Le QG de la bande de Roncin se trouve dans un ancien bâtiment à demi effondré, à deux pas Le Puit, ce tripot minable niché dans une cave où émerge un puits au centre. Contrairement au Puit, le QG occupe un rez-de-chaussée à demi enterré, dans une pièce plus claire et plus propre, même si la décence y reste relative.
On y accède depuis la rue des Cocus par une porte en chêne vermoulu mais solide, ornée d’une poignée en fer forgé usé. L’intérieur est sobre, organisé, mais sans luxe : des murs grossièrement blanchis à la chaux, quelques planches clouées en guise d’étagères où s’entassent armes rudimentaires, bouteilles à moitié vides et quelques objets de valeur volés.
La pièce principale est un vaste rectangle éclairé par une unique fenêtre étroite, protégée par des barreaux rouillés. Une grande table en bois brut occupe le centre, entourée de bancs solides où la bande se réunit pour discuter des affaires ou partager un repas simple. Le sol est en terre battue, partiellement recouvert d’une natte usée.
Dans un angle, une cheminée modeste en pierre grise diffuse une chaleur vacillante quand on parvient à y allumer un feu. La fumée s’échappe par un conduit étroit, et la lueur du feu projette des ombres dansantes sur les murs blanchis, insufflant une ambiance un peu plus humaine à l’endroit.
Le QG dispose aussi de plusieurs pièces annexes, encore partiellement aménagées ou inoccupées :
- Une chambre commune pour Roncin et ses lieutenants, avec paillasses, effets personnels rangés avec soin, et un coffre pour le trésor commun.
- Une petite pièce qui sert d’entrepôt, encombrée de caisses, de sacs de farine et d’objets divers, mais souvent négligée.
- Deux autres pièces restent à l’état brut, leurs murs écaillés et leurs sols inégaux n’ont pas encore été adaptés ; elles sont parfois utilisées pour planquer du matériel ou accueillir discrètement quelques visiteurs.
Quelques lanternes à huile pendent du plafond, leur lumière jaunâtre donnant à l’endroit une atmosphère tamisée, ni trop lugubre ni trop accueillante.
Ce QG reflète parfaitement le caractère de la bande : pas de prétention, mais une rigueur de fonctionnement, un nid spartiate où chaque chose a sa place, loin du désordre crasseux de la Bande des Carbots. Pourtant, il lui manque encore la robustesse, la chaleur et le charme que dégage La Garenne, repaire plus ancien, plus enraciné dans la Pointe de la Flèche.