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(S01/Ep113) Des ombres dans la fumée

November 6, 2025
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Membres présent : Aeria Athathwyth, Linus Crowley

Il faisait nuit et avec cette foutue pluie, on n’y voyait rien à deux mètres. Je regarde derrière moi au moins une dizaine de fois : personne. Je ne pense pas avoir été suivie, mais bon sang, avec ce déluge, difficile d’être certaine...

Je finis par arriver à la planque de Crowley, le Le Couteau Fantôme (Parti). Comme d’habitude, j’ai frappé. Aucune réponse. J’ai poussé la porte ; il m’attendait dans le noir, juste derrière la porte, prêt à attaquer. Il est toujours à l’affut et, au vu de ce qui allait arriver, il avait bien raison. 

Ce soir, c’était censé être LE soir. Si tout se passait comme prévu, ce salopard d’Otto Von Bessemer (Mort)serait enfin mort. 

Crowley m’a demandé si tout était prêt. Oui, évidemment. Tout était prêt.

On discutait des objectifs pendant qu’il vérifiait ses armes, quand la fenêtre qui donnait sur la rue a explosée. Une fumée a rempli instantanément la salle : un foutu fumigène. Bordel, on se fait attaquer. Aurais-je été suivie ?

Je me suis ruée à l’étage pour éviter d’être prise au piège, mais voilà que ça se met aussi à tirer sur les fenêtre de l’étage. Trois gardes de Von Bessemer étaient postés dehors, planqués derrière des tonneaux. J’ai entendu Crowley m’appeler. Il était toujours en bas et avait ouvert sa trappe secrète sous la table, celle qui descend dans les égouts d’Ubersreik. Je l’ai rejoint, mais un garde avait réussi à le toucher.  Rien de trop grave, mais ça annonçait la suite.

Avelina, le Taube Essen et la sœur de Crowley est arrivée. Membre officieux de notre petit commando, elle m’a toujours terrifié, mais je comprends pourquoi Crowley refuse de s’en séparer. À sa place, moi non plus je n’aurais jamais abandonné mon frère.

On s’est alors dirigés vers le Morgenseite, les collines des bourges, là où se trouve le manoir des Von Bessemer. Yao nous attendait déjà sur place, planqué dans un buisson. Il avait passé la matinée à surveiller les lieux et les moindres allées et venues de notre ennemi. Après avoir soigné Crowley, il nous a fait un rapport : aucune trace de la  Burgmeister, Charlotte Von Bessemer. Par contre, il a bien noté Otto et une quinzaine de garde, dont 4 dehors, devant l'entrée. Ah, et Olgierd Poigne Froide est là aussi. Le fameux garde du corps nain d’Otto.

Si Olgierd est là, Otto aussi. Enfin c’est ce que je pensais... 

Yao a proposé un plan : il y a 4 gardes. On en prend chacun un, on les tue et on rentre. Un plan simple comme ça, ça ne m’étonne pas de Yao, je crois que cet homme ne craint pas la mort. Crowley voulait servir d’appât, mais putain, on aura besoin de lui vivant si je veux tuer Von Bessemer.

Crowley s'est avancé distinctement sur le chemin pendant que Yao et moi contournions par les côtés. Les 4 gardes ont commencé à l’interpeller et lui ont demandé de poser son arbalète. Comme si ça allait l’arrêter… Il s’est exécuté en glissant quelques sous-entendus. Il ne m’en a pas fallu plus pour comprendre. Je me suis jetée sur l’un des gardes pendant que Yao brisait la nuque d’un autre. Crowley en menotte un, puis finit par lui couper les mains... Ça pissait le sang ! C’est une méthode comme une autre, tu me diras. Avelina, elle, a planté son bec dans le crâne du dernier.

Pour l’instant, ça n’avait pas l’air si dur. J’aurais dû me méfier…

On est entrés dans le manoir par la porte principale. On aurait dû passer par le côté, l’impatience sûrement. À peine dans le hall, on aperçoit Olgierd Poigne Froide. Saleté de nain. Il a une dette envers Von Bessemer, un serment même.

Alors il assure sa protection. Je ne comprends pas comment on peut servir une ordure pareille…

Bref, des tireurs se sont pointés à l’étage, à chaque recoin des couloirs qui entouraient le hall. Pour le coup, cette bagarre-là n’était pas aussi simple.

Je me suis précipitée sur un des gardes. Mais Olgierd, ce salopard m’a suivie. Pendant que Yao et Crowley abattaient les autres gardes, Crowley a fini par passer par-dessus la rambarde. Le nain m’a entaillé l’abdomen. Putain qu’est-ce qu’il est résistant. Il bouge vite aussi.

Il a rejoint et tenté d’achever Crowley qui vient de tomber du balcon. Je me suis relevée tant bien que mal pour rejoindre Crowley. Je vois que Yao aussi. Impossible de prendre l’ascendant. Finalement, alors qu’on se regarde tous à moitié mort dans le blanc des yeux, des mots commencent à être échangé et Olgierd annonce que Von Bessemer s’est enfui vers Bogenhafen et qu’il est libéré de son serment. Putain !!! 

J’ai récolté une nouvelle cicatrice pour rien. Plus de raison pour le nain de continuer le combat. Crowley lui a promis qu’ils se recroiseraient et qu’ils se battraient à nouveau. Mais le nain est parti sans épiloguer, a peine le temps de ramasser sa pipe sur un meuble. 

Tant qu’à être là, Crowley voulait fouiller le manoir. Dépitée, je l’ai suivi. On est tombés sur une pièce qui ressemblait à une chambre, avec un cercueil au milieu. Je me demande bien à quoi elle sert…. En tout cas, Bessemer s’est peut-être enfui, mais une guerrière de Laurelorn ne perd jamais sa proie, il mourra, et de ma main si nous sommes miséricordieux, sinon Crowley enverra sa sœur s’en occuper.

Bien sûr, on est partis en foutant le feu au manoir. La pluie n’a pas suffi à étouffer l’incendie. Otto nous a échappé, mais il retrouvera bientôt ce qui reste de chez lui : des cendres et une promesse. On a avancé, tels des ombres dans la fumée.