l'obscurité pour voir ce qui avait émis ce bruit et qui m'avait sorti de ma torpeur. J'aperçus alors un chat étrange en face de moi et  qui me scrutait. Je le trouvais plutot mignon avec ses grands yeux bleus , bien qu'il était étrangement sans poil. Il me révéla s'appeler Thoutmosis et se frotta à ma jambe me demandant de le suivre dans les ténèbres et me disant que je ne pouvais pas rester là plus longtemps.

Nous discutâmes un moment tous les deux sur la route, une discussion fort intéressante,  marchant tous deux dans les ténèbres jusqu'à ce qu'une lumière en forme d'étoile apparaisse en face de moi. Thoutmosis disparut alors et après un instant de fascination ,  je la suivis à son tour ......pour me réveiller..... enfin.