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Deuxième naissance

Deuxième naissance

AVERTISSEMENT AUX LECTEURS : Ce contenu qui décrit l'étreinte de Mackenzie Pyke traite des sujets comme la violence, qu'elle soit physique ou sexuelle, le harcèlement ou encore la mort. Si de tels sujets vous incommode, passez votre chemin. Il en va de même pour le jeune publique, je ne peux que décommander le texte qui va suivre aux mineurs. 

Nous sommes le 15 mars 2000 au crépuscule de la journée, Grange aux écureuils, Vista.


Ma tête me fait horriblement mal, ce vrombissement sourd est devenu quotidien. Mais ce n'est pas la seul partie de mon corps à me faire souffrir. Comme un vieux réflexe je soulève mes deux bras vers mon visage pour mieux lire l'heure sur ma montre. Impossible pour moi de discerner les aiguilles, le verre est brisé, mes yeux injectés de sang. J'ai soif. On doit être aux environs du seize mars, peut être le quinze, dans cinq jours ce sera l'anniversaire de Molly, j’espère au moins pouvoir être à la maison pour fêter ses quatre ans ! Je tourne mon visage vers l'épais mur en bois de la grange et mes yeux se perdent dans cette rainure qui laisse filtrer les derniers timides rayons du soleil. Et je sais ce que ça veut dire. Il va revenir. Ce sudiste dégénéré va revenir... ! Il faut que je m'en aille. Mes forces s'amenuisent, c'est maintenant !


Je suis entrain de me tortiller comme un ver à l'agonie. J'essaye péniblement de me mettre sur mes pieds ligotés, je trébuche et tombe la tête la première dans un tas de crottin. Un homme qui se tient dans l'ombre d'une poutre se met à vociférer.


- « Hey ! T'as pas intérêt nous fausser compagnie, ce soir c'est ton soir ma belle ! »


Un autre homme qui se tient un peu plus loin à l'entrée sur-enchérie.


- « Tu l'as dit Doug ! Tiens toi prête Lieutenant-commandante tu vas rentrer dans la cour des grands. »


Mais quelle bande de connards ! Putain mais qu'est ce que veulent ces types à la fin. Je ne veux pas qu'il me retouche, plus jamais.


- « Libérez moi ! Vous voulez quoi ? De l'argent ? J'en ai !! Un million pour vous deux. Maintenant laissez moi partir !!! »


Je ne devrais pas utiliser mes dernières forces à hurler. Désormais il n'y a plus que l'espoir de revoir les miens. Stan. Tyler. Molly... Les deux hommes qui se tiennent à quelques mètres de moi arrêtent soudainement de rigoler bêtement et l'un d'eux éteint sa cigarette. Je retourne mon visage vers le mur qui soutiens mon corps dénudé et meurtri pour apercevoir son infâme silhouette dans la pénombre. Il est revenu. Ce connard va encore abuser de moi, mais bon sang pourquoi moi ?! Je sens mon souffle s'accélérer, mon cœur s'emballer. J'aurai préféré crevé en Irak que de connaître ce monstrueux pervers. J'essaye de me contrôler mais rien y fait, je sens mon âme s'égarer dans la pénombre.. mon corps m'abandonne encore.


Une main plate sur mon derrière me réveil. Bordel ça fait mal! Ce con va encore me tabasser!


- « Raivéille toa mon enfan ahahahah papa é là ».


Il ne me brisera pas, je ne serai être brisé par un connard qui s'habille à la mode texane du 19ième !!


- « Jador kan tu me regarde kome sa petite, j'espere ke ton air chiéne ne te qitera pa kan tu sera morte !! »


- « Si tu dois me tuer fait le maintenant ! Finis en et vite ! »


- « Oé té enkore en forme à ce ke je voa, alor on va dansé. »


Son odeur est indescriptible, mais qu'est ce qu'il fait ce con ? Pourquoi il se met torse nu ? Tout chez lui est dégoûtant, sa peau blanche comme celle d'un cadavre, son énorme ventre poilu, ses gribouillis qui servent de tatouages et ses cicatrices. Si je le pouvais je vomirais. Je le sens s'approcher. Je sens ses mains froides sur mes bras ankylosés par ses afflictions. J'essaye de me débattre encore mais sa main griffue plaque mon visage contre le mur alors qu'il se met à mordre les liens de mes poignées et de mes chevilles. Il relève son visage repoussant vers moi. Ses yeux sont déformés par le vice, ses canines dépassent de sa bouche ruisselante de sang. Soudain sa gueule vomi une langue bifide suintante pareille à celle d'un serpent colossal. Je dois halluciner. Tout ça c'est le fruit de mon cerveau qui part en vrille. Je suis libre. Nue mais libre. Je dois sortir d'ici maintenant! Je réunis les quelques misérables forces qui me restent et je m'élance vers la grande porte de la grange. Je bouscule ce gros crétin et je me précipite vers la sortie. Je met un pied sur l'herbe de la prairie et je suis stoppée net par un gros ventre velue. Putain mais comment il va aussi vite ?! Ce gros type me fait fasse, il m'attrape par les deux bras et caresse sa grosse langue sur mon visage. Je la mord le plus fort possible. Un goût de sang mélangé à celui de la cendre assailli mon palais. Tout d'un coup je me sens voler et violemment tomber sur le sol en terre battue de la vieille grange. Avant même que j'essaye de me relever je sens son corps sur moi. Il est affreusement lourd et aussi froid que celui d'un cadavre. Il attrape un couteau accroché à sa ceinture et le plante à côté de ma tête. Il descend sa braguette et écarte mes jambes.


- « Ca suffit !!! NON !! Tue moi !!! JE T'EN SUPPLIE TUE MOI ! ».


- « Pa enkore .. »


Je ne lui ferai pas le plaisir de me débattre à ce pervers, mais putain pourquoi ce connard est aussi froid. Je tourne mon visage vers le couteau rêvant de plonger sa lame dans son gueule, c'est ma chance ce connard est occupé!


- « Ah oé j'préfére kan tu bouje ! »


Je ne peux pas me défaire de lui, il est bien trop fort et rapide, son infâme langue va et vient sur mon visage alors que je ne cesse de hurler, mon corps étant paralysé par la peur. Je sens ce gros porc s'agiter en moi comme si on m'inoculait des centaines de parasites coprophages puis sa langue vient se planter dans mon cou. Je ne peux alors refréner la sensation de plaisir que je me met alors à éprouver. Une chaleur soudaine envahie mon corps alors même qu'il est jonché par ce porc au chapeau de cow-boy. Je me force d'occulter le désir mais j'en viens presque à oublier le va et vient sinistre de cet enfoiré. Je suis alors frapper par des images, celles de mon enfance à New-York avec mes parents, les nombreux déménagements, mon école militaire, l'attaque sur Al Wafrah, la rencontre de Stan à Kitsap, la naissance de Tyler, le rire de Molly... Tout ça disparaissant peu à peu dans un amalgame de plaisir indicible et de peur. Mes membres s'engourdissent, tout autour de moi le chaos de la violence laisse place aux ténèbres et au froid.


Et plus rien.


Un silence tonitruant. Impossible de me mouvoir. Mon être est entouré par un vide infiniment silencieux et stérile. Au dessus de moi se dessine une main griffue et pâle. Ses doigts difformes s'approchent à une vitesse folle. Je ne veux pas qu'elle me prenne, je veux bouger mais mes membres n'obéissent plus. Cette affreuse main s'approche de plus en plus et m'enserre. Je ne suis plus qu'une proie pourrissante dans les serres d'un rapace cruel.Une voix lointaine se fait entendre, elle est grave, semble stupide. Je la reconnais.


Mes yeux se ferment pour se rouvrir sur le visage de ce connard stupide à chapeau.


- « Putin mé boa plus sale kone, tu va crevé sinon ! »


Ce balourd se tient toujours au dessus de moi, il a le torse lacéré et me fait boire un liquide chaud par la lame de son couteau. Le goût de sang qui envahi ma gorge m'extirpe peu à peu du noir autour. Les couleurs des murs de la grange que je reconnais se font plus vives, les bruissements des feuilles est plus fort, l'odeur de charogne et de fumier de mon sire plus tenace. Mais bon sang qu'est ce que ce connard m'a fait ?! Il a l'air d'avoir fini parcequ'il referme sa braguette...


- « Bienvenu o monde, mon infan !!!! »