L’appartement est exigu mais bien rangé. Des étagères chargées de registres occupent presque tout un mur, quelques cartes anciennes de Samarande sont punaisées, et des lampes à huile projettent une lumière vacillante sur un mobilier lourd, en bois ciré. L’odeur du cuir et du parchemin flotte dans l’air. La fenêtre ouverte laisse filtrer le bruit distant de la place des Plaideurs, le frottement des plumes sur parchemin et le cliquetis des charrettes.

Kettricken et Grim s’installent sur des fauteuils ou sur le bord du bureau. Maître Edrin Vauclert, robe noire impeccable, croise ses mains et vous jauge tour à tour. Il semblait vous attendre et parait calme, très calme...
ous savez, ce quartier n’a pas toujours été… ordonné. Il y a quarante ans, le Quartier des Oliviers était un champ de bataille. Les Familles se disputaient tout : les tavernes, les entrepôts, les maisons closes…
Il se lève, va vers une étagère et en sort un vieux registre, le feuillette doucement avant de poursuivre : Les Anciens dominaient encore, mais les Fils du Sabre montaient, les Thaumaturges creusaient sous la ville, et les Toges noires commençaient à infiltrer les maisons nobles.
Grim (interrogatif) : « Et cette Nuit des Trois Jugements… qu’est-ce qui l’a déclenchée ? »
Edrin : « Une affaire de complot, de meurtres et de corruption… trois figures majeures furent arrêtées presque simultanément : Orvel l’Usurier, Kaïm Sabre-Rouge et Serra aux Mille Clefs. Chaque Famille avait un champion à protéger. Mais la surprise… » il marque une pause et regarde par la fenêtre « …la surprise fut que la justice elle-même était déjà infiltrée. »
Edrin se rassoit, tapote le registre : « La Duchesse, c'est comme cela que l'on appelait le bailli à l'époque, avait voulu frapper un grand coup. Trois procès. Une seule nuit. Les juges… les clercs… tous pensaient pouvoir tenir le contrôle. Mais les Familles avaient leurs agents partout. »
Micro-détail : Kettricken peut remarquer comment il détourne brièvement les yeux vers un coin sombre de l’étagère, où se trouve un dossier annoté à la main.
Edrin :
- « Les Anciens corrompirent un magistrat : Orvel fut déclaré trop malade pour comparaître. »
- « Les Fils du Sabre firent pression sur l’escorte : Kaïm “meurt” pendant une évasion… ou disparaît selon la version que l’on croit. »
- « Les Thaumaturges… creusèrent un passage secret vers les geôles. Serra n’arriva jamais au tribunal. »
Il laisse le silence s’installer, le bruit lointain des charrettes servant de fond dramatique.
Edrin : « Chaos n’est pas un mot assez fort pour décrire la suite. Les registres étaient inversés, les scellés intervertis, des témoins se rétractaient, un juge prétendait n’avoir jamais siégé, un autre fut retrouvé pendu. »
Il se lève, parcourt la pièce, ses doigts effleurant des cartes de Samarande sur les murs.
« La ville a compris une chose terrifiante : la justice pouvait être manipulée de l’intérieur. Les Duc et l’armée sont intervenus, des pendaisons eurent lieu, des magistrats furent remplacés… mais le mal était fait. »
Grim (curieux) : « Alors c’est là que le Pacte des Oliviers est né ? »
Edrin : « Exactement. Les Familles survivantes se réunirent dans une oliveraie à l’est du quartier. » Il trace avec un doigt sur une carte.
« Plus de guerre ouverte. Chacun contrôlait un rouage de la chaîne judiciaire :
- Anciens pour l’arbitrage et l’équilibre,
- Fils du Sabre pour la pression et les escortes,
- Thaumaturges pour les sous-sols et détentions,
- Reîtrespour le renseignement humain,
- Toges Noires pour les archives et les procédures. »
Il s’assoit à nouveau, croisant ses mains sur le bureau.
« Ce découpage existe encore aujourd’hui. Chaque coffre, chaque contrat, chaque jugement… tout passe par ce réseau invisible. C’est ainsi que votre enquête sur le coffre mensuel prend tout son sens. Comprendre les Familles, c’est comprendre comment elles s’infiltrent, comment elles manipulent le système… et comment elles protègent leurs intérêts. »
Kettricken : « Et vous, maître Vauclert, étiez-vous là cette nuit-là ? »
Edrin : « J’étais observateur. Pas juge, pas acteur… mais j’ai vu les ombres bouger, les alliances se former, les failles exploitées. »
Kettricken : « Il y a des traces encore visibles ? »
Edrin : Il sourit finement. « Des indices… oui. Dans les sous-sols, dans les registres… même dans la manière dont les coffres circulent. Tout laisse une empreinte, si vous savez la lire. »
Grim : « Qui sait tout ça encore aujourd’hui ? »
Edrin : « Peu de gens. Les Anciens, certains officiers corrompus, quelques avocats… et ceux qui ont été témoins directs. Mais tous restent prudents. Le Quartier n’oublie jamais. »
Edrin se lève, s’approche de la fenêtre, et vous montre le quartier en contrebas : la place des Plaideurs, le Relieur, l’Écu de Chêne.
« Ce que vous cherchez… n’est pas seulement un coffre. C’est un héritage. Chaque pièce, chaque manœuvre, chaque silence… découle de cette nuit. Comprenez-la et vous comprendrez le Quartier. Mais souvenez-vous : certaines portes doivent rester fermées. »
Le silence s’installe, ponctué seulement par le froissement des registres et le bruit lointain des pas sur les pavés. Grim capte les détails et la tension, note les indices pour le coffre. Kettricken relie les informations aux mécaniques actuelles de la justice corrompue. Chaque mot est analysé pour décider quelles informations tirer de cette rencontre pour ses réseaux.
Interrogé sur le fameux coffre mensuel, le vieux magistrat est prolixe :
- L'organisation du trajet est tout ce qu'il y a de plus officiel : jaunets et gardes dirigés par le Unknown sous l'autorité d'un préfet, le plus souvent Cadin Hapel lui-même supervisant la manœuvre.
- Le coffre, préparé dans les sous-sols de l'hôtel de justice est hissé jusqu'à l'esplanade où l'escorte se forme.
- Le trajet toujours le même jusqu'à l'orée de la Pointe de la Flèche, longer l'esplanade ouest de la cathédrale des Martyrs puis rejoindre soit pont d'Ustirie, soit le pont des pilotis, soit le Quai de la Paille.
- Sur les deux derniers convois, seul le quai de la Paille était exploité
- Sur le dernier convoi, l'escorte a été transférée aux Unknown sur le dernier tronçon du trajet.
- Les précédents trajets eurent lieu : 21 Kahal, 3 Jazerh, Solem, 2 Steev (le matin même)
- Les trajets des prochains mois sont déjà planifiés : 5 Kesh, 1 mois des Morts et 45 mois des Morts avec un format particulier d'un convoi capable de transporter un million de couronnes princières et un chariot fait de barreaux pour exhiber un prévenu.
- Un contact de la marine marchande est donné : un vieux loup de mer, respecté sur les quais, qui parle peu mais dont chaque mot compte : Géraud Mornac.
Se retournant vers les héros, et s'appuyant sur le rebord de la fenêtre, il sourit timidement « Je déteste ce que je suis devenu. Mon heure est arrivée » et il se laisse basculer dans le vide. Grim se précipite pour tenter de le récupérer et il ne voit qu'un corps chutant au visage passible et au regard doux, un léger sourire jusqu'au choc, sourd, brutal... définitif.
La place réagit vite, tout aussi vite qu'Adagio, la panique s'emballe, les badauds hurlent et une vois s'élève parmi ce chaos « Regardez ! Là-haut le meurtrier à la fenêtre !! » Kettricken et Grim s'enfuit de la scène du crime, débaroulant dans l'escalier après que Grim ait mis la main sur le fameux ouvrage que commentait le feu magistrat. Une fois dehors Grim prend au sud alors que Kettricken, par la magie de la comédie, joue la femme hystérique et rejoint la foule à la poursuite de son chef, colportant de fausses rumeurs pour noyer les soupçons de vérité qui pourraient se révéler. Grim court, plein sud et bifurque à l'ouest avant la place du Soleil de Farrande. Ce n'est pas une mais quatre patrouille qui le prennent en tenaille, sans issue par un coup du destin, le chef d'Adagio atteint miraculeusement les toits et arrive à se soustraire de la traque qui s'organise dans les rues. Les sifflets répondent aux sifflets mais le quadrillage manque sa cible.
Pendant ce temps, Vakar et Aethera font bonnes figures pour donner le change et 'entendre' les commentaires de ce décès à la Maison Varrès - Gamelle du Prétoire. Les commentaires sont nombreux, divergents et rien ne semble inquiéter Adagio ou ses membres. Parfait.
Tous revenus à La Garenne, Adagio laisse redescendre la pression et Grim entreprend immédiatement une analyse de précieux ouvrage cherchant des informations sur ce qui concerne la Vierge noire, les Félins et ce qui concerne le juge flavien corbi. Par chance ou par talent, en quelques heures il découvre de nombreuses mentions qui, bout à bout, prennent sens :
- Entrées concernant 21 Kahal.
- C’est un mécanisme. Chaque année, à la même période, trois dossiers disparaissent des archives centrales. Jamais les mêmes types d’affaires, jamais le même quartier. Mais toujours trois. Toujours. Ce n’est pas un vol. C’est une correction. Une soustraction nette.
- Les affaires concernent des débiteurs en situation d’insolvabilité “rituelle”. Ce terme n’existe dans aucun code. Pourtant, je l’ai retrouvé, griffonné dans la marge d’un registre ancien.
- La Vierge noire ne réclame pas toujours de l’or. Parfois elle exige qu’un nom cesse d’exister administrativement.
- Le 21 Kahal, on ne paie pas une dette. On efface un homme.
- Entrées sur les Félins
- On parle d’eux comme d’une bande. C’est une erreur commode. Les Félins ne sont pas une organisation structurée selon les codes habituels des guildes criminelles. Ils ne revendiquent pas, ne marquent pas ostensiblement leur territoire, ne provoquent pas. Leur pouvoir tient justement dans cette absence de bruit. Ils fonctionnent par lignées. Pas nécessairement de sang — mais de transmission. Un nom passe, un savoir passe, un réseau passe.
- Leur spécialité n’est ni le vol massif, ni l’extorsion. Ils excellent dans l’appropriation ciblée. Un coffre précis. Un document déterminé. Une clé particulière. Ils ne prennent jamais plus que ce qui est nécessaire.
- Ce détail m’a frappé : les rapports de saisie mentionnent rarement de dégâts. Serrures ouvertes proprement. Fenêtres refermées. Inventaires presque intacts. On pourrait croire à une forme d’éthique. Je crois plutôt à une discipline.
- La famille dite des Félins ne cherche pas la domination visible des bas-quartiers. Elle infiltre les interstices : maisons de marchands, bureaux de notaires, entrepôts mal gardés, archives secondaires.
- Plus troublant encore : dans plusieurs affaires sensibles, les preuves compromettantes disparaissent avant audience. Sans effraction apparente. Sans témoin. Coïncidence répétée.
- Un ancien contremaître m’a confié ceci, à voix basse : “Les Félins ne travaillent pas contre la ville. Ils travaillent pour quelqu’un qui la connaît mieux que nous.” Je n’ai pas réussi à identifier ce “quelqu’un”. Mais je note une constante : les interventions attribuées aux Félins coïncident parfois avec des décisions judiciaires avantageant des intérêts supérieurs.
- Ils ne sont pas le chaos. Ils sont l’outil. La question demeure : qui tient la laisse ?
- Entrées sur la Vierge noire
- On parle d’un culte. C’est faux. C’est une architecture.
- La Vierge noire ne recrute pas. Elle sélectionne. Elle n’impose pas. Elle attend que les dettes mûrissent.
- J’ai retrouvé un contrat ancien où la pénalité en cas de défaut n’était pas monétaire mais “transférée à la descendance”. J’ai cru à une formule rhétorique. Je ne crois plus aux figures de style.
- Entrées sur le Juge Flavien Corbi
- Le juge Flavien Corbi est un homme dont la probité semble taillée dans la pierre même du Palais. Sa robe est toujours parfaitement ajustée, son verbe mesuré, sa posture irréprochable. Il cite les textes sans emphase, sans approximation, avec cette exactitude qui rassure les justiciables et fait taire les contestataires. On ne surprend chez lui ni empressement déplacé, ni irritation, ni complaisance. Il n’élève jamais la voix. Il n’en a pas besoin.
- Ses décisions sont d’une netteté admirable. Les articles sont invoqués avec précision, les délais observés avec une rigueur presque liturgique. Les scellés sont intacts, les procédures parfaitement suivies. Dans un monde où l’on cherche la faille, Corbi n’en offre aucune.
- J’ai relu plusieurs de ses jugements dans des affaires dites “sensibles”. Ils ne choquent pas. Ils ne scandalisent pas. Ils apaisent. Un vice de procédure reconnu avec justesse. Une qualification rectifiée conformément au code. Une absence de comparution traitée selon les règles. Jamais d’écart.
- Il serait indécent de soupçonner un tel homme.
- Je lui ai porté mon assentiment à plusieurs reprises, publiquement. Et je le fais encore ici, sans réserve : le juge Corbi incarne ce que la justice devrait être lorsqu’elle se tient droite.
- S’il existe des coïncidences entre ses décisions et certains mouvements d’archives, je les attribue à la mécanique complexe d’une institution vaste, non à l’intention d’un magistrat.
- La justice a besoin de figures que l’on puisse regarder sans détourner les yeux. Flavien Corbi est de celles-là. Et s’il protège quelque chose, je veux croire qu’il s’agit de l’équilibre même de la cité.
Le lendemain, au petit matin le groupe Vakar et Grim se séparent et le réseau d'Adagio est mis à contribution pour en savoir plus sur l'authenticité de l'anneau d'amarrage fourni pour le préfet Baltum de Pirégort et les filets sont lancés pour en savoir plus sur la 'cible' Maric Velsin.
Au final :
- Maric Velsin :
- Ce qui circule officiellement : Manutentionnaire fiable aux quais de la Pointe de la Flèche. Embauché ponctuellement par plusieurs capitaines de la marine marchande. Réputation de ponctualité et de discrétion. Ne boit pas pendant les heures de travail (ce qui est rare et remarqué). “Un homme stable. Pas un agité. Utile.”
- En creusant un peu plus : Maric intervient toujours sur certaines cargaisons spécifiques. Il manipule parfois des caisses qui ne figurent pas sur les registres visibles. Il connaît les horaires des patrouilles mieux que certains contremaîtres. Il entretient un lien discret avec un agent de la marine marchande. Ce n’est pas une preuve. Mais c’est un motif. Un bon affairiste penserait : “Il ne décide pas. Il exécute. Mais pour qui ?”
- Ce qu’on murmure dans les cercles plus fermés comme celui de Carten : Il a déjà refusé un pot-de-vin. Il protège certaines cargaisons avec une fermeté disproportionnée. Il tapote sa botte avant chaque transport important (signe nerveux ? rituel ? code ?). Il aurait escorté une caisse marquée d’un sceau officiel… sans escorte officielle. Il n’a pas le train de vie d’un chef. Ne cherche pas à monter. Ne recrute personne. Ne fanfaronne jamais. Donc : ce n’est pas un cerveau. Ce n’est pas un ambitieux. C’est un rouage choisi pour sa fiabilité. “S’il transporte quelque chose d’important, il ne sait peut-être pas tout. Mais il sait assez pour qu’on lui fasse confiance.”
- Jeton d’anneau de quai — Marine marchande
- Les jetons d’anneau de quai sont rarement distribués au hasard. Ce sont des droits matérialisés : droit d’amarrer, de charger, de stationner une cargaison sans saisie immédiate. Et à Samarande, rien de ce genre ne circule innocemment. Voici comment on peut en obtenir un : attribution officielle, parrainage interne, rachat temporaire, vol ou contrefaçon, faveur personnelle. Ce jeton là est un jeton 'non affecté' tel qu'on le trouverait dans les coffres administratifs de la capitainerie, une sorte de jeton 'sans trace'. Un tel jeton n'est utile qu'au sein du port et n'a aucune pertinence sur les pontons du reste de la ville.
Pendant ce temps, les filles questionnent Léonie Doane pour espérer trouver des contacts dans les 'institutions marchandes de la ville'. La perceuse, comme à son habitude, souffle le chaud et le froid à temps et à contretemps pour lâcher au final des contacts liés à la famille Doane :
- Guilde des négociants (’importation des denrées)
- Maître Caldrean Varos, prévôt adjoint de la Guilde des Négociants
- Serah Doane (cousine éloignée), comptable senior dans les entrepôts du port fluvial
- Toren “Main-de-Santal”, capitaine des gardes privés de la guilde
- Dame Ysandre Velmor, représentante des Négociants au Conseil des Sceaux
- Guilde des marchands (structure légale et administrative)
- Maître Olren Baelde, maître des Étals du marché central
- Tavia Rell, marchande de tissus et teintures rares
- Roderic Halvein, inspecteur des poids et taxes
- Frère Joran des Comptoirs, clerc attaché à la guilde
- Darven Solmark, contremaître des Transitions
Voilà énormément d'informations à digérer pour nos héros mais une chose est sûre, Adagio a levé un dossier bien plus gros qu'un simple détournement de fonds public...
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Grim tient par dessus tout à se montrer sous ses plus beaux atours. Toujours bien habillé avec des vêtements criards et/ou élégants, rasé de près avec une fine moustache et bouc à la mousquetaire, il tient plus du noble que du malfrat, tranchant dans ce monde qu'est la pègre.
Calculateur, audacieux parfois effronté, il est prêt à tout pour survivre : même si le sang doit couler.
Cependant , Il met un point d'honneur à tenir parole, n'hésitant pas à mettre les moyens. Il respecte un certain code d'honneur proche de celui des Anciens. Naturellement, sa fidélité va donc à ces derniers.
Tricheur professionnel encore invaincu depuis son entrée dans la pègre, il est un habitué du Cinquième As. Proche de Tirik grâce à qui il aurait fondé Silentio, une bande de contrebandiers, il est maintenant le chef d'Adagio, une bande d'ombres fraîchement établie.
Bien sur, son dé de la chance n'est jamais très loin pour l'aider à gagner une partie, ou prendre une décision.
"Je suis prêt à assumer le prix, mais qu'est ce qui a de la valeur pour vous ?" - Gim de la Velipière achetant l'archiviste du palais de Justice
"Combattu souvent,
Battu parfois,
Abattu jamais !"
Maxime Personnel de Grim
Vakar, quel doux nom. Un nom qui rappelle les lames acérés, les flots de sangs, les cris de douleurs et l'effroi de la mort. Il incarne la brutalité, la soudaineté de la mort, Tant bien par son caractère effacé mais alerte, que par son physique ordinaire, ni beau ni laid, ni gonflé ni svelte, quoique légèrement plus grand que la moyenne. Rien de lui sort de l'ordinaire, mais son regard brun est acéré telle des lames affutées comme des rasoirs, il déchiffre et lit dans l'esprit, ne laissant aucun un détail lui échapper.
Ce veilleur, bien équipé et très bien entrainé accomplit ses missions avec ferveur et une loyauté sans défaut. Il est constamment prêt à mettre sa vie en jeu, quitte à être blessé... Euh, en fait non , il cherche toujours la bonne opportunité sans se blesser, quitte à revenir une autre fois. Qui serait assez fou pour se jeter sous une lame pour quelqu'un d'autre.
"Ok chef" - Vakar - à peu près tout le temps...
Fille d'Inconnu et d'une servante Félis, sa famille se fait exterminer sous ses yeux quand elle avait 12 ans. Elle réussit à s'enfuir du massacre et se retrouve à vivre comme une sans abris dans les bas quartiers de Samarande afin de se faire oublier. Tirik la trouve un soir aux portes de la mort devant le Cinquième As, et malgré son sang mêlé, il la prend sous son aile. Tirik la forme à vivre dans les quartiers pauvres de Samarande, lui enseigne comment se défendre et lui donne le nom d'Aethera. Elle considère Tirik comme un membre de sa famille, si ce n'est une figure paternelle et lui est entièrement dévouée.
Connaissant son potentiel, Tirik avait soigneusement caché Aethera des yeux de Samarande, mais après son kidnapping par les Félins, il décide qu'il est temps d'introduire sa protégée au groupe Adagio. Dans le groupe, elle se présente comme soigneuse et herboriste, avec une préférence pour les poisons.
C'est une belle femme, ses formes succulentes quoique musclées font rougir tout homme qui ne détourne pas le regard. Son visage fin et aguicheur est encadré de long cheveux ondulés couleur nuit. D'elle émane un sentiment de calme et d’apaisement, sinon d’envie sauvage… au bout de ses mains fines aux doigté expert trônent de longs ongles polis et brillants.
Alliés d'Adagio
Caudron est l’ombre d’une autre époque, celle des soies froissées, des parfums capiteux et des rendez-vous derrière des paravents. On la dit ancienne courtisane, et même si elle ne parle jamais de son passé, certains membres de la bande d’Adagio l’ont surprise un soir, seule, chantonnant une ritournelle mondaine devant un miroir fêlé.
Avec les ans, les charmes se sont fanés, la voix est devenue râpeuse, et la peau parcheminée. Alors, Caudron s’est reconvertie — ou plutôt, elle s’est adaptée. De dame entretenue, elle est devenue maquerelle, puis simple figure des ruelles, jusqu’à rejoindre la Garenne. Elle ne pouvait plus vivre seule, ni se défendre. C’est Kettricken qui l’a prise sous son aile, et c’est grâce à elle que Caudron a trouvé une place, aussi discrète soit-elle, dans le repaire d’Adagio une fois que la vieille les a fait rallier Samarande, espérant renouer avec ses anciens contacts.
Elle ne combat pas. Ne vole plus. Mais elle écoute. Elle observe. Elle conseille, parfois. Surtout, elle connaît les rues et leurs murmures, les jeux de pouvoir, les façons d’obtenir ce que d’autres ne savent même pas demander. Dans un coin de la Garenne, elle tient son réduit : un lit bas, un rideau pour masquer l’espace, quelques fioles, un vieux coffret. Elle s'y tient recroquevillée comme un chat blessé, mais elle entend tout.
Taciturne, elle n’intervient jamais dans les décisions de la bande. Pourtant, il arrive qu’un mot d’elle glissé à Kettricken ou à Grim change le cours d’une journée. Sa parole est rare, mais elle tombe juste. Et chacun sent confusément que sous ses silences se cachent des souvenirs brûlants, des secrets qu’elle emportera dans la tombe.
Elle nourrit Silence, parfois. Il vient se frotter à ses jambes, et c’est le seul moment où un sourire léger fend son masque de vieille pierre.
Elle n’est pas aimée de tous, mais personne ne souhaite la voir partir. Elle est là, comme un vieux chandelier tordu dans une salle oubliée : inutile, peut-être, mais porteur d’une lumière qu’on n’oserait pas éteindre.
Léonie Doane était la fille unique de Rokilda et Mennath Doane, un riche marchand, bourgeois. Ses parents lui ont toujours dit qu'elle était leur trésor le plus précieux, la plus belle princesse de la création, leur bonheur, leur rayon de lumière, et tout un tas de compliments que les parents font à leur enfant.
Être trop gâtée et choyée eut des conséquences sur le caractère de Léonie, elle faisait des caprices et tyrannisait les domestiques deux incidents particuliers marquèrent la jeunesse de Léonie. Le premier fut quand elle brisa le bras d'un apprenti palefrenier en faisant ruer son cheval car le jeune homme avait taché sa robe. Une autre fois elle brûla le visage d'une servante avec son thé car il était trop chaud. À chaque fois elle prétendit un accident, une maladresse, ce qui ne fut pas remis en question par ses parents qui payèrent une coquette somme aux victimes pour les soins afin qu'ils gardent le silence et ne ternissent pas la réputation de la famille.
Ces sommes représentaient un investissement primordial pour la famille qui espérait atteindre un meilleur rang social par le mariage de Léonie. Elle fut d'ailleurs fiancée à un noble d'une famille endettée pendant un temps. Il était jeune, agréable à regarder et suffisamment envoûté par la jeune fille pour se montrer doux et généreux avec elle, Léonie était donc assez enthousiaste à l'idée de ce mariage. Cependant l'alliance convenue fut rompue lorsque les affaires de la famille Doane faiblirent.
Les problèmes avaient commencé avec un mauvais investissement, mais rien d’insurmontable pour un marchand expérimenté tel que Mennath Doane. Il était donc partit avec une de ses caravanes vers l'Assidoine négocier de nouveaux contrats et n'était jamais revenu. Il s'avéra par la suite que Rokilda et Léonie étaient moins bonnes négociatrices que Mennath et le commerce familial se retrouva mis à mal. Les économies restantes et les efforts commerciaux de Rokilda auraient pu suffire pour que Léonie vive modestement jusqu'à la fin de ses jours, mais cette dernière refusa de s'en contenter.
Léonie décida que si elle n'était pas faite pour le commerce elle avait d'autres ressources. En effet une de ses passions qu'elle avait partagé avec son père était la mécanique. Elle avait étudié un grand nombre d'horloges, de serrures et de boites à musique, notamment au sein de la toute jeune maison Unknown où elle a exercée. Elle avait même pu observer un célèbre automate qui jouait aux échecs, le Soloman mécanique, durant un voyage avec son père. Elle savait que ce talent rare était très recherché par les groupes de cambrioleurs et elle décida que c'était un moyen facile de se faire de l'argent.
Un nain haut en couleur, les oreilles et le nez en chou-fleur, une sévère prognathie lui donnant l’air patibulaire et un œil légèrement plus grand que l’autre faisant de son visage un puzzle asymétrique. Sa pilosité est fortement développée, son épaisse barbe hirsute diffuse une odeur de vieille bière éventée et l'épais tapis de poil qu'il a sur le corps semble avoir épargné le haut de son crâne qu'il rase régulièrement.
Son apparence semble être assorti à son accent Izgan et ses manières que même le charretier le plus rustre de Samarande envierait. Peu de témoins ont pu compter une phrase ne comportant aucune vulgarité, et encore ils ont peut être tout simplement omis l'insulte en Izgan attribuant de grandes qualités à leurs mamans.
Il est souvent vu avec un imposant manteau de fourrure, difficile d'y voir autre chose que son lien inné avec les animaux.
En parlant d'animaux, il y en a un qui le suit comme son ombre, Brutal. Situé entre un dogue et le demi poney, ce mastiff offre la vision d'une gueule gigantesque peuplée de crocs et de flots de bave dégoulinant de ses babines. Ses yeux bien enfoncé dans son crane brille d'une lueur vicieuse lorsqu'il vous observe. Son cou épais est entouré d'un solide collier noir bardé de pointes de fer. Brutal porte un solide gilet de cuir, par dessus ses poils bruns et ras, protégeant son poitrail et ses flancs.
Immigré Izgan, Thorgrim est désormais le gérant du Tambour Crevé. Certaines langues disent qu'il aurait assassiné le précédent propriétaire et associé en l'abattant avec son arbalète et en le faisant dévorer par son chien, Brutal. Mensonge voyons, ces ragots sont certainement colportés pour contribuer à la mauvaise réputation du peuple voyageur !
Youl est dans la taille et corpulence dans la moyenne mélorienne, peut-être en peu en dessous.
La trentaine largement dépassée, il est évident, en le regardant, qu'il s'entretient. Sa musculature fine est bien présente.
Le visage quelconque, barbe de trois jours mal taillée exprime toujours un mal-être. Souvent le regard dans le vide, ses pensées absorbées dans un passé douloureux.
L'homme est peu bavard, toujours attentif à ce qui se passe autour de lui donnant l'impression d'être constamment sur ses gardes, comme si le danger pouvait survenir à n'importe quel moment.
Bande de brutes fondée le 23 de Mélor 2652 par Roncin et Mirabelle sur le cadavre encore chaud de leur ancien chef Markin à l'initiative d'Ourkan qui l’assujettit de suite à Adagio en tant qu'allié.
Anciens alliés de la bande Silentio, ils ont marqué au travers de leur chef Danan un peu d'émancipation en créant leur propre bande, alliés d'Adagio.
Les Carbots ne sont pas des soldats. Ce sont des guetteurs, des messagers, des observateurs. Leur allégeance à Adagio est entière, et leur rôle, modeste en apparence, est souvent décisif. Le Nid n’est peut-être qu’un abri brinquebalant, mais c’est un avant-poste d’alerte, un refuge, et une promesse d’avenir pour ceux qui n’en ont jamais eu.
Bande fondée le 25 Jazerh 2652 par Rolidin, dit "Branche", Minne "la Fêlure" et Torkel dit "la Lentille". Ce sont des guetteurs et des oreilles.
- "Veilleurs" souligne leur rôle de guetteurs, discrets mais essentiels, toujours en alerte.
- "de Gouttière" évoque leur terrain d'action : les toits, les hauteurs, les corniches crasseuses et les faîtes oubliés de la ville.
- Le nom sonne modeste, presque insignifiant, ce qui correspond à leur image effacée — mais il cache une efficacité redoutable.
Repère et domaines d'Adagio
QG d'Adagio situé Impasse des Feux follets au sein du quartier de la Pointe de la Flèche.
Petit tripot essentiellement fréquenté par des habitués, pas toujours fréquentables. Se tenant en entresol, on y accède de la rue après une volée de marches. Derrière la porte basse gardée par Serge Bérusse, le Cinquième As s’ouvre comme un ventre chaud et bruyant. Deux grandes salles se répondent, séparées par une arche de bois sombre, toutes deux baignées de la lueur vacillante des bougies plantées dans des goulots de verre ou fichées à même les tables. Le plafond est bas, chargé de poutres épaisses noircies par les années, et l’air sent le vin épicé, la cire chaude et la sueur des habitués.
Les tables de jeu sont serrées, encombrées de dés, de cartes cornées et de jetons de toutes formes. Les rires fusent, parfois trop forts, souvent accompagnés d’aveux goguenards : ici on annonce sa triche avant de la tenter, et cela déclenche huées, paris secondaires et applaudissements. Sur l’estrade, les danseuses menées par Ilenna font tournoyer étoffes et sourires, tandis que Lucielle, imperturbable, tient ses comptes derrière le bar, l’œil aussi aiguisé qu’un couteau.
Tirik circule partout à la fois, une main sur l’épaule d’un joueur, l’autre déjà prête à calmer une montée de ton. Tout semble sous contrôle, presque joyeux… mais sous cette liesse organisée, certains regards glissent trop vite, certaines oreilles écoutent plus qu’elles ne rient. Et pour qui sait observer, la soirée frimousse a ce soir un arrière-goût de danger.. L'originalité de ce lieu réside qu'une fois par décades environ, on a le droit d'y tricher en prévenant ses adversaires. Il en est même remis un prix lors de ces soirs-là pour honorer ceux qui rivalisent d'adresse et de ruse. Il s'agit des fameuses soirées frimousse qui ne sont jamais annoncées à l'avance pour "inviter" les habitués à revenir au cas où...
- Qualité inférieure
- Horaires : 21h - 7h
Nichée au cœur de la rue du Bourbier, dans la partie est de la Pointe de la Flèche, l’Ancienne fumerie des Nuées ressemble aujourd’hui à une carcasse vidée de sa chair, un lieu où les murs eux-mêmes semblent fatigués. Son nom vient des volutes épaisses d’opiacés et de plantes brûlées qui, jadis, s’échappaient de ses fenêtres étroites et baignaient tout le voisinage d’une brume âcre.
Le bâtiment est une ancienne maison de commerce à deux étages, de bois et de torchis, noircie par la fumée. Les volets gondolés pendent à moitié, et les planches de la façade se détachent sous les doigts. À l’intérieur, les pièces s’étagent en alcôves basses, encombrées de nattes effilochées et de matelas crevés, collants d’humidité. Les plafonds bas conservent encore une couche de suie jaunâtre, comme si les nuées d’autrefois s’y accrochaient pour ne jamais s’éteindre.
Le tenancier, un homme sec et prudent nommé Carten, a conservé les lieux malgré la fermeture officielle décrétée par le Guet. Officiellement, l’endroit ne sert plus qu’à loger des journaliers sans le sou ou des marins de passage. Officieusement, chacun sait que Carten continue d’ouvrir certaines alcôves aux habitués qui savent frapper à la bonne porte et payer comptant. Les pipes et brûle-parfums y circulent encore, mais dans une discrétion prudente : le temps des nuits saturées de volutes est révolu, remplacé par des murmures et des rendez-vous feutrés.