Les Curoniens ne vénèrent pas vraiment les dievai, ils les reconnaissent simplement pour ce qu’ils sont : des entités puissantes qui peuvent changer la vie d’une personne par caprice. La foi curonienne ne possède pas de hiérarchie ; il n’y a pas de grande prêtresse ou de hiérophante. Chaque ville ou village possède un prêtre ou une prêtresse : quelqu’un qui connaît les rituels et les cérémonies appropriés face au monde des esprits. Un prêtre ou prêtresse occupe sa place en vertu des connaissances qu’il possède, pas d’un quelconque pouvoir surnaturel. Cependant, du fait de ces connaissances, certains religieux sont dotés de dons surnaturels acquis à force d’accords et de marchés avec les dievai. C’est là l’interaction la plus courante avec les dievai : le marché. Les Curoniens utilisent le mot « Sanderis ». L’Église Vaticine parle de « pacte avec les diables ».
Pour une raison inconnue, peut-être seulement par jeu, les dievai cherchent toujours une occasion de miser, marchander ou échanger des pouvoirs extraordinaires avec les humains… mais toujours à un prix. Un marché avec un dievai peut impliquer de perdre simplement ses cheveux, mais dans d’autres cas, le prix exigé peut être son premier né. Peut-être la personne devra-t-elle servir le dievai pendant un an et un jour, ou être forcée de porter une épée d’argent qui semble avoir une volonté et des intentions propres.L’Église considère de telles tractations comme hautement dangereuses pour le corps aussi bien que l’âme, mais elle n’y peut pas grand-chose.
Les habitants ont marchandé avec les dievai des siècles avant que l’Église n’arrive et ne les déclare impies. Les villages ont des relations et des traditions liées aux dievai qui remontent à des générations. Briser de telles habitudes demande du temps. Plus de temps que l’Église n’est prête à en consacrer. C’est pourquoi les prêtres ont à contrecœur accepté que les dievai fassent partie de leur propre existence. Cela ne plaît peut-être pas au clergé, mais ils n’ont guère le choix.