Dans nul autre pays la noblesse n’est aussi proche des gens du peuple qu’en Avalon. Elaine parcourt régulièrement la campagne et fait halte dans les villages et les hameaux, où l’on dit qu’un simple toucher de sa main blanche et pure peut guérir n’importe quel mal. Le peuple connaît, reconnaît et aime sa reine. De même, si un noble est bon et pur, il peut s’attendre à avoir des sujets dévoués et loyaux. En revanche, s’il est vil et cruel, il pourra sentir leur haine à des lieues de distance.
La structure sociale avalonienne est en substance identique à celle du reste de la Théah (noblesse, clergé et tiers-état), mais deux nouvelles classes sociales, celle des marchands et celle des marins, s’y sont récemment taillé une place. Au fil des deux derniers siècles, les guildes marchandes ont amassé de grandes fortunes en Avalon, mais comme tout érudit théan vous le dira, l’argent n’est rien sans terres. C’est avec cela en tête que les marchands se sont tournés vers des nobles riches en terres mais pauvres en argent pour faire affaire avec eux. Ces nobles ont vendu titres et terres en l’échange d’argent, hissant la classe marchande à un échelon intermédiaire de la structure sociale.
Quant au second nouvel échelon, il n’a fait jour que récemment. Lorsqu’ Elaine prit le trône, elle outrepassa le protocole en vigueur dans le but de reconstituer une marine. Elle annonça que tout marin qui ferait sienne la bannière de l’Avalon serait promu « marin noble », un titre équivalent à celui d’un chevalier avalonien.
En sus de l’honneur afférent, tout marin noble a le droit de conserver un pourcentage des butins acquis en portant les couleurs de l’Avalon, et ce quelle que soit la provenance desdits butins. Inutile de dire que la marine avalonienne prit rapidement une ampleur qui dépassa même les vastes ambitions de la Reine.