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S17 - Recherches sur les Monstres

December 18, 2025
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Torlee, on a un peu de temps avant que les autres n'arrivent, et ce fantôme cherche à nous effrayer. Tout laisse penser qu'en l'état actuel il ne semble pas capable de s'en prendre à nous physiquement mais il mine notre moral et notre psyché pour peut être se répandre de l'enfant vers nous. Tu sais comment certains prêtres et moines récitent des mantras pour épurer leur esprit ? Je vais essayer de faire quelque chose de similaire en nous remémorant les évènements récents. Je vais essayer de vous expliquer les choses dans l’ordre. C'est important que tu te comprennes les émotions profondes de ces péripéties afin de ne pas te laisser distraire par ce que tente de faire cet Evanescent, l'empathie permet de créer des liens alors que cet esprit cherche à isoler. 

La baronne nous a confié cette chasse pour cet autre monstre que tu avais croisé de nuit en ville (Vaincre le Monstre de Leshehoff) mais ne nous a pas accordé ni de passe-droit, ni de privilège particulier si ce n'est la possibilité de signaler que nous agissons pour son compte. Souviens toi de ce que tu as ressenti lorsque tu as réalisé qu'un nouvel espoir de sauver les Hommes-Bêtes captifs s'est volatilisé alors même qu'il se matérialisait dans ton esprit : colère, désespoir, simple déception ? 

Nous avons commencé par reprendre ses notes. Elles étaient… très incomplètes. La plupart du temps, il ne restait presque rien des victimes : des fragments de corps, parfois méconnaissables. Plusieurs éléments ressortent cependant des attaques passées : 

  • Attaques uniquement de nuit. 
  • Victimes isolées, une seule fois y a t il eu deux victimes la même nuit. 
  • Aucun lien apparent entre les victimes. Leur seul point commun semble être de s'être rendues seules dans un certain quartier au sud de la ville
  • Personne n'a survécu à une rencontre avec le monstre. 
  • Utilisation d'une arme tranchante brandie avec une force inédite. 
  • Après étude des corps plus tard j'ai découvert aussi que le monstre use aussi d'un énorme crochet comme ceux pour accrocher les carcasses de bétail dans les abattoirs. 

Pendant que tu allais prévenir Madalina et les siens que nous ne pourrions finalement pas les escorter, nous nous sommes rendus à la cathédrale de l’Inquisition du Seigneur de l’Aube. Il nous fallait après tout faire part de notre rapport sur la caravane (Retrouver la Caravane de l'Inquisition) et après avoir échoué à trouver un remède pour la corruption de la grande mite chez l'alchimiste et chez la baronne, nous n'avons plus d'autre choix que de demander à ces zélotes religieux.
Après nous être présentés, l’un des gardes est rentré nous annoncer tandis que l'autre a murmuré quelques mots à une pierre. Etait-ce une prière ? 

Deux représentants sont venus à notre rencontre et nous ont conduits à vers la cathédrale qui est en fait l'Abbaye. Victor Tarasov que nous avons déjà rencontré n'est rien d'autre que leur "Grand Inquisiteur". À l’intérieur de l’enceinte, un bâtiment sert de mausolée, nous le passons pour rentrer dans le bâtiment principal où une statue monumentale s’y dresse : un homme barbu, âgé, sculpté dans la pierre et la lumière, à l’effigie de Saint Zharkov, leur fondateur.

Il y avait… des cris. Brefs, étouffés. Ils venaient des différentes ailes de la cathédrale. Les soldats de l’Inquisition s’entraînaient dans une cour, mais pas comme on l’entend habituellement. L’un d’eux a tranché le flanc de son camarade. Un prêtre est intervenu pour le soigner, puis a ordonné de reprendre l’entraînement, comme si de rien n’était. C'est presque comme si l'entrainement était davantage un prétexte pour s'infliger du mal qu'un moyen de progresser. 

Nous avons traversé une salle de scribes à l'étage ensuite avant d’être conduits dans une bibliothèque où nous attendait Victor Tarasov. Je lui ai exposé les faits, aussi clairement que possible sans évoquer le fait que nous avons discuté directement avec ces Serviteurs d'Agrona
Je reconnais avoir commis une petite erreur de jugement en permettant à Jennistra de rentrer là bas et de prendre la parole car elle n'a cessé de tenter de le provoquer - ce qui a vite mis un froid à nos échanges. 

Il nous a fait remettre une récompense malgré que nous soyons revenus bredouille : mille deux cent cinquante pièces d’or. J’ai jugé prudent de rendre une partie de cette somme comme don personnel afin d’adoucir les tensions et de compenser les affronts répétés de Jennistra. J'étais en colère contre elle car nous avons besoin d'eux plus qu'ils n'ont besoin de nous ! Enfin, c'est ce que je pensais savoir. 

Je réfléchissais à comment aborder avec le Grand Inquisiteur la corruption présente dans la mine qui nous a affecté mais c'est comme s'il a lu mes pensées. Directement après avoir remis la récompense, il a en effet évoqué le mal qui nous ronge chacun, qu'il pouvait voir ou sentir en chacun de nous. 
Je pensais qu'il s'agissait là de notre fin, la peur s'est mise à m'envahir et je commençais déjà à regarder par où tenter de nous enfuir. Heureusement, au lieu de menaces et de colère il s'est contenté de dire qu'il pouvait soigner cela, si tant est que nous acceptons de contribuer au travail de l'Inquisition en leur accordant un don. Je n'ai jamais été soulagée qu'à ce moment là, après avoir eu un simple aperçu du genre d'horreurs qu'il inflige à ceux qui font un pas de travers ou qui ont le malheur de naître différents, je pensais qu'entre le mal qui nous rongeait et les commentaires déplacés de Jennistra ce serait notre fin... 

Krostom s'est dévoué immédiatement pour être guéri, j'ai vu qu'outre une grande fatigue il ne semble pas y avoir d'effet particulièrement nocif. Quand il a posé sa main sur son épaule, c'est comme si c'était toujours bien la lumière divine de Lathandre qui purifiait l'âme et le corps. Alors que cela se produisait sous mes yeux, j'ai aussi compris que nous sommes sur la bonne piste pour y arriver aussi avec les notes de l'alchimiste Valborg : pour t'expliquer de manière simple, cette corruption de l'âme et du corps peut être détruite avec des agents pathogéniques puissants, il me faut juste un peu plus de temps et de tester certaines de mes concoctions sur des créatures affectées pour pouvoir répliquer cette magie divine avec mes moyens à moi. 
La honte que je ressentais à choisir de nous faire soigner par quelqu'un qui torture ceux qui leur sont différents était grande mais légèrement compensée par la confirmation que j'étais sur la bonne piste. Il me faut juste développer la formule. 

Nous nous faisons tous guérir par lui. Jennistra se sent en confiance et lui demande d'où viennent les Fleurs de Gulthias. Il se contente de nous confirmer ce que nous savions déjà : selon lui, les Fleurs de Gulthias poussent toujours à proximité de l’antre de Czerina. Cependant une information intéressante ressort de cela : il considère la Reine Sanglante comme une ennemie. 

Avant que nous partions, Victor Tarasov nous dit qu’il ferait de nouveau appel à nous. Il parlait d’un mal plus insidieux encore que celui du monstre de Leshehoff, un Mal enraciné au cœur même de Leshehoff. Il n’a pas précisé de quoi il s'agissait mais cela a fortement aiguisé ma curiosité : parlait-il du Consortium des marchands de Wreythau ? De la baronne Ekaterina Thornheim ? D'autre chose ? 

De ton côté, comme tu m'as expliquée en arrivant à la hutte où Madalina et sa famille devaient se trouver tu as trouvé une demeure quasiment vide. Il ne restait que cette petite lettre, signée de la main de la tailleuse. Laisse moi la relire rapidement. 
“À nos sauveurs qui nous ont fait sortir”  écrit-elle. Elle explique qu'une druide les avait trouvés, apparemment sage et généreuse, probablement Mata Yezinka. Elle leur avait proposé de les conduire jusqu’à Caeltos. Et ils ont accepté. Elle nous remercie longuement et nous invite à les rejoindre là-bas, pour un cadeau qu’ils souhaitent nous offrir. 

Nous nous sommes ensuite rendus au charnier. La terre y est noire, couverte de cendres. En réalité, les corps les plus récents sont conservés dans une petite maison à proximité, enroulés dans des draps, probablement en attente d'être incinérés. Plusieurs gardes montaient la garde, tous tournés vers la forêt, comme s’ils redoutaient quelque chose.

Vingt-six corps au total. Cinq mis à l’écart : les plus récents. Quatre encore relativement bien conservés. Le dernier… disloqué, réduit à des morceaux dans un sac. Tous sont morts de blessures infligées par une arme tranchante, rudimentaire, sale. Au moins une - peut-être deux - victimes présentent une perforation étrange : large, arrondie, comme laissée par un crochet gigantesque. La mort a été rapide. Peu de coups, mais portés avec une efficacité brutale...

Ah vois tu la lumière qui approche de la porte ? C'est sans doute eux qui arrivent. J'espère en tout cas. L'inquisition verrait sans doute d'un mauvais œil ce genre de possession... Oui c'est bien eux, on les entend se plaindre malgré le mur qui nous sépare. Soyons exhaustives avec eux afin qu'ils puissent nous aider à choisir la meilleure solution. 

Vous arrivez tous au bon moment, je vais vous expliquer. Avec Torlee, nous nous sommes rendues ici chez l’alchimiste Valborg. Je voulais voir Tabea Valborg, l’enfant car j'avais promis à sa mère de passer pour l'ausculter. En guise de bienvenue, la jeune fille m’a dit que “Monsieur Splinter” serait ravi de faire de la corde à sauter avec mes entrailles. Outre l'aspect assez choquant venant de la bouche d'une jeune fille, j'ai relevé là un premier élément étrange qui va dans le sens d'une possession et pas juste de délusions enfantines : un enfant de cet âge ne sait en général pas comment fonctionne le système digestif et n'a pas connaissance des intestins et du fait qu'il serait en effet techniquement possible de faire de la corde à sauter avec. 

En commençant mon examen médical, j’ai vite compris que quelque chose clochait : tous mes instruments tranchants avaient disparu de ma trousse. Torlee les a retrouvés un peu plus loin, sous une fenêtre. Elle a vu par la fenêtre un visage déformé et terrifiant, aux dents couvertes de sang. Selon Monsieur Splinter, ce n’était que le reflet de la fadette dans un avenir proche. Là encore, étrange, tu as crié mais il n'y avait aucun moyen de savoir que c'était un visage que tu y avais vu. 

Physiquement, l’enfant va bien. Lorsque j’ai entamé l'examen psychologique, j'ai commencé en demandant ce que désirait ce cher Monsieur Splinter, et en guise de seule réponse, l'espace d'un instant j'ai senti posée sur mon épaule une longue main, fine et glaciale.

Le mari de Sybilla Valborg, l’alchimiste, a disparu il y a presque un mois. L’Inquisition l’a emmené, l’accusant de sorcellerie et de pactes démoniaques. Tabea a commencé à parler de Monsieur Splinter peu après, d’abord rarement, puis de plus en plus souvent. Son père rencontrait des gens dans la forêt. Il a probablement demandé quelque chose… qu’il n’aurait pas dû. Tout laisse à penser qu'il cherchait à sauver sa fille de cette emprise maléfique. 

Sybilla a confirmé que son mari tenait un carnet de notes qui est vraisemblablement très important pour libérer de l'emprise de cet être car chaque fois qu'elle tentait de s’en approcher, elle sent une présence qui l’en empêche directement.

Après concertation avec Torlee nous avons décidé d'agir et d'aider. De plus en plus cet esprit est capable d'agir sur le monde, s'il peut déplacer des objets tranchants, combien de temps avant qu'il puisse directement blesser quelqu'un ? On vous a donc contacté à ce moment là par pierre d’envoi : un démon se trouve dans la maison de l’alchimiste et nous nous apprêtons à agir. Merci Bexoria d'avoir répondu que tu viendrais.

Pendant ce temps de ce que j'ai compris, Jennistra a retrouvé un contact de l’Inquisition qu'elle a pu faire dans l'abbaye elle même pendant les quelques minutes pendant lesquelles Victor Tarasov s'était absenté pour chercher notre récompense. Le Père Cyprian. Et donc Jennistra, il t'a demandé de promettre de ne rien révéler de votre échange en dehors de notre groupe, je peux comprendre car dire que le véritable danger serait Saint Zharkov lui-même risquerait de ne pas plaire à beaucoup de gens dans cette Abbaye

Si je comprends bien, il y aurait eu autrefois un grand paladin de Lathandre du nom de Frey qui était venu aider ces terres, accompagné d'un ange, Zharkov. Ils auraient tenté de s’opposer à la reine Czerina en levant une armée. Elle se serait vengée en s’appropriant le second de ce paladin, Ysemgrin. Tu as raison Krostom, c'est bien ce que représentait le tableau vu dans l'épave (S06 - Echos du Passé) : le paladin mort, l’ange fuyant, l'armée en déroute. La fin de Frey. 

Cet ange qui accompagnait Frey a disparu pendant des siècles. Puis, il y a environ cent cinquante ans, Zharkov est revenu prêcher le Seigneur de l’Aube et a pris le titre d'Abbé. Quelques décennies plus tard, l’abbé est mort, a été béatifié… et remplacé par un autre. Mais selon le Père Cyprien, il s’agit pourtant du même abbé, du même Saint Zharkov. Cet ange serait redoutable au combat, il maniait des armes de feu et de toute évidence le feu ne sera donc pas une solution contre lui. Mais la reine l’a déjà mis en déroute : il n’est donc pas invincible.

Intéressant, ce cher père Cyprian vous aurait donc aussi donné l'incantation permettant d'atteindre l’Abbé par un passage secret dans l'abbaye. Dont les mots seraient : Ignis pluat sanguine, muri inquinatus. Cela signifie « Que le feu et le sang pleuvent, que les murs soient profanés ». Cette locution m'a tout l'air de mener vers un piège éhonté, je ne suis pas certaine de faire beaucoup confiance à cet ecclésiastique. 

Oui, je vois que vous souhaitez que je vous parle davantage du danger qui nous guette ici. J’ai toujours avec moi un gros grimoire que vous avez dû remarquer, il est titré Observation et classification des syndromes nécrotiques animés, dans lequel j'y ai trouvé une mention des créatures dites Evanescentes. Elles ne possèdent pas leur hôte, mais s’y accrochent comme à une ancre. Pour se débarrasser de ce genre de créature, il y a plusieurs options :

  • Mettre fin à ce qui a provoqué leur venue. Pour en savoir plus sur ce sujet, le journal serait la seule piste possible. 
  • Accomplir un rituel de bannissement - avec de l’onyx et quelques autres ingrédients relativement rares - attention, il faudrait faire “boire” l’esprit, pas l’hôte. 
  • Discuter et négocier le départ de l'esprit directement avec ce dernier, enfin, par le biais de Tabea Valborg probablement. Je crains que son prix ne soit pas du genre que l'on puisse payer. 
  • Si l'hôte meurt, l'esprit se dissipe et repart vers l'au-delà. Radical et moralement questionnable mais efficace et présentant des risques minimes. 

Les différentes options se valent à peu près toutes, chacune présentant ses propres risques et vertus.

Voilà où nous en sommes. Quelle serait l'option que vous préfèreriez ?