Andrew Locke, jeune américain de 17 ans, grandissait dans une petite ville californienne. Né avec un nanisme qui affectait ses mouvements et limitait sa force physique, il avait vite appris à observer son environnement depuis les marges. Dans les couloirs de son lycée, il détonait par son apparence mais aussi par son caractère acéré, s’affirmant par des convictions aussi tranchées que précoces. Bien que la politique soit un sujet rarement pris au sérieux à son âge, Andrew s’y était plongé comme dans une seconde nature. Pour lui, c’était un moyen de marquer sa place dans le monde et de contrer ce que les autres semblaient penser être une limitation.
Animé par une volonté de fer, Andrew s’était rapidement rapproché du parti républicain local, attiré par les discours d’ordre, de structure et de valeurs familiales, des concepts qu’il comprenait et qu’il voyait parfois en manque autour de lui. Il passait ses soirées sur des forums de discussion et des blogs, parfois jusqu’à des heures tardives, prenant part aux débats comme s’il y défendait son honneur. Mais malgré sa passion, ses opinions fermes et ses idées radicales le marginalisaient souvent. Certains membres plus expérimentés du parti voyaient en lui une recrue prometteuse, mais d’autres percevaient surtout un jeune homme dont les ambitions risquaient d’être entravées par un handicap qu’ils jugeaient incompatible avec les réalités d’une carrière politique.
Ces exclusions renforçaient cependant son acharnement. Plus Andrew se sentait repoussé, plus il trouvait en lui-même des ressources pour s’affirmer avec détermination. Son handicap, pour lui, n’était pas une barrière, mais un défi permanent qu’il relevait par la force de sa pensée et la profondeur de ses convictions. Pourtant, cette exclusion progressive laissait aussi des traces, et Andrew s’enfonçait, sans toujours le réaliser, dans des idées et des prises de position toujours plus extrêmes.
En mai 2000, alors qu’il rendait visite à ses parents dans la petite ville de Bonsall, un cataclysme bouleversa sa vie. La grange de la ferme familiale s’effondra, piégeant ses parents qui s’étaient abrités à l’intérieur. Andrew tenta de s’approcher pour les secourir, mais ses limites physiques se dressèrent cruellement devant lui. Il dut assister, impuissant, au tragique événement.