Quartier pauvre et mal famé de Samarande, coincé entre les remparts extérieurs et le Sahar. Il est certainement l'un des quartiers les plus pittoresques de Samarande. Il doit son nom à sa forme triangulaire allongée, pointant vers l'est. 

Il compte environ 15 000 âmes, ce qui est énorme. La plupart  sont des gens pauvres ou modestes (plèbe). Toutes les races sont présentes mais inégalement représentées. 

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Il y avait à Samarande, la plus vaste et cosmopolite des Sept Cités Franches, certains quartiers où il ne faisait pas bon vivre car on y mourrait beaucoup, et souvent très jeune. Les gens respectables, pour vivre vieux, vivaient ailleurs. Tandis que tous les autres, trop pauvres, trop malchanceux ou trop ouvertement malhonnêtes pour changer d'horizon, menaient là une existence précaire, parfois misérable, rarement heureuse.

L'un de ces quartiers peu recommandables était celui de la Pointe de la Flèche. De forme vaguement triangulaire, il tournait le dos aux antiques remparts de la ville et s'étendait de la berge du fleuve Sahar à la célèbre rue des Plaisirs. Il était traversé d'est en ouest par la rue de l'Ossuaire, laquelle ne méritait jamais autant son nom qu'à la tombée de la nuit. Il y régnait alors un silence sépulcral que rien ne venait troubler. Les ombres qui rôdaient là, disait-on, n'appartenaient pas toutes au monde des vivants...

Mais si, dès le crépuscule, la plupart des rues, ruelles et impasses de la Pointe de la Flèche devenaient autant de coupe-gorges obscurs, il s'en trouvait certaines qui, au contraire, ne dormaient que le jour. La rue des Fourreaux vides comptait parmi ces dernières. Jusqu'à l'aube, ses tripots, tavernes et maisons closes accueillaient une faune bruyante et animée, violente à l'occasion. Permissionnaires, truands désoeuvrés, étudiants en goguette et bourgeois avides de plaisirs interdits s'y retrouvaient chaque soir en dépit d'un couvre-feu voulu par le gouverneur. Ici, la pègre faisait la loi et le guet ne venait jamais.