1. Lieux

Taverne du Cochon Garni

Tenue par un certain Cerk, le lieu est plutôt mal famé et  composée d'une unique grande salleDe là, une petite porte gardée donne sur un escalier qui mène tout droit à la cave d'une maison voisine où sont organisés des combats clandestins de dragonnets très prisés.

Qualité médiocre.

Heures d'ouverture : 19 heures - 6 heures


Description

En poussant la porte, on entre dans une unique salle large et basse de plafond, où la fumée semble avoir élu domicile depuis des années. Elle ne flotte pas, elle stagne, comme une nappe invisible qui ternit tout ce qu’elle touche. Les poutres sombres sont noircies, les murs collants de crasse et d’anciens éclaboussures dont personne ne cherche plus à deviner l’origine. Quelques lanternes mal entretenues diffusent une lumière jaunâtre, tremblante, qui découpe les visages en reliefs incertains — ici une mâchoire crispée, là un regard trop fixe.

Le sol est irrégulier, poisseux par endroits, et chaque pas semble légèrement aspiré avant de se libérer avec un discret bruit humide. Les tables, massives mais mal équarries, portent les cicatrices d’innombrables soirées : entailles de couteaux, brûlures, cercles laissés par des chopes oubliées. Rien n’est droit, rien n’est net, mais tout est solidement ancré, comme si la taverne refusait de disparaître malgré son état.

Derrière le comptoir, Cerk règne sans élever la voix. Il n’a pas besoin de hausser le ton ; sa présence suffit. Toujours là, toujours attentif, il essuie distraitement des verres qui ne seront jamais vraiment propres, observant les allées et venues avec un calme calculateur. On comprend vite que rien ne lui échappe — ni les mains trop rapides, ni les regards trop insistants.

À l’écart, presque dissimulée dans un angle que la lumière évite, se trouve une petite porte renforcée, gardée en permanence. Deux hommes y montent la garde, immobiles comme des statues mal dégrossies. Ils ne parlent pas, ou seulement entre eux, et encore — à voix basse. Quiconque s’en approche sent immédiatement le poids de leur attention.

Derrière cette porte, un escalier étroit descend dans une pénombre plus épaisse encore, menant à la cave d’une maison voisine. C’est là que bat le véritable cœur du Cochon Garni. Par moments, quand le bruit de la salle se fait plus creux, un grondement sourd remonte des profondeurs : cris étouffés, cliquetis, et ce frisson particulier qui accompagne les paris et la violence. Ceux qui savent échangent alors un regard complice — ou inquiet.

Le reste du temps, la taverne vit à son rythme nocturne. Elle ouvre quand la ville respectable ferme les yeux, et ne s’éteint qu’aux premières lueurs du jour, lorsque les silhouettes titubantes s’éparpillent dans les rues, emportant avec elles l’odeur du lieu. Ici, on ne vient pas par hasard. On vient parce qu’on a quelque chose à oublier, à prouver… ou à risquer.