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WodSu - 53 - La grotte aux Cristaux

June 12, 1873

 C’est par une belle soirée de juin 1873 que je me rends vers l’habitation de Matakwis, afin de m’entretenir avec Enterre les morts et les membres

de sa meute au sujet d’un rituel qui m’a permis d’apprendre certaines choses qui devraient grandement les intéresser.


Mais ce sera malheureusement pour une autre fois, car à mon arrivée je ne trouve que Nimik, personnage tout à fait intéressant, mais seul garou présent sur les lieux (à l’exception de Matakwis, dont je connais pas précisément la position par rapport à cette troupe arrivée du « texas »).


Cela ne nous empêche pas d’entamer une discussion, qui tourne rapidement autour de la rencontre prévue entre la meute du train et celle d’Enterre les mort (je ne vais pas revenir sur la raison de cette entretien, je pense que la plupart des intéressés sont au courant à présent).

Quelques minutes plus tard, comme s’il avait senti qu’on parlait de lui, nous sommes rejoins par Rachmad, de retour d’une chasse fructueuse, puis par Sarah, venue là pour je ne sais pour quelle raison (mais après tout, tout ce petit monde est arrivé ensemble oui presque et semble bien se connaître).


C’est l’occasion d’échanger sur les recherches que mènent ce curieux groupe et sur ceux qu’ils traquent.


Moins d’une heure après le début de cette soirée, nous remarquons qu’une forme s’approche du feu de camp, un homme monté sur un cheval. Personne ne semble le connaître, ce qui n’empêche pas ce nouvel arrivant de mettre pied à terre, de se rapprocher du feu , de s’y arrêter et de s’y asseoir, comme si de rien n’était. Une seconde de flottement face à cette attitude somme toute surprenant, avant que Rachmad, avec sa courtoisie qu’on lui connaît, ne lui demande « t’es qui toi ? »

-« Charles », nous répond l’étranger, presque comme si c’était évident.

-« je répète, t’es qui toi ? », reprends Rachmad tout en commençant à se lever.

-« Mon chef voudrait vous voir, il m’a envoyé pour vous amener à lui »

- « et c’est qui ton chef ? »

- « ça je peux pas vous le dire »

- « soit tu parles, soit je t’en colle une »

(vraiment j’adore cette délicatesse dans les rapports sociaux)

- « vas-y, moi je peux rien dire »

et pan, voilà notre énigmatique invité cul par terre, avec une pommette en sang et qui commence déjà à enfler.

- « je peux faire ça toute la soirée »

- « ok, ce que je peux vous dire c’est que je fais parti des Sanka Wiktan »

Tiens, ces fameux justicier aux méthodes bien à eux ? Intéressant …

- « et il nous veux quoi ton chef ? »

- « j’en sais rien »

et re-pan, il aura du mal à ouvrir l’œil pendant un moment le pauvre…

- « j’en sais vraiment rien, on m’a rien dit, je dois juste venir vous chercher et vous amener à notre camp. Cogne tant que tu veux, je sais rien de plus »


Bon, trêve de cajolerie, puisque ce mystérieux chef veut nous voir, allons-y. De toute façon c’était dans la « liste » des choses à faire.


Charles prend la tête du groupe et nous emmène en direction de nord, vers la côte.

Et après un trajet plutôt rapide, nous finissons par arriver en vue d’un camp de fortune, bien établi, mais pas destiné à rester en place longtemps.

En revanche, ce camp n’est pas laissé sans surveillance…

A peine avions nous mis un pied dans le camp que deux indiens (ou des métis, difficile à dire), sont sortis des ombres, sans qu’aucun de nous ne les ai repéré. Pas menaçant, ils étaient là pour surveiller et intervenir au besoin.

Ce sont ces deux indiens qui, prenant le relais de Charles (qui va sûrement en profiter pour aller se faire soigner les quelques contusions gentiment donnée par Rachmad), nous amène un peu à l’écart du camp, en bord d’océan.

En approchant nous distinguons une forme, assise sur un gros rocher et qui nous tourne le dos. Une femme vraisemblablement, habillée de cuir.


Lorsque nous arrivons au pied du rocher, cette jeune femme se lève et de retourne pour nous accueillir. Une belle femme, à l’air farouche, que certains de mes camarades reconnaissent immédiatement : Ossian !!


Et bien, au moins une personne de moins à rechercher, peut-être deux si elle est toujours en compagnie de Carolina.


Après de rapides retrouvailles, elle nous explique que depuis leur arrivée, elle et Carolina se sont mis à l’œuvre pour contrer les plans du culte.

Sans rentrer dans les détails, elle nous apprend que Carolina est parti il y a un bon moment de son côté pour retrouver les chefs du culte arrivés avant elles, et que de son côté, Ossian travaille à faire grossir les rangs des « justiciers » pour contrecarrer les plans du culte et se préparer à un affrontement.

Et c’est en partie pour ça qu’elle a décidé de nous retrouver, ce qui ne semblait pas être une priorité jusqu’ici.

En effet , une des tâches du clan des justiciers consiste à surveiller les alliés du culte, et il se trouve que la lune larmoyante en fait partie. Ou du moins ces derniers travaillent pour eux, même s’ils n’en sont pas forcément conscient…

Et la mort des deux personnes membres de la lune larmoyante tuée récemment, et plus encore la réaction que cette disparition va entraîner chez leur amis, contrarie beaucoup Ossian.


En gros, dire que Ossian s’est révélée à nous pour éviter d’autres interventions mal venues de notre part me paraît être un résumé correct. En tout cas c’est comme ça que je le ressent.


Ces petites mises au point faites, Ossian en vient tout de même à nous demander un coup de main pour une mission en particulier. Elle nous explique qu’il y a un camp situé à environ une heure de cheval, au centre d’une vallée entourée de montagnes (ce qui en complique l’accès), et qu’au pieds de ce camp se trouve une grotte. La lune larmoyante y a placé là des hommes pour creuser à l’intérieur de cette grotte, afin semble-t-il d’y déterrer quelque chose.

À l’intérieur de cette grotte se trouveraient tout un tas de cristaux aux multiples couleurs et de taille variable.

Ce détail fait réagir Nimik et Rachmad, et ces derniers nous expliquent avoir déjà vu, à des moments différents, une grotte avec des cristaux similaires. Cristaux qui apparemment serviraient de « portes », permettant à diverses créatures d’émerger dans un monde qui s’appelle le flux. Une espèce de portail en somme.

Coïncidence ou non, Ossian souhaiterait s’approcher du cette grotte, et puisqu’il semble que ce soit dangereux, nous demande de nous joindre à elle.

Évidemment nous acceptons avec joie.

Elle ne sait pas grand-chose de plus sur l’endroit, hormis que les hommes de ce camp sont dirigés par une dénommé Marie Winchester, une tueuse.


Et nous voilà parti en direction de cette vallée…


Après un court voyage relativement tranquille, nous arrivons au pied d’un passage entre deux montagnes, seul accès à la vallée. Nous laissons les chevaux, et traversons une rivière pour enfin pénétrer une grande vallée, grêlée de petits « étangs » de goudron.

Une rapide mais minutieuse inspection nous permet de repérer, en plein centre de la vallée, un camp barricadé, effectivement placé devant l’entrée d’une grotte.

Nous y voyons aussi plusieurs mineurs, à l’allure fatiguée, qui travaillent sous les ordres et les menaces d’une douzaine de gardes, arborant des masques en os, comme des crânes d’animaux.


En se rapprochant, nous sommes également plusieurs à ressentir une étrange impression de malaise, comme si la grotte abritait une chose peu naturelle). Nimik parle d’un esprit des ombres puissant et mécontent.


Il décide de décaler en pénumbra pour espionner davantage l’endroit, accompagné d’Ossian et de Matakwis.

Ils y verront ces fameux cristaux, diffusant une multitude de couleurs, mais aussi deux « auras » plus forte, une aura d’un noir profond, et une autre dorée.

En insistant un peu ils finiront par découvrir ce qui ressemble à une lutte, entre deux esprits, l’un qu’ils nous décriront comme une âme en peine, qui cherche un moyen d’atteindre un homme, aztèque probablement, en armure d’or, occupé à se concentrer, sûrement pour contrer les assauts de cette âme noire.


Après cette première intrusion en Pénumbra, Nimik nous propose d’y retourner seul, sur le plan physique cette fois, en usant de toute la discrétion dont il est capable. Il paraît sûr de lui, donc aucune raisons de l’en empêcher.


Sa tentative fonctionne, et en nous rejoignant un peu plus tard, il nous explique avoir vu de nombreux mineurs, épuisées, contraints à travailler dans la mine.

Plus étrange, il s’y trouverait, tout en bas, une grande porte, avec un gigantesque œil en son milieu. Œil tout à fait fonctionnel (y aurait-il un Tzismisce dans le secteur?).

De cette porte Nimik a vu sortir Marie Winchester, trainant le corps d’un mineur mort, comme desséché… Et en arrière plan, un monolithe noir, parcouru d’inscriptions.


Marie semble assez mécontente, et ce à cause du retard que les travaux ont pris. Elle rejoindra alors un bureau de fortune posé un peu plus loin dans la mine.




Nous en savons à présent un peu plus sur ce qui se trame ici, mais aucune idée de ce que peut être cet œil ou cette porte. Mais nous somme tous d’accord sur le fait que nous ne pouvons pas laisser au culte le temps de terminer son travail. Nous prenons donc la décision d’éliminer la menace présente, et si possible de capturer Marie Winchester.


Je ne m’attarderai pas sur les détails de l’assaut, donné de l’intérieur et discrètement par Ossian, Nimik et Rachmad, par Sarah, Matakwis et moi-même de l’extérieur.

Les gardes sont bien entraînés mais ce ne sont sue des humains, et le premier niveau est rapidement nettoyé.

Le sous sol en revanche, est étrangement calme quand nous y descendons. Un silence de mauvaise augure.


C’est finalement devant la fameuse porte que nous trouvons l’ensemble des mineurs, tous alignés et agenouillés, douze gardes en « protection » devant eux, et Marie en arrière, au pied de la porte.

Rapidement, l’œil absorbe la force vitale des mineurs, puis projette une espèce de rayon sur Marie, la transformant en une copie conforme de l’âme en peine décrite plus tôt par nos compagnons.


Et un autre combat s’engage…

A nouveau, les gardes n’opposent qu’une timide résistance face à nous. L’esprit en revanche semble d’une autre trempe.

Rachmad tente de percer l’œil à l’aide de lances récupérée dans le camp, et c’est à sa deuxième tentative qu’il parvient à l’atteindre.

Nimik et Matawis quant à eux se montrent d’une redoutable efficacité contre l’âme en peine, pourtant assez puissante, et la pulvérise en quelques instants.


Une fois le calme revenu, le bilan est simple. Marie Winchester a disparue (morte?), tout les gardes sont morts, ainsi que les mineurs du sous sol. Et l’œil s’est fermé après l’attaque de Rachmad, déclenchant apparemment une sécurité sur la porte.


Notre « visite » de la grotte aurait pu s’arrêter là si Matakwis n’avait pas décidé de toucher la porte.

Mal lui en a pris, puisque aussitôt il prend sa forme de bison, et se met à déambuler, à la recherche de quelques brins d’herbe à brouter. Le contact avec cette porte la réduit à l’état de simple bovin, bête à manger du foin.


Reste à espérer que ce soit temporaire...