Léonie décida que si elle n'était pas faite pour le commerce elle avait d'autres ressources. En effet une de ses passions qu'elle avait partagé avec son père était la mécanique. Elle avait étudié un grand nombre d'horloges, de serrures et de boites à musique. Elle avait même pu observer un célèbre automate qui jouait aux échecs, le Soloman mécanique, durant un voyage avec son père. Elle savait que ce talent rare était très recherché par les groupes de cambrioleurs et elle décida que c'était un moyen facile de se faire de l'argent.
C'est ainsi qu'elle pris contact avec un de ces fameux artisan horloger dont la talent incontestable dépassait certainement le cadre de son travail dans l'atelier qui employait une dizaine d'ouvriers comme lui.
Leur rencontre fut bizarrement touchante. Léonie découvrit un homme ayant un goût pour la culture et les lettres doublé d'une vraie curiosité insatiable (et d'un talent rare) pour la mécanique de précision. Ne s'arrêtant pas au caractère atypique de Léonie, il lui apprit avec patience le métier qui, selon lui, ne comportait pas assez de femmes. C'est ainsi que le duo improbable formé sur la base de motivations respectives bien différentes certainement pu survivre suffisamment de temps pour que Léonie puisse s'émanciper de son maître et ami Narubio.
D'ailleurs, faut-il préciser que Narubio a, à sa façon, une personnalité ambigüe (lui aussi). Sous des dehors très superficiels se cache en fait une âme fidèle, généreuse et tendre. Mais il faut reconnaître qu'il peut aussi agacer : il est volontiers bavard, pompeux, poli jusqu'à se faire insupportable...