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(S02/Ep031) : Aucune compagnie ne sera jamais suffisante

June 22, 2026
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MAIS TIREZ BON SANG EU’D BOIS ! QU’EST QUE Z’ATTENDEZ ? D’VOUS FAIRE BOUFFER ? 

Sur le pont de l’Eau noire alors que ses armes se mettaient en branle contre l’ennemi qui menaçait de le submerger, les mécaniciens nains couraient dans tous les sens, suivant les ordres aboyés par leur chef, Malakai Makaisson, de temps à autre, un éclair bleuté suivi d’une forte odeur de grillade annoncé un tir des nouveaux prototypes de canons tesla. 

Une sauterelle géante atterrit sur un nain des mécaniciens nains qui commença à hurler en criant qu’on la lui retire, Malakai dégaina un de ses pistolets et tira à plusieurs reprises sur l’insecte et releva le mécanicien qui tenait toujours sa clef à molette. 

Malakai le releva et lui dit “ D’BOUT MON GARS, LACHE TON TRUC, ET VA DIRE À FRANZ QU’ON PEUT REDÉCOLLER DANS 5mn, ALORS IL F’RAIT MIEUX D’AVOIR TOUT SES GARS À BORD”

Une heure plus tôt.

Le dirigeable de l’Eau Noire fendait les cieux gris de la Mer de Tilée depuis plusieurs jours déjà. Les derniers renforts promis par le capitaine Franz Lohner avait finalement rejoint la compagnie au terme d’une récupération aussi rapide que périlleuse dans les collines de l'île de Sartosa. Parmi eux se trouvent deux ogres massifs, Bragg le Tripier et Vraag Dévore-moile dont la simple présence fait gémir les planchers sous leur poids. Arkady Moroshkin  Un pope kislevite au regard sévère. Ainsi que deux vétérans des Aigles du Stirland Konrad Reinhardt et Otto Drakenberg, des hommes marqués par des années de guerre, vétéran de la bataille d’Ubersreik contre les skavens aux cotés de Inge Taschner

Depuis le pont supérieur, l’île de Sartosa s’est dévoilée lentement sous les rayons d’un soleil pâle.
Même à cette distance, la cité pirate est impossible à manquer.
Accrochée à flanc de falaises rocailleuses, la ville ressemble à un amas chaotique de tours, de quais, de tavernes et de fortins construits les uns sur les autres. Des centaines de navires encombrent sa rade : galions marchands, corsaires estaliens, bâtiments tiléens, épaves rafistolées et bâtiments dont les pavillons changent selon les besoins du jour. Une forêt de mâts domine l’horizon tandis que les remparts croulent sous les canons.
Mais Sartosa n’est pas qu’une ville.
L’île entière s’étend bien au-delà de ses quais.

Au nord s’étalent de vastes champs balayés par les vents marins. Plus loin surgissent des collines couvertes de broussailles, des vallées et des petites chaînes montagneuses dont les sommets disparaissent parfois dans les nuages. De sombres bois s’accrochent aux reliefs les plus escarpés. Des ravins profonds découpent les terres sauvages. Certaines zones paraissent plus hostiles encore que la terrible Drakwald, les forêts les plus reculées de l’Empire.
Et partout, autour de l’île principale, se dispersent des dizaines d’îlots rocheux reliés entre eux par d’immenses bancs de sable. Certains émergent à peine de la surface. D’autres disparaissent complètement sous les vagues avant de réapparaître quelques heures plus tard. Un véritable labyrinthe marin capable de briser la coque du navire le plus prudent.
Pourtant, l’Eau Noire ne dévie pas de sa route.
La boussole poursuit inlassablement son étrange mission.
Quelque part sur cette île se trouve le second Champion.
Alors que le dirigeable longe les plages désertes et les criques isolées, quelque chose attire progressivement tous les regards.
À l’intérieur des terres. Une tempête d’une taille monstrueuse.

Des nuages vert sombre s’élèvent sur plusieurs kilomètres dans le ciel. Des éclairs émeraude serpentent continuellement à l’intérieur de la masse nuageuse. Le vent qui s’en échappe plie les arbres, soulève des colonnes de sable et fait écumer la mer jusqu’à plusieurs lieues à la ronde.
Franz Lohner monte alors jusqu’au poste du timonier où Malakai Makaisson surveille déjà le phénomène avec une curiosité toute naine.
Une longue discussion s’engage, savoir s’il est possible de contourner la tempête, s’il faut rebrousser chemin, mais la boussole continue de pointer droit vers son cœur.
Finalement, Franz prend sa décision. L’Eau Noire avancera.
Malakai éclate d’un rire tonitruant.
« Une tempête ? ÇA ? Bah ! J’ai vu pire sortir des toilettes d’un campement ogre ! »

Et sur son ordre, les moteurs poussent davantage. Le dirigeable s’engage dans la masse nuageuse, immédiatement, les vents se déchaînent et le pont se met à trembler, les hélices à vrombir sous l’effort, et rapidement, la visibilité tombe à quelques dizaines de mètres.
Un nouvel éclair illumine les nuages, puis un autre, puis dix autres.
L’Eau Noire gémit de toute sa structure, même Malakai cesse progressivement de sourire et le dirigeable est secoué de tous côtés.
Un unique éclair frappe le navire,  l’impact frappe directement le poste du timonier. Le choc résonne dans toute la structure. Des gerbes d’étincelles jaillissent des mécanismes, Le dirigeable bascule brutalement sur bâbord. Des hommes sont projetés au sol.
Et soudain...

La sensation insupportable de chute, L’Eau Noire plonge et le sol surgit à travers les nuages. L'impact avec le sol secoue la carcasse du dirigeable, 
Rapidement le navire s’immobilise dans un hurlement de métal déchiré.
Lorsque la poussière retombe et que les oreilles cessent de siffler, chacun réalise une chose étrange.
La tempête est toujours là.
Les éclairs brillent encore dans les nuages. Pourtant, à l’intérieur de ce gigantesque mur de tempête… L’air est calme.
Le vent n’est guère plus fort qu’une brise printanière. 
Comme si toute la violence restait prisonnière d’une immense barrière invisible.
Franz Lohner finit par se relever en s’époussetant.
Il observe d’abord les dégâts. la tempête devenue silencieuse.  Il Observe les terres inconnues qui entourent l’épave.
Puis il se tourne vers la compagnie.

« Bon. Puisqu’on est là... autant éviter de mourir comme des idiots. 
 Deux groupes. Sécurisez les environs. Je veux savoir où nous sommes tombés et ce qui vit dans ces bois. »

Derrière lui, Malakai hurle déjà sur ses mécaniciens.
Des nains courent dans tous les sens avec des outils, des marteaux et des jurons.

Une heure plus tard.

Alors que deux groupes envoyés en éclaireur, l’un à pied, l’autre avec la diligence motorisé sécurise les alentours du dirigeable,  Franz observe les alentours depuis le pont, depuis quelques minutes avec une longue vue. 
Alertés d’abord par des coups de feu épars, il observe dans la lentille les gerbes de sang vert et les compagnons se débattre contre une nuée chargeant dans leur direction. 

Des gigantesques insectes, certains volant comme des sauterelles monstrueuses, surgissaient de tous côtés. Leurs corps étaient protégés par une carapace chitineuse aux reflets huileux, segmentée en plaques épaisses striées de cicatrices et de crevasses sombres. Leurs longues pattes articulées se repliaient sous eux avant de les projeter dans les airs par bonds prodigieux, tandis que des ailes membraneuses bourdonnaient dans un vacarme incessant.

Parmi la nuée se distinguaient des créatures encore plus massives. Celles-là ne volaient pas. Elles fonçaient droit devant elles, basses sur leurs appuis, leur énorme tête protégée par une plaque osseuse bombée ressemblant à un bélier vivant. Leurs épaules démesurées soulevaient des gerbes de terre à chaque foulée et rien ne semblait pouvoir ralentir leur charge.

Derrière eux grouillaient des dizaines d'autres spécimens plus petits, hérissés de griffes recourbées et de mandibules capables de déchiqueter un homme. Leurs yeux multiples luisaient faiblement sous les replis de leur carapace, et leurs mouvements saccadés donnaient l'impression d'une marée vivante avançant à une vitesse terrifiante.

À travers sa longue-vue, Franz apercevait les impacts de balles et de lames éclater sur les carapaces dans des projections de sang vert épais, mais la masse continuait d'avancer, comme poussée par une volonté unique et aveugle. Les insectes ailés bondissaient au-dessus des premiers rangs tandis que les colosses cuirassés ouvraient la voie, écrasant tout sur leur passage.
Franz abaissa enfin sa longue-vue.

— Qu'est-ce que c'est que ce bordel...

Le vacarme des tirs s'était transformé en un grondement continu. Dans la plaine, les deux groupes de mercenaires n'essayaient déjà plus de tenir leurs positions. Ceux partis à pied reculaient en ordre dispersé, tirant par-dessus leurs épaules tout en cherchant à conserver une formation cohérente. Plus loin, la diligence motorisée soulevait derrière elle un immense panache de poussière, son moteur rugissant à plein régime tandis qu'elle rebroussait chemin vers le dirigeable.

Les créatures, elles, gagnaient du terrain.

Les insectes bondissants franchissaient les obstacles d'un seul saut, retombant dans des nuages de terre avant de repartir aussitôt. Derrière eux, les mastodontes cuirassés labouraient le sol sous leur charge aveugle, renversant buissons et rochers comme s'ils n'existaient pas.

— Ils reviennent sur nous ! cria quelqu'un sur le pont.

Franz n'attendit pas davantage.

— Batteries prêtes ! Ouvrez le feu dès qu'ils entrent dans la zone !

Les ordres furent relayés dans tout le dirigeable.

Quelques secondes plus tard, les canons de l'Eau Noire tonnèrent.

Une déflagration secoua la nacelle tandis qu'un premier obus s'écrasait au milieu de la nuée. Une gerbe de terre, de fragments de carapaces et de sang verdâtre monta dans les airs. Puis un second tir suivit, puis un troisième, chaque impact ouvrant des brèches momentanées dans la marée grouillante.

Les mercenaires continuaient pourtant de courir.

Franz distinguait leurs silhouettes qui se rapprochaient du dirigeable à toute vitesse, certains jetant régulièrement un regard paniqué derrière eux. La distance diminuait, mais les insectes ne ralentissaient pas.

— Tesla ! GARE AU REBOND !  hurla Malakai.

Les bobines installées sous la coque s'illuminèrent d'une lueur bleutée.

L'instant suivant, des éclairs jaillirent dans un crépitement assourdissant.

Les arcs électriques balayèrent le terrain en éventail. Ils frappèrent les premiers rangs des créatures avant de bondir de corps en corps. Des silhouettes entières se figèrent sous la décharge, leurs membres tendus dans des postures grotesques, avant de s'effondrer en dégageant une fumée âcre.

D'autres éclairs suivirent.

Le champ de bataille fut soudain traversé par des réseaux de lumière bleue qui zébraient l'air comme des racines lumineuses. Les insectes volants tombaient par dizaines, leurs ailes carbonisées se désintégrant dans leur chute. Même certains des énormes chargeurs ralentissaient sous la violence des décharges, leurs carapaces parcourues d'étincelles.

Mais ils continuaient d'avancer.

— Plus vite ! Plus vite, par Sigmar ! gronda Franz en serrant la rambarde.
La diligence motorisée fut la première à atteindre le hangar de l’eau noire sous le dirigeable. Elle passa à toute allure sous l'ombre de l'appareil tandis que les servants des canons tiraient presque au-dessus de son toit.

Les éclaireurs à pied arrivaient maintenant derrière elle, essoufflés, couverts de poussière et de sang. Certains avaient abandonné sacs et matériel dans leur fuite. D'autres soutenaient des blessés qui peinaient à rester debout.

Derrière eux, la marée chitineuse se rapprochait toujours.

Et malgré les explosions, malgré les éclairs qui labouraient leurs rangs, Franz distinguait encore des centaines de silhouettes qui émergeaient de l'horizon, comme si toute la plaine elle-même s'était mise à ramper dans leur direction.

Franz observa les derniers éclaireurs franchir la rampe tandis que les servants continuaient de tirer presque à bout portant sur la horde qui se rapprochait.

— Rampe relevée ! larguez les amarres ! hurla-t-il.

Des cloches sonnèrent dans les entrailles du dirigeable.

L'immense enveloppe vibra tandis que les moteurs se mettaient à rugir. Lentement d'abord, puis avec une assurance croissante, l'Eau Noire s'arracha au sol.

Sous eux, les insectes atteignirent l'endroit où le dirigeable avait stationné quelques instants plus tôt. Les plus gros se jetèrent contre les ombres mouvantes projetées sur le sol tandis que les créatures bondissantes tentaient encore d'atteindre la coque dans des sauts désespérés.

Le navire prit de l'altitude. 
Pendant plusieurs minutes, personne ne parla.

Le pont empestait la poudre, l'huile brûlée et l'ozone. Plusieurs marins s'affairaient déjà autour des dégâts. Une partie des bobines Tesla fumait encore. Des plaques de blindage pendaient le long du flanc tribord et l'un des canons principal avait été tordu par un recul mal amorti.

Franz contemplait l'horizon.
Partout : Des colonnes de fumée verte, Des terres dévastées.
Et ces maudites créatures qui semblaient surgir de nulle part.
Un bruit de bottes lourdes résonna derrière lui.

Malakai Makaisson arriva en essuyant ses mains couvertes de graisse sur un chiffon déjà noir de suie.

— Bon.

Le nain cracha par-dessus bord.

— On va où maint'nant ?

Franz ne répondit pas immédiatement.

— Parce qu'j'te préviens, cap'taine, les moteurs sont rincés, les bobines crachent des étincelles là où elles devraient pas, et y'a une chaudière qui fait un bruit qu'j'aime pas du tout.
Le nain désigna d'un pouce l'arrière du dirigeable.

— Alors faut m'dire où on fout l'cap avant qu'ce tas d'ferraille décide tout seul d'exploser.

Franz serra la mâchoire.
Il n'aimait pas la réponse, mais alors pas du tout.

Il finit pourtant par soupirer :

— Cap sur Sartosa.

Malakai fronça les sourcils.

— Sartosa ?

— Sartosa.

— C’teu ville de fumiers ? 

— Oui.

Le nain grogna quelque chose d'incompréhensible dans sa barbe.

— Par les burnes d'Grungni... Voilà qu'on va demander d'l'aide à des voleurs maint'nant.

Franz continua d'observer les terres qui défilaient sous eux.
Son regard se posa sur les ouvriers qui inspectaient les dégâts du navire.

— l'Eau Noire ne tiendra pas longtemps dans cet état, on peut pas avancer à l’aveugle, tu as vu la même chose que moi, on est pas de taille tout seul.

Malakai suivit son regard.

— Il nous faut des informations. Des cartes. Des éclaireurs. Des mercenaires supplémentaires. Peu importe qu'ils soient pirates, contrebandiers ou criminels, tant qu'ils savent se battre.

Le nain hocha lentement la tête.

— Bon.

Il cracha une seconde fois dans le vide.

— J'aime pas l'idée.

— Moi non plus, mais aucune compagnie ne sera jamais assez pour un merdier pareil.

Le nain s'arrêta.

— Si on va à Sartosa avec un moteur qui tousse et des bobines qui fuient, les pirates vont nous dépouiller avant même qu'on touche le port.

-Je vais demander audience aux gouverneurs de Sartosa Durad & Valek, ce sont des trous du cul mais on les connait un peu.

-Faudra pas qu’on s’étonne si on trouve des emmerdes alors.

Puis Malakai disparut dans les entrailles du dirigeable en beuglant déjà des insultes à destination de son équipage.

Franz resta seul sur le pont.

Au loin, vers l'est quelque part au-delà de la mer, se trouvait Sartosa.

Et avec un peu de chance, les alliés dont ils avaient désespérément besoin.