1. Characters

Elarion Nightrun

Elarion est un elfe des bois originaire de la Misty Forest, formé dans l’ombre au service du roi Melandrach. Très tôt, son intelligence froide, sa discrétion et son talent pour observer sans être vu l’ont distingué des autres éclaireurs de son peuple. Là où d’autres servaient la forêt par l’arc ou la garde des frontières, Elarion apprit à servir par le silence, l’infiltration et l’information.

Lorsque la menace de Wreythau commença à peser sur la Côte des Épées, Melandrach comprit qu’elle ne menaçait pas seulement Waterdeep, mais à terme l’équilibre de tout le Nord, y compris les royaumes elfiques. En sa qualité de souverain impliqué dans les affaires du Conseil de Waterdeep, il échangea directement avec le Bâton Noir de la cité. Les deux convinrent qu’une aide ouverte serait maladroite, mais qu’un agent discret pouvait servir leurs intérêts communs.

La décision d’envoyer Elarion fut donc celle du roi lui-même. Melandrach le dépêcha à Waterdeep comme soutien officieux face à Wreythau, avec une mission simple en apparence et redoutable en réalité : observer, enquêter, identifier les relais de la menace et agir dans l’ombre lorsque la parole ne suffirait plus.

Son passé....

Elarion est orphelin, recueilli jeune dans l’orbite de Thaelion Virebrume, chef du renseignement de la Misty Forest. Il a grandi dans une éducation rude, exigeante, peu tendre en apparence, mais pas dénuée d’affection. Cela explique à la fois son contrôle, sa finesse, son humour discret et sa capacité à encaisser sans devenir complètement de pierre.

Elarion est un homme qui a appris très tôt que l’amour existe, mais qu’il n’empêche ni la perte, ni la trahison, ni la mort. Il en a tiré non pas du cynisme absolu, mais une forme de lucidité élégante.

Des souvenirs heureux

1. Nuala Faeril

Au cours d’une mission dans la Misty Forest, Elarion parvint à intercepter un groupe qui retenait une jeune messagère elfe, Nuala Faeril, porteuse d’un pli destiné à la cour. Il agit seul, vite, sans bruit, et la tira de là avant qu’elle ne soit exécutée. Ce qu’il n’a jamais oublié, ce n’est pas seulement d’être arrivé à temps, c’est le regard qu’elle lui a lancé une fois libre: un mélange de stupeur, de gratitude et de confiance absolue. Pour un homme habitué aux regards de peur, de soupçon ou de deuil, cela compta davantage qu’il ne l’admettra jamais. Nuala sert aujourd’hui à la cour de la Misty Forest, et ils sont restés en contact au fil des ans.

2. Aelthene de Narlith

Lors d’une mission de poursuite aux confins de la Misty Forest, Elarion suivit la trace d’une présence inconnue jusqu’à un ancien passage fey entrouvert dans un cercle de pierres. De l’autre côté, il tomba sur Aelthene de Narlith, une princesse du Feywild traquée par deux chasseurs de sa propre cour, venus la ramener ou l’abattre. Elarion choisit de l’aider. Le combat fut bref, violent, presque irréel: course entre les arbres, lames dans la brume, éclats de magie froide entre les branches. Ensemble, ils firent tomber les poursuivants. En retour, Aelthene posa sur lui une bénédiction étrange, subtile, qui laissa en lui cette grâce troublante et ce charme presque irréel qui marquent aujourd’hui sa nature de Fey Wanderer. Entre eux naquit une idylle brève, impossible, profondément fey dans sa beauté comme dans sa cruauté. Depuis, il lui arrive de trouver des signes qu’aucun autre ne pourrait laisser: une fleur inconnue sur un rebord de fenêtre, son nom tracé dans la buée d’un miroir, ou un rire à peine audible dans le vent d’aube. Jamais assez pour la rejoindre. Toujours assez pour savoir qu’elle ne l’a pas oublié.

3. Thaelion Virebrume

Le père adoptif d’Elarion, Thaelion Virebrume, ne l’avait jamais élevé dans la douceur. Il l’avait formé à survivre, à observer, à mentir, à tuer si nécessaire. Puis vint le jour où Elarion revint d’une mission particulièrement dure, blessé, épuisé, mais victorieux, après avoir accompli seul ce qu’un homme plus âgé aurait pu refuser. Cette nuit-là, Thaelion ne lui donna, ni nouvel ordre, ni remarque sèche. Il le veilla en silence, nettoya lui-même son sang sur ses mains, puis, quand Elarion fut enfin lucide, lui dit seulement qu’il n’avait plus devant lui un enfant, mais un homme dont il était fier. Pour Elarion, qui avait grandi dans le manque et la discipline, ces mots eurent plus de poids qu’un titre, qu’un honneur ou qu’une victoire. 

tristesse...

1. La nuit de Virelune

Elarion était encore enfant lorsque des partisans de Neronvain, dans le chaos de sa révolte avortée contre l’autorité du roi Melandrach, s’en prirent à ceux qu’ils jugeaient trop fidèles à la cour. Cette nuit-là, ils vinrent pour ses parents. Son père, Caelrion, tomba presque aussitôt. Sa mère, Ithilwen, comprit qu’ils n’auraient ni renfort ni pardon. Elle se battit comme une bête acculée, lame contre plusieurs hommes, juste pour gagner quelques secondes. Assez pour pousser son fils vers l’arrière de la maison et lui ordonner de courir. Elarion obéit, mais pas assez vite pour ne pas voir le dernier instant: Ithilwen, couverte de sang, tenant encore debout alors qu’elle n’aurait déjà plus dû l’être. Il a survécu grâce à son sacrifice. 

2. Lysa Merrow

À Waterdeep, Elarion aima une humaine nommée Lysa Merrow. Elle avait l’esprit vif, la langue légère, et cette façon insupportable de lui faire croire, pendant quelques mois, qu’il pouvait être autre chose qu’une arme bien habillée. Il découvrit trop tard qu’elle travaillait pour le Xanathar, et qu’on lui avait donné l’ordre de le tuer. Un soir la vérité éclata et le combat fut brutal, serré, presque animal. Pas de distance, pas de fuite, seulement deux corps qui se connaissent trop bien et savent trop exactement où frapper. À la fin, Lysa lança sa dernière botte: une rotation brisée du bassin, feinte de déséquilibre, puis remontée fulgurante de la lame en revers vers la gorge, un mouvement impossible à ignorer et qui forçait une riposte létale. Elarion contre-attaqua par réflexe, plus vite qu’il ne pensa, et lui enfonça sa dague sous les côtes. Ce n’est qu’en la rattrapant qu’il comprit qu’elle avait ralenti d’un souffle, juste assez pour lui laisser la vie. Dans ses bras, elle lui murmura: « Je t’aime. Je t’ai toujours aimé. Je n’aurais jamais pu te tuer. » Son visage au moment où la vie l’a quittée le hante encore. Il s’en veut de l’avoir tuée, de l’avoir aimée, et garde au fond de lui cette pensée absurde et tenace: quand il mourra, il la retrouvera peut-être.

3. La maison Dervalan

Lors d’une mission à Waterdeep, Elarion infiltra le cercle de Lord Aster Dervalan, un noble discret soupçonné d’abriter, sans le savoir, un relais financier lié à un réseau ennemi. Son rôle était clair: identifier le contact, suivre la transaction, remonter jusqu’au véritable commanditaire. Il y parvint. Puis tout bascula. Les agents adverses comprirent qu’ils risquaient d’être découverts et décidèrent d’effacer toute trace en massacrant la maisonnée avant l’aube. Elarion était sur place. Il avait vu les préparatifs, compris ce qui allait arriver, et mesuré en un instant ses options: intervenir, sauver peut-être Aster Dervalan, son épouse Serisa, et leurs deux enfants, Elira et Toman, mais perdre sa couverture et laisser s’échapper la cible principale; ou rester dans l’ombre, laisser le carnage se faire, et préserver une mission dont dépendait le démantèlement d’un réseau bien plus vaste. Il choisit la mission. Le réseau tomba ensuite. La famille Dervalan, elle, mourut enfermée dans sa propre maison. Elarion sait encore pourquoi il n’a pas bougé. Il sait aussi que cette raison ne vaut rien, certaines nuits, face au souvenir du regard de Serisa quand elle comprit que quelqu’un était là, dans l’ombre, et ne viendrait pas.