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(S02/Ep045) 3 rencontres pour 3 Compagnons

July 20, 2026
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Membres : Olgierd Poigne Froide, Yusuf Neb-Seni Wilhelm Sachs

Franz nous a convoqués dans son bureau, et je savais déjà, avant même qu'il n'ouvre la bouche, que la journée n'allait pas être de tout repos. Nous avions déjà cédé quatre-vingt pour cent du butin à Long Drong Silver ; il fallait désormais lui proposer autre chose, un accord qui tienne, qui le retienne surtout. Une place au Conseil pirate de Sartosa, peut-être. Franz veut le rallier à notre flotte de corsaires — il nous faudra du monde, et du solide, si nous voulons tenir face à la flotte de Rackham Barbesargasse.

Nous sommes donc allés le trouver à la taverne, où son équipage menait un chahut comme on en voit rarement. Olgierd s'évertuait, sans grand succès, à empêcher une bande de nains complètement ivres de vider nos réserves de bière. C'est Long Drong lui-même qui a fini par ramener le calme, avec un charisme assez impressionnant . Une fois les nains soûls écartés, j'ai pu enfin l'aborder et tenter de le convaincre de rejoindre notre alliance contre Culte de Stormfels.
Long Drong nous a appris qu'il manquait un nom à l'appel :  le Jarl Axel Skallson, retranché sur l'île norse de Kaldoy, épaulé par une chamane. Le Jarl mène une flotte de 10 bateaux, remplis de Norses. Un appui dont nous ne pouvons pas vraiment nous passer. Toujours est-il que Long Drong Silver accepte de rejoindre notre cause, et nous serre la main pour sceller sa participation, un geste qui, chez lui, vaut tous les serments. 
À peine les nains partis, le Le Squale (mort) a fait son apparition dans la taverne, se plaignant de l'accueil qu'on lui réservait sur ce navire et refusant, avec sa délicatesse habituelle, qu'on lui serve quoi que ce soit. Il nous a mis la pression sur la présence de Long Drong, sur Skallson, sur le nombre de pirates que nous fréquentions ces derniers temps : il voulait clairement nous tirer les vers du nez. Yusuf a eu la répartie juste : à Unknown, on est entouré de pirates dès qu'on pose le pied sur le port, impossible d'y échapper. Nous avons dû camoufler nos intentions du mieux possible. Le Squale n'aime pas les Norses mais il a étrangement fini par croire ce que Yusuf lui racontait, même si ça partait plutôt mal initialement. Cette ordure s’est plaint de l'absence de draps de soie dans sa cabine avant de repartir, j’espère ne pas avoir à le recroiser de si tôt.
Je ne saurais dire pourquoi, mais sa seule présence a suffi à me faire bouillir le sang. Je suis allé trouver Franz, furieux. Il m'a rappelé sa promesse : je serai le premier à pouvoir planter une dague dans ce fumier. Ça ne m'a pas calmé pour autant. Olgierd a tenté de me raisonner, avec la patience qu'on lui connaît, mais certains souvenirs ne s'effacent pas si facilement. Je crois qu'il a vu, dans mon regard, une douleur qu'il connaît peut-être lui aussi ; en tout cas, l'empathie qu'il m'a montrée m'a fait du bien, même si je n'étais pas en état de l'admettre sur le moment. 
Nous avons ensuite pris la direction du château de Durad & Valek pour prendre des nouvelles d'Emma Silberbauer. Les gardes à l'entrée, à la dentition aussi douteuse que leur élocution, nous ont d'abord bloqué le passage, une lance pointée sur la poitrine de Yusuf. Il a fallu batailler pour comprendre qu'on nous renvoyait vers l'intendant. Et c'est là que les choses se sont corsées : l'intendant n'était autre que Lukas Faber, une vieille connaissance de Yusuf, celui-là même qui l'avait vendu comme esclave à Sartosa. Le jeune homme a affiché un sourire carnassier en le reconnaissant. Les menaces ont fusé, mais Yusuf a tenu bon : nous n'étions pas là pour lui, mais pour voir Barbesargasse, malheureusement absent ce jour-là. Faber nous a finalement laissés entrer voir Durak et Valek.

L'accueil qu'ils nous ont réservé n'a pas été pour me réjouir : trop de mauvais souvenirs avec ces deux vendus, pour moi. L'un des nains présents nous a confié que Barbesargasse n'avait donné qu'un seul ordre ces derniers temps : amasser de la poudre et préparer un siège, contre des insectes semble-t-il. « Nous, on est malins, nous a-t-il dit, on a toujours su profiter de notre rang de subordonnés, jamais de chefs. Mais ça commence à sentir mauvais. Le vent tourne, peut-être. » Durak et Valek, eux, n'ont pas cherché à nous mentir : ils ont trahi plusieurs fois, et sont prêts à recommencer, en spécialistes qu'ils sont. En échange de la disparition de Barbesargasse, ils veulent devenir gouverneurs de Sartosa, et que le reste des pirates se plie à leurs exigences. Je me suis dit qu’ils ne manquaient pas de toupet, mais leur stratagèmes successifs ont plutôt portés leurs fruits jusqu’à présent.

Nous avons ensuite abordé le sujet d'Emma. Durak et Valek en ont assez d'elle : elle se plaint tout le temps, refuse de jouer au criquet avec eux, elle n'est « pas drôle ». Yusuf et moi leur avons rappelé que c'était plutôt normal, pour une otage : mais à quoi bon, nous n’avons pas à faire à des philosophes de haut rang. Nous l'avons aperçue de loin, déversant sa rage sur les mitrailleuses du château : c’est le seul contact que nous aurons avec elles.
Enfin, il nous restait à nous rendre sur l'île de Kaldoy, pour rencontrer le capitaine norse. Un gyrocoptère nous y a déposés sans encombre, ou presque : Olgierd a vite repéré qu'une dizaine de trappeurs nous encerclaient. « Nous venons en paix ! » ai-je lancé, sans grande conviction. Les trappeurs se sont montrés, puis le sol lui-même a semblé s'animer : des racines ont commencé à ramper vers nous. Au loin, une flamme bleue dansait dans la main de la chamane du clan. Elle nous a encerclés de ses racines, sa puissance magique presque palpable, nous parlant de ses rituels et de la pureté des nains, avant de se présenter : Freydis Hrafnsdóttir.

Elle nous a réclamé des présents pour le Jarl. J'ai donné une potion de puissance de rang trois, Yusuf une rune de puissance, Olgierd sa propre chope. Elle nous a menés plus loin dans l'île, où nous avons croisé des hommes et des chiens, puis un spectacle qui m'a glacé : un homme sans la moindre blessure, hurlant pourtant à s'en déchirer la gorge. Mordu par un insecte en forêt, nous a expliqué la chamane, il était depuis pris d'une fièvre terrible. En l'examinant, nous avons vu que son mollet n'était ni rouge ni gonflé, mais comme atrophié, mangé de l'intérieur. Olgierd a repéré le premier le mouvement sous la peau : des larves d'insectes s'y développaient. La chamane a choisi de le brûler sur-le-champ ; nous nous sommes chargés d'abattre les deux créatures qui ont tenté de s'en échapper au dernier moment. Sigmar sait quelles auraient été les conséquences si ces bestioles avaient échappé à nos coups.
La chamane est repartie inspecter le reste des hommes de son clan, et nous a laissés poursuivre seuls jusqu'au Jarl. Il nous a reçus, a accepté nos présents avec une moue qui ne trompait personne : de la pacotille, pour lui. En même temps, une putain de chope Olgierd ? Faut pas s’étonner que le Jarl nous prenne pour des soldats échoués sur son île. Nous avons parlé stratégie : il connaît nos affaires, et veut lui aussi devenir gouverneur de Sartosa. Nous avons joué sur l'honneur et la gloire d'abattre Barbesargasse, et avons présenté Long Drong comme un élément à la fois gênant et digne de jalousie, dans l'espoir de le pousser à agir avant que le nain pirate ne rafle toute la lumière. Problème : le Jarl veut expressément ne pas combattre avec le capitaine nain, encore un problème pour notre Compagnie …

En rentrant, j'ai repensé à tout ce que cette journée avait charrié de vieilles rancœurs : le Squale, Durak et Valek, Faber. On dirait que Sartosa n'est faite que de dettes non soldées et de trahisons en sommeil. Je ne sais pas combien de temps nous pourrons tenir ces fils sans que l'un d'eux ne nous échappe. Ainsi s’achève notre virée dans Sartosa, en revenant avec peut-être plus de questions que de réponses …