Ce royaume reflète la souillure du Ver comme peu d’autres en dehors de Malféas.

De nombreux Théurges pensent que le résidu psychique des innombrables actes de cruauté, de torture et de dégradation commis dans le monde physique, lui a donné substance. Ici, tout n’est que cauchemar tangible. Pire encore, tous les actes abominables que les émanations de ce royaume recréent sont le reflet de véritables occurrences, des massacres qu’ordonnent les dictateurs aux tourments individuels des femmes battues. Les change-formes étant des créatures à moitié spirituelles, les atrocités qu’ils perpètrent souillent ce royaume davantage encore que celles des humains et les Garou qui s’y sont rendus sont souvent les témoins privilégiés des pires événements survenus pendant l’Impergium.

Ce royaume est une friche malodorante de cadavres et de sang. Chaque pas laisse une empreinte sanglante que viennent promptement envahir des asticots grouillants, et des nuées de taons se jettent sur les étrangers telles mille minuscules Furies envoyés punir les contrevenants. Les rares structures sont bâties à partir de dépouilles humaines – des carcasses momifiées de victimes mutilées, disposées pour former des cloisons assemblées à l’aide d’un mortier obtenu avec les cendres des brûlés vifs, ornées des crânes fendus et brisés de ceux qui sont morts sous les coups de leurs bourreaux. Un gigantesque labyrinthe de corps inertes sillonne le royaume et de nouvelles scènes atroces accueillent le voyageur à chaque détour. Des cris, des gémissements et des sanglots étouffés se font entendre dans chaque recoin, laissant présumer des actes atroces commis en ces lieux.

D’une certaine façon, le royaume d’Atrocité ressemble au Champ-de-Guerre, mais sans l’accent que ce dernier porte sur le combat. Ici, toutes les victimes sont sans défense et aucune ne mérite les souffrances qu’on lui inflige. Chaque bourreau se montre sans pitié, si ce n’est carrément sadique. Des larves de flaïels se rassemblent autour de chaque tourmenté, se repaissant avec gourmandise des émotions qui en émanent. Pour autant, les scènes dont on est le témoin à Atrocité ne sont que les reflets d’événements. Les visiteurs qui souhaitent mettre fin aux douleurs et au carnage peuvent intervenir, voire empêcher les faits, mais cela sera tout à fait futile : après leur départ, les victimes et leurs bourreaux reprendront leurs places et la scène reprendra son cours comme si de rien n’était.

Certains Garous prétendent qu’il est possible à une meute de purger une atrocité du royaume en vengeant ou changeant le sort des victimes dans le monde matériel (traduire un tueur en série en justice, juger un dictateur pour crimes de guerre ou contraindre un parent maltraitant à reconnaître l’énormité de ses actes, par exemple). Cependant, beaucoup estiment qu’il est peu sage de procéder ainsi, arguant du fait que dans le temps nécessaire à l’exorcisme d’un seul acte, des dizaines viendront prendre sa place ailleurs dans le royaume. Un Garou pourra plus efficacement combattre Atrocité en empêchant dès le départ toute barbarie de se produire.